A chaque instant elle ajuste une flèche, et tire, à sa volonté, soit avec la ■ main, soit avec l'œil.
Il indique encore ce double avantage dans le vers suivant: J'ai été créée belle et suis connue comme un archer habile: je ne cesse pas de combattre même pendant un instant; je fais avec mes deux yeux ce que ma main fait avec les flèches ^.
Il y avait avec eux à Grenade un autre poëte qui se distinguait beaucoup et qui se nommait El-Mohr Ibn Ferès [poulain, fils de jument) ^. Ibn Saîd dit: Voici de ses vers: Grand Dieu! quelle journée charmante nous avons passée dans les prairies, sur le bord de la rivière de Hims (Séville) I Ensuite nous retournâmes vers l'embouchure du canal, en brisant les cachets de musc afin de dégager le vin couleur d'or; (et cela] pendant que la main des ténèbres repliait la robe du soir.
Quand Ibn Zohr entendit ces vers, il s'écria: « Comme nous sommes loin (d'avoir eu la pensée) de cette robe! >• Il y avait avant lui (Ibn Ferès), dans la même ville, un poëte nommé Motarref. Ibn Saîd rapporte (à son sujet) l'anecdote suivante, qu'il avait apprise de son père: Motarref entra un jour chez Ibn Ferès, et celui-ci se leva et le reçut avec de grandes marques d'honneur. « Ne faites pas cela, » lui dit Motarref. «Comment, dit Ibn Ferès, ne me lèverais-je pas pour celui qui a dit: vincedeBalireïn en Arabie. On y imporlail ij^j- Ces verbes sont à la première perdu musc qui se lirait de l'Inde. sonne du singulier, car tout le morceau ' Les poètes comparent aux feuilles de est en arabe vulgaire. pL, est pour *cL«.
myrte, et aussi au tissu d'une cotte de (jiAi est la forme vulgaire espagnole de mailles, les rides qu'un léger zéphyr forme (j'fM ■ sur la surface d'un lac. ' Mohr Ibn Ferès vivait encore en l'an ' Dans celte pièce il faut lire jis el 58i (i i85-i 186 de J. C).
Des cœurs atteints par des regards qui blessent, comment peuvent-ils exister P. 397. sans souffrir? » Après ceux-ci parut à Murcie Ibn Hazmoun. Ibn ar-Raïs a rapporté que Yahya el-Khazradji, s'étant présenté à une réunion où Ibn Hazmoun se trouvait, lui récita une ode de sa composition, et que celui-ci lui dit: <> Une ode n'est pas ode à moins qu'elle ne soit exempte de tout ce qui sent le travail. « Yabya lui en demanda un exemple, et Ibn Hazmoun lui récita une de ses propres pièces que voici: 0 toi qui m'évites! y a-t-il un chemin par lequel on puisse parvenir à te joindre? Penses-lu que le cœur d'un amant affligé puisse trouver du repos après avoir ressenti de l'amour pour toi '?
Signalons encore Abou'l-Hacen Sehl Ibn Malek, natif de Grenade, au sujet de qui Ibn Saîd raconte ce qui suit: « Mon père admirait beaucoup la manière dont Sehl s'était exprimé dans le morceau suivant: Le jour parut dans l'Orient comme un torrent et se répandit comme une mer sur toutes les contrées. Aussi les pleureuses d'entre les (tourterelles) fauves se sont appelées les unes les autres; ne vois-tu pas qu'elles craignent d'être noyées et passent la matinée à se lamenter du haut du feuillage? » Vers la même époque, (le poëte) Abou'l-Hacen Ibn Fadl se distinguait à Cordoue. Ibn Saîd raconte qu'il entendit dire à son père ce qui suit: « J'étais présent quand Sehl Ibn Malek adressa ces paroles à Ibû Fadl: Certes, Ibn Fadl! vous avez obtenu la prééminence {fadl) sur les autres compositeurs d'odes par la pièce que voici: Oh! comme je regrette les temps passés, (maintenant que) dans le soir (de la vie) l'amour est parti et fini I Je reste seul, malgré moi et sans le vouloir; je passe mes nuits (comme si j'étais) sur des charbons ardents. Je salue, en pensée, les restes de cette demeure abandonnée; je baise, en imagination, les traces (laissées par les habitants). » Le même (narrateur) rapporte ce qui suit: << Plus d'une fois" j'en- p. 398.
mams: Voici celte pièce, en caractères ro- Aou bel lera an honak sali Coibo '1-alîl.
Ya hadjeri! l,el ila f ousali ' ^a particule U dans ify. U ^ est MinneksebaP explélive.
