qu'il y avait. • des Compagnons de Mohammed et particelui-ci à Ali, qui déclara avoir entendu dire au Prophète (son beaupère): Quand même le temps n'aurait plus qu'un jour à exister, Dieu suscitera an homme de ma famille qui remplira la [terre) de justice autant qu'elle est remplie d'iniquité. Bien qu'Ahmed (Ibn Hanbel) et Yahya Jbn el Cattan et Ibn Maîn\ et Neçaï, et d'autres docteurs aient déclaré Fitr digne de confiance, El-Eïdjli a dit de lui: «Ses traditions sont passables, mais il y a chez lui un peu de chîïsme; » et Ibn Main a dit une fois: « Il est digne de confiance et chîïte. » — « Nous passions toujours auprès de Fitr sans nous arrêter, dit Ahmed Ibn Abd Allah Ibn Younos^; il était repoussé (de tout le monde) et nous n'écrivions jamais sous sa dictée, » Il disait une autre fois: « Je passais auprès de lui sans m'arrèter, et je le laissais là comme un chien. » — « Ce qu'il rapporte ne doit pas servir de preuve, » dit Darakotni. — « Je cessai de rapporter des traditions sur son autorité, dit Abou Bekr Ibn Aïyach^ parce qu'il appartenait à une mauvaise secte.» — «Il s'est fourvoyé; il est indigne de confiance, » dit El-Djouzdjani *.
La tradition suivante a été reproduite par Abou Dawoud en la faisant remonter à Ali par la filière suivante: de Haroun Ibn el-Moghîra, à Amr Ibn Abi Caïs, de celui-ci à Choaïb Ibn Khaled, et de Choaïb à Abou Ishac es-Sabîaï''. Celui-ci rapporta qu'il avait entendu dire à Ali, qui regardait alors son fils El-Hacen: «Mon fils qui est là est ' Ai)Ou Zekeriya Yaliya Ibn Maîii, client de la tribu de Ghalafaii ( t originaire de Baghd.id, compte parmi k's tradilionnisles les plus illustres. Il mourut à Médine, l'an 233 (847-8/i8 de J. C).
' Abou Abd Allah Ahmed Ibn Abd Allah Ibn Younos, membre de la tribu de Temîm cl natif de Koufa, est regardé comme untradilionnistede la plus grande autorité. Il mourut à Koufa, l'an 237 (842 deJ.C), à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans.
' Abou Bekr Ibn Aïyach el-Acedi, trnditionniste d'une certaine réputation, mourut l'an 193 (808-809 deJ. C).
' Abou Siileïnian Mouça Ibn Soleïmaii el-Djouzdjanl, nalif de la ville de Djouzdjan, dans le Khoraçnn, tenait un rang distingué parmi les docteurs du rite lianéfite. Il monrut l'an 211 de Ihégire (826-837 de J. C). Un de ses élèves, nommé Abou Bettr Ahmed Ibn Ishac el-Djouzdjani, se distingua aussi par ses connaissances on jurisprudence.
' Abou Ishac Amr Ibn Abd Allah es- Sabîaï, traditionniste et natif de Koufa, mourut l'an 136 [jh5--]lili de J. C ).
un seïyid (chef), ainsi que le Prophète l'a intitulé, et de ses reins sortira un homme qui portera le nom de votre Prophète, et qui lui ressemblera par le caractère, mais non pas par la figure. » Ensuite Ali mentionna qu'il remplirait la terre de justice. l'. i'»?.
