SigPhi · Ibn Khaldun

Les Prolégomènes (Muqaddimah), Volume I

French

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Le Messie apporta aux Juifs une doctrine religieuse et abolit plusieurs ordonnances du Pentateuque. Il opéra des miracles étonnants, guérissant les gens atteints de folie et rendant la vie aux morts.

Une foule de monde accourut auprès de lui et crut à sa mission. Ce nombre fut augmenté par les efforts des apôtres, ses disciples 1, qui étaient douze en nombre, et dont il envoya plusieurs dans diverses parties du monde afin d'y prêcher sa religion. Ceci eut lieu sous le règne d'Auguste, premier des rois nommés Césars, et sous l'administration d'Hérode, souverain des Juifs, lequel 2 avait enlevé le pouvoir à ses parents, les Asmonéens. Les Juifs portèrent envie au Messie et le traitaient de menteur; aussi Hérode le dénonça à César-Auguste, dans une lettre qu'il lui envoya. Auguste lui donna la permission de le mettre à mort. Alors eut lieu ce qui se lit dans le Coran au sujet du Messie 3; les apôtres se dispersèrent pour lui gagner des partisans; la plupart d'entre eux passèrent dans l'empire romain pour y répandre la doctrine chrétienne, et Pierre, le chef des apôtres, s'établit à Rome, capitale des États des Césars. Ensuite ils mirent par écrit l'Evangile, que Jésus avait reçu du ciel; ils firent quatre exemplaires (ou rédactions) de ce livre, pour' représenter le texte tel qu'il leur avait été transmis par diverses voies. Matthieu écrivit son évangile en hébreu, à Jérusalem, et Jean, fils de Zébédée, le traduisit en langue latine; Luc écrivit le sien en latin pour l'instruction de quelques grands personnages d'entre les Romains; Jean, P. 419. fils de Zébédée, écrivit le sien à Rome; Pierre en écrivit un en latin et le mit sous le nom de Marc, son disciple. Ces quatre rédactions de TEvangile né s'accordent pas entre elles; d'ailleurs elles ne se composent pas entièrement d'une révélation pure: on y a inséré des discours prononcés par Jésus et par les apôtres. Elles renferment beaucoup de conseils et d'histoires, mais très-peu d'ordonnances. Vers cette époque, les apôtres se réunirent à Rome pour rédiger les canons de la religion, et ce fut Clément, le disciple de Pierre, qui les mit par écrit. On y trouve l'indication des livres qu'on doit accepter (comme inspirés), et à la doctrine desquels on doit conformer ses actions. Ils mentionnent, de l'ancienne loi juive: Le Pentateuque, en cinq volumes;' Le Livre de Josué; Le Livre des Juges; Le Livre de Ruth"; Le Livre de Yehouda (Judith?); Les quatre volumes des Rois; Les Paralipomènes 5, un volume; Le Livre des Machabées, en trois livres, par (Joseph) ben Gorion 2; Le Livre d'Àzra 3 (Esdras) l'imam (docteur de la loi); Le Livre d'Esther 4 et l'histoire de Haman; Le Livre de Job le sincère; Les Psaumes de David; Les cinq livres composés par son fils Salomon; Les Prophéties des seize grands et petits prophètes; Le Livre de Youchâ ben Charekh vizir de Salomon.

En ce qui concerne la loi de Jésus, les mêmes canons spécifient: Les Quatre Evangiles transmis par les apôtres; Le Livre de Paul, renfermant quatorze épîtres; 1 Variantes: <#yy^« Dï- fondu l'auteur des Antiquités j uives avec le bre hayamtm ( Verba dierum), litre hébreu faux Josèphe, dont l'ouvrage en hébreu fut des Paralipomènes, se transcrit en arabe composé dans le vu* ou le vin* siècle de ainsi fiQ&jjï; il ne peut donc pas être ce- notre ère.

lui que notre auteur a voulu reproduire. 3 L'édition de Boulac porte l^-c, ce Le mot grec IIapaAennJ|xet>apeut screpré- qui est la bonne leçon, senter de cette manière, en caractères 4 Les manuscrits et les deux éditions arabes, <j^j imprimées portent y*&J* Aouchir. Le mot 5 Saint Jérôme regardait comme chose Esther s'écrit en arabe ^>oc*J. certaine que Josèphe était l'auteur de YHis- 5 II s'agit de Jésus, fils de Sirach, autoire des Machubées. Ibn Khaldoun a con- teur de YEcclésîaste.

