n'a jamais exposé au grand jour d'aussi indécentes bouffonneries, des parades plus scandaleusement impies. EJn tête de la procession marchaient des bandes de musiciens et de danseurs, tous déguisés. Des nègres et des sambos 1 se {puent un réal pour jouer leur rôle dans cette faince religieuse. L'église les affuble des vêtei^^^,^? burlesques; elle les habille en pi^mfs^^^r^ 1 ^^ e n be?iêts ou en d'autres c^a^è|jes,d^ ip^e genre ^ et leur downe, pour Sfeoq^iâr T 1^ ^gp|^, 4 e. W WYftte masques de toutes couleurs. Les quarante ou cinquante dansp^M^iéntdes gestes et des contorsions d' une cynique impudence, agaçaient les négresses et adressaient toutes sortes de propos obscènes. G^tes^i*.se m^^ de lés masques. C'était ^pêlgf]^ d^ cda, des rires convulsifs, et duquel je détournai? la vue avec dégoût. Après les danseurs s& J garnie de perles; elle avait des diamants sur la tête, au cou et aux des races indienne et nègre>, m mains. Vingt cm treUte Uêgres porta teht cette Vierge, deïrièf e laquelle marchait dé tout lé clergé. Ensuite ^ftlâiÙ^^^ofK^ de toiiè les côtrvèinits, qui Se rassemblent ce jôur-là pour marcher ensemble dam là sainte promenade. Les autorités términâiétitflâi ftér'ôffieîelleque suivait saàs tôdre la masse du pétale riant, criant et n'étant Hen moins qù? en priê/eô.
Ces fêfôs et la titi^ fout le bonheur deè faaMa^^PM^^Jë^MÉ qu'il soit de longtemps possible d#%pirttÊ»ls# tetiï ciilte. • î; >- c - A ^mht^mum Le sôir, ùû réprésenta m ^j^têm^mm placé ï4& la iBé^^ bien de n'àvoit* pu me pré^ui?è^ lé œâhu&^f t dë cêdtfamè religieux: si puk jugèr ^ar le pètt qùè j'en ai mi et entend® ^ii^bll^^A-àttif ^èi^ d'8pprdehe£ dé la scëti# léS |*SSÏ^^flâ^Ssi étaient privés par de^ ftiariiés ^ti ^eiip^; J ^ui aÉéndMènt là depai* M ^kss^^^^à^ÈiÊlt^ paur lavoir un pet#%diu ^ mais je n'avais été témoin de tant d'enthousiasmé. Avec Taide des messieu^ dôï&pàgtiâîéat, je parvins à toonter sur uhë bWfte, êt> de mon piédestal, je viê tout à môà aise lë magiâifi^uè taMëau qu'offrait la £lâce s Où avait élevé, sous le porche dé l'église > unè ëspêce de théâtre âu mo^n de plafrëhes pèâéèfc sur defe tonneaux > qUëlqUes décoctions éffi 8 - pruntées au théâtre de la villé formaient ïà sçèm, qiîe quatfë ou fciîiq quiuquets étaient censés éclairer; tiââié les rayôtié argentés dë îà lime suppléaient à TécôUômie dés entrèpreâWy 'f*ft-§ %ôus lé beau ciél d*Aréquipâ, la ltoe i'épàtid de briHântês clartés. C'était éhosè nëuvé pour tobi^ enfant du iïx e ^iêclè, arrivant éë ^âîto^iè tef^é^tttatàdn d'utt tayStèrte p&ê Wa» lè po*èhë d'uiïë églfeë, eu présènète #uM fôtd# iniitiëîièé de f èïijplè | mai* le spec*-tacl^fplêBâ d'ëU^ignétoéfits, ^Mit là brutalité, lèS ^êtëMmt& ^ jîèùf>lëf là stiipidé xv* siècle on représentait, avec une grande pompe, à la salle du Palais de Justice, pour l'édification du bon peuple de Paris > représentation à laquelle yiqto^ Hug^ iipu$ feift assister dans sa Notre - Dame. A l'aide de quelques mots saisis au vol, de quelques explications qui me furent données par les initiés des cottlisses, et, enfin, par la pantomime des acteurs, je réussis à comprendre l'ensemble, imh Les Chrétiens vont, sur la terre de l'islamisme, combattre les Turcs et les Saçmpnf, pour les ramener à la vraie foi. J Les Musulmans se défendent avec opiniâtreté: ils /OWt, pour eux, ravan^age,du n^ les, rChré-. tiens font le signe de Ja croix & et | ^pat pas moins succomber, quand j im^rnna t a Vierge, donnant le bras à sato acœmpagnée d'une longue suite de; jeunes filles des cieux, arrive dans l'armée chrétienne; Cette céleste apparition ranime l'e^ Chrétien»: aussitôt ils se ruenll sua é$§ ifer sulmans en criant: M^rfe^i^^ ion est belle; car «eux-ci^ pétrifié^ i sç^lent avoir oublié l'usage de leurs ârBtes*| çt^leur . étonnement est assez motivé par la ym dt cette foule de jolies filles, de toutes les >ni|^Qes de couleurs, la tête ceinte d'une auréole de papier jaune > se mêlant parmi