SigPhi · Ibn Khaldun

Les Prolégomènes (Muqaddimah), Volume I

French

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manière à entrer dans le cinquième climat. Dans la partie orientale de la courbe qu' elle décrit, elle entoure la ville d'Er-Reï. Auprès du point où elle change de direction, commence une autre montagne 1, qui se dirige vers l'ouest, jusqu'à l'extrémité de la section. Là, au sud de la montagne, se trouve Cazouîa. Au nord de celte montagne et à côté de la montagne de Reï, qui se réunit à elle pour se diriger, d'abord vers le nord-est et atteindre le milieu de la section, d'où elle passe dans le cinquième climat, est située la, province de Tabe- P. 327. ristan. Ce pays occupe l'espace qui sépare ces montagnes de la nier de Taberistan, dont une partie sort du 2 cinquième climat, pour occuper environ la moitié (septentrionale) de cette section, depuis l'occident jusqu'à l'orient. A l'endroit où la montagne de Reï fait le détour vers le sud, s'en élève une autre qui se.prolonge en ligne droite vers l'orient, en s'inclinant tant soit' peu vers le sud, et entre dans la huitième, section de ce climat, du côté de l'occident. Entre la montagne de Reï et celle-ci, près de l'endroit où elles prennent naissance, se trouvent le pays de Djordjan et la ville de Bistam. Au delà (au sud) de cette dernière montagne est une portion de cette section, renfermant le reste du désert qui sépare le Fars du Khoraçan.

Ce désert est à l'orient de Cachan;.à son extrémité, près de cette montagne, s'élève la ville d'Asterabad. Aux deux côtés de la même chaîne, dans la partie orientale (de la section) et jusqu'à sa limite, s'étend le pays de Neïsabour, qùi fait partie du Khoraçan. Au sàd de la montagne et à l'orient du désert est' située la ville de Neïsabour, puis celle de Merv-Chahdjan, placée sur la limite de la section. Au nord de la montagne, et à l'orient de Djordjan, se trouvent les villes de Mihredjan, de Khazroun et de Tous, celle-ci près de la limite orientale de la section. Tous ces endroits sont au-dessous (au nord) de la montagne. Bien au nord de cette chaîne est la province de Neça, qui est séparée de l'angle nord-est de la section par des déserts tout à fait inhabités.

Dans la huitième section de ce climat, du côté de l'occident, passe le fleuve Djeïhoun, se dirigeant du sud'au nord. Sur sa rive occidentale se trouvent les villes de Zemm et d'Amol, situées dans le Khoraçan, ainsi que les cantons d'Et-Thaheriya 1 et d'El-Djordjaniya, qui font partie du Kharizm. L'angle sud-ouest de cette section est entouré par la montagne d'Asterabad, qui, après avoir traversé la section précédente, entre dans 2 celle-ci par le côté occidental. Là se p. 128. trouve aussi une partie du territoire de Hérat. La montagne traverse le troisième climat, entre Hérat et EI-Djouzdjan, et va se joindre à la montagne d'El-Bottam, ainsi que nous l'avons dit. A l'orient du Djeïhoun, et dans le sud de cette section, est situé' le pays de Bokhara, puis celui de Soghd, qui a pour capitale Samarcand. Ensuite se trouve le pays d'Osrouchna, qui renferme la ville de Khodjenda, située vers la limite orientale de la section. Au nord de Samarcand et d'Osrouchna s'étend le territoire de Yalac, et, au nord de celui-ci, le pays d'Es-Chach, qui se prolonge 3 vers l'orient jusqu'à l'extrémité de la section, et occupe une portion de la neuvième. Au 4 midi de cette section se trouve une partie de la province de Ferghana 5. De cette portion de la neuvième section sort la rivière de Chach; elle traverse la huitième section et se décharge dans le Djeïhoun, à l'endroit où ce fleuve sort de la section, du côté du nord, pour entrer dans le cinquième climat. Avant de quitter le territoire de Yalac la rivière de Chach en reçoit une autre venant du côté du Tibet, dans la neuvième section du troisième climat. Au moment de passer en dehors de la neuvième section, elle est jointe 6 par la rivière de Ferghana. La montagne de Djebraghoun 7, qui commence dans le cinquième climat, se dirige vers le sud-est parallèlement à la 1 Pour iu^6>lkJ|, je lis iyyfeUaJf sur * A l'inspection de la carte on voit que, l'autorité du dictionnaire géographique pour <J, il faut lire £y le Merachd el-Ittilâ. 5 L'autre partie de la province de Fer- 1 Pour \ôjs> lisez IjJb j. ghana occupe l'angle sud-est de la hui- 3 Pour JJ^? il faut probablement lire tième section.