Prolégomènes. 60 Le Livre des sept épîlres catholiques; Une huitième épître, intitulée Praxis, et renfermant les Actes des apôtres; " Le Livre de Clément, renfermant les Maximes (les constitutions apostoliques); Le Livre de l'Apocalypse, renfermant la Vision de Jean, fils de Zébédée.

4a o. Les empereurs romains tantôt embrassèrent cette religion et traitèrent les chrétiens avec honneur, tantôt la rejetèrent et firent subir à ceux qui la professaient la peine de mort ou de bannissement. Cet état d'incertitude se prolongea jusqu'à la venue de Constantin, qui s'était converti au christianisme. Dès lors tous (les Romains) y restèrent attachés. Celui qui est à la tête de cette religion et qui en fait observer les prescriptions s'appelle batrik (patriarche); les chrétiens le regardent comme le chef de la religion et le lieutenant du Messie. Aux agents et représentants qu'il envoie jusqu'aux nations chrétiennes les plus éloignées, on donne le nom d'oscq/^évêque), ce qui veut dire lieutenant du patriarche. L'imam qui préside à la prière et que l'on consulte sur des questions religieuses porte le nom de cacis (prêtre). Ceux d'entre eux qui renoncent au monde pour vivre dans l'isolement et se livrer aux pratiques de la dévotion reçoivent le nom de raheb (moine). Ils s'enferment ordinairement dans les tours des églises.

Pierre, le chef. des apôtres, commandait à tous les disciples qui se trouvaient à Rome. Il y enseigna la religion chrétienne jusqu'à ce que Néron, le cinquième César, le fît mettre à mort. Arbous 1 fut son lieutenant et successeur dans le siège pontifical à Rome. Mare l'évangéliste prêcha pendant sept années en Egypte, en Maghreb et à Alexandrie. Il eut pour successeur Hanania (Anien). Celui-ci fut le 1 En arabe, Dans un des chapitres de l'histoire anté-islamite, Fauteur donne encore le nom à' Arbous ou Arious (jj^jsf) ou successeur de saint Pierre, et ci le, pour son autorité, le Livre de Horousious. Cet ouvrage est une prétendue traduction de l'Histoire de Paul Orose.

premier qui porta, en Egypte, le titre de batrik (patriarche). On installa auprès de lui douze prêtres, afin que l'un d'eux le remplaçât en cas de mort, et on donna au nouvel élu un successeur choisi dans le corps des fidèles. La nomination du patriarche était donc entre les mains des prêtres. Plus tard, de graves dissensions s'élevèrent entre les chrétiens au sujet des dogmes et des fondements de la religion; aussi, sous le règne de Constantin, on tint à Nîkïa (Nicée) une grande assemblée afin de fixer la vraie doctrine. Trois cent dix-huit évêques, s'étant trouvés d'accord sur ces questions, firent dresser une déclaration de principes à laquelle ils donnèrent le titre d'Amana (dépôt, l'. /m gage) *, et qui devait servir de règle à l'avenir. Un de ces décrets portait. que le choix du patriarche chargé de maintenir la religion. ne devait pas être laissé aux prêtres, bien qu'Anien, le disciple de Marc, eût établi 2 ce mode d'élection, et que la nomination devait se faire par une assemblée composée des imams et des chefs des fidèles. Cette règle est encore en vigueur 3.

