SigPhi · Flora Tristan

Pérégrinations d'une paria, tome I

French

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les pleurs et lés regrets! Le pôitage est $i triste, que je m'estimerais bien heureux de ppuvpir? conittle véritable ami, prendre la partie la plus pesante des chagrins qui vods accablent; «mis ma position s'y refuse, et, tout en vous plaignant, tout en vous admirant / je n'ai • comme âutrëfoisy que dès^conséils vôm fen^eiè.

« Toujours même langage ici touchant Vëirmgère, sa fortune promise et sa résidence plumée; C'est vous dirOj trëp bonne et trop créàule ^ confier k v&titë onière, et ^'asër plus que jamais de précaution. Je ne me fais pas plus d? illusion rnaintenant qu'avant votre arrivée* Je crains po^ difficultés -, de là mauvaise foi e| peut-être spoliation presque entière de votre héritage paternel. Çe sont les véritables maux que vous avez à combattre, dont j^ut-êtie beaucoup de persévérance et de la fermeté vous feront triom^ pher; mais, auparavant, que de chagrins, c|ue de souffrances qjue de larmes!,.* Je vous plains, et vous plains d'autant plus que je «ë puis vdus être d'aucun secours; imlle^lteties^nfrfr^ vfta&^teèsÉançe WWï goût éteint que j'avais pour le bejwï, le bon, et dorénavant cette ville ne peut ni'offrir d'autre intérêt que celui des affaires qui m'y retiennent. Tout ici a changé de couleur çt de figure i je crois rêver quand je revois mes anciens camarades et niés passagères connaissantes du pays* Jl est probable que je passerai encore cleûx ou trois ans, au?Pér$u^ ou, pour mieux dire^ en Amérique, et je. vous assure que je ne puis penser à ce sacrifice, qui n'en était pas un en sortant de France, sans trembler. Peut-être que les mçeur& patriarcales de la Californie me réconcilieront avec £exil: et.la solitude.

«Notre avenir n'est point ànpus, comme on l'a dit; il dépend de teut^quelqueï^ vôtre, mademoiselle, n'est guère plus riant que le mien: même peine demande même remède; remettons à l'appliquer au retour en France, et la y si vous l'exigez encore, jé dirai adieu, mot affreux lorsqu'on aime bien, délicieux lorsqu'on quitte dœ importuns, <Je& ennuyeux, dés Péruviens infini...»>; v,, Je n'avais nul besoin d'un témoignage de nlus pour conserver mes premières et constantes impressions sur le Pérou et l'Amérique en général, Cliacun, 4ans ce monde, a la prétention se croire meilleur que son voisin: moi, sans fatuité et sans orgueil aucun, crois que je puis pousser cette prétention aussi loin, que qui que ce soit jamais venu à Lima, l'assurerais à mon grand regret, que, jamais avant y lés idées de fausseté et de duplicité n'étaient entrées dans ma tête, et que sûrement mes pertes continuelles en commerce en étaient la suite. Depuis que, dans la bienheureuse Lima, j'ai été chaque jour en butte à tout ce que la bassesse, le mensonge et la lâcheté ont de plus hideux, mës idées ont changé, et dés ce temps je, ne puifr ^ véritables beaux jours, parce que j? ai perdu de cé qui lès fait, ces beaux jours, une opinion favorable' de nos semblables. Quand vous m'avez entendu fronder en Àf istarque nos répubUcains,' nos commerçants (classe dont je fais, hélas! partie) et tant d'autres, je né le faisais qu'à contre-cœur; car enfin, en perdant ]?io^ dti bien, on est toujours dans le vague, on craint de s'arrêter, de parler, d^épancher son cœur on croit toujours rencontrer un faux a, mi, un marchand fripon, un militaire lâche, enfin toujours le contraire du l)ien. Cette connais^ sai^ce est triste: quand on la possède, onn'a plus d'illusions, et, sans illusions, la vie n'a plus de soleil. Eh bien! tout ce savoir si nécessaire pour bien gouverner sa barcjue dans ce mondé, c'est à Lima que je l'ai acquis; aussi, en récompense, ai-je su apprécier ses faabitants, et ai-je pu vous mettre en garde contre leurs attaques en grand.

