de même. Citons un autre exemple: II y ' Dans les premiers temps de l'islaa deux copropriétaires d'un immeuble; misme, plusieurs docteurs se distinguél'un vend sa partie de l'immeuble à un rent par les résultais importants auxquels tiers et l'autre réclame le droit de se subs- ils étaient parvenus par l'emploi de leur tituer à l'acheteur, en sa qualité de copro- propre jugement et par les elTorls conspriélaire. L'autre propriétaire lui répond, ciencieux qu'ils avaient faits pour résoudre «Vous n'en êles pas propriétaire, mais des questions de droit. On leur donna le locataire, • et il le somme de produire ses titre d'imams modjlehed [qui s'efforcent), titres de propriété. Si le réclamant ne et l'on désigna cette pratique par le terme les trouve pas, sa déclaration doit-elle idjtikad. 11 n'est maintenant plus permis être admise? Selon certains docteurs, il de se poser comme modjlehed: « La porte faut supposer que le droit de propriété de riW//i/i«<i, disent les légistes, est fermée existait pour cet homme, et assimiler son à jamais. « En Perse, le chef de la doctrine état actuel, comme détenteur, à son état chiite porte le litre de Modjlehed.
D'IBN KHALDOUN. 9!
inents auprès d'hommes incapables ou de personnes dont la piété et le jugement ne sont pas assez grands pour inspirer de la confiance. Reconnaissant l'impossibilité d'aller plus loin, on se borna à conseiller au peuple d'embrasser les doctrines qui avaient été enseignées par l'un ou par l'autre (des fondateurs de ces quatre écoles), et professées par leurs partisans. On défendit de passer d'une de ces écoles à une autre, vu qu'en tenant une pareille conduite on se jouait de choses très-graves. Il ne resta donc plus (aux professeurs) qu'à transmettre à leurs disciples les doctrines de ces imams. Les étudiants s'attachèrent aux opinions d'un imam, après avoir vérifié les principes (de sa doctrine) et s'être assurés que ces principes lui étaient parvenus oralement et par une tradition non interrompue. Il n'y a donc plus d'autres sources à consulter maintenant,.«i l'on s'applique à l'étude de la loi; il n'est plus permis de travailler (comme autrefois) avec un zèle consciencieux à débrouiller de sa propre autorité des questions de droit. Cette pratique [idjtiliad) est maintenant condamnée et tombée en désuétude; aussi les musulmans (orthodoxes) de nos jours se sont-ils tous attachés à l'une ou à l'autre de ces quatre écoles.
Les sectateurs d'Ahmed Ibn Hanbel étaient peu nombreux et se trouvaient, pour la plupart, en Syrie et dans ce coin de l'Irac qui renferme Bagbdad et les lieux environnants. Les élèves de cette école se distinguèrent de ceux des autres écoles par le soin qu'ils mettaient à garder les prescriptions de la Sonna, à rapporter exactement les traditions ['et par leur habitude de chercher, autant que possible, dans ces deux sources la solution des questions légales, plutôt que d'avoir P. 7. recours à l'analogie. Comme ils étaient très-nombreux à Bagbdad, ils se firent remarquer par la violence de leur zèle et par leurs fréquents démêlés avec les Chiites qui habitaient les environs de cette ville*. Ces rixes continuèrent à entretenir le désordre dans Bagbdad jusqu'à ' Ce passage, mis entre deux paren- Albîr, qu'il y eut, presque tous les ans, des thèses, ne se trouve pas dans l'édition de combats entre les Hanbelites de Bagbdad Boulac ni dans les manuscrits C et D. et les Chiites, qui habitaient le faubourg ' On voit, par les Annales d'Ibn el- de Karkb.
ce que les Tartars s'en fussent emparés. Depuis cette époque, elles ne se reproduisent plus, et la plupart des Hanbelites se trouvent maintenant en Syrie.]
La doctrine d'Abou Hanîfa a, de nos jours, pour partisans les habitants de l'Irac, les musulmans de l'Inde, ceux de la Chine, de la Transoxiane et des contrées qui composent la Perse'. Cela tient à ce que cette doctrine avait été généralement adoptée dans l'Irac et à Baghdad, siège de l'islamisme, et qu'elle comptait parmi ses sectateurs tous les partisans des khalifes abbassides. Les docteurs de cette école composèrent un grand nombre d'ouvrages, eurent de fréquentes discussions avec les Chafèites et employèrent, dans leurs controverses, des modes d'argumentation très-efficaces. Leurs écrits, maintenant fort répandus, renferment de belles connaissances et des vues d'une grande originalité. La doctrine d'Abou Hanîfa n'a pas beaucoup de partisans dans le Maghreb, où elle avait été introduite par le cadi Ibn cl-Arebi- et par Abou '1-Ouelid el-Badji^, lors de leurs voyages dans ce pays.