Haroun déclare qu'il tenait la tradition suivante d'Amr Ibn Abi Caïs, qui la tenait de Motarref Ibn Tarif, qui la tenait d'Abou '1-Hacen, qui la tenait de Hilal Ibn Amr, qui avait dit: «J'entendis Ali déclarer que le Prophète avait dit: « Vn homme viendra de l'autre côté du fleuve [l'Oxus); il s'appellera El-Hareth, et son avant-garde sera sous les ordres d'un nommé Mansour. // aplanira — variante — j7 raffermira [la terre) pour le service de la famille de Mohammed, ainsi que la tribu des Coreich a été raffermie pour le service du Prophète de Dieu. Tous tes musulmans doivent l'aider — variante — lui obéir. A celte tradition Abou Dawoud n'ajoute aucune remarque^. Dans un autre endroit, le même (docteur) dit de Haroun qu'il était chîïle. Soleïmani^ a dit de lui: « On a des doutes à son sujet. » Selon Abou Dawoud, Amr Ibn Abi Caïs était sans reproche, mais il y avait des erreurs dans ses traditions. « Il était véridique *, dit Dehebi, mais il tombait dans des méprises, et, quant à Abou Ishac cs-Sebîaï, bien qu'on ait cité des traditions sur son autorité dans les deux Sahîh, on sait d'une manière positive que, dans les derniers temps de sa vie, il avait l'esprit dérangé, et que, pour ce qui regarde les paroles transmises par lui comme provenant d'Ali, l'indication de la filière par laquelle elles passèrent est incomplète. Il en est de môme de la tradition rapportée par Abou Dawoud, d'après Haroun Ibn el-Moghîra. » Quant à la filière de la seconde tradition, nous dirons qu'Abou 'l-Ilacen et Hilal Ibn Amr sont des personnages inconnus; on ne sait rien d'Abou '1-Hacen, si ce n'est que Motarref Ibn Tarif l'a cité comme une de ses autorités ^.
' Motarref Ibn Tarif vivait dans le n" Transoxi.me. Sa morl eul lieu l'an /|oZi ' Cesl-à-dire, il adiuellail la tradition ' Pour w.tVo, lisez jï.iv<5 comme bonne. (Voyez ci-devant, p. 162.) ' Ici le texte arabe porte c^^^K c'est- ■ Ce hafedh et Iradiliouniste se nom- à-dire, lin de l'extrait. (Voyez ci-devani, niait Ahmed Ibn AU. Il était natif de la page 161, note 1.)
La tradition suivante fut publiée par Abou Dawoud, par Ibn Madja et par le Hakem, dans son Mosledrek. Elle leur était venue par la voie suivante: d'Omm Selma^ à Said Ibn el-Moseïyeb^, de celui-ci à Ali Ibn Nofeïl, et d'Ibn Nofeïl à eux. 0mm Selnia raconta qu'elle avait entendu dire au Prophète: Le Melidi sera de ma postérité et des descendants de Fatema. Abou Dawoud énonce ainsi la tradition, et sans y ajouter aucune observation. Ibn Madja la donne sous cette forme: Le Mchdi est des descendants de Fatema, et le Hakem la rapporte sous celle-ci: (0mm Selma a dit:) «J'entendis le Prophète faire mention P. 1^8. du Mehdi, » et il ajouta: Oui, c'est [an personnage) réel, un descendant de Fatema. V II (le Hakem) la donne, sans la déclarer authentique et sans la rejeter;, mais Abou Djafer el-Akîli a déclaré qu'elle était faible, qu'on ne la connaît que par Ali Ibn Nofeïl, et qu'on ne saurait l'accepter sur la parole de ce personnage.
Abou Dawoud a reproduit une autre tradition qu'il fait remonter à Qram Selma; il la tenait de Saleh Abou '1-KhaIîl, qui l'avait apprise d'un de ses amis, qui disait avoir appris d'Omm Selma qu'elle avait entendu dire au Prophète: Lors de la mort d'un certain khalife, il y aura du désaccord, et un des habitants de Médine sortira pour se réfugier à la Mecque, et quelques gens d'entre les habitants de la Mecque iront à lui et l'en feront sortir contre sa volonté; pais ils lui prêteront le serment de fidélité, entre le Rokn et le Macam^, et l'on enverra vers lui de la Syrie un corps de troupes qui sera englouti sous terre dans la plaine située entre la Mecque et Médine. Quand les hommes verront cela, les Abdal* de la Syrie et les bandes des habitants de l'Irac viendront le trouver et lui prêteront le serment de fidélité. Ensuite paraîtra un Coreïchide, dont les oncles maternels appartiendront à la tribu [himyérite) de Kclb; puis il en- ' Hind, fille d'Âbou Omeïya, surnom- ' Selon les musulmans, il y a toujours mée Oinm Selma, fut pelite-fille d'El-Mo- dans le monde sept ou même quarante ghira et nièce d'Abou Djehel. Elle mourut saints qui parcourent toutes les parties de l'an 6i (680-681 de J. C). la terre, après avoir laissé cl.ezeux, pour ' Voyez ci-devani, page 21, note 3. les remplacer, des corps faits à leur image.