Deux de nos manuscrits offrent la, 6 Pour iakjz, lisez hkjç,.

leçon Dans l'édition de Boulac, le mot 7 Variante: Djtraghoun, est omis.

rivière de Chach, passe dans la neuvième section de ce climat et suit le contour du territoire de Chach. Ensuite elle décrit une courbe dans la même section, se dirige vers le sud en suivant encore les contours de Chach et de Ferghana, et pénètre dans le troisième climat. Au milieu de la (huitième) section, entre la rivière de Chach et le flanc de la montagne se trouve le pays de Farab, qui est séparé des contrées de Bokhara et de Kharizm par. des déserts inhabités. P. 129. A l'angle nord-est de la même section est situé le pays de Khodjenda, qui renferme les territoires d'Isfîdjab et de Taraz.

Après Ferghana et Chach on trouve, dans la neuvième section de ce climat, au sud de sa partie occidentale, la contrée des Kharlokh. Dans la partie septentrionale est la contrée des Kholkhiya. La partie orientale de cette section, jusqu'à son extrémité, est occupée par le territoire des Keïmak, qui s'étend à travers toute la dixième section jusqu'à la montagne de Coucaïa 1. Cette chaîne forme la limite orientale de la (dixième) section et domine une partie de la mer Environnante: c'est la montagne de Yadjoudj et Madjoudj (Gog -et Magog). Les peuples que nous venons de nommer forment autant de branches de la race turque.

LE CINQUIÈME CLIMAT.

La première section de ce climat est occupée par les eaux de la mer, à l'exception d'une petite partie, du côté du sud et du côté de l'est. En effet la mer Environnante a, du côté de l'occident, pénétré dans les climats cinquième, sixième et septième, en s'écartant du cercle qu'elle décrit autour de la terre 2. La portion de la terre qui reste à découvert dans cette section est dans la partie sud, et forme un triangle uni (par sa base) à l'Espagne. Ce coin de terre, 1 Le mot Coucaïa paraît être une allé- barrière du Derbend, sur le bord de Ja ration de Caucase. Les Arabes plaçaient mer Caspienne. avec la grande muraille celte montagne à l'extrémité nord-est de de la Chine, la terre habitable, tout à^fait au nord de a Le texte porte: « du climat. » la Chine. Ils paraissent avoir confondu la étant entouré par la nier, représente les deux côtes dun triangle et l'angle intermédiaire. Vers la limite sud-ouest de la section, cette partie de l'Espagne occidentale 1 renferme Monte-Mayor 2, située sur le bord de la mer, puis Chalamanka (Salamanque), qui est plus à l'orient, et, au nord (de cette ville), Semmoura (Zamora). A l'orient de Salamanque, et sur la limite méridionale de la section, s'élève Àbla 3, et plus à l'est s'étend le pays de Cacbtala (Castille). Cette contrée renferme la ville de Ghegoubiya (Ségovie); au nord sont le territoire de Léon et la ville de Borgocht (Burgos). Derrière ces pays, du côté du nord, la contrée des DjHlikiya (la Galice) s'étend jusqu'à l'angle formé par cette partie du pays. Sur la mer Environnante, à l'extrémité du côté occidental du triangle; on trouve la ville de Chant* Yacoub (Santiago). Ce nom est le même que notre Yâcoub (Jacques) 4.