Certains dogmes de la religion ayant ensuite donné lieu à des controverses, on tint plusieurs réunions afin de fixer la vraie doctrine; mais l'élection des patriarches n'a plus suscité aucune discussion, et elle continue à se pratiquer jusqu'à nos jours; aussi regarde-t-on toujours les évêques comme les représentants du patriarche. Les évêques donnaient à ce prélat le titre de père, pour lui témoigner leur respect, et les prêtres donnaient le même titre aux évêques, quand le patriarche n'était pas présent; aussi, dans la suite des siècles, la signification de ce terme perdit sa précision, et, à l'époque où Héraclius 4 fut élevé au siège patriarcal d'Alexandrie, on chercha un nouveau titre pour distinguer les patriarches des évêques. On adopta le mot Babba, qui signifie le père des pères [abou 7-aaid). Djordjos Ibn el-Amîd 5 nous apprend, dans sa chronique, que ce titre fut employé d'abord 1 Probablement le symbole de Nicée.

3 Pour *)y>\ lisez 3 Après le mot ajoutez cdio^T 4 Selon Eulychius, la nomination d'Héraclius eut lieu dans la première année du règne d'Alexandre Sévère, aaa de J. C.

5 L'historien Elmacin; il portait le surnom d'Ibn el-Amîct, en Egypte, On l'appliqua ensuite au prélat qui occupait le plus élevé des sièges épiscopaux, celui de Rome, que Pierre l'apôtre avait déjà rempli. Le patriarche de Rome porte ce titre encore aujourd'hui.

Les chrétiens, ayant eu de nouveau des discussions relativement aux dogmes et à ce qu'il fallait croire au sujet du Messie, se partagèrent en plusieurs sectes, dont chacune invoqua l'appui de celui d'entre les rois de la chrétienté qui était son souverain. Cette diversité d'opinions régna pendant plusieurs siècles, une secte donnant naissance à une autre; mais on finit par n'y voir que trois sectes principales: les Mêlékites (les orthodoxes), les Jacobites et les Nestoriens. Nous ne jugeons pas convenable de salir nos pages en rapportant leurs opinions impies, P. A 2 2. qui, du reste, sont assez généralement connues. Toutes ces doctrines sont fausses, ainsi que le Coran l'a déclaré. Nous n'avons pas à discuter oxi à raisonner là-dessus avec eux; nous n'avons qu'à leur donner le choix de l'islamisme, de la capitation ou de la mort.

Chaque secte eut ensuite son patriarche; celui de Romé porte le titre de Babba et professe la doctrine mélckite. Rome appartient aux Francs et est placée sous l'autorité de leur roi. Le patriarche des chrétiens tributaires qui habitent l'Égypte appartient à la secte des Jacobites et demeure au milieu de ses ouailles. Comme les Abyssins professent la même doctrine, il s'y fait représenter par des évêques qu'il leur envoie pour les diriger dans l'exercice de la religion. De nos jours, le titre de Babba ne se donne qu'au patriarche de Rome, car les Jacobites ne s'en servent plus. Les b de ce mot doivent être articulés avec une sorte d'emphase 1; le second 6 est redouble. Le Babba se fait une règle de pousser tous les Francs à reconnaître l'autorité d'un seul roi 2, à se rallier autour de lui et à le faire juge de tous leurs différends. Il espère que, par cet arrangement, il empêchera la désunion de se mettre dans la communauté, et qu'il parviendra à calmer l'esprit de parti qui, chez eux, est la passion prédominante, et à tenir tous ces peuples sous son contrôle. On nomme 1 C'est-à-dire, ils doivent se prononcer comme des p, lettre dont le son n'existe pas dans la langue arabe. — * Pour c^Utf lisez csUl.

le roi imberathor; le th de ce mot se prononce avec une sorte d'emphase et un mélange du son de la lettre dz. Il reçoit ce titre quand on lui met la couronne sur la tête, dans le but de lui assurer la bénédiction divine. On peut donc le désigner comme le couronné, et tel est peut-être le sens du mot imberathor 1.

-Voilà le sommaire des extraits que nous avons faits au sujet de ces deux 2 titres Babba et Cohen. Dieu égare qui il veut et dirige qui il veut. [Coran, sour. xvi, vers. g5.)

1 Dans une note marginale de l'édition de Boulac, nous lisons que, a dans les temps anciens, imberathor était la forme usitée. Maintenant les Français disent eimberour, mot qui, chez eux, signifie roi des rois. » L'auteur de cette note avait cependant passé quelques années à Paris. * Pour (jtjJlt, lisez ^jJIt.