« Tout en poursuivant la carrière du commerce, je lfadiborrey^ ce qui peut me plaire, que, sans la force dé rengagement qui me lie à Ghabrié et sa^#li cram mois le fruit de pïiisiëùrs années dë travaux, j'aurais déjà abandonné iinè tàr^ïneîifpus^ quë Faiidei%0^^ yceuifen iait ië for pas entreprendre d'opération en grand qui pourrait entraîner notre ruine, et de se contenter de venir me retrouver, simple capitaine, et laissant le titre solennel, trop chèrement acheté, d'armateur. C'est le commencement, la to 'çÇ^tPïliPH^^fe-'^"^ toutes mes longues lettres; S'il ne dépendait que de moi, je voudrais y dès aujourd'hui, dire adieu à tout genre de trafic, non pas dans des principes,, d'aristocratie, mais seulement d'honnêteté; car, sans, parler des mensonges à la journée, on est obligé dé voir et de faire en commerce des choses licites suivant là loi,; niais bien repoussées par un cœur droit. Voilà le point où j'en suis, ma bonne sœur, satisfait comme toujours àvec lien sous le rapport de la fortune, et misérable au delà de l'imagination, par suite de mon séjour indéfini au plus indigne heu (^çxil. ^ * « A. David. » Lettre de M. Briet.

Islay, a5 octobre i833.

« Ma^emoise^^, « J'ai reçu votre aimable avec infiniment de plaisir, et m'empresse de vous en témoigner ma reconnaissance, en vous c^surapt, que in^ mtention^ pour objeft ^jenii vouloir à une aussi aimable personne que!

^XÏfcWÀ' 1% pelite poue en question, avec franchise je vpjis -^ai ^ tentions * que Xqù doit à une passagère aussi accomplie que i-espectftbte, c'est que j'ai aussi cru quelles vous étaient aussi inutiles qu'à charge, et comme mon caractère est de ne gêner personne, j? aî ^ris le parti éd silence convenable, je irans ^ à « Je vous suis reconnaissant de l'intérêt que vous prenez à nos affaires x et vous prie de croire que j*af>prôndrai toujours avec infiniment de plaisir de vos nouvelles ainsi que votre heureux retour en France, faisant les voeux les plus sincères pour la réussite de vos projets dans ce pays.;,: -J.-;^":u^,: > no m *sjo, «Agréez mes salutations respectueuses c « L. Bhiet. », I * uon 30sé mè cliafge de le rkppëler à yotre en vous désirant bonheur et fortunel >> ^ 4 4 v * '; Lettre de M* de Casteltac, « Mademoiselle Flora de Tristan y Moscosô.

« HffM chère ét bonne ^bbïflpiE^cItife-j;:"' rf:i TUT ML* IVÎiota semis votre aimaM&lettre un ^ér^tatli; car j'avais été à Brajjabanba voir un liwlade: Vous me mai'- » quez que votre santé s'est rétablie, et que.vous commence* à vous habituer dans ce nouveau paysi Je siiis-^imént charmé que vous preniez une bonne dose de phïfosbphie pqHG calmer ^$t%i#3*^^ p crois que le volcan d'Àréquipa yiendra tôt OU tard rén chauffer votre imaginatiou vagaboiHle, et que vous fini* par prendre ce pays en liQrrear.uILfe»^ charmante et aimable Flora, oublier, si vous voulez être heureuse * les illusions et les plaisirs de notre belle France. C'est fort difficile, il est vrai; mais, enfin, ne serait-ce que pour quelques années. Vous me marquez que vos affaires restent dans le statu quo: je désire que M. votre oncle vous apprécie et vous traite^comme^ vous le méritez.

« Je suis ici très bien: mes affaires vont de Favant, Dieu veuille que cela continue. J'ai été nommé chirurgien d'un régiment sans aucune obligation; c'est à dire que, s'il venait à partir d'ici, je ne suis aucunement forcé de le suivre. J'aur^ |^ Communiquez-moi vos projets, ce que vous comptez fiure^^ué saVëâs et vous devez croire ^er^onnè ne prend plus d'intérêt à vous que moi. f^^^ë^^'k^ heureuse et contente. Vous savez combien je vous aime, et tout ce qui vous touche de près m'intéresse péut-4*re plus ique vous. Tâche* ®èm àitt^è m^é^màm versf mm ôhelè $ cèlà voùs sera Ç votïs Fêtes naturellement. Les environ* de Cuzco sont charmants: tempérament dé ces pays. Nous avons les fruits d^ûrbpé! et d'Amérique. Chaque pays a un climat différent. €letlë capitaîe^st triste et sale; mais il n'y pleut pas tant comme c^flit^yiM^ été iirès ■ bienrG^ttvOh a^nr îîioi les plus glandes attentions. Ifts q*MuM4b^^ jgl * Je désire de tout mon cœur que ce griffon» âge vous trouve en benjie santé* ^ « Votre affectionné compatriote, ca%:oj$|^^ et tout mon désir est de vous servir en tout ce qui me sera possible, Ne doutez point de ma sincérité.