lès soldats. Les Musulmans craignent dé blesser ces houris du paradis, et il y à, ce me semble i déloyauté de là part des Chrétiens à profiter de cette circonstance pour leur tomber dessus. Bref, le sultan et l'empereur des Sarrasins sont battus et dépouillés, avec outrage, des insignes de leur pouvoir* Dans cet état de dénuement ils préfèrent être rois chrétiens que monarques détrônés, implorent la miséricorde dé madame la Vierge, et se font baptiser ainsi que tous leurs soldats. Je crus m'apercevoir que la gloire de cette grande conversion appartenait beaucoup plus aux compagnes de 4a sain te Vierge qu'aux soldats de son fils. Quoi qu'il en soit, la Vierge parait enchantée de cette conversion en masse; elle fait beaucoup de politesses au sultan et à l'empereur; nomme le premier patriarche* de Constantinople et le second archiprêtre de Mauritanie, en leur conservant leur pouvoir temporel. L'un et l'autre jurent, sur le crucifix^ qu'on apporte dans un plat d'argent, dé Mra$>ayer annuellement là dîme au clergé catholique dans leurs vastes ffàtsi et le dénier de saint Pierre au pape de Romé. Sûr le sigrtal donné par la sainte Vierge, le eh<El*r des jeunes filles chante des hymnes, des cantiques auxquels répondent, de leur^ grosses voix et à tue-tête, les soldats turcs ^ chrétiens et sarrasins- Ensuite m m met à houspiller les Juifs, qui se trouvent en grand nombre dans l'armée musulmane, pu ils spnt accourus de toutes parts pou* acheter les dépouillés des Chrétiens: comme ils ne veulent pas se conver-^ tir, les Chrétiens et les* nouveaux convertis lés battent, prennent leur argent, s'emparent de leurs vêtements en leur donnant des haillons en échange. Cfcs scènes burlesques* teent coi*- vertes d'applaudissements. Fuis, après, recommencent lès cantiques, pendant qu'on ôteh à l'empereur et au sultan leurs costumes impî^s, et que la Vierge les revêt, eé grande f éi^mdrnie; des habillements sacerdotaux de leurs nouvêles dignités. Alors Jésus-Christ arpvé^ veï$nt att devant de sa mère, et accompagné de ^int Mathieu f il donne sa hénédiettonr aiM d#ix armées eonfbndtiesv On dresse une table autour dte laquelle Trient t^s^^>?fp#i^ chiquement r J^^Clwrkfe^ la sainte ptetg^f ^t Joseph, $aintiï^ y a treize couverts, et un Juiï, pour profiter du dîner, se glisse furtivement à la treizième place, restée inoccupée* Jésus a rompu le pain jet fait passer sa coupe au^x^ vives, quand on s'aper;- çoit de!a fraude. Aussitôt le Juif est arraché de sa place et pendu ^du moins son effigie) par te soldats* Cependant le dîner continue^ et l'attention est captivée par l'action de Jésus-Ghrisf* qui > renouvelant Je miracle des noces deCanay change l'eau en vin de$ Canaries: à la vérité, mt négrillon, caché sous la table? substitue assez adroitement au vase d'eau irai autre rempli de vin. Pendant le repas, le chœur des i vierge$ chanté seul des hymnes. C'est ainsi çpmmà ter? mina la farce donfc je viens, imparfaiteiaaëntisans doute, de crayonner ^esquisse* ^ 1 ii.-Le peuple? était dans l'ivresse y il battait des * mains, sautait de joia et criait dç toute s^ fops: Wve Jésusr^lhrist! vive k sainte ^tèrge î rim uotm u^^smm don Itm! nwe xwtm ^^m% rissime le pape! ¥iva! viva! mijf%ài4. %<> i Xl'est |>ar de pareife moyens qiiê les f feuplfâ dfcl^ffli^i^ préjugés. Le ^l^É a aidé à la révolulion r mai« flpii^ gpas entenrihpfifiiidfeï leypoûwi: > at MiM Dona Carmen, dont la passion pour le^ spectacles de toute nature est telle, qu'elle serait de force à aller, dans la même soirée^ vair crwîi--fier Jesus-Ghrkt, représentation ^qpu'oa donne dans les églises d^Amérique pendant la semaine sainte, ensuite au théâtre admirer les danseu rs de corde, puis aux combats de coq^> naa^ clierç cousine, tout en regardant dédaigneusement la populace qui se trouvait réunie k plae^ # la Mercede, n'en avait pas mollis pris m kmm part du plaisir qaéprouvait la multitude à voir manœuvrer la Vierge et ses soldats * mais elle se garda bien de nous l'avouer. Elle critiqua hautement cette bêtise, et fut, au fond, très contrariée que j'en eusse' été témoin.? r m Les Français qui étaient avec nous à la re*- présentation du Mystère se contentèrent de s'en moquer, d'en rire, et n' en iimëmt autrement afleetès. Autan^^ seule qui revins tout attristée de ce spectacle Je me suis toujours vivement iiitéressée a^^|i!