NOTES ADDITIONNELLES.

Page 69, note 2. Selon M. de Saey, le lecteur, Khaleflbn Hicliam, portait le surnom de Bezzaz (voyez YAnthol. gram. p. 5a); il faut lire Bezzar.

Page 196, ligne 9, le mot voyants doit se remplacer par sachants. Page 3o5, ligne 20, pour Keïanides, lisez Caïaniens. Page 309, ligne 12, pour Galices, lisez Galiciens.

Page 3 1 2, lisez 9, pour comment il avait abandonné, lisez en quel état il avait laissé. Page 3 1 6, vers la fin. En relisant ce passage, j'ai été frappé de la fausseté du raisonnement de <f auteur, et j'ai craint de nVêtre trompé dans la traduction; mais Terreur vient réellement de lui. Je pense que l'amour de l'antithèse l'a entraîné dans cette occasion; car, de fait, dans tout ce qui est indispensable à la vie, le citadin dépend du campagnard.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE SOMMAIRE ANALYTIQUE DES DIVISIONS DE L'OUVRAGE.

Page*.

Introduction i Autobiographie d>ibn kiialdoun vi Notice sur ma famille. — De mes aïeux en Espagne, — De mes aïeux en Ifrîkiya.

— De mon éducation. — Je suis nommé écrivain de Yalama par le gouvernement de Tunis; je passe ensuite dans le Maghreb, où je deviens secrétaire du sultan Abou Einan. — J'encours la disgrâce du sultan Abou Eînan. — Le sultan Abou Salem me nomme secrétaire d'état et directeur de la chancellerie. — De mon voyage en Espagne. — De mon voyage d'Espagne à Bougie, où je deviens kadjeb avec une autorité absolue. — Je passe au service du sultan Abou Hammou, seigneur de Tlemcen. — J'embrasse le parti du sultan Abd el-Azîz, souverain du Maghreb (Maroc). — Je rentre dans le Maghreb el-Acsa. — Je fais un second voyage en Espagne, ensuite je retourne à Tlemcen, d'où je passe chez les Arabes nomades. Je fixe mon séjour parmi les Aoulad Arif. — Je retourne à Tunis, auprès du sultan Abou '1-Abbas, et je m'établis dans cette ville. — Je me rends en Orient et je remplis les fonctions de cadi au Caire.

— Je pars pour le pèlerinage.

Histoire des dernières années de la vie dmbn-khaldoun. lxxxiii Suite de l'introduction: xem Liste des chapitres dont se compose l'histoire universelle xcvn Notice des manuscrits de l'histoire universelle et des prolégomènes cm Orservations sur l'Édition de boulac et sur les traductions de péri-zadé et de djevdet efendi cx1i1 Préface de l'auteur 1 L'histoire est une branche de la philosophie et doit compter au nombre des sciences. — Des historiens et des divers plans qu'ils ont suivis. — Plan adopté par l'auteur. — Division et titre de son ouvrage.

Introduction. De l'excellence de la science historique; établissement des principes qui doivent lui servir de règle; apeiçu des erreurs erdes inéprises auxquelles les historiens sont exposés; indications de quelques-unes des causes qui produisent ces erreurs, i3 Importance de la science historique. — Erreurs commises par les historiens. — Leurs exagérations en matière de nombres. — Récits invraisemblables. — La ville Page*.

d'irem. — Cause de la chute des Barmekides. — Yahya et Abbasa. — Haroun er-Rechîd. — El-Mamoun et Bouran. — Origine des Fatemides. — Origine des Idricides. — Le AJelidi des Almohades. — Qualités requises dans un historien. — Changements qui surviennent dans les usages des peuples. — Les jugements fondés sur des analogies sont très-souvent faux. — El-Iiaddjadj, maître d'école. — Des cadis qui ont commandé des armées. — Le Moroudj-ed-Dcheb de Masoudi, — Système adopté par l'auteur afin de peindre certains sons qui n'ont pas de représentants dans l'alphahet arahe.

LIVRE PREMIER.