La doctrine de Chafèi eut beaucoup plus de partisans en Egypte que dans les autres pays, bien qu'elle se fût répandue dans l'Irac, le Khoraçan et la Transoxiane. On voyait dans toutes les grandes villes les docteurs de cette école partager avec ceux du rite hanelite le privilège d'enseigner et de donner des opinions sur des questions de droit.
11 y eut entre les deux partis de fréquentes réunions, dans lesquelles ils soutenaient leurs doctrines respectives, ce qui donna naissance à plusieurs volumes de controverse remplis d'arguments de toute espèce. La chute (du khalifat) de l'Orient et la ruine de ses provinces mit lin ' Le lexle porte: « et toutes les contrées ' Voy. la i" partie, p. A'iîdes Adjem. t Le mol Adjeni indique ordi- ' Abou 'i-Ouelîd Soleïman Ibn Khalel nairement le» Per.ies, mais je crois qu'à elBadji (originaire de Bcja, en Espagne) l'époque de notre auteur les doctrines fut un de» grands docteurs de l'Espagne chutes avaient déjà remplacé, en Perse, musulmane. Il naquit à Badajoz, l'an 4o3 être de» contrées situées entre l'Oxus et AIraéria, l'an 4?^ (1081 de J. C). la Perse qu'Ibn Khaldoun a voulu parler.
D'IBN RHALDOUN. M à CCS débats. Quand i'imam Mohammed Ibn Idris cs-CI»afèi alla s'établir dans Misr (le Vieux-Caire), chez les fils d'Abd el-Hakem', il y donna des leçons à plusieurs élèves. Parmi ses disciples dans cette ville on remarqua El-Bouîti^ et El-Mozeni*; mais il y avait aussi un nombre considérable de Malekiles dont les uns appartenaient à la famille d'Abd el-Hakeui. Les autres étaient Achheb*, Ibn el-Caccm* P. 8. et Ibn el-Maouwaz', auxquels se joignirent ensuite El-Hareth Ibn ' Abou Mohammed Abd Allah Ibn AIhI el-Hakcin, iialifd'EgypIc, fui un des disciples les plus distingués de l'imam Malek. Il mourut au vieux Caire, l'an s 1 4 de l'hégire (819 de J. C). Il eut deux Tds, Abou Abd Allah Mohammed et Abd er-Balminn. Le premier fut un disciple de Chaféi. Le second étudia les traditions et l'histoire, et composa un ouvrage sur les conquêtes faites par les premiers musulmans. Ce traité n'a pas une grande valeur.
' Abou Yncoub Youçof Ibn Yahya el- Bouîti fut un drs disciplesles plus éminents de limaro Ls-Ch»fèt et lui succéda dans la.direction de l'école. A l'époque où le khalife abbasside El-Mamoun voulait faire adopter comme dogme la création du Coran (c'est-i-dire que le Coran n'élail pas la parole incréée de Dieu), EI-Bouîti fut arraché de sa chaire, chargé de fers et conduit à Baghdad, où l'on essaya de lui faire accepter cette nouvelle doctrine. Sur son refus, il fut maltraité et enfermé dans une prison, où il resta jusqu'à sa mort. On as.sure que les fers qu'on lui avait nn's aux pieds, et dont on ne le débarrassa plus, pesaient quarante livres, et qu'il portail dt!s menottes attachées par des chaînes à un bandeau de fer qui lui ceignait le cou. Il mourut l'an a3i de l'hégire (845-8/46 deJ.C.j.foui'd' signifie originaire de Bouil, ville de la haute Egypte.
^ Abou Ishac Ibrahim el-Mozeni, disciple de l'imam es-Chafêi et natif d'Egypte, se distingua par son érudition et parl'anslérilé de sa vie. Devenu chef des chaféites d'Egypte, il travailla avec ardeur à répandre les doctrines de son maîlre et composa un grand nombre d'ouvrages. Son abrégé {mokhiacer) de la doctrine chaféile n toujours joui d'une haute réputation. I! mourut au Vieux-Caire l'an 364 (878 de J. C.), à l'âge de quatre-vingt-neuf ans.
* Abou Amr Ach'heb Ibn Abd el-Aiiz el-Caïci, natif d'Egypte et l'un des disciples de l'imam Malek, mourut au Vieux-Caire, l'an 3o4 (8ao de J. C.j.
