Voici maintenant un poëme composé par un autre de ces Arabes. Il vivait dans ces derniers temps et se nommait.Khaled Ibn Hamza Ibn Oniar^. Dans cette pièce, il adressait des "reproches aux Oulad* Mohelhel, famille rivale de celle dont il était le chef, et qui formait, sous le nom des Oulad Abi'1-Leïl, une des branches de la grande tribu des Kaoub. Il y répondait en même temps à une pièce de vers dans laquelle ChibI Ibn Meskîana Ibn Mobelhel \ le poêle des Oulad Mohelhel, exaltait la gloire de sa famille et dépréciait celle des Oulad Abi '1-Leïl \ P. 376. Une de leurs maximes proverbiales est conçue en ces termes: Rechercher ce qu'on ne t'accordera pas est un acte de folie; tourne le dos à, celui qui se détourne de toi, et tu feias bien. Si les hommes le ferment leurs portes, (monte) à dos de chameau et Dieu t'en ouvrira une.
' Pour Jjy. lisez Jj^j.
'.le lis i^Li^.
' Variantes: Gliîna w»j, Ghenya '■^'ju.
* Cet hémistiche a élé altéré par les copistes; les exemplaires du traducteur turc portaient il *\i L« LijJI (ji (j^, qui est probablement la bonne leçon; dans l'édition de Boulac on lit aI.5 U LuoJI <_$>J'- ' Khaled Ibn Hamza, un des chefs des Arabes Kaoub, vivait au milieu du vin* siècle de l'hégire. On trouvera dans plusieurs endroits de YHisloire des Berbers le récit de ses exploits et de ses intrigues. En Afrique, le mol.iXl se prononce oulad ou oulèi.
' Voy. ïllisl. des Bcrb. t. I, p. ililt.
' Le texte de ce poëme a subi tant d'altérations qu'il est impossible de le reconstituer, même à l'aide des varianles fournie.s par les manuscrits, par l'édition de Boulac et par la traduction turque. Le nombre de ces variantes surpasse tout ce qu'on peut imaginer; il y a des vers où chaque mol eu oflre trois ou quatre. On voit que les copistes ne comprenaient absolument rien à ce qu'ils écrivaient. La pièce, dans son étal actuel, oil're lant de vers donl le sens m'échappe que je n'entreprendrai pas de la traduire.
Voici des vers dans lesquels Chibl indique que les Kaonb descendent de Terdjem ': Les vieillards et les jeunes gens de la famille de Terdjem excitent, par leur violence, les plaintes de tous les hommes.
Dans la pièce suivante, Khaled (Ibn Hamza) blâme ses frères d'avoir embrassé le parti d'Abou Moliammed Ibn Tafraguîn 2, grand clieikh des Alniohades', qui venait d'usurper le pouvoir à Tunis, au détriment de son pupille, le sultan Abou Ishac, fils du sultan Abou P. 377. Yabya, fait qui s'est passé presque de nos jours: Khaled le Généreux va parler à bon escient et tenir un discours digne d'un orateur; il a toujours parlé raison. Sa harangue sera magistrale et pleine de sens; il ne s'y embrouillera pas; il ne rétractera jamais ce qu'il y aura dit: J'ai conçu une noble* pensée, (et je l'exprime ici) sans que le besoin m'y force et sans vouloir causer des troubles dont le blâme rejaillirait (sur moi). (Cette pensée) j'y tiens de tout mon coeur; c'est une vraie trouvaille, un trésor fourni par la réflexion, et tout ce qui est trésor se retrouve (plus tôt ou plus lard)^. Je parle en déclarant ouvertement ce que j'ai besoin (de dire au sujet de la conduite) tenue par des hommes de notre tribu, proches parents de notre famille; par les enfants de Kaab", ceux qui nous tiennent de près par les liens du sang''; par nos cousins, tant les jeunes gens que les vieillards. Après la conquête du pays, nous avons accordé à plusieurs d'entre eux la sincérité de noire amitié et la plénitude de notre hospitalité; nous en avons souleuu d'autres contre leurs adver- ' Voy. Histoire des Berhers, t. I, p. 1 38, où il faut -lire: De Terdjem sortent les Kaoub.
' Il faut lire fj<£=]^\j ^ o^i! J,\, avec les manuscrits. (Voy. aussi l'introduction, t.I, p. xxviii.) Le ministre hafside Ibn Tafraguîn, qui s'était rallié au sultan mérinide Abou 'l-Hacen, lors de la prise de Tunis, l'abandonna quelque temps après (voy. Hist. des Berh. t. III, p. a/j), et, s'étant ménagé l'appui des Arabes Raoub, il se rallia de nouveau au prince hafside Abou Ishac II et le-replaça sur le Irône de rifrîkiya [ibid. p. 42). Prolégomènes. — ni.
^ Le grand cheikh des Almobades était le second dignilaire de l'empire hafside et prenait rang immédiatement après le sultan.