De la société humaine et des phénomènes qu'elle présente, tels que la vie nomade, la vie sédentaire, la domination, l'acquisition, les moyens de gagner sa subsistance, les sciences et les arts. Indication des causes qui ont amené ces résultais. 71 Comment les erreurs et les mensonges s'introduisent dans les récits historiques. — Anecdotes absurdes. — Alexandre le Grand et le coffre de verre. — La ville de cuivre.

— Nouvelle science inventée par l'auteur et qui a pour objet de distinguer entre le vrai et le faux. — La fable du hibou. — Le traité de politique attribué à Aristote. — Ibn el-Mocafla. — Tortouchi. — Les attributs de l'humanité. — Les six sections dont se compose le livre premier, c'est-à-dire, les Prolégomènes.

PREMIÈRE SECTION. Sur la civilisation en général 86 Premier discours préliminaire Idem.

La réunion des hommes en société est une chose nécessaire, parée qu'ils ne peuvent subsister à moins de s'entr aider. — Nécessité d'un modérateur qui puisse maintenir les hommes dans l'ordre, et les empêcher de s'attaquer les uns les autres. — Opinion des philosophes à ce sujet.

Second discours préliminaire. Traitant de la partie habitée de la terre, des principales mers, des grands fleuves et des elimats 90 Forme de la terre. — L'Océan. — Le zodiaque. — La ligne équinoxiale. — Les climats. — La-mer Romaine (la Méditerranée). — La mer de Venise (l'Adriatique).

— La mer de Chine, appelée aussi merde l'Inde et mer Abyssinienne. — La mer d'Es-Souîs (la mer Rouge). — Le canal vert ou mer de Fars (golfe Pcrsique). — La mer de Djordjan ou de Taberistan (la mer Caspienne). — Le Nil. — L'Euphrate. — Le Tigre. — Le Djeïhoun (Oxus).

Supplément du second discours préliminaire. Pourquoi le quart septentrional de la terre a-t-il une population plus nombreuse que le quart méridional? 99 Notions préliminaires. — l/équatcur. — Mouvement du soleil dans l'écliptique. — La latitude d'un endroit. — Selon Averroès, la région équatoriale est habitée, ainsi que les contrées au delà.

Description du planisphère terrestre 106 Quelle est la portion habitée de la terre? — Les sept climats et leurs dimensions.

— On divise enaque climat en dix sections égales.

Pages.

Le PREMIER CLIMAT 4 112 Le second climat 121 Le troisième climat 1 25 Le quatrième climat 137 Le cinquième climat 1 4g Le sixième climat i5g Le septième climat 1 64 Troisième discours préliminaire. Qui traite des climats soumis à une température moyenne; de ceux qui s'écartent des limites où celte température domine, et de l'influence exercée par l'atmosphère sur le teint des hommes et sur leur état en général 1 68 Caractère particulier de chaque climat. — Les habitants des pays du Nord et des pays du Sud. — Les Esclavons. — Les Nègres. — Les Zendj. — Sur la couleur noire de la race nègre.

Quatrième discours préliminaire. Qui traite de l'influence exercée par l'air sur le caractère des hommes 174 Les Nègres. — Les habitants des pays maritimes. — Opinion de Masoudi touchant # le caractère léger et étourdi des Nègres.

Cinquième discours préliminaire. Qui traite des influences diverses que l'abondance et la disette exercent sur la société humaine, et des impressions qu'elles laissent sur le physique et le moral de l'homme 177 Les habitants des pays chauds et stériles sont mieux constitués physiquement et moralement que ceux des autres contrées. — Explication de ce fait. — Indication des effets produits par une nourriture trop abondante. — On peut s'habituer à vivre d'une faible quantité d'aliments. — La faim. — L'abstinence complète de toute nourriture. — Anecdotes à ce sujet. — Influence de la chair des animaux sur le corps et sur l'esprit de ceux qui en font leur principale nourriture.

