III. L'accroissement de volume et de densité, en changeant les sociétés, change aussi les individus. L'Iiomme est plus affranchi de l'organisme; par suite, la vie psychique se développe. Sous l'influence des mêmes causes, la personnalité individuelle se dégage de la personnalité collée- TABLE DKS M.UIÈRES. 469 Pages. tive. Puisque ces transformations dépendent de causes sociales, la psycho-physiologie ne peut expliquer que les formes inférieures de notre vie psychique. C'est la société qui explique l'individu en grande partie. Importance de cette proposition au point de vue de la méthode. 3^5 LIVRE III LES FORMES ANORMALES lA niVISION DU TRAVAIL ANOMIQUE Formes anormales où la division du travail ne produit pas la solidarité. Nécessité de les étudier 395 L Cas anormaux dans la vie économique: crises industrielles plus fréquentes à mesure que le travail se divise; antagonisme du travail et du capital. De même l'unité de la science se perd à mesure que le travail scientifique se spécialise 395 IL Théorie d'après laquelle ces effets seraient inhérents à la division du travail. D'après Comte, le remède consiste dans un grand développement de l'organe gouvernemental et dans l'institution d'une philosophie des sciences. Lnpuissance de l'organe gouvernemental à régler les détails de la vie économique; — de la philosopliie des sciences à assurer l'unité de la science 400 IIL Si, dans tous ces cas, les fonctions ne concouœnt pas, c'est que leurs rapports ne sont pas réglés; la division du travail est anomique. Nécessité d'une réglementation. Comment, normalement, elle dérive de la division du travail. Qu'elle fait défaut dans les exemples cites.
Cette anomie vient de ce que les organes solidaires ne sont pas en contact sulfisant ou suffisamment prolongé. Ce contact est l'état normal.
La division du travail, quand elle est normale, n'enferme donc pas lindividu dans une tâche, en l'empêchant de rien voir au delà 408 CHAPITRE II (p. 419-434) LA DIVISION DU TRAVAIL CONTRAINTE I. La guerre des classes. Elle vient de ce que l'individu n'est pas en harmonie avec sa fonction, parce que celle-ci lui est imposée par contrainte. Ce qui coDSliluc la contrainte: c'est toute espèce d'inégalité 470 TABLE DES MATIÈRES.
Pages. dans les conditions extérieures de la lutte. Il est vrai qu'il n'est pas de société où ces inégalités ne se rencontrent. Mais elles diminuent de plus en plus. La substitution de la solidarité organique à la solidarité mécanique rend cette diminution nécessaire,...419 II. Autre raison qui rend nécessaire ce progrès dans la voie de l'égalité. La solidarité contractuelle devient un facteur de plus en plus important du consensus social. Or, le contrat ne lie vraiment que si les valeurs échangées sont réellement équivalentes, et, pour qu'il en soit ainsi, il faut que les échangistes soient placés dans des conditions extérieures égales. Raisons qui rendent ces injustices plus intolérables à mesure que la solidarité organique devient prépondérante. En fait, le droit contractuel et la morale contractuelle deviennent toujours plus exigeants à ce point de vue.
La vraie liberté individuelle ne consiste donc pas dans la suppression de toute réglementation, mais est le produit d'une réglementation; car cette égalité n'est p<is dans la nature. Cette œuvre de justice est la tâche qui s'impose aux sociétés supérieures; elles ne peuvent se maintenir qu'à celte condition 427 AUTRE FORMli ANORMALE Cas OÙ la division du travail ne produit pas la solidarité parce que l'activité fonctionnelle de chaque travailleur est insuffisante. Comment la solidarité o:ganique s'accroît avec l'activité fonctionnelle dans les organismes, — dans la société. Qu'en fait, l'activité fonctionnelle s'accroît en même temps que la division du travail, si elle est normale. Raison secondaire qui fait que celle-ci produit la solidarité 435 I. Solution du problème pratique posé au début. La règle qui nous commande de réaliser les traits du type collectif a pour fonction d'assurer la cohésion sociale; d'autre part, elle est morale et ne peut s'acquitter de sa fonction que parce qu'elle a un caractère moral. Or, la règle qui nous commande de nous spicialiser a la même fonction; elle a donc également une valeur morale.
Autre manière de démontrer cette proposition: Conjecture sur le caractère essentiel de la moralité induite des classifications précédentes. La morale, c'est l'ensemble des conditions de la solidarité sociale. Ouo I^ division du travail présente ce critère i'i5 TABLK DES MATIÈIŒS. 471 Pages.
II. Que la division du travail ne diminue pas la personnalité individuelle. 1° Pourquoi serait-il dans la logique de notre nature de se développer en surface plutôt qu'en profondeur? 2" Bien plus, la personnalité individuelle ne progresse que sous rinduence des causes qui déterminent la division du travail.
L'idéal de la fraternité humaine ne peut se réaliser que si la division du travail progresse en même temps. Elle est donc liée à toute notre vie morale 452 III. Mais la division du travail ne donne naissance à la solidarité que si elle produit en même temps un droit et une morale. Erreur des économistes à ce sujet. Caractères de cette morale; plus humaine, moins transcendante. Plus de justice. Considérations sur la crise actuelle de la morale 457 Botdetnx, — Impr. O. OocsouiLnou, ruo Guiraudc, 11.
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