« Y otre plus sincère ami, <* F. MlOTA. » M. Miota et son cousin mtémâ <pi«?e jours à Aréquipa; ils partirent ensuite pôur le Guzco, où lé docteur de Castellac élait arrivé depuis JIIÉ^wisier e& te ^ lè général Miller dans son ^rçgei^ prendre r^i^^ le général Miller parte luî-teêâïë très mal le français et pas mieux Féspagnol.

M. Crévoisîer est le type du Français d'avant la révolution; sa politesse recherchée;, sa gaîté, son ton léger et badin, son bon cœur, sa mauvaise tête/ toute sa personne enfin, ainsi que ses manières, retracent parfaitement ce qu'étaient nosf ^ajads^pêresj fixais;; Mti$ ééttè frivole envdoppe du. siède passé,; M- eréVQïsier pos~ %ddt(> fes 5 ^Qttiitieèn fearjplns^ ei^mifeielletf aiix Sommes réunis en société; c'est l'être le plus l$fà% le pïife f fetôrïë^ y n le plus iponctuel ^e j'aie jâftitfis i^tie^réi^ jotiîly 4^tkf#tfKW/^'& mm^V^ oiît Waès patriote, i\ m' çn témoignait toute sa sarti^Caçtion par son inépuisable gaîtë^ -et je dois dire* cpie, jïehdàîrt son séjoùr à Métjùipà ^jé ne m%nhiïyâi pas un seul instaiit. II feUut enfin^cju'il partît, les travaux de Ja suçi^rie r^afflaieixt ses £oin$. Il retourna à > Camana, ^emportant avec lui ma kiticèré iedlâWtiÉi^:f yBiia K îl|lieE|^ '^aiMij^: llëB lettres qu il pi écrivit.

Camana, i5 octobre i833.

« Charmante et belle demoiselle, « J'ai l'honnenr de vous annoncer mon retqùr dans ce pa^ ap^ès trois, iqnrs de marche^ lesquels in^ont bien dérangé, par l'extrême chaleur dont j ai souffert^ et surtout par le. cruel souvenir de la séparation de ma bonne enchère eom^ auprès d'elle « mais enûn il mut savoir se résoudre à tout et disposer avec plaisir d'un beau moinent. quand 4 se présente» comme aussi se confirmer, avec ^résignation <mand^ tJ*est positivement ce qui m'est arrive. J'ai eu l honneur .pas des plus heureux.iPatienceî >M^^tà^'È^'-^ bien, «f^^fe et son a.mable ^j^' quels se sont empressés à me venu^ ^v ^^l^ jnpn aml^nlI^j^on^àein^Qd^ ^ e vos nouveUes, etiputé là famille a été au désespoir de ne vous avoir pas vue venir avec moi. Je leur ai fait comprendre que ç'a été pour vous chose impossible, vu la crainte où vous étiez d'attraper ici les tercianas (fièvres), d'après tout ce qu'on vous en disait du risque que Ton court par l'approche de là saison étouffante que nous éprouvons dès à présent. Enfin je leur ai fait voir que, quoique vous soupiriez du désir de les connaître, vous préférez attendre un mois de plus pour jouir, bièn portante, de leur société, et n'avoir pas le désagrément d'être au lit malade et privée de leurs belles réunions. Ils en sont convaincus, et plusieurs ont dit que vous aviez raison, excepté M. Tristan, qui absolument aurait désiré vous voir et vous embrasser.

« J'ai été interrogé sur le motif de votre arrivée au Pérou, et j'ai répondu que vous étiez si réservée, qu'il m'a été impossible de rien savoir de vous; niais que vous m'avez fait entendre que vous n'aviez d'autre désir que celui d'être auprès de votre oncle et de conserver sa tendresse et son amitié; mais que j'ai compris aussi? par quelques paroles 'qui vous sont echâ|^és T^ué vous veniez avec Ipeïquës preténtibias sùlr dés affaires d'intérêt, mais que je n'en savais pas davantage, > v « Àcela M.Tristan rh'a répondu lorsque^ occasion s'en présentera, il vous répondra par vos propres lettres, c'est à dire qù'iï croit' que vous n'avez pas des droits à la légitimité; mais qu'il suspend 'toute' péh'seë jùsqù'à ce « Le conducteur me pÉëssè V M à vous dire sinon que je vous aime qé coeur ^ et que je suis et serai pour toujours votre plus fidèle, dévoue et très passionne serviteur, Deuxième lettre, Camana, 3 décembre iS33.

