Le christianisme est venu consacrer ce dogme, qui est infiniment naturel à l'homme, quoiqu'il paraisse difficile d'y arriver par le raisonnement.
Ainsi, il peut y avoir eu dans le cœur de Louis XVI, dans celui de la céleste Elisabeth, tel mouvement, telle acceptation capable de sauver la France.
On demande quelquefois à quoi servent ces austérités terribles, pratiquées par certains ordres religieux, et qui sont aussi des dévouements; autant vaudrait précisément demander à quoi sert le christianisme, puisqu'il repose tout entier sur ce même dogme agrandi, de l'innocence payant pour le crime.
L'autorité qui approuve ces ordres, choisit quelques hommes, et les isole du monde pour en faire des conducteurs.
Il n'y a que violence dans l'univers; mais nous sommes gâtés par la philosophie moderne, qui a dit que tout est bien, tandis que le mal a tout souillé, et que, dans un sens très-vrai, tout est (1) Piacalum omnis deonim ira». — Omnes minas pcriculaquc ab dits, superis infcrhque in se union vertiU Tit. l*T. VIII. 9 et 10.
SrR LA FRANCE. 4?
mal, puisque rien n'est à sa place. La note tonique du système de notre création ayant baissé, toutes les autres ont baissé proportionnellement, suivant les règles de l'harmonie. Tous les êtres gémissent (1) et tendent, avec effort et douleur, vers un autre ordre de choses.
Les spectateurs des grandes calamités humaines sont conduits surtout à ces tristes méditations; mais gardons-nous de perdre courage: il n'y a point de châtiment qui ne purifie; il n'y a point de désordre que I'amour éternel ne tourne contre le principe du mal. Il est doux, au milieu du renversement général, de pressentir les plans de la Divinité. Jamais nous ne verrons tout pendant notre voyage, et souvent nous nous tromperons; mais dans toutes les sciences possibles, excepté les sciences exactes, ne sommes-nous pas réduits à conjecturer? Et si nos conjectures sont plausibles, si elles ont pour elles l'analogie, si elles s'appuient sur des idées universelles, si surtout elles sont consolantes et propres à nous rendre meilleurs, que leur manque-t-il? Si elles ne sont pas vraies, (I) Saint Paul aux Romains, Vm. 22 et suiv.
Le système de la Pnlingéuéie de Charles Bonnet a quelques poiaU de contact avec ce texte de saint Paul; mais cette idée ne l'a pas conduit à celle d'une dégrade *-on antérieure: elles s'accordent cependant fort bien.
elles sont bonnes; ou plutôt, puisqu'elles sont bonnes, ne sont-elles pas vraies?
Après avoir envisagé la révolution française sous un point de vue purement moral, je tournerai mes conjectures sur la politique, sans oublier cependant l'objet principal de mon ouvrage.
6UR LA. FRANCE. 49 CHAPITRE IV, la république française peul-elle durer f Il vaudrait mieux faire cette autre question; La république peut- elle exister? On le suppose, mais c'est aller trop vite, et la question préalable semble très-fondée; car la nature et l'histoire se réunissent pour établir qu'une grande république indivisible est une chose impossible. Un petit nombre de républicains renfermés dans les murs d'une ville, peuvent sans doute avoir des millions de sujets: ce fut le cas de Rome; mais il ne peut exister une grande nation libre sous un gouvernement républicain. La chose est si claire d'elle-même, que la théorie pourrait se passer de l'expérience; mais l'expérience, qui décide toutes les questions en politique comme en physique, est ici parfaitement d'accord avec la théorie.
Qu'a-t-on pu dire aux Français pour les engager à croire à la république de vingt-quatre millions d'hommes? Deux choses seulement j SO CONSIDÉRATIONS 'i° Rien n'empêche qu'on ne voie ce qu'on n'a jamais vu; i° la découverte du système repré-^ sentatif rend possible pour nous ce qui ne l'était pas pour nos devanciers. Examinons la force de ces deux arguments.
Si l'on nous disait qu'un dé, jeté cent millions de fois, n'a jamais présenté, en se reposant, oue cinq nombres, 1, i, 3, 4 et 5, pourrions-nous croire que le 6 se trouve sur l'une des faces? Non, sans doute; et il nous serait démontré, comme si nous l'avions vu, qu'une des six faces est blanche, ou que l'un des nombres est répété.
Eh bien, parcourons l'histoire; nous y verrons ce qu'on appelle la Fortune, jetant le dé sans relâche depuis quatre mille ans: a-t-elle jamais amené grande république? Non. Donc ce nombre n'était point sur le dé.
Si le monde avait vu successivement de nouveaux gouvernements, nous n'aurions nul droit d'affirmer que telle ou telle forme est impossible, parce qu'on ne Fa jamais vue; mais il en est tout autrement: on a vu toujours la monarchie et quelquefois la république. Si l'on veut ensuite se jeter dans les sous-divisions, on peut appeler démocratie le gouvernement où la masse exerce la souveraineté, et aristocratie celui où la souveraineté appartient à un nombre plus ou moins restreint de familles privilégiées.