' Deux endroits dans le parvis du temple On les appelle bedel (remplacé), et, au de la Mecque. pluriel, abdal et bodelâ.
verra contre eux une armée, et ils remporteront sur eux la victoire^. C'est là [ce qu'on appellera) l'expédition de Kclb. Et grand sera le désappointement de ceux qui n'auront pas assisté à la prise du butin des Kelbites. Il partagera ensuite ces richesses, et, devant le peuple, il conformera ses actions à la Sonna de leur Prophète, et l'islamisme s'établira solidement sur la terre. Il y restera sept ans, ensuite il mourra, et les musulmans prieront pour lui. Abou Dawoiid ajoute: « Quelques-uns disent, sur l'autorité de Hicham^, qu'il y restera neuf ans, ou, selon un autre rapport, sept ans. » Il donne encore cette tradition sur l'autorité d'Abon 'l-KhalîP, qui la tenait d'Abd Allah Ibn el-Hareth*, qui l'avait apprise d'Omm Selma. On voit par là qu'il avait reconnu le peu de certitude du premier isnad, (bien que) les hommes qui y sont nommés soient du nombre de ceux dont l'autorité est citée dans les deux Sahîhs, et dont le caractère n'a jamais été attaqué ni déprécié. Quelques personnes ont dit que cette tradition provenait de Catâda'', qui la tenait d'Abou '1-Khalîl. Catâda était cependant un tricheur^, et avait donné cette tradition avec un isnad imparfait^; or aucune tradition ne peut être reçue d'un tricheur, excepté dans certains cas spécifiés par Abou Davvoud.
Abou Dawoud, suivi par le Hakem, a reproduit, sur l'autorité P. 1^9.
' L'équivoque de la traduclion française ' En arabe, morfeHw. On distinguait par se retrouve dans le texte arabe. ce terme les traditionnistes qui dissimu- ' Hicham Ibn Oroua, natif de Médine laienl les endroits faibles des isnads joints et Iradilionnisle distingué, mourut l'an i45 aux traditions. Ils y supprimaient les noms (762-763 de J. C). des individus dont l'autorité était faible, ' Peut-être le Saleh Abou l-Khalîl dont ou bien ils remplaçaient ces noms par les il a été fait mention ci-devant. surnoms ou sobriquets des mêmes person- * Abd Allah Ibn el-Haretb, l'un des nages, afin de dérouter leurs disciples, disciples des Compagnons de Mohammed ' Le mot employé ici est |^^»àc. Dans la • et cadi de Médine, mourut l'an 83 (702 terminologie des traditionnistes, ce verbe de J. C). signifie énoncer un isnad sous cette forme: ' CalàHalbnDiama, iuLci, disciple des On rapporte sur l'autorité d'un tel, qui rap- Compagnons de Mohammed, a rapporté porte sur l'autorité d'un tel. Or on sait que un grand nombre de traditions. Sa mort Visnad de la forme régulière doit commeneut lieu l'an 127 (•jli/[-'jltb de J. C). cer par les mois: J'ai entendu dire à un tel.