« Charmante et précieuse demoiselle,...Je vous parle franchement. Comme les Français passent, parmi les autres nations > pour être inconstants, et vu que vous ne m'écriviez pas, je vous ai appelée ingrate. Je m'en repens et vous prie de me pardonner cette légèreté de ma part, que vous ne méritez pas* Dès l'instant que l'on confesse ses péchés de bon cœmyon mérite le pardon. Vous avez de l'indulgence; c'est encore une de vos vertus* Ainsi donc faisons la paix, aimable Florita, et çlès ici je vous ^embrasse ten r « Mais cependant faUncore envie de.m.e rjepejaitir ppur T vous avoir traitée d'màu^ente, puisque je me souviens que vous prétendez m'aimer plus clans un jour que moi je ne puis vous aimer dans un mois. J'oserai vous assurer que c'est tout au rebours* car|^^ sible de me surpasser en amitiés Enfin, c'ejst toujours une chose bien flatteuse J)our moi de recè^o^ un compliment si cher et si tendre d*une personne aussi aimable que vous. Je vous eû remercie du profondjde mon cceui;, e#;^m^ssm^yq^ occasion de vous prouver toute l'estime et l'amitié sincère que je vous porte.

« Jè souhaite que vous fous voyiez lé plus tôt possible avec M. votre oncle, et que toutes les choses Client bien; mais je crains des discussions qui pourront vous chagriner, non tant à cause de lui, car il a de bonnes intentions à votre égard, mais à cause des autres héritiers, car ils auront beaucoup de peine d'être obligés de rendre. Enfin daignez, je vous prie, m'écrire souvent, et surtout racontez-moi * vo£ affaires lorsqu'elles t seront! fevorables. Quel que soit votre sort, je vous répète encore ce que je vous ai promis au moment de vous dire adieu: ma maison etlfcpèu jèpdâiède sërbntBûfïurs à votre service /Si 5 je n^aîs^u^mo^ joiè sèi^ait de ï&pâMi^ . ". Ayez un peu dé p^ïéïSté; f! ièï'-'' sonniez pour queïqués jours le fiafedSgè de' éés imjkùdéntë ét imftecfflés pa&bséui; ÀWrrh^ ffiTvotre oii«^»uWà?îë conçois qù'it est V&îâ!: «M^^^W^^^ê^êë: M gens si ridicules et si méprisables j mais enfin, je vous le repWen^,;Muè^po#^u J élq^ ***** " ' va* bien semé. Je ^ paraiso. Je ^is parier -^^m parlerai dé ^ A^équipa, ville d'intérieur, n'offre au cornmerçe que 4ps ressource^ linjUées. Le nombre dj^s étr apçers y e$t ^ussi très restreint. La seiilp mai§op française est celle de M f -Le Bris. Wle existe, au Pérou, depuis dix; ans, et ses aflmres soiît înoîîtées sur la pljis graiid^ écheHe, Avant que le Pérou ne fût exploité par la concwrre^çe et ru^nét par les g^rres civiles, M f; ^e,%i^ gçgng une fortune de pl^^ieijrs, miUiquç; mais ses maisons de faïgaraisp et cle Lima,, par trop de laissexvaller dans les affaiïm, éprouvèrent, des pf^te^énprines, I| fallut que la m^sou een+ ira^ ^Ar^ïiîiBa a H mm des de^ aivtves f,M fl,Le |*ris, q$i fst un frab% négopiauA,^ aj^,W^ a été soignée. Son esprit fin, légèrement sardonique, donne beaucoup de piquant à sa conversation. La bonté de son cœur, la générosité de son ame sont admirables et surpassent tout ce qu'on pourrait en dire.