432 PROLÉGOMÈNES ■ tendis Abou Bekr es-Sabouni réciter au maître [ostad) Abou '1-Hacen ed-Debbadj ' des odes qu'il avait composées, sans que celui-ci lui eût jamais dit: A la bonne heure! Ce ne fut qu'après avoir entendu les vers suivants qu'il prononça cette parole flatteuse: J'en jure par mon amour pour celle qui me témoigne de l'aversion, que les nuits de l'homme qui est vaincu par l'amour n'ont pas de matinées; il n'est pas donné à tout le monde de se réjouir^ à l'aspect de l'aurore. Je pense, chaque nuit, que le jour ne viendra jamais. O nuits que je passe! vous êtes assurément élernelles; ou bien, on a lié les ailes de l'aigle (céleste) afin f|ue les étoiles du riel ne poursuivent pas leur carrière'. » Voici une des odes* d'ibn es-Sabouni: Voyez l'état de celui que l'amour a fait captif et qui se trouve livré au chagrin et à la tristesse. Malheur à lui! celle qui devait le guérir l'a rendu malade. La bienaimée l'a traité avec dédain, puis le sommeil s'est éloigné de lui à l'exemple de cette (cruelle). Le sommeil a fui mes paupières, mais je ne m'en plaindrais pas, s'il ne m'avait empêché de voir en songe la personne que j'aime. Le rendez-vous qu'elle m'avait donné par caprice, hélas! quel triste rendez-vous 5! Mais je ne saurais faire des reproches à celle qui ne veut pas se montrer à moi, soit en réalité, soit en songe ''.
Ibn Khalef el-Djezaïri (natif d'Alger) s'est fait un nom en Mauritanie par l'ode (qui commence ainsi): ' Abou '1-Hacen Ali Ibn Djaber ed-Debbadj, natif de Séville, était très-versé dans la philologie de la langue arabe et dans la philosophie. Ses contemporains le regardaient comme le plus grand philosophe de l'Occident. Son savoir et sa piété étaient si remarquables que le souverain almoravide Ali, fiLs de Youçof Ibn Tachefîn, l'appela à la cour de IMaroc et l'admit dans son intimité. Il le chargea même de soutenir une controverse théologique contre Mohammed Ibn Toumert, le même qui, sous le titre du Mehdi, fonda plus tard l'empire des Almohades. (Voy. l'Hinioire des Berbers, I. Il, p. 167.)
' Le poète a probablement supposé que c'était l'aigle (la constelialion ainsi nommée) qui, par son vol, tenait en mouvement la sphère céleste.
' Le mot (V»-^ doit être supprimé; il ne se trouve pas dans les manuscrits.
' Je lis JL^ J[ *L.j, avec le traducteur turc et l'édition de Boulac.
' Le mot JL^ signifie « ce qui n'est pas réel. • Ln main de la matinée a battu lo briquet de la lumière sur l'amadou des P. Sjig. Heurs.
Ibn Khazcr de Bougie s'est distingué par l'ode (dont voici le commencement): La fortune se montre favorable: sa bouche l'a salué ' avec un sourire.
Une des meilleures odes qu'on ait composées dans les temps modernes a pour auteur Ibn Sehl, poëte qui habitait Séville et qui s'était ensuite fixé à Ceuta^. Elle (commence) ainsi: La gazelle du parc bien gardé savait-elle qu'en prenant le cœur de son amant pour une tanière elle l'avait embrasé.^ Ce (malheureux) est dans le feu et dans l'agitation; il est comme la braise dont se joue le souflle du zéphyr.
Notre ami le vizir Abou Abd Allah Ibn el-Khatîb, qui fut, dé son époque, le plus grand poëte de l'Espagne et du Maghreb, composa sur la même forme que l'ode précédente^ une autre ode que je donne ici: Quand* les nuages (bienfaisants) répandent leurs eaux, puissent les averses t'arroser copieusement, ô temps (fortuné) qui me réunira, en Andalousie, (avec toi, ma bien-aimée). Mes rencontres avec toi n'ont cependant eu lieu qu'en songe, pendant mon sommeil; ou bien elles s'effectuent à la dérobée, par des tours d'adresse. Voilà (jue le temps (nous) amène une diversité de souhaits qui s'avancent les uns sur les traces des autres; (elles viennent) isolément ou deux à deux, (et forment) des groupes semblables aux bandes (de voyageurs) dont la P..'loo. présence est appelée par la fête (de la Mecque). Les pluies ont revêtu la prairie d'un double éclat et en ont fait sourire les fleurs. L'anémone {noman) annonce (les bienfaits) qu'elle a reçus de l'eau du ciel (ma es-sema), de même que Malek annonça (les communications) qu'il avait reçues d'Anes ^, et elle a obtenu de la beauté un habillement rayé, un vêtement magnifique, dont elle se montre ' Pour cslUa., lisez ésL^, avec les ma- - Il faut lire a^>a^.
nuscrits. Dans les deux poënies qui suivent, ' Pour U^i, liseï l^.
tous les vers impairs riment en a, elles '' Pour.>[, lisez Ijl.