Et tout est dit, SUR L.\ FRANCE. Ol La comparaison du dé est donc parfaitement exacte: les mêmes nombres étant toujours sortis du cornet de la fortune, nous sommes autorisés, par la théorie des probabilités, à soutenir qu'il n'y en a pas d'autres.
JNe confondons point les essences des choses avec leurs modifications: les premières sont inaltérables et reviennent toujours; les secondes changent et varient un peu le spectacle, du moins pour la multitude; car tout œil exercé pénètre aisément l'habit variable dont l'éternelle nature s'enveloppe suivant les temps et les lieux.
Qu'y a-t-il, par exemple, de particulier et de nouveau dans les trois pouvoirs qui constituent le gouvernement d'Angleterre? les noms de Pairs et celui de Communes, la robe des Lords, etc. Mais les trois pouvoirs considérés d'une manière abstraite, se trouvent partout où se trouve la liberté sage et durable; on les trouve surtout à Sparte, où le gouvernement, avant Lycurgue, estoit toujours en branle, inclinant tantost à tyrannie, quand les roi/s y avoyent trop de puissance, et tantost à. confusion populaire, quand le commun peuple venoit à y usurper trop dauthorité. Mais Lycurgue mit entre deux le sénat, qui fut, ainsi que dit Platon, un contre-poids salutaire...et une forte barrière tenant les deux extrémités en égale balance, cl 5a CONSIDÉRATIONS 5a CONSIDÉRATIONS donnant pied ferme et asseuré à V estât de la chose publique, pour ce que les sénateurs...se rengeoyent aucune/ois du costédesroys tant que besoing estoit pour résister à la témérité' populaire: et au contraire aussi fortifioyenl aucune-* fois la partie du peuple à l encontre 4es roys > pour les garder qu'ils n'usurpassent une puissance tyrannique (i).
Ainsi, il n'y arien de nouveau, et la grande république est impossible, parce qu'il n'y a jamais eu de grande république.
Quant au système représentatif qu'on croit capable de résoudre le problème, je me sens entraîné dans une discrétion qu'on voudra bien me pardonner.
Commençons par remarquer que ce système n'est point du tout une découverte moderne, mais une production, ou, pour mieux dire, une pièce du gouvernement féodal, lorsqu'il fut parvenu à ce point de maturité et d'équilibre qui le rendit, à tout prendre, ce qi^on a vu de plus parfait dans l'univers (a).
L'autorité royale, ayant formé les communes, les appela dans les assemblées nationales; elles ne pouvaient y paraître que par leurs fl) Plutarqne, Vie de Lycurgue, traduct. d'Amjot. (2) Je ne crois pas qu'il y ait eu sur la terre de gouvernement si bien w.m'rç, etç, Montesquieu, Esprit des Iâ»s, ty» XI* cnap. VIII.
mandataires: de là le système représentatif.
Pour le dire en passant, il en fut de même du jugement parjurés. La hiérarchie des mouvances appelait les vassaux du même ordre dans la cour de leurs suzerains respectifs; de là naquit la maxime que tout homme devait être jugé par ses pairs (Pares curlîs) (i): maxime que les Anglais ont retenue dans toute sa latitude, et qu'ils ont fait suivre à sa cause génératrice; au lieu que les Français, moins tenaces, ou cédant peut-être à des circonstances invincibles, n'en ont pas tiré le même parti.
Il faudrait être bien incapable de pénétrer ce que Bacon appelait interiora rerum, pour imaginer que les hommes ont pu s'élever par un raisonnement antérieur à de pareilles institutions, et qu'elles peuvent être le fruit d'une délibération.
Au reste, la représentation nationale n'est point particulière à l'Angleterre: elle se trouve dans toutes les monarchies de l'Europe; mais elle est vivante dans la Grande-Bretagne; ailleurs, elle est morte ou elle dort; et il n'entre point dans le plan de ce petit ouvrage d'examiner si c'est pour le malheur de l'humanité qu'elle a été suspendue, et s'il conviendrait de (1) Voyez le litre de* Fiefs, à la suite du Droit Rwnair, $4 considérations se rapprocher des formes anciennes. Il suffit d'observer, d'après l'histoire, i° qu'en Angleterre, où la représentation nationale a obtenu et retenu plus de force que partout ailleurs, il n'en est pas question avant le milieu du treizième siècle (i) j a0 qu'elle ne fut point une invention, ni l'effet d'une délibération, ni le résultat de l'action du peuple usant de ses droits antiques; mais qu'un soldat ambitieux, pour satisfaire ses vues particulières, créa réellement la balance des trois pouvoirs après la bataille de Lewes, sans savoir ce qu'il faisait, comme il arrive toujours; 3° que non-seulement la convocation des communes dans le conseil national fut une concession du monarque, mais que, dans le principe, le roi nommait les représentants des provinces, cités et bourgs; 4° qu'après même que les communes se furent arrogé le droit de députer au parlement, pendant le voyage d'Edouard 1er en Palestine, elles y eurent seulement voix consultative; qu'elles présentaient leurs doléances comme les étatsgénéraux de France, et que la formule des con- (1) Les démocrates d'Angleterre ont tâché de remonter beaucoup plus haut les droits des communes, et ils ont vu le peuple jusque dans les fameux Wittenacemots; mais il a fallu abandonner de bonne grâce une thèse insoutenable. Hlme, tomeï. Append. I,pag. 144. Append. II, pag. 407. Edit. in-4°. London, Millar, 1762.