% être des sociétés au milieu desquelles le dèstiri mV transportée, et, je ressentais un^f^^l^ gMn de l^toutosséiaeitf 4e ce peuple^ Sç^^piiT bferir, me ^ais^e^ ^ dans lé? coixrf>m^ avaient voulu réellement organiser une république, ils aura ient cherché à faire éclore, par l'instruction, les vertus civiques jusque dans les dernières classes de la société • mais cotnme lé pouvoir, et non la liberté, ést le but de cette foulé d'intrigants qui se succèdent à[4a direction des affaire*, ils icoiitiniïènt llfieuvrfe du dèspo? tisme, et, pour s'assuterj <1& ^Obéissance du peuple^ qu'ils exploitent y ils s'associent aux prêtres pour le maintenir dans tous les préjugés de la superstition. Ge pays > déchiré par + vingt die guerre dëj^OitàMtf, dans la classe qui, par sa fortune, occupe le premier rang, l'espoir d'un meilleur avenir §Mm n'y r^icèntrê que la plus orgueilleuse présomption, jbîtffë'^lb' "fïlttB' vp^pfbâdé ignorance^ ét tiii langage de forfanterie dont sourit dc pitié le dernier matelot éiiropéehV II y a, sans doute, parmi les#éruviéns> des exceptions à faire, mais ces personnes situation de ^éûr s.
t être la misère, qui sracerùfr tous les joins, fera-t-elle naître Tamour du travail ét les vertus Sociales qui en découlent; pèut^être encore la ï¥ovtdenee ^teeiterà^elle à ce peuplé urt bomuife au briè de fer qui le mènera à la liberté comme Bolivar avait commencé à lè faiif è.
Chaque dimanche / il féllaii que, délies dit* heures dii mâtin % je fusse eu grande toilette «tous le salon pour recevoir des visites jusqu'à trois heures > moment où l'on se mettait à table pour dîàérj et^ ensuite, depuis cinq hetirels jusqtfà onze taures; d«" «éîr^-iiamiïw^ jfe m'ai $t*4e corvée plus 'fatigaiMv^^d^tiies' y tenaient Montrer Ifeur parure^ lesiftouiraés pâr désœuvrement, et tous poiMieut > sur leur physionomie, l'expression d*iïn enuui t^iroaiieEfo (foïame lé f&ys u'ofire aucune rassiàreë pour alimenter les causeries, il en résulte que la èori vexation est réduit à médire de rïiw^^é fitotft? kfa?- ter He ia^stuté ou de la température. L'ennui rend curieux; il qué tous mis ^i^leiÉfsî enraient ibîea ^dtsÉ* ^^tt^tfe je ne m %n croyais ta] de mes affaires, pas même ma cousine, là peç-* sonne avec laquelle j'avais le plus d'aha^dtei^ Le 28 octobre, M, Vïôllier, Français employé dans lâ maison de M. Le Brte> vint m*annoncêt> l'arrivée du Meùcwàih à lslay> m' infbrifaant qu'il s'y rendait sur-le-champ, et serait de retoùr le lendemain ou le jour suivant avec M, Chabrié, qui voulait venir à Aréqujpa. ©ëpuis mofl dépari de Valparai$o> j'avais à peine hasardé d'arrêter ma pensée sur M. ^Chabrié, Son amduïy auquel je né pouvais répondre, la promessw qu'il Savait arrachée ët quèje savais ne p$u* voir tenir, pesaient sur ftioft cœuïv Je craigti^ d'en envisagé les suites: j'en ressentais uné dbUlèu* si profonde, quë, n'osatit m'aVôuer qUë Chabrié existait encore, j'auràfc pt^f ue dëâiïè qu'une môrt funeste me |)èrffiît de verset sur lui de douces larmes. Combien de fois, la tmily lôrs<pe le semineil fuyait mes paupières, avaii^k fait de vâinfr efforts pour assoupir pa mâoàôirl -t ravissants d'amour et de repos m 'apparaissaient dans tout leur charme; un pouvoir invisible semblait en réaliser la peinture pour exciter mes regrets: alors se renouvelaient en moi les combats que j'avais éprouvés à Valparaiso. L'intérêt personnel luttait avec opiniâtreté contre les inspirations généreuses; un esprit de ténèbres et un ange agitaient mon ame; mais la puissance eéleste l'emportait toujôurs.
