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Supplément au Voyage de Bougainville

Denis Diderot

Language:
French
Status:
Complete work
Authorship:
Written by the author
Condition of the text:
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Extent:
~16,400 words · 78 passages
Cite this work
  • APADenis Diderot. (n.d.). Supplément au Voyage de Bougainville. Digital reproduction: SigPhi. https://sigphiai.com/en/works/denis-diderot/supplement-au-voyage-de-bougainville-french
  • MLADenis Diderot. Supplément au Voyage de Bougainville. Digital reproduction, SigPhi, https://sigphiai.com/en/works/denis-diderot/supplement-au-voyage-de-bougainville-french.
  • ChicagoDenis Diderot. Supplément au Voyage de Bougainville. Digital reproduction, SigPhi. https://sigphiai.com/en/works/denis-diderot/supplement-au-voyage-de-bougainville-french.

Reference to the edition that SigPhi reproduces: SigPhi is its digital reproduction, not its publisher. The edition's year is not in the metadata (hence "n.d."), and the translator appears only when recorded.

What it is about

Supplement to Bougainville's Voyage: what the Tahitians have to say about the European morality arriving on the ships.

Context and history

Diderot uses Tahiti to ask what is natural and what is custom, and the old Tahitian who sends the Europeans off delivers one of the earliest anti-colonial speeches there is. Written in 1772; not published until much later. Text in FRENCH: the original. Diderot wrote in French and that is what should be cited.

Editorial context, not a citable source: unlike the passages of the work itself, these statements cannot be checked against the corpus.

How it begins
L'AUMONIER. Pour s'unir ; mais à certaines conditions requises, après certaines cérémonies préalables, en conséquence desquelles un homme appartient à une femme, et n'appartient qu'à elle ; une femme appartient à un homme, et n'appartient qu'à lui. OROU. Pour toute leur vie ? L'AUMONIER. Pour toute leur vie. OROU. En sorte que, s'il arrivait à une femme de coucher avec un autre que son mari, ou à un mari de coucher avec une autre que sa femme... mais cela n'arrive point, car, puisqu'il est là, et que cela lui déplaît, il sait les en empêcher. L'AUMONIER. Non ; il les laisse faire, et ils pèchent contre la loi de Dieu, car c'est ainsi que nous appelons le grand ouvrier, contre la loi du pays ; et ils commettent un crime. OROU. Je serais fâché de t'offenser par mes discours ; mais si tu le permettais, je te dirais mon avis. L'AUMONIER. Parle. OROU. Ces préceptes singuliers, je les trouve opposés à la nature, contraires à la raison ; faits pour multiplier les crimes, et fâcher à tout moment le vieil ouvrier, qui a tout fait sans tête, sans mains et sans outils ; qui est partout, et qu'on ne voit nulle part ; qui dure aujourd'hui et demain, et qui n'a pas un jour de plus ; qui commande et qui n'est pas obéi ; qui peut empêcher, et qui n'empêche pas. Contraires à la nature, parce qu'ils supposent qu'un être sentant, pensant et libre, peut être la propriété d'un être semblable à lui. Sur quoi ce droit serait­il fondé ? Ne vois­tu pas qu'on a confondu, dans ton pays, la chose qui n'a ni sensibilité, ni pensée, ni désir, ni volonté ; qu'on quitte, qu'on prend, qu'on garde, qu'on échange sans qu'elle souffre et sans qu'elle se plaigne, avec la chose qui ne s'échange point, qui ne s'acquiert point ; qui a liberté, volonté, désir ; qui peut se donner ou se refuser pour un moment ; se donner ou se refuser pour toujours ; qui se plaint et qui souffre ; et qui ne saurait devenir un effet de commerce, sans qu'on oublie…

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