' Je lis LLjLj, avec le manuscrit D. La leçon L^ls, offerte par un autre manuscrit, pourrait, à la rigueur, donner un sens passable.
' Le texte de ce poëme étant très-aitéré, je ne réponds pas de l'exaclilude de ma traduction.
' C'est-à-dire les Kaoub.
' En arabe vulgaire, la dernière lettre du mot (• J est redoublée.
p. 378. saires, et vous savez que ma parole est frappante de vérité. A d'autres nous avons donné comme rétribution une partie de nos possessions, et cela est resté inscrit au fond de (leur) cœur'. D'autres, se trouvant dans le besoin, sont venus nous trouver et obtenir de notre magnanimité une abondance de dons. D'autres avaient été insolents à notre égard ^ et nous faisaient du mal ^, mais nous le subissions* jusqu'à ce que leurs préoccupations se dissipassent. Ils renonçaient (quelquefois) à leurs viles (tentatives) que nous regardions comme des actes de folie^, mais parfois ils se faisaient bien redouter. Un autre, simple serviteur" d'un homme puissant, se plaignait de ce qu'on lui avait fermé la porte de la skîfa'' où se passaient nos délibérations; nous l'en avions renvoyé, et il demandait à y rentrer malgré le maître d'El-Baleki* et malgré Dîab^. Et cependant nous avions toujours essayé de les exalter, et jamais nous n'avions posé de voiles sur nos figures afin de leur faire une trahison. Nous avons su défendre comme P. 379. un parc réservé le territoire de Tarchîch '", et cela en risquant (nos) chevaux '' et notre cou. (Nous avons défendu) une plaine dans les Etats qui avaient échappé à la domination de leur souverain, lui qui avait (cependant) des dents (pour se faire respecter)'^; (nous l'avons défendue) au moyen de la résistance offerte par quelques chefs de notre tribu, les Béni Kaab ''. Leur appui nous suffisait quand il fallait résister aux coalitions de nos ennemis, et notre aide les délivrait des entraves que les vicissitudes de la fortune leur imposaient. (Cela continua) jusqu'à ce que '* ceux d'entre eux qui ne possédaient pas un seul agneau'^ se trouvassent l'édilion turque et en adoptant une va- arabe, Dîab Ibn Ghanein. (Voy. Hist. des riante fournie par l'édilion de Boulac. Berbers, t. I".)
' Lisez vLkj. '° Tarchîch ou Tarsusest un des nom» ' Je lis ï^j,avecle texte fourni par le que les Arabes donnaient à la ville de traducteur lurc et par l'édition de Boulac. Tunis. (Voy. Bekri, Descript. de l'Afrique.
' Je lis «U^; fédilion de Boulac page 91 du tirage à pari.) et le texte du traducteur lurc portent " C'esl par conjecture que je donne au ïL^Lp^Jb. uiol \suyM la significalion de chevaux.
' J'adopte la leçon U.^, qui est celle " Je suis ici la leçon du manuscrit D deréditionlurqueelderéditiondeBoulac. et de fédition de Boulac.
' Je lis.iUjt, avec les mêmes éditions. " Ne comprenant pas la lin de l'hémis- ' L'anlichambredanslaquelle le maître liclie, je la laisse sans essayer de la trad'une maison reçoit ses amis s'appelle la duire. skîfa. '■' Le inpt jj'I est une altération bar- El-Baleki parait être le nom d'un baredeyl <JI. cheval. Je ne sais quel chef le poète vent " Je lis iU-^;, ave'c le traducteur turc désigner ici. et l'édition de Boulac.
dans l'aisance el comblés de biens'. Ils eurent alors pourmontores des chameaux* qu'on désignait (à cause de leur excellence) par le nom du peuple qui les avait élevés, et ils portaient des vêlements en soie de diverses couleurs. Ils poussaient devant eux, à travers les pays, non pas (un petit nombre) de bêtes de somme (réservées) pour la propagation de l'espèce^, mais de nombreux troupeaux dont chaque individu était chargé de son bât*. Dans leurs diverses entreprises', ils gagnaient de ces vastes trésors qui ne se laissent acquérir qu'en temps opportun; et ils devenaient semblables aux Barmékides d'autrefois, eux qui, du temps de Dîab (Ibn Ghanem), n'auraient été que de nouvelles lunes (que l'on distingue- P. 38o. rait à peine). Ils furent pour nous des cuirasses chaque fois qu'un danger nous donnait des inquiétudes, chaque fois que^ reluisait (à nos yeux) le tison employé par l'ennemi pour allumer le (feu de la guerre). Ils ont (cependant) abandonné leurs demeures pendant les ténèbres de la nuit; (mais) ils ne craignirent pas ^ des reproches, car aucun blâme ne saurait atteindre la demeure des hommes généreux. Ils revêtirent (les gens de) leur tribu d'excellents habits, afin de les garantir (contre les intempéries de l'air), et eux, — si on le savait, — se couvraient de mauvaises tuniques. Parmi eux se trouve un homme paresseux et négligent, qui ne sait ce qui se passe et qui, à mon avis, a perdu l'esprit"; il a une mauvaise opinion de nous, bien que nous ne la méritions pas; souhaitons qu'il trouve plusieurs manières d'exercer la bienfaisance. Il est dans l'erreur, et celui qui l'imite*, en nourrissant des pensées injurieuses et en affirmant comme vraies des suppositions déshonorantes, est un homme vil. Comment me consoler^ (de la mort) du héros Bou Mohammed (Ibn Tafraguîn), de celui qui donnait des millions sans les compter? Les gens du peuple sont dans l'affliction '", et, tant qu'il vivait '', ils pensaient que sa disparition '* (du monde) serait aussi P. 38i. funeste que celle des nuages (qui répandent la fertilité). Ils couraient (naguère) ' Le mot Lïtyv^ est une altération de binant les leçons offertes parla traduction *j•Iy^:^. turque et l'édition de Boulac. Les manus- ' Je lis LibjJl, avec le traducteur turc. crils C et D offrent la leçon J^i.