vers pairs, pris par deux ou par trois, ri- ' Il y a dans ce vers un jeu de mois ment ensemble. Ainsi la rime est invariable intraduisible. Noman, fils de Ma es-Sema, dans les vers impairs, et varie, jusqu'à un fut un roi de Hira dans les temps antéiscertaiu point, dans les vers pairs. lamitfs; Noman est le vrai nom d'Abou /i34 PROLEGOMENES justement fière. (Cela se passa) dans certaines nuits, pendant que je cachais le secret de mon amour sous le voile des ténèbres, (qui auraient été plus profondes) s'il n'y avait pas eu là de jolies figures qui brillaient comme des soleils. Alors notre coupe, cet astre (brillant), se penchait (vers nos mains) et faisait descendre sur nous, en ligne directe, ses influences heureuses. (J'avais alors à satisfaire) un désir impérieux dont le seul défaut était de passer en un clin d'oeil; au moment même où notre familiarité avait un peu de douceur, la matinée survenait à i'improviste, ainsi qu'un gardien jaloux qui fait le guet'. Sont-ce les astres (dont la lumière) vient nous surprendre? ou bien (sont-ce) les yeux (fleurs) du narcisse dont nous ressentons les effets.'' Combien (est heureux ) l'homme dégagé (de soucis) sur lequel la prairie agit (avec tous ses charmes P. 4oi. pendant que) les fleurs profilent de sa distraction (pour s'épanouir), et que, assurées contre ses artifices, elles ne le craignent plus! Le ruisseau cause avec le gravier (de son Ht) et chaque amant se retire à part avec son amie. On voit la rose, fâchée et jalouse (de la beauté de ma bien-aimée), se revêtir, dans sa colère, de cette (couleur rouge) qu'elle se plaît à porter; on y voit le myrte agir avec prudence et circonspection, pour entendre, à la dérobée, avec ses oreilles de cheval ^. Gens de la tribu campée sur le (bord du) fleuve d'El-Ghada! vous que j'avais cependant logés dans mon cœur! la plaine, toute large qu'elle soit, est trop resserrée pour contenir l'amour que je vous porte; (à la regarder) depuis son bord oriental jusqu'à son bord occidental, elle ne me paraît rien. Rétablissons le pacte d'amitié ([ui existait (entre nous) autrefois; délivrez votre captif de son chagrin; craignez Dieu et rendez la vie à un amant passionné dont l'âme s'exhale, soupir par soupir. Mù par un noble motif, il vous a consacré son cœur; consentirez-vous à laisser ce gage dépérir? Parmi vous il y a une personne P. ioL qui touche de près à mon cœur et lui inspire des souhaits, bien qu'elle soit loin de moi. Cette lune (pleine de beauté) s'est levée dans l'Occident, et, bien que son aspect soit fortuné, elle porte malheur à celui qui l'aime. L'homme vertueux et le criminel écoutent avec une égale indifférence les promesses (de Dieu) et ses menaces, aussitôt qu'ils ont ressenti de l'amour pour cette belle, aux regards enchanteurs, aux lèvres de miel, qui, (par ses charmes, pénètre et) parcourt notre âme ainsi que la respiration parcourt (le corps). Elle visa avec sa flèche, nomma (le but qu'elle voulait frapper) et tira son arc; dès lors mon cœur devint la proie d'une (passion) qui le dévora. Bien qu'elle soit tyranniquc et qu'elle Hanifa, fondateur d'un des quatre rites ' Jeii.s /i_j^ à la place de |<>jjr, en adoporlhodoxes, et noman signifie anémone. tant la leçon d'El-Maccari. Malek était fondateur d'un de ces rites et ' Le poëlc a vu une ressemblance entre Anes était un de ses précepteurs. la feuille de myrte et l'oreille de cheval.
trompe les espérances de l'amant, au point que le cœur de celui-ci est consumé par l'ardeur de la passion, elle est l'objet que l'âme estime le plus: aimer sa maîtresse n'est pas un péché. Ses ordres agissent sur tous les cœurs, sur tous les seins dont elle a fait le tourment, et y trouvent une prompte obéissance. Ses regards dominent sur l'âme avec une puissance absolue. Jamais, pendant que ses amants poussaient leurs derniers soupirs, jamais elle n'a pensé à cet Être qui venge les opprimés en punissant les oppresseurs et qui donne aux âmes vertueuses et aux âmes criminelles la rétribution qui leur est due. Qu'a-t-il donc, mon cœur? Chaque fois que le zéphyr fait sentir son haleine*, une nouvelle P- -io^. passion vient s'y installerl La tablette qui porte inscrite la destinée de l'amant renferme ces paroles de Dieu ^: Certes le tourment que j'infligerai sera sévère. (Cette belle) a attiré sur moi les soucis et les maux, de sorte que, entouré de chagrin, j'ai éprouvé des souffrances atroces. (La personne) qui a porté le trouble dans' mon cœur et qui l'a enflammé, ainsi que le feu embrase un faisceau de bois desséché, ne m'a rien laissé de la vie, excepté un dernier soupir* qui persiste encore, de même que les dernières lueurs du jour persistent après l'invasion des ténèbres. Résigne-toi, mon âme, aux décrets du destin; emploie le moment actuel à opérer ma conversion et à tourner mon cœur vers Dieu. Ne pense plus aux jours que j'ai passés à reprocher (aux belles leur cruauté) ou à jouir de faveurs qui sont maintenant finies pour moi. Adresse la parole au prince favorisé de Dieu, à celui qui a reçu par inspiration cette grâce qui est annoncée dans le livre saint, à cet homme généreux qui est parvenu au faîte (de la gloire) et qui a grandi (dans les honneurs), au lion du château, au soleil de l'assemblée, à celui sur qui l'aide divine est descendue ainsi que descendirent les révélations P. io4. que l'esprit de la Sainteté porta (à notre Prophète) ^.