M. Le Bris réalise ce que je désignerais volontiers par le beau idéal du négociant. Arrivé au Pérou, dans un temps où les affaires étaient faciles, il avait pu donner un libre essor à ses vues d'ensemble, à ses idées larges et grandioses. Son génie conçoit de vastes opérations, en embrasse les détails et en confie l'exécution avec une intelligence et un discernement remarquables. Il organise le travail, le répartit entre ses nombreux commis, selon les capacités qu? il a su leur découvrir, et sa justesse de tact, de jugement est presque infaillible. Sa hardiesse dans lès affairés n'est pas celle du joueur; elle résulte de sa confiance dans l'exactitude de ses combinaisons. Très laborieux, sk régularité en tout peut servir de modèle j et ce négociant apporte, dans ses relations commerciales, tant d'intégrité, de ponctualité, que sa parole vaut un écrit. Il est exempt de toutes ces lésineries, ces petitesëès dont il semblerait que le commercé français ne peut jamais entièrement se dépouiller. M. Le Bris, en toutes circonstances, est d'une obligeance inépuisable^ mais son désintéressement, sa générosité envers ceux de ses commis qui, par leur intelligence, répondent à ses vues, peuvent, en France, être offerts en exemple. A-t-il envoyé l'un d'eux dans un département éloigné, si l'agent fait réussir l'opération qui lui est confiée, M. Le Bris lui alloue une portion «les bénéfices à litre de gratification. Lorsqu'un petit marchand vient lui demander du crédit, il ne s'informe pas, avant de lui en accorder, si le petit marchand est pauvre ou richë, mais s'il est laborieux et probe; et quand, sur ce point, les rëiiseijgnemënts sont favorables; M. Le Bris fait des avances pour des sommés considë^ La Daàison de ce resjtèetablë négociant ne présenteras ce luxe excessif que lès Anglais étalent avdé ostentation dan^Mléûi^ rtdbi y est convenable et d^ne propreté recherchée. M. Le Bris reçoit beàucôup de mondë > î cëiiÉ^t^re d' un grand noihÉfe de bâtiments, les ca|Staines et subréèargiies qui viennent à Aréquipa n'ont pàk #àÉtrë maison que la sienne; Il invité eôiàMàfàto^ officiers de la mâïlné royale, ainsi que tous les voyageurs de dtstmctioi^qui viennent visiter le pays. On disait r lors de mou d[épart d'Ar équipa, que M. Le Bris allait y être noiumé viçe^consuj, afia^ quq le commerce français eût un, représentant dans cçtte Il ne sç souciait pas, d/abord d'accepter^ tant lHnjdé|»e^d^nce;. <}é son caractère xér pugnœ aux fonctions publiques; nyûs, par intérêt pquir le çpmEn^rce national, ilj a proniis d'^fer à sa nqffiinajiqn.

M; Viollier, gijf mier QQipçiis de ta maison,, qui représente jVf. I^B^is lorsque ç^lnj^pi e^st absent, est un jçune iSu^se de trente ans, çlevé à Bordeaux ^ et résjgd^nt an, Pé^QU depuis dix ans. j^&s ^i^%^t3p^ff^^è '^^i^.^x, des jepnj?| geçs de -\^ivj|a^ê^ f j^z'ili^ ^ç,J|sl.^^fi^ç^.^/ jr,*yy ai connu M. Deloi\ de Bordeaux, et M. Jacmaintenant pour leur çomlpte.

4l^wpa i ce font, avec ceux je viens de qi^|3d(|nçr^ ^>, t |^|i^ign^|i, 4^ f J^y^^rt^f dont îe magasin de nouveautés est le pbi$ ^eau de ïf% yiUe, jMM- Cerf, Juifs dç Bççs|, qui venaient d^p% leur m^sin toute^ sortes )^ f i^j^f^ t siett|$ ^ tuellement, les affaires de courtage dont ifs s'occupent spécialement les appelant sur tous les points du Pérou. Au collège, est attaché up Français,, en qualité de professeur: il se nomme Ml Morinière. C'est donc, en tout, huit à dix Français résidant dans uiiq ville de trente mille ames. £)n inp^agjn^rait^ naturellement que ces messieurs, parlant la même langue > originaires d|u ipme pays, ayant les mêmes habitudes, devraient, à une si grande distance de leur patriç, rççliercher la société les uns des autres, vivre eatre: eus* dans- des. relatipna;d'^|iiit^* Eh bien! il n'en est rien. Ces hommes se détestent, sç, déchirent à î 'envi.Pendant Igs sept quç j'ai passés à Aréquipa, j'ai eu je tei^p^de juges mes lorsqu'elle est excitée par la rivalité et la j^Jousie. C'est un spectacle qui provoque, le djr goût que d'entendre et voir agir ces individus. M^rPsf?,,^cupafltfla jjrein^ p^ace par^ fortune, était l'éternel objet de l'envie de ses compatriotes. Sa loyauté/ §a générosité, établies depuis longfenips. d'unie raanjère incontestable > notent pas éprise à leurs pr<?px% M§ rWm vaut l^toqner. de ce côté * ils;. tombaient sans ménagement, mm son caractère qu'ils, dépcignaient comme violent, âpre et difficile à vivre. De lui,, on allait à M. Viollier, qu'on traitait d'hypocrite et de flatteur.- M. Morinière était outré contre MM. Le Bris et Viollier. M venait me voir très souvent, et ne tarissait pas sur les griefs qu'il avait contre ces messieurs.