' Il faut lire *Jy.«J ^ fviJtj. ' oljlj est mis ici pour «ujU. L'auteur ? Je lis cjN^Uç, avecle traducteur turc, du poëme ou son secrétaire ne savait pas et je regarde ce mot comme le pluriel de l'orthographe.
oJ^- La particule U est explétive. ^ ' 11 faut lire ^jji fji ou bien '-'jV^ [y»- ' Le mot (Jt est employé ici pour y^l- Les manuscrits et les éditions imprimées * Je lis *-»>iL» lyLil ^., avec l'édition de offrent l'une ou l'autre de ces leçons.
Boulac et la traduction turque. '° Lisez.jLcj.il i c>ao«.
53.
pour chercher des abreuvoirs sous ces nuages, mais l'eau qu'ils espéraient trouver n'était qu'un mirage. Quand il faisait des dons', il savait offrir ce qui était convenable, et, même dans ses moindres cadeaux, il observait la juste mesure. Nous renonçons à l'espoir de pouvoir nous consoler depuis qu'il a été frappé par les flèches^ de la mort. Quand il tenait Tarchîch sous ses pieds, cette (ville), toute grande qu'elle était, ne lui suffisait pas' (pour marchepied), et l'épouvante (de ses ennemis) aboutissait à l'affliction. Bientôt il va la quitter* laissant après lui de jeunes fdles aux regards séduisants, à la taille flexible, aux gestes agaçants, qu'on avait élev.ées avec soin à l'abri de voiles et de rideaux. Quand elles se donnaient des airs de fierté, il montrait de l'orgueil, et il se laissait emporter par l'amour quand elles chantaient leur passion en jouant du tympaoon et du rebec''. Elles le séduisaient '' au point qu'il ne savait plus où il en était, et quelquefois il badinait (avec elles) comme s'il était' un jeune homme. Auprès d'elles il passait des temps (heureux); tout obéissait à P. 382. ses ordres; les mets (de sa table) lui semblaient délicieux, et ce qu'il buvait lui paraissait exquis. Mais les amours d'autrefois sont maintenant défendus pour Ibn Tafraguîn, et, à leur place, il n'a reçu que la mort^. Il avait un jugement solide et de la prévoyance^; il se lançait (dans les affaires comme) une galère sur l'Océan profond '". Dans les événements imprévus, il faut des hommes d'action'^ et de grands chefs, jusqu'à ce que les ennemis'^ restent (taillés) en pièces (sur le champ de bataille), jusqu'à ce que le marché dont les denrées nous sont confiées soit bien achalandé '', que nos lances altérées de sang et nos carquois soient teints en rouge, et que le jeune homme qui en veut à notre domination fortunée se repente (de sa tentative)'* et ne se retire pas avec les dents en bon état. Vous qui gardez le pain en attendant des assaisonnements, vous avez tort: que la mie vous serve d'assaisonnement quand il fait du sirocco '''.
' Lisez (jpc.
* Li.sez ^L^L, ' Je lis Jji^j (forme vulgaire), avec les manuscrits et les éditions.
* Le texte du second hémistiche est altéré et n'offre pas de.sens.
' Lisez (j-^. ' Lisez «jLàJ'. ' Pour <Ui=J, lisez Ajt!^ ' Lisez Jo-^. La bonne leçon est Julis. Le sens de ce vers est incertain.
" Je lis J^UJ, avec le traducteur lurc et rédition de Boulac. Le singulier de ce mot doit être J>*^.
" Le mot,^1 est mis ici pour y! jl.
" Littéral. « soit ardent. » " Il faut lire Lojt>.J, avec la traduction turque, l'édition de Boulac et plusieurs manuscrits.