On voit- aux odes des Orientaux que ce genre de composition leur coûtait un travail d'esprit pénible. Une des meilleures qu'ils aient produites est celle qui a pour auteur Ibn Sena '1-Molk'' et qui est aussi bien connue en Occident qu'en Orient. Elle commence ainsi: Ma bien-aimée, ayant enlevé le voile de lumière qui couvrait son visage, te ' Pour c>I*. lisez o-»*- * Coran, soiir. xiv, vers. 7. ' Pour ^^, lisez j. ' Pour LojJl, lisez L»jJl. ' Ibn Khaldoun a supprimé ici dix doubles héraisiiches formant la fin du poème et renfermant l'éloge du prince. On les trouvera dans la Vie de Lisan ed-Dîn, composée par El-Maccari.
* Le poète Hibet Allah Ibn Djafer Sena '1-Molk, natif d'Egypte, mourut au Caire, l'an 608 (121 1-1212 de J. C).
55.
Ii3ô PROLÉGOMÈNES laisse voir dii musc (c'est-à-dire des sourcils noirs) sur du camphre (c'est-à-dire une peau blanche), au milieu d'une fleur de grenade (c'est-à-dire la rougeur des joues). Nuages! entourez de bijoux (c'est-à-dire de fleurs) les couronnes (c'està-dire les bocages) que portent ces collines, et donnez-leur pour bracelets les détours du fleuve.
Lorsque l'art de composer des odes se fui répandu parmi les Espagnols, tout le monde s'y appliqua à cause de la facilité du genre, de l'élégance de sa forme et de la correspondance qui régnait entre les vers; et les habitants des villes se mirent à tisser sur ce modèle et à ranger des vers d'après ce système. Ils y employèrent leur dialecte ordinaire, celui qui se parle dans les villes, et ne s'y astreignirent pas à l'observation des règles de la syntaxe désinentielle. Ils développèrent aussi une nouvelle branche de poésie à laquelle ils donnèrent le nom de zedjel (ballade) et dont la versification conserve jusqu'à ce jour la forme qu'ils avaient adoptée (au commencement).
Dans ce genre de poésie, ils ont produit des pièces admirables, et l'expression des idées y est aussi parfaite que leur langage corrompu le permet. Le premier qui se distingua dans celte voie fut Abou Bekr Jbn Gozman. 11 est vrai qu'avant lui on avait récité des ballades en Espagne, mais la douceur du style, la manière élégante dont on y énonçait ses pensées et la beauté dont ce genre de composition était susceptible ne furent appréciées qu'au temps de ce poëte. 11 vivait sous les Almoravides et tenait, sans contredit, la première place P. iiob. parmi les compositeurs de ballades. « Quant à ses zedjel, » dit Ibn Saîd, «je les ai entendu réciter plus souvent à Baghdad que dans les villes de l'Occident. » Il dit ailleurs: « J'ai entendu déclarer à Abou '1-Hacen Ibn Djahder de Sévilie, le premier chansonnier de notre époque, que personne, parmi les poètes les plus capables dans ce genre, n'a eu une inspiration pareille à celle qui survint à Ibn Gozman, le grand maître de l'art. Étant sorti, un jour, avec quelques amis, pour faire une promenade d'agrément, il s'assit avec eux sous un berceau de feuillage, en face duquel se voyait la figure d'un lion, en marbre; de la gueule de ce lion s'échappait une masse d'eau qui allait D'IBN KHALDOUN. ^37 tomber sur une suite de dalles en pierre, formant escalier. 11 composa sur ce sujet le morceau suivant: Un berceau établi au-dessus d'une estrade et lui servant de portique; et un lion qui a avalé un serpentgros comme la jambe et qui ouvre la bouche comme un homme qui va rendre le dernier soupir'. (Le reptile,) s'élant échappé de là, va courir sur les dalles en jetant les hauts cris.