Dans les colonies, tout le mouds fait du comîherce: ces habitudes spéculatrices existent partout dans les deux Amériques. Les préjugés de notre vieille Europe sur les professions n'ont pu s'y propager. L'esclavage du nègre y a bien fait classer les hommes par nuances de couleurs, mais ils ne le sont pas par le genre de travail dont ils s'occupent. M. Morinière, quoique employé au collège, se livrait aussi au négoce. Il avait eu recours à M. Le Bris, qui, d'abord, lui accorda son aide et son appui; mais ce négociant reconnut bien vite l'inaptitude aux affaires du professeur de philosophie. Il lui fit observer amicalement qu'en continuant à foire des opérations commerciales il coîïipromettrait son argent et celui des autrfes. M. Morinière eut la faiblesse de s'offenser d'une observation dont il aurait apprécié lâf ^iStesse s'il avait réfléchi à riUœmpatSbiHté dès deux occupations qu'il cumulait) et combiën l^hbîtïme dont l'esprit est engagé dans les hautes conceptions de la science est peu susceptible de donner aux menus détails du commerce l'attention continuelle qu'ils exigent. Par le refus de M. Le Bris, te professeur, se trouvant déçu dans s$s espérances de lucre, répandit partout, sur la dureté et l'égoïsme de son compatriote, des calomnies qui provoquèrent le sourire, parce qu'on en voyait la causé, et auxquelles personne n'ajouta foi, la réputation de M. Le Bris étant au dessus de pareilles attaques. Telle était la position respective des Français habitant Aî^équipa.

-. L'origine de cette ville est assez fabuleuse. Cependant on lit, au Cuzco, dans une chronique contenant des traditions indiepne^ que, yers h xn e siècle de notre ère, Maita-Capaei, souverain de la ville du Soleil, fut refiyei^é fle son trône. Il se déroba à ses ennemis par la fuites eri^^ dans les forêts, sur les sommets glacés des ^nt^ne$i accompagné de quelques uns des siens; le quatrième jour, haf ass^ jde fatigua ^ mourant de faim et de soif, il £ -arrêta $m fiel du^ v^pto f Tout à coup, cédant à une inspiration divine,,Maita plante son s'icrie u: Jréqmpal mot qui signifie, m^m 1 ' Sans lie là *FitrôMeïièe. ^Lei; cftâ$ se sont développée^ èUr là %r*e ùàt /m^e^^hùiùr à leur mérite; mais, souvent aussi/à çàtiées te $îë* ittênië^db^ TWièi^ë, d^kok)^ <^>û^ rappel le le Ga ve des rieuse; que le volcan dont la gigantesque élévation frappe les sens de stupeur les protège ou ne saurait les atteindre.

Le volcan d'Aréquipa est UJ*ç4$? plus hautes montagnes de:1a.. ch?une ^9^^WJÙ mtièranent isolé, il présente un cône parfait. « ^uniformité de sa teinte gri$g lui don*ie un air de tristesse. Le sommet en ©$t presque constamment eouyççt ^r^|gp; f pçtte neige, plus ou moins épaisse, diminue 4& lever au coucher du soleil. Quelquefois le volcan jetjtç de, 1^ fumée; cela arrive particulièrement le soir:: spuà un tremblement de ^^^^p^^hî^§fe#^ loppent presque toujours le sommet de la montagne et semblent: ï& couper; on -en distingue paupft^ten^ „jrien|ieide toutes nuances,.posée sur çe cône d'une lia tête menaçante, j^.^^ ^qu^îsp^^ m-H Mon cousin Althaus & gr^i 4^ > soi^pift du vcdoan, visité $Qf4gS^^ gouffre jusqu'à la troisième cbemi^^ || sur son voyage volcanique, des notes et des dessins très curieux, que j'ai regret de n'avoir pas en ma possession pour les communiquer au lecteur. Il fit cette ascension, accompagné dé dix Indiens armés de crocs. Cinq seulement furent assez forts pour le suivre; trois restèrent èh route et deux périrent en tomte ils furent trois jours à monter jusqu'au sommet, et ne purent y rester que quelques heures, tant le froid était intense. Les difficultés de la descente surpassèrent de beaucoup celles de la montée. Tous furent blessés, déchirés; Âlihaitô faillit se tuer* Jt»e voleaii ^'^ll^éit^pi^ààiîgpW- par un autre nom ) est à ^dGiïze mille pieds au dessus du niveau de la mer; les dèux montagnes qui l^avoisinent, l'une à droite * Faiitre à gauehe, dont les sommets y couverts de neiges éternelles, étincellent de mille reflets sous les ri^p du soleil, sont à une très grande distance di>lui, et plus gigantesques, encore* la {tfethi^ se nomme &ickaimpicku > * la* secipte Chdùhàurj ce sont deux volcans entiêremeîrt #BUits; L*extrême élévation de ces trois montagnes isolées, dont la lààSe est ëfle^mêmë très élevée au dessus de la pampa, les fait, die ce point de ym 4 paraître se tenir. - ' *' t.

t.