" Cela paraît signifier: « dans les temps de disette, il faut se contenter de ce qu'on a sous la main, en fait de vivres. » Voici un poëme composé par Ali Ibn Omar Ibn Ibrahim, un des chefs actuels des Béni Anier\ tribu formant une l)ranche de celle des Zoghba^. Dans celte pièce, il reproche à ses cousins leur désir d'obtenir le haut commandement (et de dominer) sur le reste de la famille'.
(Ali Ibn Omar a composé ces) petits vers pleins de douceur et formant un P. ini. discours versifié'^; (ils sont) beaux comme des perles qu'un artisan tient dans sa main pendant qu'il les range sur un fil de soie.
Donnons ici un spécimen des vers composés parles Arabes-Bédouins P. 388. qui se tiennent dans celte partie de la Syrie qui s'appelle le Hauran. Une femme, dont le mari venait d'être assassiné, composa ce morceau et l'envoya à des membres de la tribu de Caïs, qui «avaient promis à cet homme aide et protection. Dans cette pièce, elle les pousse à la vengeance: 0mm Selama, la jeune femme de la trii)u, parle de sa propre personne (et (lit): Puisse Dieu remplir d'effroi celui qui ne la plaint pas! Elle passe de longues nuits dans l'affliction, sans pouvoir se faire au sommeil, et elle rencontre la misère^ partout où elle se tourne. (Elle se plaint) de ce qui est arrivé à sa maison et à sa famille; leur position s'est changée en un clin d'œil par suite d'un coup qui les a séparées de leur chef". Vous tous qui appartenez à la tribu de Caïs, vous avez perdu Chihab ed-Dîn, et vous ne songez pas à le venger! Estce là tenir ses promesses? Pai dit, quand ils m'envoyèrent une lettre pour me consoler et pour éteindre les étincelles du feu qui consumait mon cœur". Est-ce'' ' Les Béni Amer conlinuèrenl jusqu'à ment, mais en faisant observer que le preces dernières &nnées à former une des mier hémisticlie du prem^ier vers ne se re- Iribus les plus puissantes de la province trouve plus.
" Notre auteur a donné un long clia- Leraotcasj^t parait être le diminutif de pitre sur les Zoghba (prononcez Zorba) <^'^'- dans le premier volume de son ff(î(oire efei ' Je lis U-iJ| qIs^ Berbers. ' Littéral. « dont la séparation a changé " Le texte de ce poëme, qui renferme la position, n quarante et un vers, est tellement altéré, ' Littéral, «pour refroidir les mèche."* que je n'essaye pas de le traduire en entier, des feux d'un cœur. • Je me borne à en expliquer le commence- ' Lisez lil.
bien le temps de soigner ses cheveux et sa barbe, quand on n'a pas protégé îa beauté des jeunes femmes à la peau blanche?
La nièce suivante fut composée par un Arabe-Bédouin de la tribu de Helba, branche de la tribu d'El-Djodami, laquelle est établie en Egypte'. P. 389. Les poésies de ce genre abondent chez les Bédouins et se transp. 390. mettent des uns aux autres. Certaines tribus les cultivent, mais d'autres dédaignent de.s'en occuper, ainsi que nous l'avons déjà fait observer dans notre chapitre sur la poésie. Le mépris de cette espèce de composition est partagé par la plupart des grands chefs, ceux, par exemple, des tribus de Rîah, Zoghba et Soleïm^.
Sur les odes [mowascheha) et les chansons (ou ballades, zeti/e/), poèmes propres à l'Espagne '.
Les habitants de l'Espagne avaient déjà beaucoup composé en vers: ils venaient de régulariser les procédés de la poésie, de fixer le caractère de ses divers genres et de porter au plus haut degré l'art de l'embeUir, quand leurs poètes, à une époque assez moderne, en découvrirent une nouvelle branche*, à laquelle ils donnèrent le nom de ' ' Je n'essaye pas de traduire celte pièce; le texte en est tellement corrompu qu'on n'y comprend presque rien. Les manuscrits G et D, l'édition de Boulac et la traduction turque ne la donnent pas.
* Dans l'Hist. des Berb. t. 1, se trouve la notice de ces tribus.