' Abou Abd Allah Abd er-Bahman Ibn el-Cacem el-Otali, docteur de l'école fondée par Malek, sous qui il avait étudié la jurisprudence, est l'auteur du célèbre digeste de la doctrine malekile intitulé: E^Modaoawena. Il mourut au Vieux-Caire l'an 191 (806 de J. C). Le Modaoaxrena fut ensuite remanié par Sohnoun. (Voy. ci-après, p. 16, note 4-) • Abou Abd.\llah Mohammed Ibn Ibraiiîm, surnommé Ibn el-Maouwaz, fut un des plus savants imams de l'école maickite et en devint le président. Il laissa plusieurs ouvrages qui traitaient de la jurisprudence et dont un a été nommé après lui El-Maouwazija. Il mourut en l'année a8i (894895 de J.C).
Meskîn^ avec ses fils[, puis le cadl Abou Ishac Ibn Chabân- et ses disciples].
Plus tard, le système de jurisprudence suivi par les gens de la Sonna [et du consentement général] disparut de l'Egypte devant l'établissement de la dynastie des Rafedites (Fatemides), et fut remplacé par celui qui était spécial aux gens de la maison (les Alides).[Les sectateurs des autres systèmes s'y trouvèrent réduits à un si petit nombre, qu'à peine en resta-t-il un seul. Vers la fin du iv" siècle, le cadi Abd el-Ouehhab', se trouvant obligé, comme on le sait*, de quitter Baghdad afin de gagner sa vie, passa en Egypte, où il fut accueilli avec une grande distinction par le khalife fatemide. Le gouvernement égyptien, en lui témoignant tous les égards dus à son talent et en l'accueillant avec tant d'empressement, voulut faire ressortir la conduite méprisable du gouvernement abbasside, qui n'avait pas su apprécier le mérite d'un si grand docteur. La jurisprudence de Malek ne se maintint que Irès-faiblement dans le pays jusqu'à ce que la dynastie des Obeïdites -Rafedites fût renversée par Salâb ed-Dîn [Saladin), fils d'Aiyoub, et que la jurisprudence des gens de la maison fût abolie. Celle qui eut pour base le consentement général y reparut de nouveau]; les doctrines enseignées par Cbafèi et ses disciples, les gens de l'Irac, refleurirent encore mieux qu'auparavant [et l'ouvrage d'Er-Rafêi '" se répandit dans ce pays et dans la Syrie]. La pbalange de ' Abou Amr el-Harelh Ibn Meskla, cadi du Vieux-Caire et docteur de l'école de Mnlek, fut au nombre ries légistes que le khalife El-Mamoun fil emprisonner sur leur refus de reconnaitre la création du Coran. Sa mort eut lieu l'an aSo de l'hégire (864 de J. C).
' Abou Ishac Mohammed Ibn el-Cacem Ibn Chabân, savant tradilionnislc et mufti, devint chef de l'école malekile en Egypte. 11 est l'auteur de plusieurs ouvrages. Sa mort eut lieu dans le mois de djomadn premier 355 (avril-mai 966 de J. C).
' Le cadi Abou Mohammed Abd el- Ouehhab Ibn Ali, nalif^dc Baghdad, était très-ver.sé dons la juri.sprudence malekile, et composa plusieurs ouvrages sur le» doctrines de celle école. Forcé par la misère de quitter sa ville nalnle, il alla se fixer en Efiyple.où il fui accueilli avec un grand empressement par le gouvernement et par le peuple. Il mourut au Vieux-Caire, l'an Im (io3i de J. C).
' Abou '1-Cacem Abd el-Kerîm Ibn eldocteurs chaféites qui se forma alors en Syrie sous le patronage du gouvernement aiyoubile renfermait deux hommes hautement distingués, Mohi cd-Dîn en-Newaouï' et Eïzz ed-Din Ibn Abd es-Selam'''. Ensuite parurent en Egypte Ibn er-Refàa* et Teki cd-Dîn Dakîk el-Aïd", puis Teki ed-Dîn es-Sobki^ et une suite de docteurs, dont le dernier, Ciradj cd-Dîn el-Bolkîni *, est maintenant'' cheïkii el-islam (chef docteur de l'islamisme) de l'Egypte. 11 est non-seulement le chef des Chaféites dans ce pays, mais le premier savant (u/cmd) de l'époque. Le système de Malek est suivi spécialement par les habitants de Fadl el-Cazouini er-Rafêi, imam de l'école charèite, fut le plus savant jurisconsulte du Khoraçan.II composa un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart ovaient pour sujet les doctrines cliafôiles. Je suppose que le traité dont il est question dons le passage d'Ibn Khaldoun est celui quia pour litre: Er-Raadajl 'IJbrouê 's-Chafiiyu « la prairie où l'on Iraile des articles de droit qu'on a déduits des principes fondamentaux de la doctrine cliaféitc. » Il mourut vers la fm de l'an fiaS (i2a6 de J. C).