Quand M, Viollier m'annonça cette nouvelle, je devins rouge et tremblante, puis après tellement pâle, qu'il ne put s'empêcher de me demander si j'en étais contrariée. — Non du tout, lui disrje; j'aime beaucoup ce brave capitaine. Il e$t un peu brusque | mais il m'a témoigné tant d'intérêt pendant mes cinq mois de souffrances, que je lui suis sincèrement attachée. Malgré rémotion que je ne pouvais, catçher, M. Viollier n'eut aucun soupçon: personne, en effet, n'aurait pu croire que je songeasse à M. Châbrié, et que je consentisse à passer par dessus les énormes défauts de sou caractère, en faveur des qualités de son cœur.
La nuit et le jour suivants, mon agitation fut extrême, rinvoqiiais Dieu, car je sentais faiblir mon courage. M. Chahrié ne vint pas le lendemain, j'eus donc une nuit et un jour de plus pour raffermir ma résolution et me préparer à le recevoir. Le samedi, vers huit heures du soir, comme jetais à me promener dans le salon de ma cousine, tout en causant philosophie avec elle, selon notre habitude, je vis entrer Ghabrié!...Il vint à moi, me prit les mains, qu'il serra et baisa avec tendresse, tandis que de grosses larmes tombaient dessus à gouttes précipitées. Heureusement qu'il faisait nuit: ma cousine, placée à r^xtréinité du salon, pouvait voir ses gestes, mais non ses pleurs. Je l'emmenai à mon appartement: là il fut incapable de contenir sa joie, et, chez lui, la joie, comme la douleur, se manifestait par des larmes. Il était assis prés de moi, me serrait les mains, jetait sa tête sur mes genoux, touchait mes cheveux et répétait avec un accent d'amour qui faisait vibrer jusqu'à ma dernière fibre?
— Oh! ma Flora! ma chère Flora! je vous re vois 4onc errfm! Mon; Dieu, que j'avais soif M vous voir! Ma chérie, parlez-moi, je vèuit en-: tendre votre voix. Pites-onoi que vous^aimez i que je m suis pas la dupe d'un songe. Oh! diles-le-moi, lafesez-rooi l'entendre!
touffe!...Et moi je tie pouvais réspirer. Une ehàîttfc de fer me serrait la poitrine. Jfe prisais èk tête contre moi, ïnais ne pouvais trouver titté ^ rôle à lui dire.
Noms restâmes longtemps ainsi fasciaés l'Un par l'autre, en muette contemplatiftnw Étïibi«ië; ie premier, rompit le silence, cé fut p^àât Aë dire -Et vous, Flora > Vous ne pleuHz pààîrvi Cette question me fit sentir que Chabrië m pourrait jamais comprendre l'étendue ^di^ÉÉeS sentiments. Mon silence, mon <Ëxprèsëiëtf p&fitf* valent mon autour bien plus ëloquemïnëïaÉ que mes larmes...Son àme m -«înait âtttoiîî^^ pouvait m'aimêt; mais, hélaSî ëllë iétè^^aÉi la mienne. Je soupfrai doul^^ sai ttvec amertume qu'il ne m'avait pas étë réservé de rencontrer sur lr terre sympathie avec eèlle quejè sentais pouvoir donner en échange* - ■:rfrj.îv=/^>^;v Nous ne restâmes pis %fijg^ • M. VioUier vint chercher Chàbriêi qui habita chez M. Le Bris pendant les Six J<Éii <p~tl fut à Aréquipa. Tous les dëûx se retirèrent; ils étàiènt excédés 4e fïitigae* afÉM fâit l^^èy^ à tout» bride. M.