Sixième discours préliminaire. Concernant les hommes qui, par une disposition innée ou par l'exercice de pratiques religieuses, ont la faculté d'apercevoir les choses du monde invisible. Ce chapitre commence par des observations sur la nature de la révélation et des songes •.. ♦ 1 8A Il y a certains bommes auxquels J)ieu communique des révélations. — Comment on les reconnaît. — Parole du Prophète au sujet de la révélation. — Signes qui caractérisent les personnages inspirés. — Les miracles. — Comment ils se produisent. — L'annonce préalable (tahaddi) du miracle. — Nature des prodiges opérés par un homme qui est favorisé de Dieu sans être prophète. — Le Coran est le miracle le plus grand. — De la divination. — Une ordonnance parfaite règne entre tous les êtres du monde sensible. — L'âme et la faculté perceptive. — Les âmes qui sont capables Prolégomènes, 6 1 /j82 PROLEGOMENES Page».

de s'exalter jusqu'à la perception des choses du monde invisible. — 11 y en a de diverses classes. — La révélation. — Comment elle arrive. — Les effets qu'elle produit sur celui qui la reçoit. — La divination» — Les diverses catégories de devins. — Opinion de certains philosophes relativement à la faculté divinatoire. — Les songes et leurs divers genres. — Elles font une partie du prophétisme. — Comment lame se dégage du voile des sens an moyen du sommeil. — Charme employé pour se procurer des songes. — Les sachants, — Les aruspices. — Les augures. — Comment l'âme acquiert la disposition de recueillir des perceptions dans le monde invisible. — Les divers genres de divination. — Les devins. — Les augures. — Les insensés. — Les sachants. — Des paroles qui échappent à l'homme qui est sur le point de s'endormir ou de mourir. — Des exercices magiques. — Des djoguis. — Des soufis. — Des inpirés (mohaddeth). — Anecdotes d'Omar et d'Abou-Bekr. — Les idiots. — Les astrologues. — Les géomanciens et leur manière d'opérer. — Le calcul nommé Hiçab ennmt. — La zatrdja d'Es-Sibti. ' — Problèmes d'arithmétique assez curieux.

•4 SECONDE SECTION. De la civilisation chez les nomades et les peuples à demi sauvages, et chez ceux qui se sont organisés en tribus. — Phénomènes qui s'y présentent. — Principes généraux. — Eclaircissements.

La vie nomade et la vie sédentaire sont des étals également conformes à la nature. 2 54 L'existence de la race arabe dans le monde est un fait conforme à la nature 255 Les agriculteurs, les pasteurs, les nomades.

La yie de la campagne a précédé celle des villes. — Elle a été le berceau de la civilisation. — Les villes lui doivent leur existence et leur population 267 Les gens de la campagne sont moins corrompus que ceux de la ville 259 Anecdote d'El-Haddjadj, qui reprocha à Selma de s'être arabisé. — Allusion au témoignage de Khozeïma et au chevreau d'Abou-Borda.

Les gens de la campagne sont plus braves que ceux des villes 263 La soumission aux autorités constituées nuit à la bravoure des citadins, et leur enlève la pensée de se protéger eux-mêmes 264 Le khalife Omar défend à Saad de blesser l'amour-propre de Zehra. — Le contrôle d'une autorité supérieure nuit à l'énergie des peuples. — L'éducation scolaire nuit à l'énergie de l'âme.

La faculté de vivre dans le désert n existe que chez les tribus animées d'un fort esprit de corps 268 L'esprit de corps ne se montre que chez les gens qui tiennent ensemble par les liens du sang ou par quelque chose d'analogue 270 La pureté de race ne se retrouve que chez les Arabes nomades et les autres peuples à demi sauvages qui habitent les déserls 271 Pagsa.

Comment les noms patronymiques des tribus perdent leur exactitude...<.. 273 Anecdote d'Arfadja.

Le droit de commander ne sort jamais de la tribu; il reste dans la famille qui s'appuie sur des nombreux partisans 275 Ce chapitre est tiré de l'édition de Boulac.

Chez les peuples animés d'un même esprit de corps, le commandement ne saurait appartenir à un étranger 276 Tribus qui se sont attrihué une autre origine que la véritable.

Chez les familles qui sont animées d'un fort esprit de corps, la noblesse et l'illustration ont une existence réelle et bien fondée; chez les autres, elle ne présente que l'apparence et le semblant de la réalité a8o Comment les familles arrivent à l'illustration. — Erreur d'Averroès au sujet de la noblesse des familles.