SUR LA. FRANCE. 5X SUR LA. FRANCE. 5X cessions émanant du trône ensuite de leurs pétitions, était constamment accordé par le roi et les seigneurs spirituels et temporels, aux humbles prières des communes; enfin, que la puissance co-législative attribuée à la chambre des communes, est encore bien jeune, puisqu'elle remonte à peine au milieu du quinzième siècle.
Si l'on entend donc par ce mot de représentation nationale, un certain nombre de représentants envoyés par certains hommes, pris dans certaines villes ou bourgs, en vertu d'une ancienne concession du souverain, il ne faut pas disputer sur les mots, ce gouvernement existe, et c'est celui d'Angleterre.
Mais si l'on veut que tout le peuple soil représenté, qu'il ne puisse l'être qu'en vertu d'un mandat (i), et que tout citoyen soit habile à donner ou à recevoir de ces mandats, à quelques exceptions près, physiquement et morale ment inévitables; et si l'on prétend encore joindre à un tel ordre de choses l'abolition df (1) On suppose assez souvent, par mauvaise foi ou par inattentk a que le mandataire seul peut être représentant: c'est une erreur. Totu les Jours, dans les tribunaux, l'enfant, le fou et l'absent sont représentés par des hommes qui ne tiennent leur mandat que de la loi: or le peuple réunit éminemment ces trois qualités; car il est toujours enfant, toujours fou et toujours absent. Pourquoi donc ses tuteurs ne pourraient-ils se passer de ces mandai*?
56 C0NS1DÉKATI0JSS 56 C0NS1DÉKATI0JSS toute distinction et fonction héréditaire, cette représentation est une chose qu'on n'a jamais vue, et qui ne réussira jamais.
On nous cite l'Amérique; je ne connais rien de si impatientant que les louanges décernées à cet enfant au maillot: laissez-le grandir.
Mais pour mettre toute la clarté possible dans cette discussion, il faut remarquer que les fauteurs de la république française ne sont pas tenus seulement de prouver que la représentation perfectionnée, comme disent les novateurs, est possible et bonne, mais encore que le peuple, par ce moyen, peut retenir sa souveraineté (comme ils disent encore) et former, dans sa totalité, une république. C'est le nœud de la question; car si la république est dans la capitale, et que le reste de la France soit sujet de la république, ce n'est pas le compte du peuple souverain.
La commission, chargée en dernier lieu de présenter un mode pour le renouvellement du tiers, porte le nombre des Français à trente millions. Accordons ce nombre, et supposons que la France garde ses conquêtes. Chaque année, aux termes de la constitution, deux cent cinquante personnes sortant du corps législatif seront remplacées par deux cent cinquante autres. Il s'ensuit que si les quinze millions de mâles que suppose cette population étaient SUR LA. FRANCE. 9f SUR LA. FRANCE. 9f immortels, "habiles à la représentation et nommés par ordre, invariablement, chaque Français viendrait exercer à son tour la souveraineté nationale tous les soixante mille ans (i).
Mais comme on ne laisse pas que de mourir de temps en temps dans un tel intervalle; que d'ailleurs on peut répéter les élections sur les mêmes tètes, et qu'une foule d'individus, de par la nature et le bon sens, seront toujours inhabiles à la représentation nationale, l'imagination est effrayée du nombre prodigieux de souverains condamnés à mourir sans avoir régné.
Rousseau a soutenu que la volonté nationale ne peut être déléguée; on est libre de dire oui et non, et de disputer mille ans sur ces questions de collège. Mais ce qu'il y a de sûr, c'est que le système représentatif exclut directement l'exercice de la souveraineté, surtout dans le système français, où les droits du peuple se bornent à nommer ceux qui nomment; où nonseulement il ne peut donner de mandats spéciaux à ses représentants, mais où la loi prend soin de briser toute relation entre eux et leurs provinces respectives, en les avertissant quils (1) Je ne tiens point compte des cinq places de Directeurs. A cet «gard, la chance est si petite, qu'elle peut être «oasidérée coiuiws •éro.