vaient pu les suivre, étaient restés àCônptà; lie lendemain dimanche > je ne pus dire uit mot à M. Chabrié; je fus continuellement entourée de monde jusqu'à minuit. Le lundi, il vitit iné voir; je le laissai m'exposer $jes projets? e-ëtaient leé mêmes qu'à Vaiptoaiso^Il désirait ie plus que je Fépousassë de suite r afin qu'on fi&t bien convaincu qu'il se mariait avec moi pm mmmr, puisqu'il le faisait avant qufe je n'eusse aucun espoir du côté de mon oncle, Jé Savais pas prévu cétte nouvelle fexigence, elle augmentait l'embarras de ma position: je m savais que lui dire, et j 'étais tourmentée à per-r Le soir, voulant éviter de me trouver seule avec lui % je le conduisis dans une maison où l'on faisait de la musique * il chanta, par con^ai^ saluée pour moi; mais sa mau*|aise humeur fut telle > que toat le moïïde sjen aperotit. Le mpdi> il vint iri'âfeeabier de reprochés de lui avoir ainsi fait perdre une soirée* lorsque nous avions à p^pe asse^ de temps pour nous oiii^p^r à& nos affaire». Les frais du Mexicain s'élevaient chaque jour à A fQ^u i 20 fraft^ dont Ghabrié lettre, en mé priant de rên^apr Ghabrië tout de suite ^ et ce dernier me déclarait fcpfiolr lement qu'il ne partirait point que notre mariage ne fût fait* De ma vie je ne m'étais trouvée dans une position aussi cruelle que celle où me mettait l'obstination de Chabrié. Je lui dis tout ce que je pus imaginer pour lui faire entendre raison; il répondait à tout ce perpétuel refrain: — Si vous m'aimez, donnez-m'en la preuve; si vous êtes heureuse de l'union que je vous propose, pourquoi la retarder? Je vais être encore forcé de vous quitter; mon état m'expose à périr à chaque instant, peut-être ne vous reverrai~je jamais; pourquoi donc ne pas profiter de la vie pendant que nous en jouissons encore?...On peut bien croire qu'en cette circonstance j'usai de toute mon influence sur Chabrié; afin ,de lui foire sentir qu'il y allait de notre intérêt^ de notre bonheur, d'attendre, avant de conclure ce-mariage, qu'il eût terminé ses affaires et moi les miennes. Mais je ne sais quel démon s'était emparé de -son esprit; mes paroles, mes prières, mes plus vives instances restèrent sans succès. Chabrié avait été cruellement tro^péï à plusieurs reprises y ^ m était devenu - défiât $ de plus, la jalousie le privait de la faculté d$ foisonner.: • ^>:iï mmMhâm- '.
Je passai la nuit du mercredi au jeudi dans une perplexité des plus pénibles, non quë j'hésitasse à sacrifier au bonheur de Chabrié l'affection qu'il m'inspirait; mais j'étais embarrassée et inquiète de savoir quelle raison je lui donnerrais pour motiver mon refus de l'épouser, J'a^-vais la ferme conviction qu'en lui disant la vérité il s'en saisirait a vec empressement y et y verrait un motif de plus pour hâter noti é union, afin dé pouvoir me protéger et m'assurer un repos dont j'avais tant besoin. A bord j'avais pensé autrement; j^avais cru que, si je lui apprenais que j'étais mariée, je l'éloignerais de moi, et peut-être qu'alors celte révélation eût produit cétéfiïét; depuis, sort amour avait pris sur lui un empire qui dominait tout son être. Ghabrié respectait les préjugés, puisque, pour les braver, il rne proposait de vivre hors dé France; religieux observateur des lois dans tout ce qui regarde la propriété, il croyait bien qu? il leur appartenait de régler la possession des choses * niais né leur accordait pas le pouvoir d'asservir lès inclinations du cœur; et; loin de son pays, il aurait égalemeiïtl j'en suis convaincue,î se# W*M le joug dé cette tyranÉie. Si^e mé trompais dans cette supposition, si mon mariage eût i été un obstacle qu'il n'eût pas osé franefeb, je ne pouvais, dans ce cas, le lui confier sans compromettre un secret qu'il m'importait de ne pas divulguer; car son indignation contre moi} lui avoir fait accroire que j'étais demoiselle, n'aurait pas connu de bornes, comme plus tard j'en ai eu la preuve.
L'idée qu'en acceptant l'amour de Ghabrié j'allais le réduire à la misère 4t &m regret&4^ nels d'avoir quitté son pays, sa -famille» pôW m relégua avec moi sur les eofeés de la Galilbrqie, cette idée me rendit tout mou ^outlage ^ chercher dans ma tête un moyen de lè détacher de moi à jamais. Je le connaissais intégre et daine rigouneuse probité, je conçus la pensée de l'attaquer sur ce point. Ah! il mm falM l'aide de Dieu dans k poursuite d^un eution dépassait toute ibrce humaine; e^ entrer prenant de foire neaonieérCîfeîirié à sort amou^ je courais le risque de pendre aussi son êstiw, son estime et son amour qui; depuis huit mois, aidaient été les seules et douces consolation^ de mon ame. Eh bien! \mm m wm^^èMMm^ seul a ^eempris l'étendue de mon sacrifie^ > j ^le»4§mam, lui doniierais une réponse dé* fïpitive.
