SigPhi · Denis Diderot

Le Père de famille (comédie en cinq actes et en prose)

French

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L E C O M MA N D E U R. Prefque rien: mais attendez un moroenc. {aMUe. Clairet qu*il furprtnd au guet. ) Mademoifelle, approchez. Ne vous gênez poiat \ vous entendrez mieux.

LEPEREDE FAMILLE. A qui en avcz-vous?

A la femmede- chambre de votre fille qui nous écoute* L E P E R E D E F A M I L L E. > Voilà reffec dé la méfiance que vous avez femée entre mes en* fans, & vous les avez féparés de moi & voiis les avez mis ea fociécé avec leurs gens.

L E C O M M A N D E U R. ^ Non, mon frère « non; ce n'eft pas moi qui les ai féparés de vous > c^eft la crainte que leurs démarches ne fuflent éclairées de trop près, S'ils font, comme vous dites, en fociété avec leurs gens, x'eft qu'il leur falloir quelqu'un qui les fervit dans leur mauvaife condiriqà i dans leur mauvaife conduite, entendez vous? Il n'y eât jamais ici de fubordination » il n'y a plus ni décence ^ m mœurs.

LE PER£ DE FAMILLE. , Nî mœurs l Ni mœurs.

Expliquez vous.. / LECOMMANDEUÇ- C'efi bien mon dcffisim ee M é i> lE. a tii ■m» Il ïmsmSSSSiiSSmmm Ji.

S C EN E.X.

LE COMMANDEUR,LE PERE DE FAMILLE,GERMEU^..

Sophie, que vous me redemandez avec laot dinftaace eft ici, « îe vous avoue qu'elle y a toujours été.,.,-.- Chi^z moi!.,, GERMEUIL, Ouï,. Moflfitfur. chez vpuj i «ç c^ft mot qui IV f î coodiute* Qui \ & c'eft votre (ille qui l*a retirée...,.« LÉPEREDEFAMIL LE.

Ma fille f GERMEUIL. ^ Paî, fans la confulter, amené l'innocence a fes genoux. Jai mis votre fille dans la néccffité ou de la recevoir ou de fabaadpnr Eh bien, mon frère. La maîtreflc dç votre fiU chez wu$, dans Tappartement de votre fille \ & l'on a ofc vous faire ceiouttajc ». Et l'on ofe vous l'avoncri Et vous le fouffrez l GERMEUIL.. ^-.^ ■ Elle eft en votre puiffance, & vous pouvez i votre gre difporcr de fon fort & de la vie de votre fils; mais j'ai d4 la r^vir à U pour-, fuite de Monfieur & de votre fils. & votre maifon ctoit l'unique afyle fur que fe puffe lui propofer.

Je refpire.

LEÇOMMANDEUR. L*afy!e eft bien choifi $ qu'en dites-vous î Sentirez-vous enfin le défordre où vos enfuis font tombés? & tout le mépris qu'on fait ici de votre autorité?

Mon frère, nous fommcs trop heureux. Mes peines vont finir. Germeuil; allez; amenez ici cette infortunée^ & que je la voie fur le champ, GirmttUl fin.

Avez-vous la tête perdue! homme in£enfé ^ père aveugle! Homme impitoyable, ceffrz Je me tourmenter; & fâchez que d'iin feul met, je pourjrofs vous faire mourir |le bpate & de do«« leur. ( Ici il fi fait du iruitm dcda^j, ) QH^cflr C€ Q«C ^^ brim I j4 tE PERE DE FAMILLE; S G E N E XI.

LE COMMANDEUR, LE P. DE FAMILLE, Mr. LE BON y Mad. HEBERT, DESCHAMPS, Mlle. CLAIRET.

Mr. L E B O N. Monfieur, des cpées « un Exempt, des Gardes j accourez, fi vous ne voulez pas qu'il arrive malheur.

De quoi vous mêlez-vous.

SCENE DERNIERE.

Les Précédens, SOPHIE, UN EXEMPT, SAINT- ALBIN ^ GERMEUIL,, PLUSIEURS GARDES. {Saint-Albin éoaru VExempt & Us Gardes, ) Mon percî Monfieur I SAINT-ALBIN,^ Gtrmeuil qui U retient. Laiffez-moi.

LE COMMAND EU R. Monfieur l'Exempt faites votre devoir.

SAINT^ALBIN. Auparavant il. faut m'ôter la vie.

Faites votre {devoir.

LE PEREDE FAMILLE. Regardez là.

C'cft vous, mon Oncle I Secourez-moi.

Que voîs-jc?

Mon cher ' oncle.

Que faites-vous ici? Que ne reftîczvous dans votre Province? Pourquoi n'y pas lecourner quand je vous Tai fait dire V - .perdez pas.

/le PERE DE FAMILLE. Venez, mon enfant, levez- vous.

Madame HEBERT. Ah! Sophie.

Ah! Madame. ^ * LE PERE DE FAMILLE. àfExempt. Monfieur, reiirez-vou», & n'ayez aucune inquiétude fur la fuite de cette affaire, je réponds de tour. ( à Sophie, ) Raffurez^ vous, mon- ervfant. Ce n'eft que par une tendrefle & des bienfaits proportionnés aux peines que vous avez eues, que votre oncle peut fe réconcilier avec lui-même & avec vous. - Mon père ï Vous la voulez donc pour votre fille?

LE PEREDE FAMILLE. Vovez: où font les parens qui n'en fuffent vains.

Tu la veux pour ta femme?

Si je la veux!

Ajre-là, j'y confens; auffi bien je n'y confentirois pas qu'il n'en feroit ni plus ni moins. ( au Père de Famille. ) Mais c'eft à con-» dition que vous me fafliez juftice de votre fille & de cet homme là* Mon père > vous ne condamnerez pas votre fille fans l'avoir en* tendue?

Je vous pardonne...Cécile je vous pardonne: que me demandez-vous f D'affurer auffi leur bonheur. Ils s'aiment. Mon père, livrezvous à toute votre bonté. Que ce jour foit le plus beau dé notro Vie.'Germeuîl, approchez...' ""• ^^y^ Et ne vous en ai-je pas averti?

Et pourquoi^me l'avoîr celé? Germeuil, depuis long-tcms fa vous avois deftiné ma fille, & j!ai aujourd'hui un nouveau motif pour vous l'accorder.

fi LE PERt D£ fAmiLLE.^c; Fort Bîcn, voilà le combte. J*ai vu arriver de l6în cette extra^ vagance. Il falloic qu'elle fe fie, & Dieu-merci la voilà faict. Soyons coQS bien joyeux* Adieu » nous ne nous reverrons plus^ L E Pf RE DE FAMILLE. Mon frère.

Adieu.

Il changera d'avis. Il nous reliera.

L E P E R £ D E F A M I L L E. ' Cécile « Saint-Albin « approchez. Germeuil j venez, Sophie. Voyons j^ui de nous faura le mieux réparer les peines qu'il a eaufées. Soyons tous heureux. ( Il Us unit & ajoute ) Le jour qui vous unira fera le plus folemnel de votre vie« puifle-til être aum le plus fortuné? AUon$.M O qu'il eft crael...qu'il tft doux dêuc père 1 FIN.

Oa troave â A?i|DQii» <boz Jacques GAURtoAii > Imprimeoc - Libraicc ^ ^lace Saioi4)idielf oa aflordmcAc complei de Pltcei de Tbéâcre.