S* CONSIDÉRATIONS ne sont point envoyés par ceux qui les ont envoyés, mais parla nation; grand mot infiniment commode, parce qu'on en fait ce qu'on veut. En un mot, il n'est pas possible d'imaginer une législation mieux calculée pour anéantir les droits du peuple. Il avait donc bien raison, ce vil conspirateur jacobin, lorsqu'il disait rondement dans un interrogatoire judiciaire: Je crois le gouvernement actuel usurpa • teur de l'autorité, violateur de tous les droits du peuple qu'il a réduit au plus déplorable esclavage. Cest l'affreux système du bonheur dun petit nombre, fondé sur l'oppression de la masse. Le peuple est tellement emmuselé, tellement environné de chaînes par ce gouvernement aristocratique, qu'il lui devient plus difficile que jamais de les briser f,").
Eh! qu'importe à la nation le vain honneur de la représentation, dont elle se mêle si indirectement, et auquel des milliards d'individus ne parviendront jamais? la souveraineté et le gouvernement lui sont-ils moins étrangers?
Mais, dira-t-on, en rétorquant l'argument, qi^importe à la nation le vain honneur de la représentation, si le système reçu établit 1* liberté publique?
SXR LA. FRANCE. 5*3 Ce n'est pas de quoi il s'agit; la question n'est pas de savoir si le peuple français peut être libre par la constitution qu'on lui a donnée, mais s'il peut être souverain. On change la ouestion pour échapper au raisonnement. Commençons par exclure l'exercice de la souveraineté; insistons sur ce point fondamental, que le souverain sera toujours à Paris, et que tout ce fracas de représentation ne signifie rien; que ie peuple demeure parfaitement étranger au gouvernement; qu'il est plus sujet que dans la monarchie, et que les mots de grande république s'excluent comme ceux de cercle carré. Or, c'est ce qui est démontré arithmétiquement.
La question se réduit donc à savoir s'il est de l'intérêt du peuple français d'être sujet d'un directoire exécutif et de deux conseils institués suivant la constitution de 1795, plutôt que d'un roi régnant suivant les formes anciennes.
Il y a bien moins de difficulté à résoudre un problème qu'à le poser.
Il faut donc écarter ce mot de république, et ne parler que du gouvernement* Je n'examinerai point s'il est propre à faire le bonheur public; les Français le savent si bien! Voyons seulement si tel qu'il est, et de quelque manière qu'on le nomme, il est permis de croire à sa durée.
6i?» CONSIDÉRATIONS 6i?» CONSIDÉRATIONS Elevons-nous d'abord à la hauteur qui convient à l'être intelligent, et de ce point de vue élevé, considérons la source de ce gouvernement.
Le mal n'a rien de commun avec l'existence; il ne peut créer, puisque sa force est purement négative: Le mal est le schisme de l'être; il ri est pas vrai.
Or, ce qui distingue la révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l'histoire, c'est qu'elle est mauvaise radicalement; aucun élément de bien n'y soulage l'œil de l'observateur: c'est le plus haut degré de corruption connu; c'est la pure impureté.
Dans quelle page de l'histoire trouvera-t-on une aussi grande quantité de vices agissant à la fois sur le même théâtre? Quel assemblage épouvantable de bassesse et de cruauté! quelle profonde immoralité! quel oubli de toute pudeur!
La jeunesse de la liberté a des caractères si frappants, qu'il est impossible de s'y méprendre. A cette époque, l'amour de la pairie est une religion, et le respect pour les lois est une superstition: les caractères sont fortement prononcés, les mœurs sont austères: toutes les vertus brillent à la fois; les factions tournent au profit de la patrie, parce qu'on ne se dispute que l'honneur de la servir; tout, jusqu'au crime, porte l'empreinte de la grandeur.
SUR LA. FHA.XCE. Gl SUR LA. FHA.XCE. Gl Si l'on rapproche de ce tableau celui que nous offre la France, comment croire à la du- -ée d'une liberté qui commence par la gangrène? ou, pour parler plus exactement, comment croire que cette liberté puisse naître (car elle n'existe point encore) et que du sein de la corruption la plus dégoûtante puisse sortir cette forme de gouvernement qui se passe de vertus moins que toutes les autres? Lorsqu'on entend ces prétendus républicains parler de liberté et de vertu, on croit voir une courtisane fanée, jouant les airs d'une vierge avec une pudeur de carmin.
Un journal républicain nous a transmis l'anecdote suivante sur les mœurs de Paris. « On « plaidait devant le tribunal civil une cause de « séduction; une jeune fille de i4 ans étonnait « les juges par un degré de corruption qui le « disputait à la profonde immoralité de son « séducteur. Plus de la moitié de F auditoire était « composée de jeunes femmes et de jeunes fdles; à parmi celles-ci, plus de vingt ri avaient pas « i3 à t4 ans. Plusieurs étaient à côté de leurs « mères; et au lieu de se couvrir le visage, « elles riaient avec éclat aux détails nécessaires « mais dégoûtants qui faisaient rougir les Iiom* 6a CONSIDÉRATIONS Lecteur, rappelez-vous ce Romain qui, dans les beaux jours de Rome, fut puni pour avoir embrassé sa femme devant ses enfants. Faites le parallèle, et concluez.