r. Lors de la découverte, Francisco Pizarrp établit, à Aréquipa, un évêché et un des sièges du gouvernement. Les tremblements > de terre ont, à divers^ épocpes, causé, à cette ville, d'épottlvantais désastres. Ceux de 1582 1^00 la détruisirent pre^qu'en entier, et ceux de 1687 et 1 785 m lui lurent guère moins ituiestes* Les rues d' Aréquipa so£t larges, percées à angles droits, passablement bien pavées. Dans le milieu de lacune dlelles coule un ruisseau; les frincipales put uft trottoir en larges dalles blanches 1 j elles sont toutes assez bien éclairées, chaque pariétaire étant tenu, sous^peine d'amende, de mettre w lanterne de*ahfr-sa poiie^ La gl ande plaoe est spacieuse; la cathédrale en occupe le soté nprfL; fj^telfrcter^ilJe # la prison nrilitaire so?*l^ hmï des maisons particulières forment les deux autres c&tés> ^ rexoeptioft de la cathédrale, toutes ces constructions sont à arceaux; smm te galeries, voit di§s, boutiq%ç& de diverses mai^aadisietv GrfWë plafîe^i!t a^x marchés de la mile, aux.-..■fi&^^^mxr-^ trottoirs et réparer les anciens. La ville, sous son administration, fut très piH>prémën% tenue. Mon oncle apportait à la salubrité pu -blique une surveillance toute spéciale. o - - vues; etc., etc. Le' pont, sur le Chile, est grfrssiéremèttt construit et peu solidè pour résister, dans certaines saisons, au torrfent qui passe des- Airéfuipa refcferittè beaucoup» dë éèùvëuts d'iiomtrie* et de ferai mes; tous ont dé très belles élises. La cathédrale est très vaste; ntàis elle est sobibrer, triste ', dHMe architéctûré lourde; Sama-losa, Sà^ttHCathalina, Santô- Franeisco se distinguant par la beauté de leur coupole, d'une pî^digîeuge ëlë^ifonV Bans toutes les églises, sé vbient des figures groïèS--- ques, en bois, en plâtre, personnifiant les idoles dil cathélieigï^e péruvien; çà et là, quelques omuim grosëiêrèS détonent y aux saitits %ii? eïles représentent, l'aspefcÈ le pl^ puisse fenagiiierv L'égpse dë^ |esutféâ fait, â cét égard, ^èepliëtt: dte fest j)lus convenable dâtis & mprésen«:aLtiôa des saiàfe quelle offre à l'invocation des dévots. Avant Findépmiancé, tiï&rws^^^ l^taabè^^ ifes auteis, €tc,,; éii argent lËiasMf et autres déjà plusieurs présidents et chefs de parti, après ■ avoir, dans leurs querelles, épuisé le trésor de la république, ont, sans scrupule, dépouillé les églises. Les devants d'autel, les colonnes, les chandeliers ont été fondus pour payer des soldats, alimenter les vices des /généraux. Les ornements précieux qui ont été respectés sont menacés d'éprouver, plus tard, le même sort; pendant la dernière guerre entre Orbegoso et Bermudez, il était question 4'enleyer aux vierges leurs perles, leurs diamants, etc.