' Voy. la i" partie, p. Sga, noie a.
* Eïîz ed-Dîn Abou MobammedAbdel- AzÎ7. Ibn Abd es-Selam es-Selemi, natif de Damas, alla s'établir en Egypte. On le regarda comme le jurisconsulte le plus savant de l'époque. 11 composa plusieurs ouvrages et mourut au Vieux-Caire, l'an 66o (laGa de J. C). — Dans le texte arabe, il faut insérer l ■&..;[ après ^viLJl.
' L'imam Nedjm ed-Din Abou '1-Abbas Ahmed Ibn Mohammed Ibn er-Refàa, le plus savant légiste de son temps, composa plusieurs ouvrages sur la science qu'il cultivait; l'un formait vingt volumes et s'intitula ElKlfaîa « la suffisance; » l'autre i en soixante volumes, portait le titre d'£/-Matleb • le répertoire. » Il laissa aussi un traité sur les poids et mesures. Sa mort eut lieu au Vieux-Caire, l'an 710 (i3 iode J. C).
* Teki ed-Dîn Abou '1 Feth Mobamméci Ibn Ali Ibn Ouclib el-Cocheiri, surnommé Ibn Uakik el-Aîd, étudia le droit sous Ibn Abd es-Selam. Il remplit les fonctions de grand cadi chafèite en Egypte, et mourut l'an 70a (i3oa de J. C). — Dak(k cl-Aîd • la farine de la fête • était le sobriquet de son grand-père, mais les biographes ne disent pas pourquoi il fut ainsi nommé.
' Teki ed-Din Abou 'I Hacen Ali Ibn Abd el-Kali cs-Sol)ki, natif de Sobk, village dans la province égyptienne nommée El- Menoafiya, étudia le droit sous Ibn er-Refâa et composa plusieurs "ouvrages. Cet illustre jurisconsulte mourut en Égvptel'an 766 (i355de J. C).
* Ciradj ed-Dîn Abou-Hafs Omar el- Bolkîni, cheikh el-islam et chef des Chaféites de l'Egypte, fut regardé comme le plus savant jurisconsulte de son temps. Il était profondément versé dans toutes les sciences philosophiques. Né dans un village d'Egypte appelé Dolkîn, \\ mourut au Caire vers l'an 8o5 de l'hégire (i4o3 deJ. C).
' Insérez le mot ajJI après ^ p. 9. la Mauritanie et de l'Espagne; il y en a bien peu qui se soient attachés à l'un des autres systèmes, bien qu'il se trouve des sectateurs de Malek dans d'autres pays. (Le système malekite règne dans ces deux contrées) parce que les étudiants maghrébins et espagnols, qui voyageaient pour s'instruire, se rendaient ordinairement dans le Hidjaz, sans aller plus loin. A cette époque, la science (du droit) avait pour siège la ville de Médine (capitale du Hidjaz), et de là elle s'était propagée dans l'Irac, province qui ne se trouvait pas sur le chemin de ces voyageurs. Us se bornèrent donc à étudier sous les docteurs et professeurs de Médine, ville où Malek était alors l'imam de la science, où ses maîtres avaient tenu ce haut rang avant lui et où ses disciples devaient le remplacer après sa mort. Aussi les Maviritaniens et les Espagnols se rallièrent-ils au système de Malek à l'exclusion des autres, dont ils n'avaient jamais eu connaissance. Habitués, d'ailleurs, à la rudesse de la vie nomade, ils ne pensèrent nullement à s'appi'oprier la civilisation plus avancée que la vie sédentaire avait développée chez les habitants de l'Irac. Ils eurent bien moins de penchant pour ceux-ci que pour les habitants' du Hidjaz, avec lesquels ils avaient plus de ressemblance sous le point de vue de la civilisation, qui était celle de la vie nomade. C'est pour celte raison que la jurisprudence malekite est toujours restée florissante chez eux et n'a jamais subi les corrections et modilicatioos que l'influence de la civilisation sédentaire a fait éprouver aux autres systèmes.