La révolution française a parcouru, sans doute, une période dont tous les moments ne se ressemblent pas; cependant, son caractère général n'a jamais varié, et dans son berceau même elle prouva tout ce qu'elle devait être. C'était un certain délire inexplicable, une impétuosité aveugle, un mépris scandaleux de tout ce qu'il y a de respectable parmi les hommes; une atrocité d'un nouveau genre, qui plaisantait de ses forfaits; surtout une prostitution impudente du raisonnement et de tous les mots faits pour exprimer des idées de justice et de vertu.
Si l'on s'arrête en particulier sur les actes de la Convention nationale, il est difficile de rendre ce qu'on éprouve. Lorsque j'assiste par la pensée à l'époque de son rassemblement, je me sens transporté, comme le Barde sublime de l'Angleterre, dans un monde intellectuel; je vois l'ennemi du genre humain séant dans un manège et convoquant tous les esprits mauvais fkmsce nouveau Pandœmonium; j'entends distinctement il rauco suon délie tarlarce trombe; je vois tous les vices de la France accourir à l'appel, et je ne sais si j'écris une allégorie.
SUR LA. FRANCE. 63 SUR LA. FRANCE. 63 Et maintenant encore, voyez comment le crime sert de base à tout cet échafaudage répu« blicain; ce mot de citoyen qu'ils ont substitué aux formes antiques de la politesse, ils le tiennent des plus vils des humains; ce fut dans une de leurs orgies législatrices que des brigands inventèrent ce nouveau tilre. Le calendrier de la république, qui ne doit point seulement être envisagé par son côté ridicule, fut une conjuration contre le culte; leur ère date des plus grands forfaits qui aient déshonoré l'humanité: ils ne peuvent dater un acte sans se couvrir de honte, en rappelant la flétrissante origine d'un gouvernement dont les fêtes mêmes font pâlir.
Est-ce donc de celte fange sanglante que doit sortir un gouvernementdurable?Qu on ne nous objecte point les mœurs féroces et licencieuses des peuples barbares, qui sont cependant devenus ce que nous voyons. L'ignorance barbare a présidé, sans doute, à nombre d'établissements politiques; mais la barbarie savante, l'atrocité systématique, la corruption calculée, et surtout l'irréligion, n'ont jamais rien produit. La verdeur mène à la maturité; la pourriture ne mène à rien.
A-t-on vu, d'ailleurs, un gouvernement, et surtoutune constitution libre, commencer malgré les membres de Pétat, et se passer de leur assentiment? C'est cependant le phénomène que nous présenterait ce météore qu'on appelle république française, s'il pouvait durer. On croit ce gouvernement fort, parce qu'il est violent; mais la force diffère de la violence autant que de la faiblesse, et la manière étonnante dont il opère dans ce moment, fournit peut-être seule la démonstration qu'il ne peut opérer longtemps. Lia nation française ne veut point ce gouvernement; elle le souffre, elle y demeure soumise, ou parce qu'elle ne peut le secouer, ou parce qu'elle craint quelque chose de pire. La république ne repose que sur ces deux colonnes, qui n'ont rien de réel; on peut dire qu'elle porte en entier sur deux négations. Aussi, il est bien remarquable que les écrivains amis de la république ne s'attachent point à montrer la bonté de ce gouvernement: ils sentent bien que c'est le faible de la cuirasse: ils disent seulement, aussi hardiment qu'ils peuvent, qu'il est possible; et, passant légèrement sur cette thèse comme sur des charbons ardents, ils s'attachent uniquement à prouver aux Français qu'ils s'exposeraient aux plus grands maux, s'il* i revenaient à leur ancien gouvernement. C'esC sur ce chapitre qu^ls sont diserts; ils ne tarissent pas sur les inconvénients des révolutions. Si vous les pressiez, ils seraient gens à vous accorder que celle qui a créé le gouvernement actuel, fut un crime^ pourvu qu'on leur accorde SUR LA FBAJTCE. G5 SUR LA FBAJTCE. G5 qu'il n'en faut pas faire une nouvelle. Ils se mettent à genoux devant la nation française; ils la supplient de garder la république. On sent, dans tout ce qu'ils disent sur la stabilité du gouvernement, non la conviction de la raison, mais le rêve du désir.
Passons au grand anathème qui pèse sur la république.
CHAPITRE V.
De la révolution française considérée dans son caractère antireligieux; — Digression sur le christianisme.
Il y a dans la révolution française un caractère satanîque qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra.