La section qui nous occupe renferme aussi plusieurs localités de l'Espagne orientale, telles que Totîla (Tudèle), située sur sa limite méridionale et à l'orient de la Castille. Au nord-est de ce pays se trouve Ouechca (Huesca), puis Banbelouna (Pampelune), située dans la partie nord-est (de cette section). A l'occident de Pampelune on trouve Castîla (Estella), puis Nadjera 5 (Najera, Naxera), située entre cette ville et Burgos. Une grande chaîne de montagnes traverse cette région, parallèlement à la mer, dont elle s'éloigne très-peu, et en suivant le côté nord-est du triangle. A l'extrémité orientale (de la mer), dans le voisinage de Pampelune, cette montagne se relie à une autre 6, qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut, touche par son extrémité méridionale à la mer Romaine, dans le quatrième climat, et qui, * Située à l'embouchure de la rivière de Coïmbre, auprès du cap Mondego.

3 A cinq lieues sud-est de Salamanca est située Alba deTormes. C'est peut-être la ville qu'Idrîci désigne par le nom XAlba.

* Dans le mot Chant- Yacoub,\a seconde lettre de Yacoub est un aie/; mais dans Yâcoub, nom très-usité chez les Arabes, la seconde lettre est un aïn.

6 Pour ôjaAj, lisez o 1 11 s'agit des Pyrénées. — Dans le texte arabe il faut sans doute insérer le mot Jxil entre ^ysJI et (joli, bien qu'il manque dans les manuscrits et dans l'édition de Boulac.

du côté de l'orient 1, sert de limite à l'Espagne. Ses défilés forment autant de portes par lesquelles on peut entrer dans le pays des Gascons, peuple compris dans la nation des Francs. De cette partie (de l'Espagne), la portion contenue dans le quatrième climat renferme Barcelone et Narbonne, situées sur le rivage de la mer Romaine; puis Djeronda (Gironne) et Carcassonne, placées plus loin, vers le nord. La partie qui tombe dans le cinquième climat renferme Toulocha (Toulouse), qui est au nord de Djeronda.

La portion orientale de (la première) section comprend un segment de terrain que les eaux ont laissé à découvert et qui a la forme d'un triangle allongé, dont l'angle aigu' est situé derrière les Ports (les Pyrénées). À l'extrémité de ce segment, auprès des Ports et' sur le bord de la mer Environnante, on trouve la ville de Baïouna (Bayonne). A l'autre extrémité, au nord-est de la section, est le pays des Bîthou (Poitou), peuple franc. Cette contrée s'étend jusqu'à la fin de la section.

Dans la partie occidentale de la seconde section est situé le pays de la Ghachkouniya (Gascogne), au nord duquel se trouvent le Poitou et Burgos (Bourges), contrées dont nous avons fait mention 2. A l'orient de la Gascogne est un golfe de la mer Romaine qui pénètre dans cette section sous la forme d'une dent 3 (le golfe de Lyon) en inclinant un peu vers l'est. Aussi la Gascogne, située à l'ouest de ce golfe, forme-t-elle un isthme qui s'avance dans la mer. A l'extrémité septentrionale de cette portion de mer est le territoire de Djenoua (Genova, Gênes), et sur la même ligne, vers le nord, la montagne de Mont-Djoun (les Alpes). Encore plus au nord, et dans la même direction, est le pays de Borghouna (la Bourgogne). A l'orient du golfe de Gènes, celui qui sort de la mer Romaine, s'en trouve un autre qui sort aussi de cette mer 4, et entre les deux est un pro- 3 Sur la carte, ce golfe a une forme ovale, telle que la surface supérieure d'une dent molaire.

* L'auteur veut parler de l'Adriatique.