Si les clients et les créatures d'une famille participent à sa noblesse et à sa considération, ils ne doivent pas cet avantage à leur origine, mais à la réputation de leur patron 283 La noblesse d'une famille atteint son point culminant dans quatre générations...286 Les tribus à demi sauvages sont plus capables d'effectuer des conquêtes que les autres peuples 290 L'esprit de corps aboutit à l'acquisition de la souveraineté 291 Une tribu qui se livre aux jouissances du luxe se crée des obstacles qui l'empêcheront de fonder un empire 294 Une tribu qui a vécu dans l'avilissement est incapable de fonder un empire 296 Dieu retint les Israélites dans le désert pendant quarante ans afin que leurs enfants s'habituassent à l'indépendance et se rendissent capables de conquérir la terre promise.

Une tribu s'avilit qui se résigne à payer des impôts et des contributions 297 Parole du Prophète au sujet d'un soe de charrue. — Parole de Chehrberaz, roi d'El-Bab.

Celui qui cherche à se distinguer par de nobles qualités montre qu'il est capable de régner. Sans vertus, on ne parvient jamais au pouvoir 298 Qualités déployées par un chef de parti qui est destiné à fonder un empire.

Les peuples les moins civilisés font les conquêtes les plus étendues 3o3 Discours d'Omar, dans lequel il pousse. les musulmans à faire la conquête de l'Irac.

Piges.

Toutes les fois que l'autorité souveraine échappe aux mains d'un peuple, elle passe à un autre peuple de la même race, pourvu que celui-ci ait conservé son esprit de corps 3o4 « Le peuple vaincu tâche toujours d'imiter le vainqueur par la tenue, la manière de s'habiller, les opinions et les usages 3o6 Un peuple vaincu et soumis dépérit rapidement 307 Les Arabes ne peuvent établir leur domination que dans les pays de plaines 309 Tout pays conquis par les Arabes est bientôt ruiné 3 10 Anecdote d'El-Haddjadj.

En principe général, les Arabes sont incapables de fonder un empire, à moins qu'ils n'aient reçu d'un prophète ou d'un saint une teinture religieuse plus ou moins forte! 3i3 De tous les peuples, les Arabes sont les moins capables de gouverner un empire».. 3 1 4 Les peuplades et les tribus (agricoles) qui habitent les campagnes subissent l'autorité des habitants des villes • 3i6 TROISIÈME SECTION. Sur les dynasties, la royauté, le khalifat et l'ordre des dignités dans le sultanat (gouvernement temporel). — Indication de tout ce qui s'y présente de remarquable. — Principes fondamentaux et développements.

On ne peut établir sa domination ni fonder une dynastie sans l'appui de son peuple et de l'esprit de corps qui l'anime 3i8 Une dynastie qui parvient à s'établir d'une manière solide cesse de s'appuyer sur le parti qui l'avait portée au pouvoir 319 Des personnages appartenant à une famille royale parviennent quelquefois à fonder un empire sans avoir eu l'appui de leur propre peuple » 3aa La religion enseignée par un prophète ou par un prédicateur de la vérité est la seule base sur laquelle on puisse fonder un grand et puissant empire 324 Une dynastie qui commence sa carrière en s'appuyant sur la religion double la force de l'esprit de corps qui aide à son établissement 3a 5 Une entreprise qui a pour but le triomphe d'un principe religieux ne peut réussir * si elle n'a pas un fort parti pour la soutenir ♦ 3a 6 Une dynastie ne peut étendre son autorité que sur un nombre limité de royaumes et de contrées 33a Page».

La grandeur d'un empire, son étendue et sa durée sont en rapport direct avec le nombre de ceux qui l'ont fondé»..• 334 Un empire s'établit difficilement dans un pays occupé par de nombreuses tribus ou peuplades 336 Dans un empire, le souverain est naturellement porté à se réserver toute l'autorité; on s'y abandonne au luxe, à l'indolence et au repos 34o Lorsque l'empire a acquis sa forme naturelle par l'établissement de l'autocratie et par l'introduction du luxe, il tend vers sa décadence 343 Les empires, ainsi que les hommes, ont leur vie propre 347 Dans les empires, les habitudes de la vie sédentaire remplacent graduellement celles de la vie nomade 35o Mariage d'EÎ-Mamoun avec Bouran. — Anecdote d'EÎ-Haddjadj.