Qu'on se rappelle les grandes séances, le discours de Robespierre contre le sacerdoce, l'apostasie solennelle des prêtres, la profanation des objets du culte, l'inauguration de la déesse Raison, et celte foule de scènes inouïes où les provinces tâchaient de surpasser Paris: tout cela sort du cercle ordinaire des crimes, et semble appartenir à un autre monde.
Et maintenant même que la révolution a beaucoup rétrogradé, les grands excès ont disparu, mais les principes subsistent. Les législateurs (pour me servir de leur terme) n'ont-ils pas prononcé ce mot isolé dans l'histoire: La nation ne salarie aucun culte? Quelques hommes de l'époque où nous vivons m'ont paru, StR LA FRAKCE. f)J StR LA FRAKCE. f)J dans certains moments, s'élever jusqu'à la haine pour la Divinité; mais cet affreux tour de force n'est pas nécessaire pour rendre inutiles les plus grands e-lbrts constituants: l'oubli seul du grand Etre (je ne dis pas le mépris) est un anathème irrévocable sur les ouvrages humains qui en sont flétris. Toutes les institutions imaginables reposent sur une idée religieuse, ou ne font que passer. Elles sont fortes et durables à mesure qu'elles sont divinisées, s'il est permis de s'exprimer ainsi. Non-seulement la raison humaine, ou ce qu'on appelle la philosophie, sans savoir ce qu'on dit, ne peut suppléer à ces bases qu'on appelle superstitieuses, toujours sans savoir ce qu'on dit; mais la philosophie est, au contraire, une puissance essentiellement désorganisatrice.
En un mot, l'homme ne peut représenter le Créateur qu'en se mettant en rapport avec lui. Insensés que nous sommes, si nous voulons qu'un miroir réfléchisse l'image du soleil, le tournons-nous vers la terre?
Ces réflexions s'adressent à tout le monde, au croyant comme au sceptique: c'est un fait que j'avance, et non une thèse. Qu'on rie des idées religieuses, ou qu'on les vénère, n'importe: elles ne forment pas moins, vraies ou fausses, la base unique de toutes les institutions durables.
Rousseau, l'homme du monde peut-être qui s'est le plus trompé, a cependant rencontré cette observation, sans avoir voulu en tirer les conséquences.
La loi judaïque y dit-il, toujours subsistante; celle de V enfant dlsmaël, qui depuis dix siècles régit la moitié du monde, annoncent encore aujourd'hui les grands hommes qui les ont dictées...I orgueilleuse philosophie ou l'aveugle esprit de parti ne voit en eux que d'heureux imposteurs^ i ).
Il ne tenait qu'à lui de conclure, au lieu de nous parler de ce grand et puissant génie qui préside aux établissements durables (2): comme si cette poésie expliquait quelque chose!
Lorsqu'on réfléchit sur des faits attestés par l'histoire entière; lorsqu'on envisage que, dans la chaîne des établissements humains, depuis ces grandes institutions qui sont des époques du monde, jusqu'à la plus petite organisation sociale, depuis l'empire jusqu'à la confrérie, tous ont une base divine, et que la puissance humaine, toutes les fois qu'elle s'est isolée, n'a pu donner à ses œuvres qu'une existence fausse et passagère: que penserons-nous du nouvel édifice français et de la puissance qui l'a pro- (1) Contrat *ocial, Ut. Il, chap. VII, («) Ibid.
duit? Pour moi, je ne croirai jamais à la fécondité du néant.
Ce serait une chose curieuse d'approfondir successivement nos institutions européennes, et de montrer comment elles sont toutes christianisées; comment la religion, se mêlant à tout, anime et soutient tout. Les passions humaines ont beau souiller, dénaturer même les créations primitives; si le principe est divin, c'en est assez pour leur donner une durée prodigieuse. Entre mille exemples, on peut citer celui des ordres militaires. Certainement on ne manquera point aux membres qui les composent, en affirmant que l'objet religieux n'est peut-être pas le premier dont ils s'occupent: n'importe, ils subsistent, et cette durée est un prodige. Combien d'esprits superficiels rient de cet amalgame si étrange d'un moine et d'un soldat! Il vaudrait mieux s'extasier sur cette force cachée, par laquelle ces ordres ont percé les siècles, comprimé des puissances formidables, et résisté à des chocs qui nous étonnent encore dans l'histoire. Or, cette force, c'est le nom sur lequel ces institutions reposent; car rien xi est que par celui qui est. Au milieu du bouleversement général dont nous sommes témoins, le défaut d'éducation fixe surtout l'œil inquiet des amis de l'ordre. Plus d'une fois on les a entendus dire qu'il faudrait rétablir les Je- 70 coffsïr>ÉRATiows 70 coffsïr>ÉRATiows suites. Je ne discute point ici le mérite de l'ordre; mais ce vœu ne suppose pas des réflexions bien profondes. Ne dirait-on pas que saint Ignace est là prêt à servir nos vues? Si l'ordre est détruit, quelque frère cuisinier peut-être pourrait le rétablir par le même esprit qui le créa; mais tous les souverains de l'univers n'y réussiraient pas.