^- Quelle est dpnc votre détermination? me dit-il, en entrant, avec l'expressive émotion d'un homme impatient de connaître son sqj#, — Ma détermination, monsieur Charrié, la, vpipi; §i vous m'aimez jutant quç vous WP 1>a *- surez, donnez-m'en la preuve eu s^FYMit comme je vais vous l'indiquer: Vous savez que mon acte de baptême pe.* suffit pas pour me foire ^connaître comme enr? font légitime^ il me faut un autre acte qui constate le mariage de ma mère avec mon père; si je ue puis le produire, je ne dois p&s compter sur une piastre, mon oncle ne p\e" #Q^era mm* Eh bien! vous pouvez m<? dmvm m $iMip^ Çfe^ge^vous de me Mm Mm cet acte 4© mariage pay quelque lieux; missionnaire de l^C&lb fernie; cm )iantidatera*, et pour cent piastre nous aurons un million. Telle est, Charrié > 1$; mndftioï» dont je fais dépendre: mon amour et ma main. -r,/ hserait & enu frapper dàu^a eoai^^ Je me promenais de long en large dàns la chambre, évitant de rencontrer ses regards, souffrant mille morts de la douleur atroce que je causais à un homme que j'aimais de la plus tendre affection. Enfin il me dit avec l'accent d'une profonde indignation: — Ainsi, lorsque je veux vous épouser sans fortune, dans la position où vous êtes, avec un enfant; lorsque je suis prêt à vous sacrifie* tout, tout...,, vous mettez des conditions à votre amour...Et quelles conditions!...- — Monsieur Chabrié, est-ce que vous hésiteriez?
Hésiter, mademoiselle; ôh! non i téM cpïe ce vietix cœur battra dans ma poitrine, je n'hésiterai jamais entre l'honneur et l'infamie. ^ Où donc est l'infamie de ma proposition, lorsque je vous demande, monsieur, de m!ai~ der à me faire rendre ce qui m Appartient en toute équité? ^ J ^ mt — Je nk suis pas juge de vos droits. Vous voulez faire *dë moi un instrument, me faire servir à vos projete d^mbit^ vous répondez à mon amour..., ^ a |i¥ — - Si vous m^iïïiiez> monsieur Çhàbii^ ne balanceriez pas instant à me rendre le service que je vous demande, et vous me le refu- SeZ.
— Mais, Flora, ma chère Flora, êtès^vous bien éveillée? La fièvre ne brûlé-t^-eïle pas votre cerveau g? L'ambition vous fait-elle tout oublier? Eh quoi! vous exigez que je me déshonoré! Ah! Flora, je vous aime assez pour vous sacrifier ma vie: avec vous, je ^ sère, je la souffrirais sans me plaindre; fnais ne me demandez point de m; avilir, car, jpar l'amour que j'ai pour vous, jë n'y consentirai jamais.; - Cette réponse de Chabrié était telle que je l'attendais! Avec un pareil homniè, j'auràis pu vivre dans le fond d'un désert ét ^^Sil^âë^ffls^ ments délectables. Que de dëlicatèssë! que d'àmour! Je sentis encore mes forcëé^^ un dernier effort, et, prenant un ton ironiqlié et âpre, je continuai la conversation de manière à torturer 1 ùn amouj^ro^ë que £Èi|i ^^ôpïb^î^-tion avait déjà blessé si ^^è^h^^W^^i^' tion de Ghabrié devint telle > qtfil M^cdâbla d^ r^oches^les plus amers? des malédictions 1^ plus ai^ emportement, à la viôlence de la douleur que lui causait dette dernièra déeepti^ / moment qu'il allait se porter à quelque voie de fiait contre moi.
Enfin H se retira, et moi je tombai épuisée; ce (ni h 4ermèrte îéiç que jéi teltisU qç qu^lkavflît d|OTmisemblpl^ pou^iè espérer que Chabrié la prît au sérieux. i-fkmm se rencontrer quelque chance de réussir dans un pareil dessein. Si Chabrié ayait eu assez de sang-froid pour y réfléchir seulement dis minutes, il se serait aisément convaincu que ce n'était de ma part qu'un subterfuge, un prétexte pour rofaipre; mais il êtkiî û violeintàéfit agité, que là râisbn tt'eiit aucun accès chez lui» Ma proposition blessait profondément son amourpropre ^ aussi allait-il me répétant: « VoUs me mettez des conditions! à md^Chàbrié! qui n'en ai jamais subi de personne; vùûs vôtilèà faire de moi un instrument au service de vota^ ambition! Lorsque je veux vous épouse? çans rien / après tant de preuves de mon entier dé* vouement, vou^mm'ateîitpië itatéï^î:.^>l La pensée d'avoir été ^''dàj^^'iMftmt cela lui était arrivé de plusieurs autres femmes, le réndiifbu; la jalousie, l'orgueil le dominèrent, et la violence de sa douleur l'emporta; c'est ainsi que, lorsque nous agissons sous Fifi— fluenee d'une passion quelconque, nous sommes exposés à devenir dupes, Don seulement des autres, mais encore de nous-mêmes. f 1 « A mademoiselle Flora de Tristan, à Aréquipa.
« Mademoiselle, to^ours^^ vous allez rester seul? ^.malheureuse après 4'amour vrai et dévoué que.yoUs., venez, de perdre.,. Je n ^ai pas î>esbinaè vous" âir^tout ce liUe vôtre ^oiman^ conduite^ à poignant, ^âffré^x |K>Ur Mioi. JéVoûs quitte pour toujours.. i Ah! Flora, je ne souliaite pas que vous compreniez ce jujil f figfe douleur jiacs ce j^Qtt6ujp^J 9 ^ «Gommé les faibles services, que je pourrais vou$ - ^r^^r^m^n^ i%^trm"fU^m-'->M ~*^W'(m--&n*>* rendre n'auront lieu que dans le cas où il vous arriverait vÊê événement fiji^ie, je ne touf fes om^ ^iiÉais ^ je wu^^ soit ^a^m^s-. fille trouvera en «uoi atr ^ qui lui « Adieu!...,.. adieu pour toujours!, ^ê^tti îëtïifë, d&ttt là lect^ tae ffit éprouver çbé: de «^fttf^lï^i?^^ lui inspirais; ' de cohmmfétê heum^ peùt^trè; car, avella bonté de son coeur, un intérieur de famille et des enfants pouvaient suffire à son bonheur. J'éprouvai un grand soulagement à mes maux lorsque je fus assurée que l'avenir d'un homme qtie j'aimais réellement n'était plus enchaîné à ina cruelle destinée. Je lui avais recommandé ma fille; j'étais persuadée qu'il veillerait Sur elle si je venais à mourir, et cette assurance me donnait une grande sécurité. Qh! qu'on ne s'étonne pas de ne rencontrer qu'un si petit nombre de gens vertueux dans cette circonstance, que pour être vertueux, il faut une force plus que surhumaine!.
rupture le maiptiarepfc dans les mêmes dispositions. Six semaines après son départ d'Aréquipa, il quitta Lima pôur àllèf en Californie, et jrn'eus |>ius de àès nouvelles que lors de son retour éû France, ou je Tarais précédé de trois Je vais placer, sous les yeux;du lecteur, un petit nombre de passages des lettres cje M. Da-? Md e^e ^ parlé dans le cours dp ma narration: ces extraits de correspondance serviront de complément à la peinture que j'en ai faite.
« A mademoiselle Flora de Tristan, à Ai équipa.
Islay, Sfc4 octobre i&33.
« Je né saurais y pus dire, mademoiselle, combien yotre lettre m'a fait de peine. J'avais, d'après des rapports infidèles, cru que votre réception avait été plus favorable,. que votre position -, votre avenir étaient plus riants;. j 'avais même été assez loin, èn idée, pour anticiper déjà votre retour en Europe lorsque le courrier est arrivé et a dissipé une des dernières illusions que je m'étais faites; car^ vous ne l'ignorez pas, mademoiselle, ce n'est pas impunément que Ton a partagé avec vous les beaux jours des tropiques et les sombres nuits du cap Bcirn, ce voyage, tout triste, tout ennuyeux qu'il a été, a encore,' vu sous plus d'un aspect, son beau côté, et, pour moi, les moments de bonne humeur que je vous ai surpris, ainsi que vos aimables conversations, lorsque les nausées du mai de mer étaient passées, m^ont laissé aussi un grand vide; et rarement je vais dans votre chambre, que j'occupe maintenant, s^ans évoquer Pombre de celle gui l'a habitée. Me rappelant de vous, je ne puis séparer du souvenir la crainte du présent, et dors je suis fâché, très fâcl^é dç vous avoir connue, puisque mes souhaits sont stériles, e^ que^ tout e^ désirant votre bonheur, je"ne puis même rentr^voir, Jetais Jéger^ di^ siez-vous, lorsque je jugeais qu'il n*y avait pas de vertu sur cette terre inhospitalière; cependant le jugement que je portais était fondé..., v; i 0 l..