Bien qu'Ibn Gozman résidât habituellement à Cordoue, il se rendait très-souvent à Séville pour en revoir le fleuve. Un certain vendredi, plusieurs poètes d'une grande réputation comme faiseurs de zedjels s'étaient réunis pour faire une promenade sur l'eau, et avec eux se trouvait un jeune garçon d'une figure charmante et appartenant à une des familles les plus riches et les plus respectables de la ville. Etant partis en bateau pour aller à la pêche, ils se mirent à improviser des vers dont cette partie de plaisir faisait le sujet, et Eïça '1-Belîd commença par ces lign,es: Mon cœur désire se soustraire (à la tyrannie de la personne qu'il aime), bien qu'il y ait déjà échappé. Mais l'amour l'a encore ramené dans le voisinage (du danger) 2. Voyez cet infortuné, accablé du poids de sa misère; il a l'esprit P. 4oti. troublé à cause du grand malheur qui vient de l'atteindre'. Certes, il s'attristait dans l'absence de ces beaux yeux noirs, et, cependant, ce sont ces yeux noirs qui l'ont amaigri.
Abou Omar Ibn* ez-Zahed, natif de Sévilie, récita ensuite ce morceau: Il est pris, ainsi que se laisse prendre celui qui s'abandonne à l'océan de ses passions. Tu vois ce qui l'a jeté dafis les maux et les tourments: il eut la fantaisie de ^ badiner avec l'amour, c'est un jeu qui a fait périr bien du monde, ' Le mol «Aj est rais ici pour <j. Quel- ration du nom d'action *jI.-^I, joint au que.s manuscrils portent *-s». pronom affîxe de la troisième personne du * Il faut lirej*-i> cljjL*.^--J. Le ^ final singulier, de ces mots représente le pronom afllxe * Le mot jjjI se lit dans la plupart des de la troisième personne masculine du manuscrits, singulier. ' (jly Lest une contraction vidgairede.s ^ Pour (J-Uj, lisez (V^io, et pour LjLo, mots q| <>JL. lisez «jL)l.-c. Ce dernier mot est une alté- «8 PROLEGOMENES Abou '1-Hacen el-Mocri, natif de Dénia, prononça ensuite ces vers: La belle journée! tous les traits qui la distinguaient me remplissent encore d'admiration. Le vin et les belles circulaient autour de moi, pendant que les amis faisaient la sieste sous les peupliers'. Mais ce qui me convenait le mieux*, c'était (de pécher) des mulels et (de contempler) ensuite ces beaux yeux.
Abou Beki- Ibn Martin prit ensuite la parole et dit: Il est donc vrai que lu veux t'embarquer sur ce fleuve charmant, afin d'avoir un entretien avec la personne qui te hait et qui te tyrannise, et (que tu veux P. 407. aussi prendre) des mulets et (t'amuser à) la pêche? Ce ne sont pas ^ des poissons qu'elle pêche, mais des cœurs d'hommes! En voilà dans ses filets!
Abou Bekr Ibn Gozman parla alors et dit: Quand il (ce jeune homme) relève ses manches pour jeter ses filets, on voit les mulets se précipiter de ce côté-là. Ils ne s'y élancent pas avec l'intention d'y tomber, mais de baiser ses charmantes petites mains *.
Vers la même époque, il se trouvait dans l'Andalousie orientale un poëte nommé Makhlef el-Asoued, qui composa de très-jolies chan-. sons. L'ne de ses pièces commence ainsi: J'ai été pris, moi qui craignais toujours de me laisser prendre; et l'amour m'a réduit à un état affligeant.
Dans ce poëme il dit ^: Jusqu'à ce que tu voies sur cette belle '^ et noble joue la rougeur portée à sa dernière limite'', ô toi qui cherches dans ses yeux la pierre philosophale, (sache que) si çlle les dirige * vers de l'argent, elle le convertit en or.
' Il faut lire -lil-ai-aj Jjij ^^^;Jitlj, * Pour ^bi^J, lisez <ùIt>joVJ.
ce qui, en bon arabe, s'écrirait ^j-JUilf. ' Il faut insérer ici les mots "^o JyÎJ- * Jolis (jy^f, avec deux manuscrits. ' Ul est mis ici pour Lo j|.
' <UiJ est une altération de ^j^, 3' p. ' >^5V>-^ est mis ici pour (j<—c. Lisez fétn. pi. du verbe négatif ij^J. yliiJ à la place de yiÀJ.
Après eux parut un groupe de poètes dont le chef, qui se nommait Medeghlîs\ eut d'admirables inspirations. C'est ainsi qu'il a dit dans une chanson devenue célèbre: Quand une pluie fine tombe et que les rayons du soleil frappent avec force, tu verras celle-là se changer en argent et ceux-ci en or. Les arbrisseaux boivent f*- io8. et s'enivrent; les branches s'agitent et frissonnent [de plaisir); elles veulent se rapprocher de nous, puis elles cèdent à la honte et se retirent-.
Parmi ses meilleures chansons on remarque celle-ci: Le jour a paru et les étoiles en sont consternées. Lève-toi avec nous et secouons la paresse. Buvons d'un flacon qui renferme un mélange plus doux, à mon avis, que du miel. O loi qui me blâmes de' porter uu collier'', puisse Dieu te revêtir d'un collier à cause de ce que tu as diti Tu dis^ qu'un péché en produit uu autre, au grand détriment de l'intelligence. Passe" dans le pays du Hidjaz! cela te conviendra mieux; que me veux-tu avec ces vains discours? Pars en pèlerinage et visite (la maison sainte), mais permets que je m'adonne librement" au (plaisir de) boire. Quand on n'a pas la force* ni la puissance d'agir, les (bonnes) intentions valent mieux que les actes.
Après eux parut à Séville le poêle Ibn Djahder. On s'accorde à reconnaître qu'il l'emporta sur tous les autres compositeurs de chan- P. 409. sons par une pièce dans laquelle il célébra la conquête de Majorque ' et qui coiT)mence ainsi: Maudit soit celui qui tire l'épée pour combattre (le dogme de) l'unité (de Dieu)! Je ne veux avoir aucun rapport avec un homme qui combat la vérité.
' Medeqhlîs ou Medghalts psl un sobriquet qui n'appartient pnsàla langue arabe. Le poêle qu'on désignait ainsi se nommait Abou Abd Allah Ibn el-Haddj.
' Voici le texte de ce vers, qui a été omis dans l'édition de Paris, mais qui se trouve dans la traduction turque et dans quatre manuscrits: My^j ,^^' ^.yy ' Lisez U à la place de UiT ' Porter un collier signifie croire aux paroles d'autrui; le collier est aussi l'emblème de l'esclavage; ici l'expression «puisse Dieu te revêtir d'un collier » paraît.«ignilier « puisse-t-il te récompenser de tes coftseils dont je n'ai que faire. » ' Pour J^iij, lisez JyiJ'.
' ^j^ est mis ici potir'^.».
' Il faut lire J!Jt>xi.
' Les mots o^ojy jiJ représentent la manière dont les musulmans espagnols prononçaient l'expression o^l>j «J ly^.
° En-Nacer, le quatrième souverain de «Je l'ai rencontré, dit Ibn Saîd, ainsi que son élève El-Yàbà', auteur de la chanson si bien connue qui commence ainsi: « Ohl que je voudrais^ voir ma bien-aimée afin de lui charmer^ les oreilles en lui rapportant un petit message: Pourquoi a-t-elle emprunté le cou de la gazelle et dérobé au perdreau (?) sa (petite) bouche?»
Après eux vint Abou '1-Hacen Sehl Ibn Malek, grand maître dans toutes les branches de la littérature. Ensuite, de notre temps, parut mon ami le vizir Abou Abd Allah Ibn el-Khatîb, le premier poète et le premier prosateur du peuple musulman, sans contredit. Une des meilleures pièces qu'il composa dans ce genre (commence ainsi): Mêlez le vin dans les coupes; versez-en pour moi et recommencez encore". L'argent n'a été créé que pour être dépensé.
Citons encore un morceau dans lequel il adopta le langage des soulis et le style d'Es-Chochleri^: Depuis le lever (du soleil) jusqu'à son coucher'', c'a été un mélange de chants P. /uo. à l'honneur de l'objet aimé. Celui qui n'avait pas existé est parti et celui qui n'a jamais cessé (d'être) reste''.
Un autre morceau, composé par lui dans le même style, est celui-ci: Me trouver éloigné de toi, mon fils, est la plus grande des afflictions; et quand • tu es près de moi, je laisse aller ma barque à la dérive.
la dynastie almoliade, enleva l'île de ' Chochteri el Tosteri sigmlïenl natif de Majorque aux Almoravides vers la fin du Tosler, ville située dans le Rhouzestan. Il vi' siècle (le l'hégire ou au commencement y avait un ascète nommé Sehl et-Tosleri, du vil'. Les Baléares lombèreut bientôt qui acquit une grande répulation par la après au pouvoir des Catalans, Jayme I", sainteté de sa vie, et qui mourut à Basra de J. C. (627 de riiégire). ce personnage que l'auteur veut parler.
' L'orthographe de ce nom est incer- ° Pour Jyy^' ij^), lisez J^yJljlaine.. ' Ce vers, comme l'auteur nous le ' La bonne leçon est vi>-^L). donne à entendre, exprime une idée mys- ' Je regarde J^l comme une altéra- tique et paraît signifier: «Ceux qui ont tien de (jvsl. été tirés du néant disparaissent du monde, * Je lis io^', avec l'édition de Boulac et celui qui n'a jamais cessé d'exister duet la traduction turque. rera toujours. « Il y avait en Espagne, du temps d'Ibn el-Khatîb, un natif de Guadix nommé Mohammed Ibn Abd el-Adhîm, qui s'était distingué dans ce même genre de poésie. Ayant pris pour modèle la chanson [zedjel] de Medeghlîs qui commence ainsi: Le jour a paru, cl les étoiles en sont consternées, il composa le morceau suivant: Amis de la dissipation! la saison de la folie est arrivée, maintenant que le soleil est entré dans le bélier (et que l'année commence). Renouvelez, chaque jour, vos joyeux ébats; ne mettez point d'intervalle entre vos plaisirs. Livrons-. nous aux jouissances près du Xenîl ', sur ce gazon verdoyant. Ne parlons plus ni de Baghdad ni du Nil; les lieux où nous sommes me semblent bien plus charmants. On y voit une plaine^ de plus de quarante milles d'étendue. Que le vent y passe en allant et venant, jamais tu n'y rencontreras la moindre trace de P. 4i i. poussière, pas même autant que (la pincée) d'antimoine dont on se noircit les paupières. Comment ne serait-elle pas ainsi, puisqu'il n'y a pas un endroit, (gros comme) une feuille de papier, où nous n'envoyions butiner nos abeilles'.^ Le genre de poésie cultivé de nos jours chez les habitants de l'Andalousie est la chanson [zeJjcl]: à tout ce qu'ils composent en vers ils donnent la forme d'une chanson, et dans ces pièces ils emploient les quinze mètres reçus; mais le langage dont ils se servent est leur dialecte vulgaire. C'est là ce qu'ils appellent poésie zedjéliennc. En voici un exemple, composé par un de leurs poètes: Je mettrais des années et des siècles à aimer tes beaux yeux; mais tu es sans miséricorde", et ton cœur ne se laisse pas attendrir. Je voudrais te faire voir ce que mon cœur est devenu à cause de toi: il est comme un soc de charrue au milieu des forgerons. Les larmes coulent^, le feu est ardent et les marteaux (frappent) de droite et de gauche. Dieu a créé les chrétiens pour (subir nos) ' Xenîl est le nora de la ri\ière qui ^ La traduction turque et rédilion de :oule près de Grenade. Il faut lire J^*-^- Boulac oflrent la leçon jjiyi^j' à la place ' Il faut lire L^-^ U»j, en deux mots. de ifJyi. Les larmes qui coulent peuvent ' (ji'X est une forme vulgaire de ij^j signiiicr, non-seulement celles de l'amant, ^^•; le mot Iclsj s'écrit *Ali^ en bon mais les gouttes d'eau avec lesquelles on arabe. arrose les braises d'une forge, afin de les * Il faut remplacer U.a-i par {JiLi, alté- faire brûler avec plus d'intensité, ration du mot iiii.
Ui2 • PROLEGOMENES incursions destructives', mais toi, tu fais des incursions dans les cœurs de tes amants.
Au commencement du siècle actuel, un des meilleurs compositeurs en ce genre fut le littérateur Abou Abd AUab el-Louchi^. Une cacîda, dans laquelle il célébra les louanges du sultan Ibn el-Ahmer, est de cette espèce. La voici: p. iiji. Le jour a paru^, lève-toi, mon compagnon, et buvons; rions ensuite, après nous être égayés. L'aurore, semblable à un métal fondu, répand une lueur rouge en venant à la rencontre* de la nuit; lève-toi et verse (à boire). Voilà un. (vin) de bon aloi, blanc et sans mélange, c'est de l'argent; le crépuscule est de l'or. C'est une monnaie qui a grand cours chez les morlels; c'est a lui que les yeux (des belles) empruntent leur éclat. Le jour, mon ami, est fait pour qu'on puisse gagner sa vie; mais, par AUah^! la vie des riches se passe bien heureusement. La nuit est faite pour les caresses et les embrassements, alors qu'on s'agite sur la couche de l'amour. La fortune, autrefois avare, est devenue libérale*': autant dans le passé (le pauvre) a goûté toute l'amertume (de la vie)', (autant il est heureux maintenant) en buvant du boneïn* et en mangeant de bonnes choses. Un homme qui épiait (mes démarches nie) dit: «Quelle mer- P. 4i3. veille! pourquoi te vois-je si maigre^, toi qui es toujours à goûter de l'amour et du vin? «Mes censeurs'" furent émerveillés de celte nouvelle; je leur répondis: ' Le mot arabe est c//iozo«; en Afrique on dit ghazia ou razia.
' Abou Abd Allah Mohammed el-Louchi, médecin distingué, mourut en Egypte entre les années 660 (1262 de J. C.) et 670.
' Dans celle pièce, l'auteur a employé une foule d'expressions vulgaires, et n'a montré que bien peu de respect pour fortliograplie.