11 est une loi divine aussi certaine, aussi palpable que les lois du mouvement.
Toutes les fois qu'un homme se met, suivant ses forces, en rapport avec le Créateur, et qu'il produit une institution quelconque au nom de la Divinité; quelle que soit d'ailleurs sa faiblesse individuelle, son ignorance, sa pauvreté, l'obscurité de sa naissance, en un mot, son dénûment absolu de tous les moyens humains, il participe en quelque manière à la toute-puissance, dont il s'est fait l'instrument; il produit des œuvres dont la force et la durée étonnent la raison.
Je supplie tout lecteur attentif de vouloir bien regarder autour de lui; jusque dans les moindres objets, il trouvera la démonstration de ces grandes vérités. 11 n'est pas nécessaire de remonter au fils d'Ismaël, à Lycurgue, à Numa, à Moïse, dont les législations furent toutes religieuses; une fête populaire, une danse rustique, suffisent à l'observateur. Il verra dans quelques pays protestants certains rassemblements, certaines réjouissances populaires, qui n'ont plus de causes apparentes, et qui tiennent à des usages catholiques absolument oubliés. Ces sortes de fêtes n'ont en elles-mêmes rien de moral, rien de respectable: n'importe; elles tiennent, quoique de très-loin, à des idées religieuses; c'en est assez pour les perpétuer. Trois siècles n'ont pu les faire oublier.
Mais vous, maîtres de la terre! princes, rois, empereurs, puissantes majestés, invincibles conquérants! essayez seulement d'amener le peuple un tel jour de chaque année, dans un endroit marqué, pour y danser. Je vous demande peu, mais j'ose vous donner le défi solennel d'y réussir, tandis que le plus humble missionnaire y parviendra, et se fera obéir deux mille ans après sa mort. Chaque année, au nom de Saint Jean, de Saint Martin, de Saint Benoît, etc., le peuple se rassemble autour d'un temple rustique: il arrive, animé d'une allégresse bruyante et cependant innocente. La religion sanctifie la joie, et la joie embellit la religion: il oublie ses peines; il pense, en se retirant, aplaisir qu'il aura l'année suivante au mêmejour, et ce jour pour lui est une date (1.)
(1) Ludis publias...popularem lœtitium in cantu et fidibus et libiit modérant?, abfyi cru civrii hoxou jcscoto. Cic. De Leg. II. 9.
J2 CONSIDERATIONS A côté de ce tableau, placez celui des maîtres de la France, qu'une révolution inouïe a revêtus de tous les pouvoirs, et qui ne peuvent organiser une simple fête. Ils prodiguent l'or, ils appellent tous les arts à leur secours, et le citoyen reste chez lui, ou ne se rend h l'appel que pour rire des ordonnateurs. Ecoutez le dépit de l'impuissance! écoutez ces paroles mémorables d'un de ces députés du peuple, parlant au corps législatif dans une séance du mois de janvier 1796: « Quoi donc! s'écriait-il, des « hommes étrangers à nos mœurs, à nos usa- « ges, seraient parvenus à établir des fêtes ri a dicules pour des événements inconnus, en « l'honneur d'hommes dont l'existence est un « problème! Quoi! ils auront pu obtenir l'ema ploi de fonds immenses, pour répéter chaque « jour, avec une triste monotonie, des céré-« monies insignifiantes et souvent absurdes! « et les hommes qui ont renversé la Bastille et « le Trône, les hommes qui ont vaincu FEu-« rope, ne réussiront pointa conserver, par des « fêles nationales, le souvenir des grands évé-« nemen ts qui immortalisen t notre révolution!»
O délire! ô profondeur de la faiblesse humaine! Législateurs, méditez ce grand aveu; il vous apprend ce que vous êtes et ce que vous pouvez.
Maintenant, que nous faut-il de plus pour juger le système français? Si sa nullité n'est pas claire, il n'y a rien de certain dans l'univers.
Je suis si persuadé des vérités que je défends, que lorsque je considère l'affaiblissement général des principes moraux, la divergence des opinions, l'ébranlement des souverainetés qui manquent de base,l'immensitéde nosbesoinsetl'inanité de nos moyens, il me semble que tout vrai philosophe doit opter entre ces deux hypothèses, ou qu'il vase former une nouvelle religion, ou que le christianisme sera rajeuni de quelque manière extraordinaire. C'est entre ces deux suppositions qu'il faut choisir, suivant le parti qu'on a pris sur la vérité du christianisme.