' Lemotmot(iasc/ie^asignirie« ornéd'une ceinture brodée [wichah). » Le wichali, ou ceinture des femmes, était orné de deux rangs de perles et de pierres précieuses, placées alternativement. Il s'attachait, par le milieu, enire les épaules, passait sur les hanches et se bouclait sur le devant du corps, au-dessous du nombril. Les mowascheha sont des odes composées de plusieurs stances. La stance, dans sa forme la plus ordinaire, renfermait cinq vers, dont les quatre premiers rimaient en.semble, et dont le cinquième rimait avec tous les cinquièmes vers des stances suivantes. On trouve, cependant, beaucoup de mowascheha dont les stances se composent de quatre, cinq ou un plus grand nombre de vers, à rimes croisées. Le mot zedjel, en arabe, signifie «modulation. » En Espagne, les poêles l'employaient pourdésignerleurs chansons ou ballades. Les formes du zedjel étaient très-nombreuses. * Après Us inscrivez **.•.
mowascheh (ode). Dans les poëmes de cette espèce, ils faisaient correspondre d'une manière régulière les simt aux siml et les ghosn aux gfiosn^. Ils ont beaucoup composé de ces pièces sur un grand nombre de sujets. Un nombre déterminé (de vers l'orme une stance et) compte, chez eux, pour un seul vers. Le même nombre de rimes et les mêmes mesures qu'on donne aux ghosn ( de la première stance) se reproduisent invariablement (dans les stances suivantes) jusqu'à la fin de la pièce, laquelle se compose ordinairement de sept vers (ou stances). Chacun de ces vers renferme plusieurs ghosn, dont le nombre est fixé par la fantaisie du poëte et par le système (de versification qu'il adopte). Dans les poëmes de cette espèce, on célèbre les charmes de la bien-aimée et les vertus des grands personnages, ainsi que cela se fait dans les cacîdas. Ces compositions, dans lesquelles la grâce et l'élégance sont portées jusqu'aux dernières limites, faisaient les délices de tout le monde, et, comme elles étaient d'une forme facile à saisir, les grands et les petits s'empressaient également de les apprendre par cœur.
Celui qui, le premier, en Espagne, imagina ce genre de poëme, fut Mocaddem Ibn Moafer en-Neirîzi^, un des poètes favoris de l'émir Abd Allah Ibn Mohammed el-Merouani^. Abd Allah Ibn Abd Rabbou, P. Sgi l'auteur de Ylcd", apprit d'Ibn el-Moafer à composer dans ce style; mais leur souvenir (comme compositeurs d'odes) ne s'est pas con- ' On désigne par le terme sîmt « ligne » les stances dont se composent le mowascheha. Le molghosn • branche » désigneles vers dont se composent les odes (mowascheha) et les chansons ou ballades (zedjel) espagnoles.
' L'orthographe de ces noms est incertaine: El-Maccari (t. II, p. 36i) écrit Moafa (jijw, à la place de il/oo/èr siU-», et telle est aussi l'orthographe d'Ibn el-Abbar. Le groupe (Jy^.y^ est ponctué de diverses manières dans les manuscrits et peut se prononcer de plusieurs manières.
Je lis cSy^ry " natif de Neizîr. » Il y avait un village près de Chiraz qui portait ce nom. Quoiqu'il en soit, le poêle qu'on appelait ainsi vécut dans la dernière moitié du m' siècle de l'hégire.
' Abd Allah el-Merouani, septième souverain omeîade qui régna en Espagne, monta sur le trône l'an 3^5 de l'hégire (888deJ.C.].
* Voyez la i" partie, page 3o. Ce poëte se nommait Omar; Ibn Rhaldoun s'est trompé ici en lui donnant le nom d'Ahd Allah.
424 PROLÉGOxMÈNES serve, et leurs mowaschehas ont fini par tomber dans l'oubli. Le premier qui se distingua réellement dans cette partie se montra plus tard; il se nommait Eïbada tel-Cazzâz, et était le poëte en titre d'El-Motacem Ibn Somadih, souverain d'Alméria ^ L'illustre savant Ei-Batalyauci - raconte qu'il avait entendu Abou Bekr Ibn Zolieïr prononcer ces paroles: « Tous les compositeurs d'odes ne sont que de petits garçons auprès d'Eïbada tel-Cazzaz; » observation qu'il avait faite en rencpnlrant par hasard une pièce dans laquelle celui-ci s'exprimait ainsi (en décrivant les charmes de sa bien-aimée): Une pleine lune, un soleil du matin, une tige (qui pousse) dans les sables, douce à sentir comme le musc: comme elle est parfaite! comme elle brille! comme elle est florissante! comme elle répand des parfums! Assurément celui qui (la) regarde en deviendra amoureux et ne l'obtiendra pas^.
Eïbada florissait dans les temps où chaque province de l'Espagne était régie par un souverain indépendant. On assure qu'aucun de ses conteinporains ne l'a dépassé dans la composition d'odes. Après lui vint en seconde ligne (Abou Bekr Mohammed) Ibn Arfâ Raçou, poëte en titre d'El-Mamoun Ibn Dhi'n-Noun, souverain de Tolède. On a beaucoup admiré la belle manière dont il tourna le commencement de l'ode [mowascheha] qui fit sa réputation. Voici le passage: Le luth a retenti de sons admirables, les ruisseaux ont arrosé les pelouses des jardins.
