SigPhi · Ibn Khaldun

Les Prolégomènes (Muqaddimah), Volume I

French

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prend sa source à Oukhan 1, dans le Badakhchan, province qui eonline à l'Inde. H prend naissance vers l'extrémité orientale de la partie méridionale de cette section; bientôt après il fait un détour vers l'ouest, et, arrivé dans le milieu de la section, il reçoit le nom de Kharbat*; ensuite il se dirige vers le nord, traverse le Khoraçan, et continue à suivre la même direction jusqu'à ce qu'il se jette dans le lac de Kharizm, situé, comme nous le dirons, dans le cinquième climat. En cet endroit, où il change de cours au milieu de cette section, il reçoit, tant du côté du nord que du côté du midi, les eaux de cinq grandes rivières qui lui arrivent des contrées d'El-Khottel 3 et d'El-Ouakheh; d'autres descendent des montagnes d'El-Bottam, situées également à l'est du fleuve et au nord d'El-Khottel; aussi le Djeïhoun s'élargit à un degré extraordinaire. Parmi les cinq rivières qui viennent ainsi le grossir, on distingue le Ouakhch-ab, qui, sorti du Tibet, pays situé au sud-est de cette section, se dirige vers l'ouest, en s'inclinant vers le nord. Là, en travers de son cours, se trouve une chaîne de montagnes qui, passant au milieu de la partie méridionale de cette section, se dirige ensuite vers l'est en s inclinant vers le nord, et entre dans la neuvième section du climat, non loin de la limite septentrionale de celle-ci. Elle longe le Tibet et, parvenue au sud-est. de la section, elle forme la séparation entre le pays des Turcs et celui de Khottel 4. Elle ne présente qu'un seul passage, au milieu de la partie orientale de la section.

Dans cet endroit Fadl, fils de Yahya (le Barmekide), fit construire un rempart muni d'une porte, comme le rempart de Yadjoudj (Gog). Lorsque le fleuve de Ouakhch-ab sort du Tibet et rencontre cette montagne, il coule au-dessous d'elle dans un souterrain d'une longueur immense, puis il traverse le pays d'El-Ouakhch et va se décharger dans le Djeïhoun, auprès de Balkh. Ce dernier fleuve se 1 L édition de, Boulac porte Ou- Kharnab, et y Khariab, dans la tracer; peut-être faut-il lire t->^j» Oukkhab. duction de la Géographie d'Idrîci. Idrîci paraît avoir écrit Oudjan. 3 Pour lisez Joci% * Variantes: c-)L^, Kharbab, c^U^, 4 Pour JJjl, lisez Jbîil.

dirige ensuite vers le nord, passe auprès de Termid et entre dans le pays d'El-Djouzdjan. A l'orient de la contrée de Ghour, entre elle et le fleuve Djeïhoun, s'étend le canton de Bamian, qui fait partie du Khoraçan. Là, sur le bord oriental du fleuve, on trouve le pays d'El-Khottel \ formé en grande partie de montagnes, et la province d'El-Ouakhch. Celle-ci a pour limite, du côté du nord, les montagnes d'El-Bottam, qui s'étendent depuis la frontière du Khoraçan vers l'est en passant à l'occident du Djeïhoun; elles atteignent alors •la grande montagne derrière laquelle est situé le Tibet, et sous laquelle coulent les eaux du-Ouakhch-ab. Les deux chaînes se réunissent auprès de l'endroit où El-Fadl, fils de Yahya, construisit la porte. Le Djeïhoun passe enlre ces montagnes et reçoit plusieurs autres rivières, telles que la rivière du pays d'El-Ouakhch, qui se décharge dans ce fleuve, sur la rive orientale, et au nord d'Et-Termid. La rivière Balkha sort des montagnes d'El-Bottam, auprès de Djouzdjan et verse ses eaux dans le Djeïhoun, sur la rive occidentale. A l'ouest de ce fleuve, est située la ville d'Amol, qui fait partie du Khoraçan. A partir de là, la rive orientale est formée par les pays de Soghd et d'Osrouchna 2, qui appartiennent à la contrée des Turcs. A l'est se trouve aussi le pays de Ferghana, qui se prolonge vers l'orient, jusqu'à l'extrémité de la section. Toute la contrée des Turcs est bornée, au nord, par les montagnes d'El-Bottam.

Dans la partie occidentale de la neuvième section du climat, s'étend le Tibet, qui se prolonge jusqu'au milieu delà section. Au midi se trouve l'Inde, et, à l'orient, la Chine, qui sétend jusqu'à l'extrémité P. jiG. de la section. Dans la partie inférieure (septentrionale) de cette section, au nord du Tibet, est située la contrée des Kharlokh, peuple de race turque. Leur pays s'étend vers le nord jusqu'à l'extrémité de la section. A l'occident il confine à la province de Ferghana; à l'orient, il a pour limite le pays des Taghazghaz, autre peuple turc, dont le territoire s'étend jusqu'à l'extrémité orientale et septentrionale de cette section.

1 Pour JJI, lisez JxiL — 4 Pour tXmjyà], lisez tx&jy*].

Toute la partie méridionale de la dixième section est occupée par la région septentrionale de la Chine. Dans le nord de cette section est situé le reste du territoire des Taghazghaz, à l'orient duquel est le pays des Khirkhîz 1, autre peuple de race turque. Cette dernière région s'étend jusqu'à la limite orientale de la section. Au nord du pays des Khirkhîz est celui des Keïmak, autre peuple turc. Vis-à-vis de ces deux contrées, dans la mer Environnante, se trouve la presqu'île des Rubis (Yacout), qui est entourée d'un cercle de montagnes; on ne peut pas y arriver parce que la montagne n'offre aucun passage, et qu'il serait extrêmement difficile d'en gravir les flancs extérieurs. Cette île renferme des serpents dont la morsure est mortelle et une grande quantité de graviers composés de rubis.

Les habitants des contrées voisines ont été assez bien inspirés pour trouver le moyen d'en retirer une partie de ces pierreries 2. Ces contrées sont situées dans la neuvième et la dixième section du climat, au delà du Khoraçan et du pays de Khottel; elles offrent un vaste champ de parcours aux Turcs, nation composée d'une multitude de peuples nomades, qui élèvent des chameaux, des moutons, des bœufs et des chevaux; ces troupeaux leur fournissent des montures et servent à leur nourriture. Dieu seul, qui a créé ces peuplades, peut en connaître le nombre. On y trouve des musulmans qui habitent aux environs du Djeïhoun. Ils font la guerre aux peuples de la même race qui s'adonnent à l'idolâtrie, et enlèvent chez eux des prisonniers, qu'ils vendent aux nations du voisinage. Ils sortent quelquefois de leur pays pour se rendre dans le Khoraçan, l'Inde et l'Irac.

LE QUATRIÈME CLIMAT.

Ce climat confine au troisième du côté du nord. La partie occidentale de la première section est occupée par une portion de la mer Environnante qui s'étend depuis la limite méridionale de cette section jusqu'à sa limite septentrionale. Au nord de la ville de Tanger, 1 Ce nom esl ponctué diversement dans * Ce moyen est indiqué dans le second les manuscrits. voyage de Sindbad.

Prolégomènes. 1 8 qui s'élève sur le bord méridional de cette portion de mer, est l'en» droit où la mer Romaine se détache de la mer Environnante et traverse un canal étroit, dont la largeur, prise entre Tarifa ou Algésiras, du côté septentrional, et Casr el-Medjaz ou Ccuta, du côté méridional, est d'environ douze milles. Cette mer se dirige vers l'orient jusqu'à ce qu elle arrive au milieu de la cinquième section du quatrième climat. Dans sa marche, elle s'élargit graduellement, de manière à occuper les quatre premières sections du climat et une partie de la cinquième. Des deux côtés elle envahit également une partie du troisième climat et du cinquième. Cette mer, qui porte aussi le nom de mer Syrienne, renferme plusieurs îles, dont les plus considérables, du côté de l'occident, sont Yabiça (Iviça), Maïorca, Minorca; puis viennent la Sardaigne, et la Sicile, qui est la plus grande de toutes: ensuite Belobounès (le Péloponnèse), Crète et Chypre. Nous parlerons de ces îles en traitant des sections du climat dans lesquelles elles sont situées. A l'extrémité de la troisième section de ce climat, le golfe de Venise se détache de cette mer et se dirige vers le nord, jusqu'au milieu de la section; alors elle se tourne vers Fouest et va se terminer dans la seconde section du cinquième climat. A l'extrémité orientale de la quatrième section du même climat, la mer Romaine donne naissance au canal de Constantinople, qui se dirige vers le nord en se rétrécissant de manière à n'avoir en largeur qu'une P. m 8. portée de flèche. Parvenu ensuite aux limites de ce climat, ce canal entre dans la quatrième section du sixième; ensuite il se détourne vers la mer de Nîtoch (la mer Noire) et, se prolongeant vers l'orient, il remplit toute la cinquième section du sixième climat et la moitié de la sixième. Plus loin nous reviendrons là-dessus.

Quand la mer Romaine sort de la mer Environnante en suivant le détroit de Tanger, et qu'elle s'élargit au point d'entrer dans le troisième climat, il reste au midi de ce canal une petite portion de cette première section. Là se trouve la ville de Tanger, située à l'endroit où les deux mers se réunissent; ensuite vient Sibta (Ceuta), placée sur la mer Romaine, puis Tîtaouîn (Tetouan), puis Badis; ensuite on retrouve la mer, qui occupe le reste de cette section du côté de l'orient, et qui s'étend au delà dans la troisième section. La partie de la première section qui renferme la population la plus nombreuse est celle qui est au nord du détroit. Elle se compose tout entière de provinces de l'Andalos (l'Espagne). Du côté de l'occident, entre la mer Environnante et la mer Romaine, se trouve d'abord la ville de Tarif (Tarifa), située à l'endroit de la jonction dee deux mers. Plus à Test, sur le rivage de la mer Romaine est El-Djezîret el-Khadra (l'île Verte, Algésiras); ensuite vient Malaga, puis Eî-Monekkeb (Almunecar), puis El-Meriya (Alméria). Au delà, vers l'occident et dans le voisinage de la mer Environnante, on rencontre Cherîch (Xérès) et Lebla (Niebla), vis-à-vis desquelles, dans cet océan, est l'île de Cadis (Cadix). A l'orient de Xérès et de Niebla sont Ichbîliya (Séville), Ecidja (Ecija), Cortoba (Cordoue), Mortella (Montilla), Gharnata (Grenade), Djïan (Jaën), Obeda (Ubeda), Ouadi Ach (Guadix) et Basta (Baza). Au-dessous, du côté de l'occident et auprès de, la mer Environnante, on trouve les villes de Chent-Meriya (Sainte-Marie des Algarves) et Cbelb (Silves). A l'orient de ces deux places, sont Batalious (Badajoz), Merida, Iabora (Evora), Ghafec, Tordjêla (Truxillo) et Calât-Rebah (Calatrava). Au-dessous, vers l'ouest et dans la proximité de la mer Environnante, s'élève la ville d'Ochbouna (Lisbonne), située sur le fleuve du Tadja (Tage). A l'est de celle-ci sont les villes de Chenterîn (Santarem) et de Coria, P. 119.

placées sur la même rivière, puis Cantaret es-Seïf (le pont de l'Epée, Alcantara 1 ). Directement à l'est de Lisbonne s'élève le Chdrat (Sierra), chaîne de montagnes qui se dirige vers l'orient en suivant la limite septentrionale de la section, et se termine à Medina' Salem (Medina-Celi), située au delà du milieu de cette section. Au pied de ces montagnes se trouve la ville de Talabeira (Talavera), placée à l'orient de Coria, puis Toleïtela (Tolède), puis Ouadi '1-Hidjara (la rivière de pierres, Guadalaxara), puis Medîna Salem. Entre le commencement de cette chaîne et Lisbonne est la ville de Colom-1 Alcantara est située entre Coria et Santarem.

riya (Coïmbre). Voilà pour l'Espagne occidentale. Passons à l'Espagne orientale: sur le rivage de la mer Romaine, au delà d'Alméria, se trouve Carthagena, ensuite Licant (Alicante), puis Dénia, puis Balenciya (Valence), et enfin Taragouna (Tarragonc), ville située à l'extrémité orientale de la section. Au-dessous de cette ville, vers le nord, sont Lorca et Ghegoura (Segura), situées dans le voisinage de Basta (Baza) et de Galatrava, villes de l'Espagne occidentale 1. Du côté de l'orient se trouve Morciya (Murcie), puis Chateba (San-Phelipe de Xativa), située au-dessous de Valence, à l'est 2. Ensuite vient Choucar (Xucar), puis Tortoucha (Tortose), placée au-dessous (au nord) 3 de Taragouna (Tarragone), à l'extrémité de cette section. Au-dessous de celle-ci, vers le nord (vers le sud) sont les villes de Djindjela (Chinchilla) et d'Ubeda, qui confinent, du côté de l'ouest, à Segoura et à Tolède 4. Au-dessous de Tortosa, vers le nord-est se trouve la ville d'Afragha (Fraga). Le château d'Aiyoub (Calât-Aiyoub, Calatayud) est situé à l'est de Médina Salem; plus loin est Saracosta (Saragosse), puis Lerida, placée sur la limite de cette section, vers le nord -est.

La seconde section de ce climat est occupée par les eaux de la mer, excepté l'angle du nord-ouest, où une partie de la terre reste à découvert. Là se trouve la montagne d'El-Bortat (les Ports, les Pyrénées), dont le nom signifie montagne de cols et de passages. Cette chaîne commence à la fin de la première section du cinquième climat, où la mer Environnante s'arrête, à l'extrémité sud-est de la section, et elle se dirige vers le midi 5 avec une inclinaison vers l'orient. Sortie de la première section du quatrième climat, elle entre dans la se- 1 Ici el plus loin l'auteur, se fianl à de mauvaises cartes, a donné de fausses positions à plusieurs villes de la péninsule espagnole.

1 Cette ville est à trente-cinq milles au sud de Valence.

5 Tortose, étant au S. 0. de Tarragone, est au-dessus de cette ville, selon la terminologie adoptée par notre auteur.

* Toutes ces indications sont fausses.

5 Sur le planisphère d'idrîci, l'Espagne est placée presque à l'ouest de la France, el les Pyrénées se dirigent du nord-ouest au sud-est pour aboutir à la mer, immédiatement à l'ouest, c'est-à-dire au sud, de Barcelone. Strabon croyait que cette chaîne de montagnes se dirigeait du nord au sud» conde et offre des passages qui conduisent sur le continent, c'est-àdire dans la Ghachkouniya (Gascogne), pays qui renferme les villes de Djironda (Gironne), et de Carcachouna (Carcassonne). Sur le rivage de la mer, dans cette section de climat, est située la ville de Barchelouna (Barcelone), puis celle d'Arbouna (Narbonne). La partie de la mer qui occupe cette section renferme un grand nombre d'îles, dont plusieurs sont inhabitées, à raison de leur peu d'étendue. A l'occident est l'île de Sardaniya (Sardaigne), et, à l'orient, l'île de Sikiliya (Sicile 1 ), qui occupe un espace considérable: on dit que son circuit est de sept cents milles. On y trouve un grand nombre de villes, dont les mieux connues sont Siracousa (Syracuse), Belerm (Palerme), Tarabna (Trapani), Mazer (Mazara), et Messîni (Messine). Cette île est située vis-à-vis de la province d'Ifrîkiya. Dans l'intervalle qui les sépare, sont les îles de Ghodoch (Gozzo) et de Maleta (Malta).

La troisième section de ce climat est également occupée par la mer, à l'exception de trois 2 points, du côté du nord. Celui de l'occident fait partie du territoire de Killauriya (la Calabre); celui du milieu (la Terre d'Otrante) appartient à l'Ankabordiya (Lombardie), et celui de l'orient (l'Albanie), à la contrée des Vénitiens.

La quatrième section du climat est occupée par la mer, ainsi que la précédente, et renferme un grand nombre d'îles qui, pour la plupart, sont inhabitées, comme dans la troisième section. Celles qui ont des habitants sont Belobounès (le Péloponnèse), situé dans la partie nord-ouest, et l'île d'Ikrîtich (Crète)/ qui s'étend depuis le milieu de la section en se dirigeant vers l'angle du sud-est.

Dans la cinquième section, au sud et à l'ouest, la mer occupe P. 121. un grand espace triangulaire, dont le côté occidental se prolonge jusqu'à l'extrémité septentrionale de la section, et dont le côté méridional occupe environ deux tiers de la longueur de la section. Le troisième tiers, situé du côté de l'orient, offre une étendue de pays dont la portion septentrionale se dirige vers l'occident, en suivant les mêmes 1 Sur la carte cTïdrîci, la Sardaigne est * Pour *yM \ô^> lisez f ju* ^ placée à l'ouest de la Sicile. fli^'i et remplacez oJtî, par ci>^J.'

détours que la mer: sa portion méridionale se compose des contrées inférieures (septentrionales) de la Syrie. Elle est traversée par le mont Lokam (le Liban et l' Anti-Liban), qui s'avance vers le nord jusqu'à l'extrémité de la Syrie, et se dirige alors vers le nord-est. Après ce coude, il prend le nom de Djebel es-Silcela (montagne.de la Chaîne, le Taurus). De là, cette montagne pénètre dans le cinquième climat, et, se dirigeant vers l'orient, elle passe auprès d'une portion d'El-Djezîra (la Mésopotamie). Du côté occidental de ce coude, une chaîne de montagnes s'étend jusqu'à un golfe (l'Archipel) qui sort de la mer Romaine, et qui touche à la limite septentrionale de la section. Entre ces montagnes se trouvent plusieurs cols, appelés Ed-Doroub (les Défilés), qui conduisent dans l'Arménie. Cette section renferme les parties de l'Arménie qui séparent ces montagnes de celle de la Chaîne. La portion méridionale, avons-nous dit, renferme les contrées inférieures de la Syrie; elle est traversée par le Lokam, montagne qui règne entre la mer Romaine et la limite (orientale) de cette section, et qui se dirige du sud au nord. Sur le rivage de la mer qui baigne ce territoire, est la ville d'Antarsous, située au commencement de cette section, du côté du sud; elle confine aux villes d'Arca et de Trablos (Tripoli), placées sur la côte, dans le troisième p. 122. climat. Au nord d'Antarsous, on trouve Djebela, puis El-Ladekiya, puis Iscanderiya (Skanderoun), puis Seloukiya (Séleucie); plus loin, vers le nord, s'étend le pays de Roum (l'Asie Mineure).

Quant au mont Lokam, qui s'étend entre la mer et la limite (orientale) de cette section, et qui traverse les contrées de la Syrie, on y trouve, dans la partie méridionale de la section, et à l'ouest de la montagne, une forteresse nommée El-Khouabi. Elle appartient aux Ismaéliens-Assassins \ connus de nos jours sous la dénomination de Fedaoui 2. Cette place forte, nommée aussi Masiat, est située en face d'Antarsous, du côté de l'est; vis-à-vis d'elle, et à l'orient de la montagne, se trouve Selemiya, ville qui est au nord de Hems (Emesse). Au nord de Masiat, entre la montagne et la mer, est la ville d'Anta-1 Le texte arabe porte el-Hachîchiya el-I$maïliya. — 1 Cest-à-diré, dévoué, affidé.

kiya (Antioche); vis-à-vis de celle-ci, et à l'orient de la montagne, se trouve El-Maarra; à Test de cette place, est El-Meragha. Au nord d'Antakiya il y a El-Mesîsa (Mopsueste), puis Adena, puis Tarsous, qui est à l'extrémité de la Syrie.. Vis-à-vis, à l'occident de la montagne, sont Kinnisrîn et Aïn-Zerba (Anazarbc); vis-à-vis de Kinnisrîn, à l'orient de la montagne, est située Haleb (Alep); vis-à-vis Aïn-Zerba, sur les confins de la Syrie, on rencontre Manbedj (Bambyce, Hierapolis). Quant aux Défilés (Ed-Doroub), ils ont à leur droite, entre eux et la mer Romaine, le pays de Roum (l'Anatolie, l'Asie Mineure), qui, de nos jours, appartient aux Turcomans, ayant pour souverain (Orkhan), fils d'Othman. Dans cette contrée, sur le rivage de la mer, sont les villes d'Antaliya (Satalie) et d'El-Alaya. Quant à la partie de l'Arménie qui est située entre la montagne des Défilés et celle de la Chaîne, elle renferme les villes de Merâch, de Malatiya, d'Angora, et se prolonge au nord jusqu'à ce qu'elle sorte de cette section de climat.

Le fleuve Djîhan sort de la partie de l'Arménie qui se trouve dans la cinquième section (du cinquième climat et entre dans celui-ci); il coule à l'ouest du Sîhan, qui vient du même pays, et se dirige d'abord vers le sud, puis il traverse les Doroub, passe devant Tarsous et Mcsîsa, tourne ensuite vers le sud-ouest, et tombe dans la mer P. 123. Romaine, au midi de Seloukiya 1. Le Sîhan coule parallèlement au Djîhan; il passe auprès d'Angora et de Merâch, traverse les Doroub jusqu'à la Syrie, passe devant Aïn-Zerba, puis, s'éloignant du Djîhan, il se tourne vers le nord-ouest; arrivé ensuite à l'occident de j\|esîsa et auprès de cette ville, il mêle ses eaux à celles du Djîhan 2.

Quant à la portion de la Mésopotamie que le mont Lokam environne lorsqu'il se détourne pour atteindre la montagne de la Chaîne, elle a, au midi, les villes de Rafeca et de Racca, puis Harran, puis Seroudj et Roha (Edessa), puis Nîsîbîn (Nisibe), puis Somaïsat (Samosate) et Amid, situées au pied de la montagne de la 1 L'embouchure du Djîhan est au nord- * * Les deux rivières ne se réunissent est de Selefké (Séleucie). pas.

Chaîne, dans l'angle nord-est de la section. Cette partie de la section est traversée par l'Euphrate et par le Tigre, qui sortent du cinquième climat, coulent vers le midi en traversant le territoire arménien, et coupent la montagne de la Chaîne.

L'Euphrate coule à l'occident de Somaïsat et de Seroudj; puis il se dirige vers l'orient, passe à l'ouest d'Er-Rafeca et d'Er-Racca, et pénètre dans la sixième section de ce climat. Le Tigre coule à l'est d'Amid, fait, à peu de distance, un détour vers l'est, et, bientôt après, il passe dans la sixième section. Dans la partie occidentale de cette section, se trouve la contrée d'El-Djezîra (la Mésopotamie), à l'orient de laquelle est le pays de l'Irac, qui lui confine et se prolonge vers l'orient jusqu'à ce qu'il approche de la limite de la section.

Dans cet endroit, l'extrémité de l'Irac est traversée par la montagne d'Ispahan, qui, partant du midi de la section, se dirige obliquement vers l'ouest. Arrivée au milieu de la limite qui borne la section P. 124. du côté du nord, elle continue à se diriger vers l'occident, jusqu'à ce qu elle sorte de la section. Suivant toujours la même direction, elle finit par se joindre à la montagne de la Chaîne, dans la cinquième section. Dans la sixième, elle se partage 1 en deux branches, l'une occidentale, l'autre orientale. Au sud de la branche occidentale l'Euphrate quitte la cinquième section de ce climat; au nord se trouve 2 le lieu où le Tigre sort de la même section. Dès que l'Euphrate entre dans la sixième section, il passe auprès de Carkîciya, et renvoie vers le nord un canal qui répand ses eaux dans la Mésopotamie, où la terre les absorbe. A peu de distance de Carkîciya, il se tourne vers le sud, passe à l'ouest d'El-Khabour et de Raheba, envoie un canal vers le sud, et laisse à l'ouest la ville de Siffîn. Se dirigeant ensuite vers l'est, il se partage en plusieurs branches, dont une passe à El-Roufa, et les autres à Casr lbn-Hobeïra et à El-Djamêaïn. Arrivées au midi de la section, ces branches entrent toutes dans le troisième climat et vont se perdre dans les terrains situés à l'orient d'El-Hîra et d'El-Cadeciya. L'Euphrate, en quittant Er-Raheba, se.dirige vers l'est, comme auparavant, passe au nord de Hît, coule ensuite au sud d'Ez-Zab 1 et d'EI-Ànbar, puis il se jette dans le Tigre, près de Baghdad.

Quant au Tigre, lorsqu'il sort de la cinquième section pour entrer dans celle-ci, il continue à se diriger vers l'orient et à couler parallèlement à la montagne de la Chaîne, qui va, en suivant la même direction, rejoindre la montagne de l'Irac. Le fleuve passe au nord de Djezîret-Ibn-Omar, puis d'EI-Maucel (Mosul) et de Tekrît. Arrivé à El-Hadîtha, il se tourne vers le sud et laisse cette ville à l'orient, ainsi que le grand et le petit Zab. Continuant son cours vèrs lé midi, il P. is5. coule à l'occident d'El-Cadeciya, et, parvenu à Baghdad, il mêle ses eaux à celles de l'Euphrate. Suivant toujours la même direction, il passe à l'ouest de Djerdjeraya, entre dans le troisième climat et se partage en un grand nombre de branches et de canaux, qui, après s'être réunis, vont tomber dans la mer de Fars, auprès d'Abbadan.

L'espace compris entre le Tigre et l'Euphrate, avant qu'ils se réunissent près de Baghdad, s'appelle le pays d 9 El-Djezîra (Mésopotamie). Après avoir dépassé Baghdad, ces deux fleuves reçoivent les eaux d'un autre fleuve, qui vient du nord-est, et qui, étant arrivé à Nehrouan, province située vis-à-vis de Baghdad, du côté de l'orient, se détourne vers le midi pour décharger ses eaux dans le Tigre, avant que celui-ci pénètre dans le troisième climat. Entre ce fleuve et les montagnes de l'Irac et de la Perse (El-Aâdjem), est situé le canton de Djeloula. A l'orient, près de la montagne, sont les villes de Holouan et de Saïmera.

La partie occidentale de cette section est coupée par une montagne qui commence aux montagnes de la Perse, se dirige vers l'orient, et se prolonge jusqu'à la fin de la section. Elle se nomme la montagne de Chehrezour. La plus petite des deux portions de la section est au midi et renferme la ville de Khoundjan, placée au nord-ouest d'Ispahan. Cette portion est appelée la province de Behlous 2. Au 1 II s'agit ici du pays traversé par les Behlous t Fehlous ou Fehla, désignait l'andeux Zab. » cienne Parthie, nommée aussi Pehlev, (Voy.

* Var. Bellious. Selon M. Quatremère, Journal des Sav. de 1 84o, p. 344 et suiy.) Prolégomènes. 1 9 milieu se trouve la ville de Nehaouend, et vers le nord-ouest celle de Chehrezour, située près de l'endroit où les deux montagnes se réunissent. Vers Test, à la limite de la section, on trouve la ville de Dînaour. L'autre porlion de la section renferme une partie de l'Arménie, ayant pour chef-lieu El-Meragha. La partie de la mon-P. 126. tagne de l'Irac qui s'étend vis-à-vis est nommée mont Barma, et a des Kurdes pour habitants. Derrière la contrée du grand et du petit Zab, située auprès du Tigre, se trouve le pays d'Aderbeïdjan, qui* occupe l'extrémité orientale de cette section et qui renferme les villes de Tebrîz et d'El-Bîlecan. À l'angle nord-est de cette section on trouve une portion de la mer de Nîtoch (la mer Noire), autrement dite la mer des Khazer 1.

Dans la septième section de ce climat, à l'ouest et au midi, s'étend la partie la plus grande de la province de Behlous, qui renferme les villes de Hamadan et de Cazouîn. Le reste de cette province est situé dans le troisième climat. C'est là que se trouve la ville d'Ispahan. (Dans la sixième section) le Behlous a pour limite méridionale une montagne qui sort (de cette section) à l'occident de la province, passe dans la sixième section du troisième climat et se détourne ensuite pour entrer dans la (septième) section du quatrième climat. Là elle se réunit à la partie orientale de la montagne de Tlrac, qui, comme nous l'avons dit, sert aussi de limite à la partie du Behlous qui se trouve dans la subdivision orientale de la section. Cette montagne, qui entoure Ispahan, sort du troisième climat en se dirigeant vers le nord, pénètre dans la septième section du climat qui nous occupe, et sert de limite à la province de Behlous, du côté de l'est. Là, au pied de cette chaîne, sont situées les villes de Cachan et de Comm. Arrivée à environ la moitié de son étendue, cette montagne se détourne un peu vers l'occident, puis elle revient en formant une courbe, et se dirige vers l'est avec une inclinaison vers le nord, de 1 Le nom de mer des Khazer se donnait mer Noire. ( Voy. Chrestom. arabe de M. de ordinairement à la mer Caspienne, mais il Sacy, t. JI, p. 1 6, et la trad. de la Géogr. s* employait quelquefois pour désigner la d'Aboiilféda par M. Reinaud, t. II, p. A3.)