Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain
- Language:
- French
- Status:
- Complete work
- Authorship:
- Written by the author
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- Extent:
- ~150,000 words · 723 passages
Cite this work
- APAMarquis de Condorcet. (n.d.). Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Digital reproduction: SigPhi. https://sigphiai.com/en/works/condorcet/esquisse-d-un-tableau-historique-des-progres-de-l-esprit-humain
- MLAMarquis de Condorcet. Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Digital reproduction, SigPhi, https://sigphiai.com/en/works/condorcet/esquisse-d-un-tableau-historique-des-progres-de-l-esprit-humain.
- ChicagoMarquis de Condorcet. Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Digital reproduction, SigPhi. https://sigphiai.com/en/works/condorcet/esquisse-d-un-tableau-historique-des-progres-de-l-esprit-humain.
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What it is about
Sketch for a Historical Picture of the Progress of the Human Mind (1795).
Context and history
**Warning: this entry sat almost empty for months** — 196 characters — because a page failed to resolve and nobody had checked. It is the case that produced the rule 'better the work absent than listed empty', and the rejection of any download under 2,000 characters. Condorcet wrote it in hiding, condemned by the Jacobins, and died in prison before it appeared. It is the purest expression of Enlightenment faith in progress, written by a man that progress had just sentenced to death.
Editorial context, not a citable source: unlike the passages of the work itself, these statements cannot be checked against the corpus.
Peut-être seroit-il utile aujourd’hui d’instituer une langue écrite qui, réservée uniquement pour les sciences, n’exprimant que ces combinaisons d’idées simples, qui sont exactement les mêmes dans tous les esprits, n’étant employée que pour des raisonnemens d’une rigueur logique, pour des opérations de l’entendement précises et calculées, fût entendue par les hommes de tous les pays, et se traduisît dans tous leurs idiômes, sans pouvoir s’altérer comme eux, en passant dans l’usage commun. Alors, par une révolution singulière, ce même genre d’écriture, dont la conversation n’eût servi qu’à prolonger l’ignorance, deviendroit, entre les mains de la philosophie, un instrument utile à la prompte propagation des lumières, au perfectionnement de la méthode des sciences. C’est entre ce degré de civilisation, et celui où nous voyons encore les peuplades sauvages, que se sont trouvés tous les peuples dont l’histoire s’est conservée jusqu’à nous, et qui, tantôt faisant de nouveaux progrès, tantôt se replongeant dans l’ignorance, tantôt se perpétuant au milieu de ces alternatives, ou s’arrêtant à un certain terme, tantôt disparoissant de la terre sous le fer des conquérans, se confondant avec les vainqueurs, ou subsistant dans l’esclavage, tantôt enfin, recevant des lumières d’un peuple plus éclairé, pour les transmettre à d’autres nations, forment une chaîne non interrompue entre le commencement des temps historiques et le siècle où nous vivons, entre les premières nations qui nous soient connues, et les peuples actuels de l’Europe. On peut donc appercevoir déjà trois parties bien distinctes dans le tableau que je me suis proposé de tracer.