Comme la doctrine de chaque imam forma, pour ceux qui la suivaient, l'objet d'une science spéciale et qu'il ne leur fut plus permis de résoudre des questions nouvelles par l'emploi consciencieux de leur propre jugement [idjtihad) ou par le raisonnement, ils se virent obligés à chercher, dans chaque cas douteux, des points de similitude ou de diflérence qui leur permissent de le rattacher (à une question déjà résolue) ou de l'en distinguer tout à fait. Dans ce travail on devait commencer par s'appuyer sur les principes que le fondateur du système avait établis', et, pour l'eflectuer, il fallait avoir acquis d'une manière solide, la faculté de bien opérer cette espèce d'assimilation et de distinction, en suivant, autant que possible, les doctrines de son imam. Jusqu'à nos jours, on désigne cette faculté par le terme science de jurisprudence.
Totile la population de l'Occident suivit le système de Malek, et les disciples de cet imam se répandirent dans l'Egypte et dans l'irac. Ce dernier pays posséda le cadi malckite IsmaïP, ses conteniporains Ibn Kbauwaz^ Mendad, Ibn el-Montab*, le cadi Abou Bekr el-Abheri, p. le cadi Abpu '1-Hacen^, Ibn el-Cassar' et le cadi Abd el-Ouehliab', à qui succédèrent encore d'autres docteurs de la même école. L'Egypte posséda Ibn el-Cacem, Ach'heb, Ibn Abd eUHakem, El-Hareth Ibn Meskîn et autres docteurs*. Un étudiant, parti d'Espagne et nommé [Yahya Ibn Yaltya el-Leilhi'\ fit la rencontre de Malek (à Médine), apprit par cœur le Mouwatla sous la dictée de cet imam et devint un de ses disciples. Après lui partit du même pays] Abd el-Mclek Ibn ' Var. »;yiil D et Boulac.
' Abou Isliac Ismaïl Ibn Ishac.jurisi-onaullc de l'école de Malek, remplit les fonctions de cadi à Bnglidad. Il mourut dans cette ville l'an aoa de l'hégire (817-818 de J. C). Il composa plusieurs ouvrages sur les traditions, la jurisprudence et les sept leçons coraniques. — Les dictionnaires biographiques en langue arabe et les divers ouvrages qui renferment les annales de l'islamisme, et qui se trouvent à la Bibliothèque impériale, fournissent peu de notions sur les docteurs malekites de l'Irac. Aussi me vois-je dans l'impossibilité de donner des renseignements sur les quatre personnage» dont les noms vont suivre.
' Variantes: yij-^ (klioiinoz), y-^.j^ (khoueîz).
* Variante: oUiil {El-Mclhnab).
' L'article sur la science de la controverse (^^Lii- i.c, que-Haddji Khalifa a donné dans son Dictionnaire bibliographique, nous apprend qu'Ibn el-Cassar, le Malekite, composa un ouvrage intitulé: Oïoun el-Addlu « les sources des preuves. • La date de la mort de ce docteur n'y est pas indiquée, probablement parce que Haddji Khalifa l'ignorait.
" J'ai déjà parlé de ces docteurs.
' Yalija Ibn Yahya appartenait a la tribu berbère des Masmouda et était client de la tribu arabe des Beni-Leïth. Il étudia le droit sous Malek et contribua beaucoup à répandre en Espagne les opinions de cet imam. Sa mort eut lieu à Cordoue, dans le mois de redjeb 334 (février 849 de J. C). Pour l'histoire de ce docteur, on peut consulter l'Histoire des Musulmans d'Espagne, de M. Dozy.
Habib'. Celui-ci, ayant étudié sous Ibn el-Cacem et d'autres docteurs de la même classe, répandit le système de Malek en Espagne et y rédigea l'ouvrage intitulé El-Oaadeha (l'exposition claire). Plus tard, un de ses disciples nommé El-Otbi^ rédigea le traité intitidé, après lui, Otbiya. Aced Ibn el-Forat^, quitta l'ifrîlviya pour aller écrire sous la dictée des disciples d'Abou Hanîfa; mais, étant ensuite passé à l'école malekite,il écrivit, sous la dictée d'Ibn el-Cacem, une quantité de sentences appartenant à toutes les sections de la jurisprudence. Il rapporta à Cairouan ce livre, nommé, après lui, Acediya, et l'enseigna à Sohnoun*. Celui-ci, étant ensuite passé en Orient, fit de nouvelles études sous Ibn el-Cacem, lui soumit les questions traitées dans cet ouvrage, et rejeta un grand nombre des décisions qu'Aced y avait insérées. Il avait écrit sous la dictée d'Aced et fait un recueil de toutes ses décisions, sans omettre celles qu'il devait répudier dans la suite. Il se joignit alors à Ibn el-Cacem pour inviter Aced par écrit à supprimer dans ï Acediya les décisions contestées et à s'en tenir à un ouvrage qu'il (SobnOun) venait de composer; mais cette démarche n'eut aucun succès. Alors le public rejeta YAcediya pour adopter le digeste de Sobnoim, bien qu'une grande confusion régnât ' Abou Merouan Abd cI-Melek Ihn Habib es-Solemi, célèbre docteur de l'école de Malek et natif d'Espagne, njourut dans ce pays, l'an a38 (853 de J. C).