On admire aussi la fin de cette pièce, où il dit (à la bien-aimée): ' Abd Allah Ibn es-Cîd, surnommé el- Aalem el-Balalyauci [le savant de Badajoz), se distingua surtout comme grammairien et philologue. Cet auteur mourut à Valence, l'an 521 (1127 de J. C), laissant plusieurs ouvrages tant en prose qu'en vers.
' Je transcris ici le texte arabe de cette pièce, afin de meltre en évidence la versification que le poëte avait adoptée; Bedrotemm, cliomsdoha, gliosnneca, miskochcmm: Ma atemm, mu aoudelia, ma aoureca, ma ansem; La djercui. men lameba. cad aclieca, cad liorem.
Tu marches Hèrenient sans ' (nous) saluer; on te prendrait- pour Al-Manioun Yahya Ibn Dhi 'n-Noun, celui qui est l'effroi des escadrons (ennemis] '.
Ensuite, sous le gouvernement des Almoravides, une autre troupe p. 393. de poêles entra dans la lice et fit des choses admirables. Les chefs de cette troupe étaient Yahya Ibn Baki * et l'Aveugle de Tudèle [EI-Aama et-Tolcïli)^. Celui-ci a dit dans une de ses odes [mowascheha] dorées: Comment me consoler, quand les traces (du campement abandonné) inspirent la tristesse? La caravane est (maintenant) au milieu du désert et emporte les tendres vierges qui viennent de partir^.
On a entendu dire à plusieurs cheikhs qu'en Espagne les amateurs de ce genre de poésie racontent l'anecdote suivante: Plusieurs poètes se trouvaient dans une réunion à Séville. Chacun d'eux avait apporté une ode dont il avait soigné la composition autant que possible.
' Le verbe négatif (j<^ devint (jiJdfins le dialecte vulgaire des Espagnols.
' Il faut lire <^L,.c à la place de s-^L»*. La bonne leçon se trouve dans l'édition de Boulac, dans la traduction turque, dans la Vie de Liçan ed-Dtn d'Rl-Maccari, édition de Boulac, t. IlL p- "^-v, et dans le maiiuscril de cet ouvrage appartenant à la Bibliothèque impériale et portant le n° 769, ancien fonds. (Voy. fol. ga recto.) El-Maccaria reproduit dans son ouvrage plusieurs extraits du chapitre d'Ibn Khaldoun sur les odes et les chansons.
' Je donne ici la transcription du texte arabe de ces deux morceaux, pour le motif indiqué dans la note ci-dessus: El-aoud Cad terennem bi-abdâi tclhîn, Wa chekket el-mcdaneb rîad el-besatin.
Takhter wa llch teslem; Asak el-Mamoun Moraouwâ el-ketaïb Yahya ben dhi 'n-Noan } " Abou Bekr Yahya Ibn Baki, natif de Prolégomènes. — m.
Cordoue, fut un des poêles les plus gracieux que l'Espagne musulmane ait produits. Il vécut dans la misère, comme la plupart de ses confrères; les souverains almoravides étaient trop ignorants, ils méprisaient trop les belles-lettres pour donner des encouragements à des poètes dont ils comprenaient à peine la langue. On trouve dans l'ouvrage d'El-Maccari sur l'Espagne un assez grand nombre de pièces composées par Ibn Baki.
' Abou Djafer Ibn Horeïra el-Aamâ et- Toieili était, comme son ami, Ibn Baki, un véritable poète. El-Maccari nous a conservé plusieurs de ses pièces.
' Je transcris ici ce morceau; Kîfa Vsebîlou ila Sabrî, oua ti H-maalimî, Cad banou.
L'Aveugle de Tudèle s'avança pour faire entendre la sienne, qui était la célèbre ode dont les premiers mots sont: En riant, elle montre des perles; en se dévoilant, elle laisse voir une lune; le monde est trop étroit pour la contenir, et cependant elle se trouve renfermée dans mon cœur^ A peine eut-il prononcé ces lignes qu'lbn Baki déchira sa propre ode, et les autres poètes suivirent son exemple, El-Aalem el-Batalyauci rapporte qu'il avait entendu dire à Ibn Zohr^: « Les odes d'aucun poëte n'ont jamais excité ma jalousie, à l'exception d'une, composée par Ibn Baki. Quand je l'entendis pour la première fois, je ressentis vivement cette passion. En voici le commencement: Ne vois-tu pas Ahmad, dans la hauteur de sa gloire, sans rival! L'Occident l'a produit; montre-moi son pareil, pays de l'Orient! » Dans le siècle où ces deux poètes florissaient, il en parut un autre nommé Abou Bekr el-Abiad', dont les odes se distinguaient par un p. 393. style simple et naturel. Un autre de leurs contemporains fut le philosophe Abou Bekr Ibn Baddja*, auteur des airs [telhîn] qui sont si bien connus. Il y a une anecdote assez répandue que je veux rapporter ici: Ibn Baddja, se trouvant à une partie (de plaisir) chez son patron, Ibn Tîfelouît^, seigneur de Saragosse, remit à une des chanteuses appartenant à ce prince une ode qui commençait ainsi: ' Voici la transcription de ce morceau: Dhabek an djoman, safer an bedri, Dhac anho 'z-zeman, oua hawabo sadri.