* Noire auteur aura confondu Burgos, ville dont il a fait mention dans la page précédente, avec Bourges.

montoire qui s'avance dans la mer 1. Sur la partie occidentale de ce promontoire s'élève Bîcha (Pise); plus à l'orient est Roumat el-Adhîma (Rome la grande), siège de l'empire des Francs et résidence du Pape, patriarche suprême de ces peuples. Elle renferme, ainsi que tout le monde le sait, des édifices immenses, des monuments imposants et des églises antiques. Parmi ses merveilles, on compte la rivière qui la traverse d'orient en occident, et dont le fond est pavé en lames de cuivre 2. On voit dans cette ville une église consacrée aux deux apôtres Pierre et Paul, qui y ont leur sépulture. Au nord des Etats romains est le pays d'Anberdiya (Lombardie), qui s'étend jusqu'à l'extrémité de la section. Sur le rivage oriental du golfe de la mer auprès duquel Rome est située, s'élève la ville de Nabel (Naples), qui touche aux confins de Killauriya (Calabre), l'un des Etats francs. Au nord s'étend une partie du golfe de Venise, qui sort du côté occidental de la troisième section pour entrer dans celle-ci. Ce golfe se dirige parallèlement au bord septentrional de la deuxième section et s'arrête au tiers de la longueur de pette section. La plupart des Etats vénitiens sont situés sur ses rivages méridionaux 3, entre ce golfe et la mer Environnante (la mer Romaine). Au nord, dans le sixième climat, est la province d'Ankelaiya (Aquilée).

Dans la troisième section de ce climat, du côté de l'occident, la province de la Calabre s'étend entre le golfe de Venise et la mer Romaine. Une partie de son territoire passe dans le quatrième climat et s'avance, sous la forme d'un promontoire, entre deux golfes formés par la mer Romaine et se dirigeant vers le nord, pour entrer dans cette section 4. A l'orient de la Calabre est située l'Ankebarda 5, péninsule qui s'étend entre le golfe de Venise et la mer Romaine. Un cap, 1 Ce promontoire t c est l'Italie. Sur la carte cTIdrîci il se dirige vers Test.

3 Voy. la traduction française de la Géographie d'ïdrici, t. H, page a5i, et YAbotïlféda de M. Reinaud, t. II t p. 3io.

* C'est-à-dire ses rivages occidentaux.

4 Le promontoire, c'est la Calabre, située entre le golfe de Tarente et la mer Tyrrhénienne.

5 • Ankebarda signifie la Lombardie. Ici, l'auteur désigne parce terme la Basilicate, la terre de Bari et celle d'Otranle.

que cette péninsule envoie dans le quatrième climat et dans la mer Romaine, est borné, du côté de l'orient, par le golfe de Venise, qui, se détachant de cette mer, se dirige d'abord vers le nord, puis vers le couchant, avec une direction parallèle à la limite septentrionale de la section. Une vaste chaîne de montagnes sort du quatrième climat et se dirige de la même manière: d'abord elle suit la direction de la mer, qui se porte vers le nord, ensuite elle se tourne vers l'occident ainsi que la mer, entre dans le sixième climat et va s'arrêter, vis-à-vis et au nord du golfe, dans le territoire des Ankelaîa (Aquilée), peuple allemand 1, ainsi que nous le dirons. Tant que cette mer et la chaîne de montagnes se dirigent vers le nord, il règne, entre les deux et sur le bord du golfe, une étendue de pays qui fait partie des Etats vénitiens 2. A l'endroit où le golfe et la montagne se tournent vers l'ouest, ils renferment la province de Djerouacïa 3; puis la contrée des Al-Lemanïîn (Allemands), située à l'extrémité de ce bras de mer.

La quatrième section de ce climat renferme une portion de 4 la P. i33. mer Romaine qui vient du quatrième climat. Toute la côte est découpée par des bras de mer qui se dirigent vers le nord. Ces golfes sont séparés les uns des autres par des promontoires qui s'avancent du continent. Vers l'extrémité orientale de la section se trouve le canal de Constantinople, qui, se détachant de cette portion de la mer Romaine qui se trouve au midi, coule vers le nord en ligne directe. A peine entré dans le sixième climaj, il se tourne vers l'est, pour aller joindre, dans la cinquième section, la mer de Nîtoch 5, qui occupe, de plus, une partie de la quatrième section et de la sixième. Nous en parlerons plus loin. La ville d'El-Costantîniya (Constantinople) est à l'orient 6 de ce canal, sur la limite septentrionale de la quatième section. Cette grande ville, jadis la capitale 1 En arabe, Aî-Lemanîin. * L'Albanie et la Dalmatie.

3 Ce nom doit se prononcer Guerouacîa, car il s'agit de la Croatie.

4 Pour, lisez Prolégomènes.

s La mer Noire.

6 Si Tauleur avait examiné la carte d'idrîei avec plus d'attention, il aurait vu que Constantinople est placée sur le bord occidental du canal.

des Césars, renferme des restes d'anciens monuments et d'édifices énormes qui ont donné lieu à beaucoup de récits. La partie de cette section qui se trouve entre la mer Romaine et le canal de Constantinople renferme le pays de Makcdouniya (la Macédoine), qui avait appartenu aux Grecs et avait servi de berceau à leur empire. A l'est du canal, et vers la limite de cette section, se trouve une partie de Bathous 1, pays que je crois être aujourd'hui le domaine des Turcomans nomades. C'est là que règne le fds d'Othman 2; la ville capitale se nomme Borsa (Brousse) 3. Ce pays avait d'abord appartenu aux Romains; il leur fut enlevé par d'autres peuples et tomba enfin au pouvoir des Turcomans.

Le pays de Batous est au sud-ouest de la cinquième section de ce climat; au nord, vers la limite de la section, se trouve le canton d'Ammouriya (Amorium). A l'orient de cette contrée on rencontre le Cobacob 4, rivière qui sort d'une montagne située de ce côté et qui coule vers le sud jusqu'à ce qu'elle verse ses eaux dans i'Eupbrate, avant que ce fleuve ait quitté cette section pour entrer dans le quatrième climat. Là, à l'occident de la section, est la source du Sîhan, et, plus à l'ouest, celle du Djîhan, fleuves dont nous avons parlé plus haut et qui suivent la même direction que l'Euphrate. A l'orient de ces lieux est la source du Tigre, fleuve qui coule parallèlement à l'Euphrate, en se dirigeant du même côté jusqu'à ce qu'il s'y réunisse près de Baghdad. Dans l'angle sud-est de 5 cette section, au delà de la montagne où le Tigre prend sa source, est la ville de Meïafarekîn. La rivière de Cobacob, dont nous avons parlé, divise cette section de climat en deux parties, dont celle du sud-ouest renferme le pays de Batous. Plus bas, sur la limite septentrionale de la section, et derrière 6 la montagne.qui donne naissance au Cobacob^ se 1 II faut, sans doute, lire Natous, c'està-dire Anatolie; Idrîci dit que ce nom signifie l'orient.

3 Le texte arabe porte L«*j-j; aujourd'hui le nom de celte ville s'écrit Broucé.

4 Probablement le Cara-Sou.

5 Pour ^, lisez • C'est-à-dire, au Sud.

trouve le territoire d'Ammouriya, ville dont nous avons fait mention. La seconde partie occupe le tiers de la section, des côtés nord, est et sud. De ce dernier côté sont les sources du Tigre et de l'Eupbrate; au nord est la province d'El-Beïlacan, qui confine à celle d'Ammouriya, et qui est située au delà de la montagne de Cobacob. Elle est d'une largeur considérable. A son extrémité, près de la source de l'Euphrate, se trouve la ville de Kbarchena 1. L'angle nord-est de cette section renferme une portion de la mer de Nîtoch, qui reçoit du canal de Constantinople une partie de ses eaux 2.

Dans la sixième section de ce climat, vers le côté du sud-ouest, est située l'Arménie, pays qui se prolonge vers l'est jusqu'à ce qu'il dépasse le milieu de la section. De ce même côté elle renferme la P. i35. ville d'Erzen, et, du côté du nord, les villes de Tiflîs et de Deïbel.