* Mohammed Ibn Ahmed el-Olbi étudia à Cordoue sous Yahya Ibn Yahya, et ensuite à Cairouan sous Sohnoun (voyez ci-après, noie 4), puis en Egypte sous Asbagli. Rentré à Cordoue, il y acquit une grande réputation comme jurisconsulte, et mourut l'an 254 de l'hégire (868 de.F. C).
' Aced Ibn el-Forat, natif du Khoraçan, se rendit en Afrique avec Ibn el-Achalh, qui fut nommé gouverneur de ce pays en l'an i44 (761-762 de J. C). Il passa entoile en Orient, où il étudia la jurisprudence. Rentre à Cairouan, il en fut nommé cadi par Ziadet Allah Ibn Ibrahim, l'Aghlebite, qui, en l'an 201 (817 deJ. C), avait succédé à son frère, Abou 'l-Abbas, dans le gouvernemenlde l'Ifrîkiya. En l'nn 2 12, il reçut de ce prince le commandement d'une expédition contre la Sicile et, en l'an 2i5 (83o de.1. C), il mourut sous les murs de Syracuse, ville dont il faisait le siège.
* Abou Saîd Abd es-Selam Ibn Saîd, surnommé Sohnoun, étudia sous les disciples de Malek et fut ensuite nommé cadi de Cairouan. Il reloucha ou compila, dilon, le célèbre traité de droit malekite inliliûé Ël-Modauwena (le digeste); sa mort eut lieu en l'année 24o (854 de J. C).
D'IBN K41ALD0UN. 17 D'IBN K41ALD0UN. 17 dans la classiiicuiion des matières contenues dans ce livre'. On donna alors à l'ouvrage de Sohnoun le titre de El-Modamvena oua 'l-Mokhtclela (le digeste et le mélange). Les gens de Cairouan s'appliquèrent à l'étude de ce Modauwena, mais ceux d'Espagne adoptèrent ÏOlbiya et P. m. le Oaadcha. Ibn Abi Zeïd résuma ensuite le contenu du Modauwena oua 'l-Mokhleleta dans ua traité qu'il intitula le Mokhtecer (abrégé) '^ et Abou Saîd el-Beradaï^ légiste de Cairouan, en fit aussi un précis, qu'il nomma le Tehdib (refonte). Les docteurs de flfrîkiya firent de ce livre la base de leur enseignement et laissèrent de côlé tous les autres. En Espagne, les professeurs adoptèrent VOlbiya et rejetèrent le Ouadeha ainsi que les autres traités sur le même sujet. Les ulenià de fécole de Malek ont continué à composer des commentaires, des gloses et des recueils pour éclaircir le texte de ces livres, devenus classiques. En Ifrîkiya, Ibn Younos, El-Laklimi, Ibn Mohrez, El-Tounici, Ibn Bechîr et autres docteurs de la même école ont composé beaucoup d'ouvrages sur le Modauwena, de même qu'en Espagne, Ibn Rochd* et ses confrères ont écrit un grand nombre de traités sur YOfbiya. Ibn ' Littéral, i malgré le mélange des ques- faiseur de droit malekite. Eln l'année 520 lions dans les chapitres. • Selon le traducteur turc, ces mots signifient que les questions du recueil d'Aced s'y trouvent mêlées avec celle du digeste de Sohnoun.
' Abou Siîd Kiialaf Ibn Abi '1-Cacem el-Azdi el-Beradaï, natif de Saragosse et docteur de l'école malekite, est l'auteur d'une édition corrigée du célèbre traité le Modauwena; son ouvrage, qu'il intitula le Tehdib (refonte), jouit d'une haute réputation. Il vivnitaù iv'sièrle de l'hégire et avait probablement fait ses études à Cairouan.