" Ce personnage portait le surnom d'Abou '1-Rballab, et appartenait probablement à la même famille que le célèbre médecin Avenzoar (/in ZoAr).
Ce poëte se nommait Abou Bekr Mohammed Ibn elAnsari el-Abiad. Selon El-Maccari, il fut mis à mort par un certain Ez-Zobeïr, émir de Cordoue, qu'il avait attaqué dans ses vers.
'' Le célèbre philosophe Ibn Baddja [Avenpace] s'était distingué aussi comme poëte. Il mourut à Fez, l'an 533 (ii38- 1 139 de J. C).
' Ce sobriquet signifie a fils de la pouliclie. » C'est un mol arabe berbérisé. Celui à qui on l'avait donné était beau-frère du roi almoravide Ali Ibn Youçof et se nommait Abou Bekr Ibn Ibrahim. (Voy.l'Hijt. des musulmans d'Espagne de M. Dozy, t. IV, p. 262.)
Marche (avec fierté) en traînant ta robe partout où elle (ta bien-aimée) a traîné la sienne; et ajoute à l'ivresse (que ses charmes t'inspirent)' l'ivresse (qui provient du vin).
Le prince manifesta par ses gestes le plaisir que cet éloge lui causait. La pièce se terminait par ces vers: Dieu a préparé un drapeau toujours victorieux pour l'illustre émir Abou Bekr.
Lorsque ce telliùi frappa son oreille, il s'écria: « Oh! quelle jouissance! >• et déchira ses vêtements (tant il était ravi). «Tu as commencé admirablement, » dit-il, « et tuas fini de même. » Il fit alors un serment des plus solennels, en déclarant qu'Ibn Baddja ne rentrerait chez lui qu'en marchant sur de l'or. Le poëte, craignant que cela n'eût des conséquences graves, imagina un moyen d'éluder le serment et se fit mettre de l'or dans les souliers avant de s'en aller.
Abou '1-Khattab Ibn Zohr raconte ce qui suit: Dans une réunion qui se tenait chez Abou Bekr Ibn Zohr'^, on causait d'Abou Bekr el-Abiad, l'auteur de l'ode dont nous avons parlé. Un de ceux qui étaient présents ayant dit que ce poëte n'était pas très-fort, Ibn Zohr lui répondit en ces termes: « Comment! vous déprisez l'homme qui a composé ces vers: Je n'ai jamais eu du plaisir à boire du vin dans une prairie couverte de fleurs, à moins qu'(une beauté), dont la taille flexible se balance quand elle se retire au point du jour, n'eût rempli sa promesse, le soir, et ne m'eût dit, au matin: «Pourquoi le vin a-t-il souflîeté mes joues? que me veut le vent du nord?» Il P. Syi. soulïla, et devant lui se pencha ce tendron si bien proportionné, que j'avais enveloppé dans mon manteau^. (Elle est) un de ces êtres qui tuent les coeurs; elle marche en nous inspirant des soucis. Puissent ses œillades nous rejeter encore ' Pour U.» Usez *.v» avec les manus- du sultan almohadeYacoub el-Mansour et ' Deux membres de la famijle Zohr por- qu'il s'agit du premier dans le récit d'Ibn taient le surnom d'Abou Bekr: l'un était Klialdoun.
un savant jurisconsulte et mourut à Tala- ' Il faut lire «•Lsyl sans techdid et j.l vera l'an A23 (io3i de J. C. ); l'autre, qui en un seul mol. Dans le dixième vers s'était distingué comme médecin, gram- (p. 394, I. 7, du texte arabe), il faut lire mairien et poëte, fut attaché au service O^ à la place de (jtVgc.
54.
p. 395 dans le péché! Douces lèvres qui recouvrez ses dents, donnez du rafraîchissement à (un amant) qui brûle de soif, qui est épris d'amour et malade, qui ne trahira jamais ses promesses, et qui, dans tous les cas, ne cessera d'espérer que tu viendras le trouver, bien que tu lui montres de l'indifférence'. » Après ces poêles, et dans les premiers temps de ia dynastie almohade, parut Mohammed Ibn Abi '1-Fadl Ibn Chercf. — « J'ai reconnu, dit El-Hacen Ibn Doueïrîda"', le faire de Hatcm Ibn Saîd^ dans ce vers: Le convive enjoué et le vin, c'est la lune en conjonction avec le soleil. » (Citons aussi) Ibn Herdous*, qui a dit: 0 nuit de notre réunion et de mon bonheur I reviens, je t'en supplie!
(Et mentionnons) Ibn Mouhel, à qui nous devons ce morceau: Une fête ne consiste pas à porter une belle robe avec un manteau et à respirer des parfums; la véritable fête, c'est de se trouver avec la bien-aimée.