' Le mot ji-L.-» est formé irrégulièrement du verbe ^K * Lisez *»L). Je passe ici un hémistiche qui paraît signifier: i- et il (le temps ou la fortune) n'est pins capable de laisser échapper le scorpion de sa main, n En arabe, le scorpion est l'emblème de la délation; il signifie aussi «soucis, remords.» Le manuscrit suivi par le traducteur turc portait: jXÀ;o ^L [jjjyc *_Ji3j ij-o, ce qui peut signifier: 0 il avait les mains attachées derrière le dos. » L'édition de Bouiac porte: «xliUSTjilj 1 j-jy-iî-c "Mv-J ^J..•, mots dont je ne saisis pas le sens.
' Les mots Up.J Ios^ sont mis ici pour Lej iyt. Au reste, cette pièce offre beaucoup de fautes de grammaire et d'orthographe.
' Boneïn ou bonn est une espèce de café. (Voy. Chreslomalliie arabe de M. de Sacy, t. L p. 4i2.)
Je lis U-v.^' ijy.
Pour (jli>x, lisez jl jj;.
0 Vous autres, à qui cela paraît étrange, (sachez que) je ne puis aimer qu'une belle d'un esprit délicat. Faut-il que je le déclare en invoquant le nom de Dieu ', ou faut-il que je l'écrive? 11 n'y a qu'un poète à l'esprit cultivé qui puisse réussir auprès dos belles: il subjugue les vierges et triomphe des épousées. » La coupe (de vin) est une chose défendue; oui, elle est défendue pour celui qui ne sait pas en boire. Les hommes intelligents, les sages et même les libertins obtiendront la rémission de leurs péchés, dans le cas où ils en auront commis. Voyez celle dont la beauté m'a séduit et que je ne puis attirer à moi, même par les paroles les plus flatteuses. Elle est un faon'- gras à éteindre les braises (sur lesquelles on le ferait cuire), pendant que mon cœur brûle (d'un feu comme) la braise de ghada^. (C'est). une gazelle dont les regards percent jusqu'au cœur les lions qui, même auparavant, avaient perdu le jugemenf*. En souriant, elle leur rend la vie, ils rient et se réjouissent^, après s'être lamentés. (Elle a) une bouche pe- P- luitite* comme un anneau et des dents irréprochables; le prédicateur qui exhorte le peuple'' demanderait la permission de la baiser. (Ce sont) des perles eu- * tourées de corail; quelle rangée, mon ami! l'ouvrier les mit en ordre sans les percer. (Voyez encore) ces sourcils noirs dont la puissance est irrésistible*! Ceux qui leur trouvent de la ressemblance avec du musc méritent qu'on leur donne tort. Ses cheveux pendent en boucles (aussi noires) que l'aile d'un corbeau et font l'étonnement des nuits (sombres) que je passe loin d'elle. (Ils descendent) sur un corps blanc, de la couleur du lait; jamais un berger n'a tiré de ses brebis (un lait aussi blanc). Puis deux petites collines, — je n'avais jamais connu auparavant' un marbre'" semblable; — voyez combien elles sont dures! Au-dessous de ses seins est une taille si mince", qu'en voulant la saisir vous craindriez (de ' Lilléral. « Faut-il que je le lise par Dieu? » L'expression L^.c.* '— ■ /ji-^ est une altération de e»jij (j*-S^ 'df' (J' c^-^' L'édition de Boulac porte: "uJIj L^-àXÎ' (jiOlt IjaxXj^i, et le traducteur turc a lu: / r>^ l»Ji>-io'« "uJLjj jiJCj'.
* Je lis \,^>i', avec la traduction turque et l'édition de Boulac.
' Le ghada est une espèce de bois dont la braise donne beaucoup de chaleur et se conserve longtemps allumée.
* y'ylj est mis ici pour f»-<-' V- ' Pour /y, lisez /a. Le second hémistiche doit être reconstruit ainsi: 'y^ySuj '■ Variante /.j3. Ce mot est le diminutif de féi; xy».i est aussi le diminutif de li, prononcé avec un double m, selon l'usage de la langue vulgaire.
' L»jI est mis ici pour iLt!^\.
' Pour ^^^Lij, lisez cj^Lij. Le mot ,_pî est mis pour ^' ^^. L'expression iS-jy-:>. cSJ yJ if'^ paraît signifier: « elle fait ce qu'elle veut. » '° Lj.X.-o est une forme vulgaire de ij>!iLo; (Aj^ est l'équivalent de SXi.
" Pour (V^^ ij^, il faut lire AaJs ^j^, avec!e manuscrit C, l'édition de Boulac et la traduction turque.
56.
la briser); (une taille) plus mince encore que mes senlinienls religieux, comme vous le dites; j'en conviens, votre reproche est juste, et je ne le démens pas'. Et comment pourrais-je conserver ma religion auprès d'elle? Comment garder ma raison? Ceux qui recherchent ses faveurs perdent l'une et l'autre.