' Abou '1-Ouelîd Mohammed Ibn Ahmed Ibn Ahmed Ibn Hochd, grand-pt're du célèbre philosophe Averrocs et cadi de Cordoue, se distingua par son zèle pour la religion et par les grandes connaissances qu'il déploya comme jurisconsulte et pro-Prolcgomtnc». — lu.
(1 1 a6 de J. C.), il passa en Mauritanie afin d'exposer au sultan aimoravide Ali Ibn Youçof le malheureux état de l'Espagne, et de le pousser à prendre des mesures alin de garantir les musulmans espagnols contre les attaques du roi d'Aragon, All'onse le Batailleur. Rentré it Cordoue, il reprit ses leçons et mourut dans cette ville, le 1 1 du mois ileduu 'l-kaada 5ao(38nov. 1 ia6 de J. C). La Bibliothèque impériale possède un exemplaire de l'ouvrage qui renferme les opinions juridiques d'Ibn lioclid, le grand-père. L'ordre suivi dans ce recueil est celui de tous les traités de droit musulman. Ce manuscrit, écrit l'an 72a de l'hégire (i3aa de J. C), fait partie du Supplément arabe et porte le n° SgS. Il forme un gros volume grand in-A°, et offre un type parfait du caractère maghrebin- Abi Zeïd réunit en un seul volume intitulé Kitab en-Ncwader (livre de choses singulières) les questions, les points de controverse et les opinions qui se trouvent répandues dans les livres de jurisprudence classiques. Ce traité renferme toutes les opinions émises par les docteurs de l'école malekite et le développement des principes qui se trouvent énoncés dans les traités fondamentaux. Ibn Younos inséra la majeure partie du Newader dans le livre qu'il composa sur le Modamvena. Aussi vit- on les doctrines malekites déborder sur les deux pays (de l'Espagne et de la Mauritanie), et cet état de choses se maintint jusqu'à la chute des royaumes de Cordoue et de Cairouan. Ce fut postérieurement à ces événements que les Maghrébins adoptèrent (définitivement) le rite de Malek.
[On remarque dans le système de Malek trois écoles différentes': l'une, celle de Cairouan, eut pour chef Sohnoun, disciple d'ibn el-Cacem; la seconde, celle de Cordoue, eut pour fondateur Ibn Habib^, disciple de Malek, de Motarref, d'Ibn el-Madjichoun^ et d'Asespagnol. Le dernier chapitre est du compilateur Ibn el-Ouezzan, et renferme une notice biographique de l'aateur.
' Ce long paragraphe ni la première moitié du paragraphe suivant ne se trouvent ni dans l'édition de Bouiac, ni dans les manuscrits C et D; on les lit dans le manuscrit A et dans la traduction turque. Ils remplacent un antre passage beaucoup plus court dont M. Quatremère a donné le lexteennote.etdontj'offreicila traduction: « Ensuite parut le livre dans lequel Abou Amr Ibn el-Hadjeb résuma les diverse» voies suivies par les sectateurs de l'école (malekite), dans le but d'éclaircir le sujet de chaque chapitre (du traité dont ils se servaient}; il y fit aussi connaître les diverses opinions énoncées par les docteurs malekites sur chaque question à résoudre. Ce traité forma donc un répertoire de toutes les matières qui avaient attiré l'attention de celte école. Le système malekite $e conserva en Egypte depuis -le temps d'El-Harcth Ibn Meskîn, d'Ibn Moïyesser, d'Ibn el-Lehîb, d'Ibn Rechik et d'Ibn Ata 'llah. J'ignore à qui Ibn cl-Hadjeb devait ses renseignements, mais je sais qu'il parut après la chute de l'empire fatemide, à la suite de la suppression du système dejurisprudence particulier aux gens de la maison, et de l'apparition des docteurs chafêites cl malekites (dans la vie active). Vers la (in du vti' siècle, son livre fut introduit dans la Mourilanie, où...etc. > ' Abou Merouan Abd el-Melek Ibn Abd el-.Azîz, surnommé Ibn el-Madjichoan, était nalif de Médine. Il étudia la jurisprudence sous Malek. Sa mort eut lieu l'an 2i3 de l'hégire (828-839 de J. C). — Dans le texte imprimé, il faut lire (j^.<î:^Ul, à la place d'^jy^Uî.