(Nommons) encore '^ Abou Ishac ed-Douîni ^. Ibn Saîd '' dit avoir entendu Abou '1-Hacen Selil Ibn Malek ^ raconter ce qui suit: J'en- ' Voici la transcription de ia première stance de cette pièce: Ma ledda lî clicrbou raiii Ala rîadi '1-akabî; Lou la hedîm el-oashahi, Ida 'nthenafi Vsebahi, Aufa '1-asîl, Adha igoul: Ma )il-chemonl Letemèt kbaddi Oua lil-ckemal.''
Habbèt fe-mal Ghosnou lidal Dommahou burdî.
' Ce personnage m'est inconnu.
' Je soupçonne que ce Hatem est celui auquel El-Maccari (t. II, p. i^t^v) donne le nom de Hatem, fils de Haleni Ibn Saîd.
et qui mourut en l'an ôgS (i igtii 197 de .I.C.)
' Je ne trouve aucun renseignement sur ce poêle ni sur celui dont le nom est mentionné un peu plus loin.
' L'auteur a sans doute emprunté à un ouvrage que nous ne connaissons pas, peutêtre le Mogkrih d'Ibn Saîd, les indications qu'il vient de donner. La majeure partie de celles qui suivent est empruntée à cet ouvrage.
' Ce personnage est inconnu.
' Ibn Saîd, le célèbre géograpiie, historien et littérateur, mourut en 685 (1286- 1287 ^^ ^- ^•)- * Selil Ibn Malek, littérateur d'une grande réputation, était natif de Grenade.
D'IBN KHALDOLN.
Irai une fois chez Ibn Zohr, qui était alors très-âgé, et je portais l'habillement de la campagne, parce que je demeurais dans ie château d'Estepa'. Comme il (Ibn Zohr) ne me connaissait pas, je m'assis au dernier rang de l'assemblée. Dans la suite de la conversation, je lus amené à réciter une ode de ma composition, dans laquelle se trouvaient ces vers: Le collyre clts ténèbres disparaît de l'œil de l'aurore, au maliii^. Le poignet du la rivière s'est entouré de manchettes vertes, formées par ses bords.
Quand Ibn Zohr eut entendu ces paroles, il tressaillit et me dit: « Est-ce vous qui avez fait cela.^. Je lui répondis: " Mettez-moi à l'épreuve! " — Qui ètes-vous.^» me dit-il. — « Un tel, » dis-je. " Montez à la première place, me dit-il, par Allah! je ne vous connaissais pas! » — Ibn Saîd dit: « A la tète de la troupe qui suivit immédiatement ceux-là se trouvait Abou Bekr Ibn Zohr, poète dont les odes se sont répandues tant en Orient qu'en Occident. » Il ajouta: « J'entendis dire à Abou '1-Hacen Sehl Ibn Malek qu'on avait demandé à Ibn Zohr quelle était l'ode de sa composition qu'il regardait comme la plus originale, et il répondit que c'était celle-ci: Pourquoi cet homme fou d'amour^ ne revient-il pas de son ivresse? Oh! comme il est ivre! Pouvons-nous ramener les (beaux) jours et les nuits (que nous avons passés) auprès du canal? Voilà qu'on aperçoit dans le zéphyr odorant le (parfum du] musc de Darîn *. Peu s'en faut que la beauté de ce lieu charmant ne nous donne une nouvelle vie! (Voici) un fleuve ombragé de beaux arbres dont les Nous avons de lui quelques vers composés, les uns à Ceuta, en l'an 58 1 ( 1 1 85-1 186 de J. C), et les autres à Grenade, en 637 (1239-1240 de J. C).
' Estepa est située dans la province de Séville.
' )1 faut lire «JjLo et ->.LwiJ!, à la place de «.Aiu et ^U-aJl.
' La forme de celte pièce est, en effet, très-originale, ainsi qu'on peut le voir dans la transcription suivante. Dans te petit poëme, comme dans presque toutes les odes, la prononciation est celle de la langue vulgaire.
Ma lil-mouleli min sokrou la ^ofîc ya lou sel^ranc! Hel tostaàd aïyamna bal-khaltdj oua lîalina.' Id yostafad min en-nesîm il-aridj mislto Darijia. Oua id yokad hosn el-mekan il-behldj an yoliyîna. Nehron atotich douli alîli anîc monrec fînane. Oua'l-mayedjri ouâîmeuagl>aric mindjena rlban.
* Darîn était un port de mer de la probranches sont chargées de feuillage, et l'on voit l'eau qui coule emporter sur sa surface ou dans son sein une récolte de (feuilles de) myrte ^ » P. 396. Après lui, le poëte le plus distingué fut Ibn Haiyoun, l'auteur de la chanson [zedjel) si bien connue qui commence ainsi: