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De l’esprit géométrique et de l’art de persuader

Pascal

Language:
French
Status:
Complete work
Authorship:
Written by the author
Condition of the text:
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Extent:
~12,000 words · 57 passages
Cite this work
  • APAPascal. (n.d.). De l’esprit géométrique et de l’art de persuader. Digital reproduction: SigPhi. https://sigphiai.com/en/works/blaise-pascal/de-l-esprit-geometrique-et-de-l-art-de-persuader
  • MLAPascal. De l’esprit géométrique et de l’art de persuader. Digital reproduction, SigPhi, https://sigphiai.com/en/works/blaise-pascal/de-l-esprit-geometrique-et-de-l-art-de-persuader.
  • ChicagoPascal. De l’esprit géométrique et de l’art de persuader. Digital reproduction, SigPhi. https://sigphiai.com/en/works/blaise-pascal/de-l-esprit-geometrique-et-de-l-art-de-persuader.

Reference to the edition that SigPhi reproduces: SigPhi is its digital reproduction, not its publisher. The edition's year is not in the metadata (hence "n.d."), and the translator appears only when recorded.

What it is about

On the Geometrical Spirit and the Art of Persuasion, in FRENCH.

Context and history

Pascal distinguishes what is demonstrated from what is made believable, and explains why convincing someone requires understanding how they love and not only how they reason. It is the germ of the distinction between the geometrical and the intuitive mind that runs through the Pensées.

Editorial context, not a citable source: unlike the passages of the work itself, these statements cannot be checked against the corpus.

How it begins
Car combien y a-t-il de personnes qui croient avoir défini le temps quand ils ont dit que c’est la mesure du mouvement, en lui laissant cependant son sens ordinaire ! Et néanmoins ils ont fait une proposition, et non pas une définition. Combien y en a-t-il de même qui croient avoir défini le mouvement quand ils ont dit : Motus nec simpliciter actus nec mera potentia est, sed actus entis in potentia. Et cependant, s’ils laissent au mot de mouvement son sens ordinaire comme ils font, ce n’est pas une définition, mais une proposition ; et confondant ainsi les définitions qu’ils appellent définitions de nom, qui sont les véritables définitions libres, permises et géométriques, avec celles qu’ils appellent définitions de chose, qui sont proprement des propositions nullement libres, mais sujettes à contradiction, ils s’y donnent la liberté d’en former aussi bien que des autres ; et chacun définissant les mêmes choses à sa manière, par une liberté qui est aussi défendue dans ces sortes de définitions que permise dans les premières, ils embrouillent toutes choses et, perdant tout ordre et toute lumière, ils se perdent eux-mêmes et s’égarent dans des embarras inexplicables. On n’y tombera jamais en suivant l’ordre de la géométrie. Cette judicieuse science est bien éloignée de définir ces mots primitifs, espace, temps, mouvement, égalité, majorité, diminution, tout, et les autres que le monde entend de soi-même. Mais, hors ceux-là, le reste des termes qu’elle emploie y sont tellement éclaircis et définis, qu’on n’a pas besoin de dictionnaire pour en entendre aucun ; de sorte qu’en un mot tous ces termes sont parfaitement intelligibles, ou par la lumière naturelle ou par les définitions qu’elle en donne. Voilà de quelle sorte elle évite tous les vices qui se peuvent rencontrer dans le premier point, lequel consiste à définir les seules choses qui en ont besoin. Elle en use de même à l’égard de l’autre point, qui consiste à prouver les propositions qui ne sont pas évidentes.…

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