bagh '; la troisième fui établie en Irac par le cadi Isniaïl '•* cl par ses disciples. Les Mtilekites d'Egypte suivirent l'école d'Irac, dont ils avaient appris les doctrines sous la direction du cadi Abd el-Ouehhab', qui avait quitté Baghdad vers la fin du iv* siècle, pour se rendre dans leur pays. Il est vrai que, depuis les temps d'El-Hareth Ibn Meskîn, d'ibn Moïyesscr, d'Ibn el-Lehîb et d'Ibn Rechîk, le système de droit malekile avait existé en Egypte, mais la domination des Hafedites et de la jurisprudence des gens de la maison l'avait empêché de se montrer. Les légistes de Cairouan et ceux de l'Espagne eurent ime forte aversion pour les doctrines de l'école d'Irac, parce que ce pays était très-éloigné, que les sources où l'on avait puisé ces doctrines leur étaient restées inconnues et qu'ils savaient à peine par quels moyens les docteurs de l'Irac avaient acquis leurs connaissances. D'ailleurs ceux-ci avaient pour principe de résoudre certaines questions* en employant d'une manière parfaitement consciencieuse les efforts de leur propre jugement [idjtihad), et niaient l'obligation d'adopter aveuglément le système ou les opinions de quelque docteur que ce fût.
Voilà pourquoi les Maghrébins et les Espagnols évitèrent d'embrasser aucune opinion émise par l'école d'Irac, à moins d'avoir bien reconnu qu'on pouvait la faire remonter à l'imam (Malek) ou à ses disciples. Plus tard les trois écoles se confondirent en une seule. Dans le courant du vi* siècle, Abou Bekr el-Tortouchi^ quitta l'Espagne et alla se fixer à Jérusalem, où il donna des leçons (du droit malekite) à des étudiants venus du Caire et d'Alexandrie. Ses élèves mêlèrent les doctrines de l'école espagnole avec celles de l'école d'Egypte, leur propre pays. Un des leurs, le légiste Send Saheb et-Tiraz, eut en- P. iS. suiteplusieurs disciples, sous lesquels on alla étudier plus tard. Parmi eux se trouvèrent les fds d'Aouf*, qui formèrent aussi des disciples.
' Abou Abd Allah Asbagli Ibn el-Fe- ' Je ne sais si j'ai bien rendu le sens des redj, natif d'Egyple el docleur malekite, mois UoLi. (jI^qIj. Le traducteur turc étudia sous les disciples de l'imam Malek, n'en a pas tenu compte, et mourut l'an 330 ($/io de J. C). ' Voy. la i" partie, p. 83, note a.
' Voy. ci-devant, p. i5. ' Nous connaissons un de ces frères ' Voy. ci-devant, p. 12. il se nommait Ibn Mekki Ibn Aouf ez-Zo^ Abou Amr Ibn el-Hadjeb' étudia sous ceux-ci, puis, après lui, Chihab ed-Dîn el-'Iraki. Cet enseignement s'est maintenu dans les villes que nous venons de nommer.]
[Le système de jurisprudence suivi en Egypte par lesChaféites avait aussi disparu à la suite de l'établissement des Fatemides, gens de la maison. Après la chute de cette dynastie parurent plusieurs docteurs qui relevèrent cette école, et dans le nombre se trouva Er-Rafci^, chef jurisconsulte de Khoraçan. Après lui. Molli ed-Dîn en-Newaouï, un autre membre de cette bande illustre, se distingua en Syrie. Plus tard, l'école malekite de Maghreb mêla ses doctrines à celles de l'école d'Irac. Ce changement commença h partir du temps où Es-Chirmesahi brilla à Alexandrie comme docteur de l'école maghrébine-égyptienne. Le khalife abbasside El-Mostancer, père du khalife El-Mostacem^ et fds du khalife Ed-Dhaher, ayant fondé à Baghdad l'université qu'on appelle d'après lui El-Mostunceriya, fit demander au khalife fatemide qui régnait alors en Egypte de lui envoyer le docteur dont nous venons de mentionner le nom. Es-Chirmesahi, ayant obtenu l'autorisation de partir, se rendit à Baghdad, où il fut installé comme professeur, dans la Moslanccriya. 11 occupait encore cette place l'an 656 (i 258 de J. C), quand Houlagou s'empara de Baghdad; mais il put sauver sa vie dans ce grand désastre et obtenir sa liberté. Il continua à résider dans celte ville jusqu'à sa mort, événement qui eut lieu sous le règne d'Ahmed Abagha, fils de Houlagou. Les doctrines des Malekites égyptiens se sont mêlées avec celles des Malekites maghrébins, ainsi que nous favonsdit, elle résumé s'en trouve dans le Mokhtecer (ou abrégé) d'Abou Amr Ibn el-Hadjeb. On voit, en effet, à l'examen de cet ouvrage, que l'auteur, en exposant les diverses parties de la jurisprudence sous leurs propres titres, a non-seulement inséré dans