L'aisance du peuple ajoute d'abord à la force de l'empire 355 Indication des phases par lesquelles tout empire doit passer,' et des changements qu'elles produisent dans les habitudes contractées par le peuple pendant son séjour dans le désert 356 La grandeur des monuments laissés par une dynastie est en rapport direct avec la puissance dont celte dynastie avait disposé lors de son établissement...35o, La taille des anciens peuples ne dépassait pas celle des modernes. — Og, fils d'Enac.

Redevances des provinces de l'empire 364 Impôts fournis par les provinces. — Trésors amassés par quelques princes. — Voyages d'ibn Batoutah.

Le souverain qui s'engage dans une lutte avec sa tribu ou avec les membres de sa famille se fait appuyer par ses affranchis et par ses clients.. 372 De la condition des affranchis et des clients sous l'empire 374 De ce qui arrive à un empire quand le sultan est retenu en tutelle et n'exerce aucune autorité 377 Le ministre qui tient son souverain en tutelle se garde bien de prendre les titres et les attributs de la royauté 379 De la royauté; sa véritable nature et ses diverses espèces 38o Trop de sévérité dans un souverain nuit ordinairement à l'empire 38a Sur la dignité de khalife et celle d'imam 384 486 PROLÉGOMÈNES D'IBN KHALDOUN.

De la diversité d'opinions qui existe au sujet du khalifat et des qualités qu'un khalife doit posséder 387 L'établissement d'un imam est une chose d'obligation. — Peut-il y avoir deux imams à la fois? — Qualités requises dans un imam. — L'imam doit-il appartenir à la trihu de Coreîeh?

Des opinions des Chutes au sujet de l'imamat 4oo Les Imamiens, — Les Zeïdiya. — Les Rafedites. — Les Gholat. — Les Ouakefiya.

— Les Duodéeimains. — Les Keîçaniens. — Les Zeïdiya encore. — Les Imamiens encore. — Les Ismaéliens» Comment le khalifat (gouvernement spirituel et temporel) se convertit en royauté (gouvernement temporel) 4ii La royauté et l'esprit de corps ne sont pas absolument condamnés par la loi. — Richesses acquises par quelques-uns des Compagnons. — La guerre d'Ali contre Moaouîa.

— Paroles d'El-Mansour au sujet des Oméiades. — Anecdote d'Abd-Allah Ibn Merouan.

Survie serment de foi et hommage 4a 4 Sur le.d^bit de succession dans l'imamat 4^6 Les imams désignent leurs successeurs. — Moaouîa et Yezîd. — Erreur des Imamiens. — Premières guerres civiles dans le sein de l'islamisme. — Meurtre d'Othman.

— Guerre entre Yezîd et El-Hoceïn. — Révolte d'Abd-AHah Ibn cz-Zobeîr. — Justification de la conduite des Compagnons pendant ces événements.

Sur les offices et charges religieuses qui dépendent du khalifat 444 L'imamat de la prière. — La charge de mufti. — L'office de cadi. — Le redressement des griefs. — La chorta. — Les légistes méritent des égards, mais on ne doit leur permettre d'exercer aucune influence politique. — Vadala. — La kisba. — La sicca.

Sur le litre à' émir eUmoumenin 46 1 Substitution du mot molk ou àoula à celui de din, dans les surnoms honorifiques.

— Le titre d'émir el-mo$lemîn donné à Youçef Ibn-Tachefîn. — Le mehdi des Almohades.

Sur la signification des mots Babba (pape) et Batrik (patriarche)» termes employés chez les chrétiens; et sur celui de Cohen, dénomination usitée chez les Juifs 468 Le royaume des Juifs. — Le Messie. — Liste des livres dont se composent le Vieux et le Nouveau Testament.