« Vous aviez pensé sagement qu'on pourrait cocker à savoir quelques circonstances de votre existence, dë Vos relations et de vos projets; Dés questions en apparence dictées par l'intérêt qu'offre une jeune daine voyageuse m'ont été^adiressëe^^Bii!« f qttë^à^répbndti;à vWeWàÉ^» gage* c'est dire que j'ai simplement lu quelques pages 4e votre histoire. Gomme jene fais {pas l'hoïinettr àU3t hà-Citants de les abhorrer, mais seulement de léi mépriser, je, n'ai pas cru devoir répondre â des dernandes dënt lé seîi^n'était que trop clair. On à vu qu'on ne gagnait rien, dès lors yotre éloge a couru de bouche en bouche. Ceci $st encore une leçon, car à quoi ressemble un éloge, lorsqu'il n'est précédé d'aucune action connue qui puisse lui donner naissance? Ces courtes conversations, ces phrases détournées dpi vent plus que jamais vous fortir.
dans f |a résolution que vous avez prise de marcher avec prudence. Il n'y a peut-être pa^ de pay^ aH ittoade où elle soit plus nécessaire, et où il faille conserver un visage plu$ égal; Jià, peut-être, tiiaîi^èrë^c^ de talent; car, si je me le rappelle bien, le joli front et les beaux yeux qui exprimaient ce que 1§ cœur sentait pourront oiffi^ leur est étrangère et qui ést pendant si utile.
« Le jugement des honimes ësttou^ mais lès femmes, tout en jurant par. le grand Dieu que. vous êtes charmante pincent leurs lèpres ^ c'est i^com--. mencement de civiHsation*^^^^-^^^^^^t- « H m'est bien pénible de terminer auss^ vit^: un entrer £en que j^aime^ visites féminines qui pleuvent à bord du ifef^am privé, de son cuisinier' m'arrachent au peu de loi^ r Robert avait déserté à Cobija pour passer au service du pré* siu 4?^ Sànt^ Valparaiso, promettais. Je termine en vous assurant de remplir le plus tôt et le mieux possible vos intentions, non comme pour une bonne et charmante sœur, ce qui me serait difficile, n'ayant jamais eu le bonheur d'en avoir une, mais comme pour une personne que j'aime autant que je respecte et dont l'amitié me rend orgueilleux.
« Don Justo est une pauvre bête: je ne suis pas étonné que votre voyage ait été si sottement conduit: J't>se croire que, si nou$ eussions été ici, vous eussiez eu moins d'inconvéments à passer.
« M. Briet a reçu votre lettre, en a été touché, et vous répondra par le courrier. Vous rappelez-vous^ mademoiselle, que vous me disiez: « Tant de mauvaise humeur que vous soyez, je vous ferais revenir sur-le-champ si je voulais. m'en donner la peine. >> Eh bien! oui, et moi, et bien d'autres...Du droit qu'un esprit vaste et ferme - en ses desseins A sur l'esprit grossier des vulgaires humains.
« Telle est la distance que je me plais à reconnaître.
. Du droit qu'un esprit vaste et ferme - en ses desseins A sur l'esprit grossier des vulgaires humains.
« Telle est la distance que je me plais à reconnaître.
« Agréez, mademoiselle, etc.
<* A. David. » Deuxième lettre.
u Toute pénible qm soit l'idée de juger en mal, il le faut souvent; et, inâJ^re ime fr^ au contraire, j'ai fini par être assuré ^ue c'était h base la plus sure ) et que sur celle-là seulement il fallait s'apr puyer; J'ai reconnu avec épouvante* dans le temps où je pensais à une fin sérieuse, que, de ^us les points dtt globe, auçun^était si dépourvu des éléments qui constituent le boijieur intérieur que celui-ci, et quoiqu'il m'en ait coûté bien des peines et des pertes, je bénis le jour où j'ai été tou^ et mes conséquences générales avaient, comme vous vous en êtes convaincue, des antécédents: elles ne se présentent aujourd'hui qu'avec; puis de forée, depuis que je sais que vous êtes à même d'éprouver, sous, des fouines différentes, des désagréments et des souffrances semblables ^ux miens. Je regrette bien vivement et du plus profond du cœur, que ja* eaçrière aventureuse m'éloigne de vous, mademoiselle, et, des lieux où j'eusse pu, peut-être, vous être utile à quelque chose, Totre dernière lettre m'a fait connue ce que je n'avais pas éprxmvé depuis bien du temps \ et j'ai senti que tout sentiment vif n'é T tait pas éteint en moi, puisque.peine d'autrui m'était si amère. Je dois vous Remercier de la? nouvelle opinion que je vous ai en quelque sorte soustraite* Quelquefois je puis être meilleur que mes paroles; mais, en général, ina conduite est à l'unisson. Trop d'années passées dans l'absence de tous les liens aimables m'ont rendu bien froid, bien égoïste, et peutrètre que le malheur seul a des droits â ma sympathie. Je ne vous l'ai pas caché, mademoiselle, reçue à bras ouverts, réintégrée dans vos droits paternels, l'aimable et bonne passagère du Mexicain n'eût été pour moi qu'une passagère: triste, abandon^ iiée^elle est devenue une véritable sœur, une tendre amie à Joëlle je trouve une douceur bien grande de pouvoir confier aussi des chagrins et le$ craintes de Ta T venir. Pour un^borntftë y il é&istê des consolations dans des occupations fc^