Cette conjecture ne sera repoussée dédaigneusement que par ces hommes à courte vue, qui ne croient possible que ce qu'ils voient. Quel homme de l'antiquité eût pu prévoir le christianisme? et quel homme étranger à cette religion eût pu, dans ses commencements, en prévoir les succès? Comment savons-nous qu'une grande révolution morale n'est pas commencée? Pline, comme il est prouvé par sa fameuse lettre, n'avait pas la moindre idée de ce géant dont il ne voyait que l'enfance.
Mais quelle foule d'idées viennent m'assaillir dans ce moment, et m'élèvent aux plus hautes contemplations!
L\ GÉn^HATioir présente est témoin de l'un des plus grands spectacles qui jamais ait occupé l'œil humain: c'est le combat à outrance du christianisme et du philosophisme. La lice est ouverte, les deux ennemis sont aux prises, et l'univers regarde.
On voit, comme dans Homère, le père des Dieux et des hommes soulevant les balances qui pèsent les deux grands intérêts; bientôt l'un des bassins va descendre.
Pour l'homme prévenu, et dont le cœur surtout a convaincu la tête, les événements ne prouvent rien; le parti étant pris irrévocablement en oui ou en non, l'observation et le raisonnement sont également inutiles. Mais vous tous, nom-; mes de bonne foi, qui niez ou qui doutez, peutêtre que cette grande époque du christianisme fixera vos irrésolutions. Depuis dix-huit siècles, il règne sur une grande partie du monde et particulièrement sur la portion la plus éclairée du globe. Cette religion ne s'arrête pas même à cette époque antique: arrivée à son fondateur, elle se noue à un autre ordre de choses, aune religion typique qui l'a précédée. L'une ne peut être vraie sans que l'autre le soit; l'une se vante de promettre ce que l'autre se vante de tenir; en sorte que celle-ci, par un enchaînement qui est un fait visible, remonte à l'origine du monde.
FIXE NAQUIT EE JOUR QUE NAQUIRENT LES JOURS.
11 n'y a pas d'exemple d'une telle durée; et, à s'en tenir même au christianisme, aucune institution, dans l'univers, ne peut lui être opposée. C'est pour chicaner qu'on lui compare d'autres religions: plusieurs caractères frappants excluent toute comparaison; ce n'est pas ici le lieu de les détailler: un mot seulement p et c'est assez. Qu'on nous montre une autre re<' ligion fondée sur des faits miraculeux et révélant des dogmes incompréhensibles, crue pendant dix-huit siècles par une grande partie du genre humain, et défendue d'âge en âge par le» premiers hommes du temps, depuis Origène jusqu'à Pascal, malgré les derniers efforts d'une secte ennemie, qui n'a cessé de rugir depuis Celse jusqu'à Condorcet.
Chose admirable! lorsqu'on réfléchit sin cette grande institution, l'hypothèse la plusnaturelle, celle que toutes les vraisemblances environnent, c'est celle d'un établissement divin. Si l'œuvre est humain, il n'y a plus moyen d'en expliquer le succès: en excluant le prodige, on le ramène.
Toutes les nations, dit-on, ont pris du cuivre pour de l'or. Fort bien: mais ce cuivre a-t-il élé jeté dans le creuset européen, et soumis, pendant dix-huit siècles, à noire chimie observatrice? ou, s'il a subi cette épreuve, s'en est-il tiré à son honneur? Newton crovait à ?6 CONSIDÉRÀTIOIFS l'incarnation; mais Platon, je pense, croyait peu à la naissance merveilleuse de Bacchus.
Le christianisme a été prêché par des ignorants et cru par des savants, et c'est en quoi U ne ressemble à rien de connu.
Déplus, il s'est tiré de toutes les épreuves. On dit que la persécution est un vent qui nourrit et propage la flamme du fanatisme. Soit: Dioclétien favorisa le christianisme; mais, dans cette supposition, Constantin devait l'étouffer, et c'est ce qui n'est pas arrivé. 11 a résisté à tout, à la paix, à la guerre, aux échafauds, aux triomphes, aux poignards, aux délices, à l'orgueil, à l'humiliation, à la pauvreté, à l'opulence, à la nuit du moyen âge et au grand jour des siècles de Léon X et de Louis XIV. Un empereur tout -puissant et maître de la plus grande partie du monde connu épuisa jadis contre lui toutes les ressources de son génie; il n'oublia rien pour relever les dogmes anciens; il les associa habilement aux idées platoniques, qui étaient à la mode. Cachant la rage qui l'animait sous le masque d'une tolérance purement extérieure, il employa contre le culte ennemi les armes auxquelles nul ouvrage humain n'a résisté: il le livra au ridicule; il appauvrit le sacerdoce pour le faire mépriser^ il le priva de tous les appuis que l'homme peut donner à ses œuvres; diffamations, cabales, SUR LA. FRANCE. 7} injustice, oppression, ridicule, force et adresse, tout fut inutile; le Galiléen l'emporta sur Julien le philosophe.