A l'est d'Erzen est la ville de Kbalat, puis celle de Berdhâa; au midi, en tirant vers l'est, on trouve la ville d'Àrmîniya. C'est là que le territoire de f Arménie entre dans le quatrième climat. Dans cette localité est située la ville d'El-Meragba, à l'orient de la montagne des Curdes appelée Barma. Nous avons fait mention de cette montagne en traitant de la sixième section du (quatrième) climat. Dans la section qui nous occupe ici, et dans le quatrième climat, dont il a déjà été question 3, l'Arménie a pour limite, du côté de l'orient, le pays d'Adhcrbeïdjan. À son extrémité, dans la partie orientale de la même section, on trouve la ville d'Ardebîl, située sur la portion de la mer de Taberistan (la mer Caspienne) qui passe de la septième section dans la partie orientale de celle-ci. Sur le rivage septentrional (de la mer de Taberistan), dans cette section, est située une partie du pays des Kbazar, peuple turcoman. Auprès (et à l'occident) de cette partie de la mer, du côté du nord, commence une ebaîne de montagnes qui s'étend vers l'ouest jusqu'à la cinquième section de ce climat. Elle la traverse en faisant un détour, enveloppe la province de Meïafarckîn et passe dans la quatrième climat, auprès 1 Pour <Ua^, lisez *^û>à.. r 3 II faut supprimer I^aJ, ou lire 1 C'est le contraire qui a lieu. avec le manuscrit C.

d'Amid. Parvenue dans les provinces inférieures (septentrionales) de la Syrie, elle touche à la montagne de la Chaîne et va se confondre avec le Lokam.

Les montagnes qui occupent la partie septentrionale de cette section renferment plusieurs cols ou portes par lesquels les voyageurs peuvent les traverser. Au midi se trouve le pays d'El-Abouab, qui s'étend, vers Test, jusqu'à la mer de Taheristan. Sur le bord de cette mer, et dans le pays déjà nommé, s'élève la ville de Bab el-Abouab (la porte des portes, Dérbend). Immédiatement au sud-ouest d'Elp. i36. Abouab, on trouve l'Arménie. Entre la limite orientale d'El-Abouab et les cantons méridionaux de FÀdherbeïdjan, est située la province d'Arran, qui s'étend jusqu'à la mer de Taberistan. La partie de cette section qui est au nord de ces montagnes renferme, vers son extrémité occidentale, le royaume de Serîr 1. L'angle nord-ouest de la section est occupé en entier par une partie de la mer de Nîtoch, dans laquelle le canal de Constantinople verse ses eaux. Cette portion de la mer de Nîtoch est enveloppée par le pays de Serîr, et baigne les murs de Trabezonda (Trébizonde), ville de cette contrée. Le pays de Serîr s'étend vers l'orient, entre les montagnes d'El-Abouab et la limite septentrionale de la section, jusqu'à ce qu'il se termine à une montagne qui le sépare du pays des Khazar. A son extrémité s'élève la ville de Soul. Au delà de cette barrière règne une portion du pays des Khazar, qui se termine à l'angle nord-est de la section, entre son extrémité septentrionale et la mer de Taberistan.

Toute la partie occidentale de la septième section est occupée par la mer de Taberistan. L'extrémité méridionale de cette mer passe dans le quatrième climat et baigne, comme nous l'avons dit, les côtes de Taberistan, ainsi que le pied de la montagne de Deïlem, laquelle se prolonge jusqu'à Cazouîn. Immédiatement à l'ouest de cette partie de la mer, il y en a une autre partie située dans la sixième section du quatrième climat; au nord de cette même partie, une autre s'étend, qui ne fait qu'entamer la limite orientale de la sixième sec- 1 Ce royaume était situé au nord du Caucase et à l'ouest de Dérbend.

tion. Un coin de terre reste à découvert au nord-ouest de cette mer, et c'est par là qu'elle reçoit les eaux de l'Itil (le Volga). Dans la partie orientale de cette section, on remarque un espace de terre que la mer n'a pas occupé; c'est là que sont les campements des Ghozz, P. 137. peuple de race turque. [On les appelle aussi Khazar, ce qui porte à croire que leur nom, ayant passé dans la langue arabe, a subi une modification par la conversion de la lettre kh en gh, et par le redoublement du z 1.] Cette portion de terrain est bornée, du côté du sud, par une montagne qui sort de 2 la huitième section, et se dirige vers l'ouest, jusqu'à ce qu'elle s'arrête un peu en deçà du milieu de celle-ci. Alors elle fait un détour vers le nord, pour atteindre la mer de Taberistan, qu'elle contourne en suivant ses rivages jusqu'au sixième climat. A l'endroit où cette mer cbange de direction, la montagne fait de même et s'en éloigne. En ce lieu elle porte le nom de mont Chîah*. Se dirigeant ensuite vers l'occident, elle passe dans la sixième section du sixième climat, puis elle retourne au midi, où elle entre dans la sixième section du cinquième climat. C'est cette portion de la chaîne qui, dans cette section, sépare le pays de Serir de celui des Khazar. Cette dernière contrée s'étend, sans interruption, aux deux côtés du Chîah, tant dans la sixième que dans la septième section du climat, ainsi que nous le dirons plus bas.

La huitième section du cinquième climat se compose en entier d'un territoire où les Ghozz, peuple de race turque, s'adonnent à la vie nomade. Vers le sud-est elle enferme le lac de Kharizm (l'Aral), qui reçoit les eaux du Djeïhoun. Ce lac a trois cents milles de circonférence, et reçoit les eaux de plusieurs autres rivières qui viennent du territoire occupé parles Ghozz nomades. Au nord-est de la section on trouve le lac de Ghorgoun, qui a quatre cents milles de tour, et dont les eaux sont douces. Dans la partie septentrionale de cette section s'élève une montagne, dont le nom, Morghar, signifie montagne 1 Le passage que nous avons mis enlre 2 Pour <j, je crois devoir lire des parenthèses ne se trouve que dans un 3 C'esl-à-dire, le oj-J^oL**, Siak kouh seul manuscrit. « la montagne noire. » de neige h Elle est ainsi nommée parce que la neige n'y fond jamais. Cette montagne touche à l'extrême limite de la section. Au midi du lac i38. de Ghorgoun se trouve une montagne du même nom, qui n'est qu'un rocher absolument nu et qui n'offre aucune trace de végétation. C'est elle qui a donné son nom au lac. De cette montagne, ainsi que de celle de Morghar, au nord du lac, sortent des rivières dont il est impossible d'évaluer le nombre, et qui. vont des deux côtés tomber dans ce lac.

La neuvième section de ce climat renferme le territoire des Adkech, peuple de race turque. Cette région est située à l'ouest du pays des Ghozz et à l'est de celui des Keïmak 2. Du côté de l'orient, vers l'extrémité de la section, la montagne de Coucaïa sépare cette contrée du pays de Gog et de Magog. Cette chaîne s'étend là comme une barrière, du midi au nord, après avoir fait un coude à l'endroit où elle sort de la dixième section pour entrer dans celle-ci. Elle était déjà sortie de la dixième section du quatrième climat pour entrer dans la dixième section du cinquième. Là elle sert de limite à la mer Environnante, jusqu'à l'extrémité septentrionale de la section; ensuite elle se dirige vers l'ouest pour arriver auprès de la limite (méridio* nale) de la dixième section du quatrième climat, et, depuis son origine jusque-là, elle enveloppe le pays des Keïmak. Entrée dans la dixième section du cinquième climat, elle la traverse jusqu'à sa limite occidentale, laissant au midi un segment qui s'allonge vers l'ouest et renferme l'extrémité du pays des Keïmak. Pénétrant alors dans la neuvième section, qui l'admet par l'extrémité supérieure (méridionale) de son côté oriental, elle se tourne presque aussitôt 1 Car, en ture, veut dire neige; mais le climat, doit avoir le pays des Adkech à mot mer ou mor n'existe pas dans celte l'orient, parce que ce pays est situé dans langue. la neuvième section du même climat. De * A l'inspection de la carte on voit que plus, comme le pays des Keïmak se trouve l'auteur s'est trompé dans ce passage, dans la dixième section du quatrième cliayant mis ouest pour est, et est pour nord- mat, la contrée des Adkech en est néeesouest. D'ailleurs la contrée des Ghozz, étant sairement au nord-ouest, dans la huitième section du cinquième vers le nord et s'avance, dans la même direction, jusqu'à la neuvième section du sixième climat. C'est là que se trouve la barrière dont nous parlerons plus bas. L'angle nord-est de cette neuvième section renferme le territoire qu'enveloppe la montagne de Coucaïa; ce territoire se prolonge vers le sud et fait partie du pays de Yadjoudj et Madjoudj.