Ar équi pa possède un hôpital pour les malades, une maison de fous> et une autre pour les enfants trouvés. Ces trois hospices sont, en général, très mal tenus: j'aurai, ailleurs, occasion de parler de ma visite à l'hôpital; je suis ailée aussi visiter les enfants trouvés, et n'ai pas été plus satisfaite des soins qu'on leur donne que de ceux dont les malades sont l'objet: c'est pitié dte voir ces malheureuses petites çr^tures nues > maigres, dans un état déplorable. On croit i remplir les devoirs de la charité en r Jeur fournissant quelques aliments pour soutenir leur chétivê existence; du reste, aucune instruction ne leur est donnée,<auçun art ne leur aesftjpippf is; aussi ceux qui survivent deviennent-ils i dçs, vagar bonds, conséquence nécessaire dercé çQupable délaissement. Le tour qui sert à introduire, dans * l'hospice, ces infortunées victimes me parait assez bien imaginé; c'est une boîte en forme de berceau; renflant y est déposé, à l'ouverture du dehors, sans que les déposants puissent être vus du dedans de l'hospice; Ce mode évite, à la mal^ heureuse mère forcée d'abandonner son én(ant| l'obligation de se révéler; obligation qtii fait commettre bien des crimes!...Lés maisons, bâties très solidement en belles pierres blanches, n'ont qu'un rez-dë-chaussée voûté, à cause dès tï^inblèmejûts dé terre; elles sont, en général, spacieuses et commodes; elles ont «ne grande porte cochère aa milieu de la f&çâde; toutes les fenêtres sont gWDéès et sans titres; les fconsti^tôioii^ de la ïnaisoii (brnietrt trois cours; le salon, les châMbrës à èoucher^ lès bureaux sont danâ la première; dans la seconde, qui e^t un jardin > se trouvant la salle à manger, galerie ouverté apprcypriéé âù climat, là diapèltey la feîiandëïie et divers offices; Î& troisième cour, située dans Iw foiidy ëét Ôccîipëè parla ëuisitie;;etf le iogeifaent dës ^séfcivls. ' Les intirsdès maiso^ seuir; les^ pèèesy quoique vdutéesv Sôàttrês ële-^ vées; quelques unes, seulement, ont unè tapis^- serie en papier jusqirà m des autrfes sont éntièrémâit nus et bfenèhîs à la chaux. Ces voûtes font ressembler les appartements à des caves, et la monotonie de leur teinte blanche fatigue et attriste/ Les ameublements sont lourds i: les lits.v les cornmodes, dans ç|e$ proportions g^ante§ques ^ les chaises pesantes, les tables > semblent avoir été faits pour demeurer en place; tes miroirs sont en métal, les draperies sans goût; depuis quelques années, les tapis anglais se vendent à si bas prix dans le pays, que tout le monde en a couvert le carreau de& appartements; pa$ une pièce n'est planchéiée.; - r •. \ et, toutefois, sont inhabiles à *le® ^rô^ui^vles jouissances. Leur cuisine est détestable $ $m «M*- ments ne sont pasjj^s, et ¥m$ m^k^m çst jeppore danfs la MM est très fertile. Néanmoins, les légumes eaf mp& mauvais; leg pommes de terre né sont pas la* *|npus^^ leëîpc^ison» dura et sans saVeur^* ld i£iaïî$e Wtè £&mm& ju*; «afin > jusqu'à la v^lailte, don^ ccttia^ semble avoir subi riRfluence vok^ qa#^ beurre, te fromage sont apportés de loin et n'aimyew ^ la cote; l'huile dont <^ use^ rée; le nucrè grossièrement raffiné; le pain mal fait; en définitive, rien n'est bon.

'Voici ipiel -est leur mode de nourriture: on déjeûne à neuf heures du matin; ce repas se compose de riz avec des oignons (cuits ou cr us, oft ïïieî des oignons partout), de mouton vMij mais si salement, que jamais Je n^ai pi* m manger; puis vient \e chocolat. A trois heuçe$, on sert> pour dîner, une olla podrîda (puçhero est le nom qu on lui donne au J?#ou)j c'est un mélange confus d^alimeâts disparate; bçeufy lard, uiouton * bou^^ à huit «fe J^^iBi^«|^*ppfs l^s ^ fîTMits, Hfïi, lepr tombent «pus la m^^t#l§ qyv pommer, poires* pçéhes^ prudes? raisin§, ©te*; un ço#~ çert de ^pif^^^ ^ig^ipcf f £ disfpj^nts ne révolte pa$ davantage que |\e le font la vrçç é li^W^ie g^dg çet^imalpMB ^i^apk Vm* n^pt^uite 4$$ éc^e^$^e^ pépies avec ém, tqp^%|du|riz^ des oignons crus et du piment i d$s,yiai^ sucre; du poisson au ipi|»^t^^^9sl^e avec d^ pignons cru$, d^s e$ di* £ piment^ dernier ingrédient se tf Ouve^ en pijQfpsio% agggft.

la bouche m est cautérisée y pouç tes sji|ypQj|tf ij, ».

le palais doit avoir perdu sa sensibilité. L'eau est la boisson ordinaire. Le souper a lieu à huit heures; les mets y sont de même espèce qu'au dîner.

Les convenances, dans le service et les usages de la table, ne sont pas mieux senties que les harmonies culinaires. Encore aujourd'hui, dans beaucoup de maisons, il n'y a qù' un verre pour tous lea convives. Les assiettes* les couverts sont malpropres; la saleté des esclaves n'en est pas seule cause; tels maîtres, tels valets; les esclaves des Anglais sont très propres. Il est de bon ton de faire passer, au bout de la fôiirchette, uni morceau pris dans sdn assiette aux personnes auxquelles on veut foire une politesse. Les Européens se sont tellement révôltés contre cette coutume, qu'elle tombe maintenant en désuétude $ mais il n'y a que quëlques années que les morceaux A'olla, de poisson, les ailes de ^ëtïléts y dégouttant la sauce, circulaient autour de la table, portés au bout des fourchettes paif les esclaves.

Comme tout est très (^r, 1^ dmef s invités «ont àssè£ rares * fet les inv^ ont prévalu sifœt q^ duite. Tous les dimanche on donnait un dîner aux pàreiits ^-^^Stefe