Dans la dixième section de ce climat, on trouve le pays de Ya- P. 139. djoudj (Gog), qui la remplit en entier, à l'exception d'une petite partie de l'extrémité orientale, qui, depuis le sud jusqu'au nord, est occupée parla mer Environnante. Exceptons encore la portion que le mont Coucaïa a isolée en y passant, et qui est située dans la partie sudouest de la section. Tout le reste compose le pays de Gog et Magog.

LE SIXIÈME CLIMAT.

LE SIXIÈME CLIMAT.

La mer occupe plus de la moitié (occidentale) de la première section de ce climat; ensuite, pour atteindre la limite orientale de la section, elle décrit une courbe en se prolongeant vers le nord, puis elle remonte vers le sud-est et se termine auprès de la limite méridionale de la section. De cette manière elle laisse à découvert, dans cette section, une portion de terre qui s'avance comme un cap, entre deux bras de la mer Environnante, et s'étend beaucoup en longueur et en largeur. Toute cette contrée forme la Bertaniya (la Bretagne). A l'entrée de cet isthme, entre les deux golfes et dans l'angle sud-est de cette section de climat, se trouve la province de Séis (Séez), qui confine à celle de Bîtou (Poitou). Nous avons parlé du Poitou en décrivant la première et la seconde partie du cinquième climat 1.

Dans la seconde section de ce climat, la mer Environnante entre du côté de l'ouest et de celui du nord. A l'ouest, elle offre une forme allongée qui dépasse la moitié septentrionale du côté oriental de la Bretagne, pays situé dans la première section. Là, du côté du nord, l Ci-devant, page i5i. — Après le mot j-^AJl, supprimez «JLûj, et insérez-le au commencement de la ligne suivante, avant •.; elle s'unit à l'autre portion de mer qui s'étend d'occident en orient. Dans la moitié, occidentale de la section, ce bras de mer s'élargit un p. i4o. peu, et embrasse une partie de l'Angeltara (Angleterre). C'est une île très-grande et très-large, qui renferme plusieurs villes et qui forme un puissant empire. Le reste de ce pays est situé dans le septième climat. Au midi de ce bras de mer et de son île, dans la moitié occidentale de cette section, on trouve la Normandie 1 et l'Eflandes 2 (Flandre), pays situés sur cette mer. Au sud et à l'ouest de cette section, s'étend le pays d'Ifrança (France), puis, à l'est, la Borghouniya (Bourgogne). Toutes ces contrées appartiennent à des peuples Francs. Le pays des El-Lemanïîn (Allemands) est situé dans la moitié orientale de ce climat. Au midi est la province d'Ankelaiya (Aquilée), et au nord, la Bourgogne; puis viennent les pays de Lohrenka (la Lorraine) et de Gbasouniya [Saxonia, la Saxe). Sur la partie de la mer Environnante qui occupe l'angle nord-est de cette section, est la province d'Ifrîza 3 (la Frise). Toutes ces contrées sont habitées par des peuples allemands. '