170 PROLliGOMB:NES d'Amran el-Cattan, une tradition qu'Abou Saîd el-Rhodri^ avait transmise à Abou Nadra^, qui l'avait enseignée à Calâda, qui l'avait communiquée à El-Cattan. La voici: « Le Prophète de Dieu a dit: Le Mehdi est an des miens; il aura le front luisant^ et le nez aquilin; il remplira la terre d'équité et de justice autant qu'elle a été remplie d'iniquité et d'oppression. Il régnera sept ans. » Tels sont les termes dans lesquels Abou Dawoud l'a rapportée, et il n'y ajoute aucune observation. Le Hakem la donne sous cette forme: « Le Mehdi sera un de nous qui sommes gens delà maison'^; il aura le nez saillant, aquilin, luisant; il remplira la terre d'équité et de justice autant qu'elle a été remplie d'iniquité et d'oppression. Les années de sa vie seront tant. Il (le Prophète) ouvrit alors la main gauche et étendit le pouce et l'index de la main droite, en tenant les trois autres doigts fermés. » — « Cette tradition, dit le Hakem, est saine, si on l'examine d'après les règles posées par Moslem, et cependant il ne l'a pas reproduite, ni El-Bokhari non plus. » Les docteurs diffèrent d'avis sur la valeur qu'il faut assigner aux traditions provenant d'Amran el-Cattan. El-Bokhari ne cite jamais rien de lui, à moins que sa déclaration ne se trouve conlirmée par celle d'un autre traditionniste. Il en est de même^ de Yahya el-Cattan, dont on ne citait jamais l'autorité comme traditionniste. Yahya Ibn Maîn dit (d'Amran): « Son autorité n'est pas forte, » et une autre fois: « Elle ne vaut rien. » — « Je voudrais, dit Ahmed Ibn Hanbel, que ses traditions fussent saines. » Selon Yezîd Ibn Zoreïa'', il était de la secte de Harouriya^, et regardait comme permis de passer au fil de l'épée ' Abou Saîd Saad Ibn Malek el-Khodri de «ila^t. — ' Le terme ()ens de la maison (_jstv>-, un des Compagnons, mourut désigne les membres de la l'amille de Mol'an 64 (683-4 de J. C.) ou •jli, selon Abou hammed. 'I-Mahacen. On tient de lui un grand ' Pour JL9\, lisez (j*^.
nombre de traditions. ' Yezîd IbnZoreîa, traditionniste et natif ' Variantes: Basra, Nasra. 11 y avait un deBasra, mourut dans cette ville, l'an 182 personnage nommé Monder Ibn Malek, et (798 de J. C).
surnommé Ahou. Nadra, à l'enterrement ' Voyez, sur cette secle des Kbaiedjites, duquel le célèbre ascète ou soufi Hacen l'ouvrage de Cbebreslani, page 86 du texte el-Basri officia. (Ci -après, p. 188, note 4-) arabe.eltomel, page 129, de la traduction ' Lisez ici et plus loin c^] à la place allemande de M. Haarbnicker.
les gens de la kibla^. « C'est une autorité faible, » dit Neçaï. — « J'interrogeai Abou Dawoud à son sujet, dit Abou Obeïd el-Adjeri^, et il répondit: « Ce fut un des partisans d'El-Hacen (petit-fds de Mohammed), et je n'ai jamais rien entendu (à son sujet) que du bien. » Une autre fois je lui entendis dire (d'Amran: « Son autorité) est faible; du vivant d'ibrabîm Ibn Abd-AUab Ibn Hacen', il émit plusieurs décisions juridiques très-sévères, par lesquelles il autorisa (les gens de son parti) à verser le sang (des musulmans). » Termidi, IbnMadja et le Hakem ont reproduit une tradition d'Abou P. i5o. Saîd el-Khodri*, laquelle leur était venue par la voie suivante: d'El-Khodri à Abou 's-Siddic en-Nadji, de celui-ci à Zeïd el-Ammi ^, qui la leur avait ensuite 'communiquée. El-Khodri parle: " Nous craignîmes qu'après (la mort de] notre Prophète, il n'arrivât quelque chose de grave, et nous l'interrogeâmes là-dessus. Il nous répondit: Certes, parmi mon peuple se trouvera le Mehdi; il paraîtra dans le monde et vivra cinq ou sept ou neuf; qu'on y ajoute le complément^. Nous lui demandâmes ce que cela était, et il répondit: ans. Puis il dit: Un homme viendra alors le trouver et lui dira: Donnez-moi quelque chose, 6 Mehdi! et celui-ci lui versera dans le pan du manteau autant [d'argent) qu'il pourra en emporter. » C'est en ces termes que Termidi rapporte la tradition, et il déclare qu'elle est passable. On la liiit quelquefois remonter à El-Khodri par une autre voie, et de lui au Prophète. Ibn Madja et le Hakem la reproduisent en ces termes: « Le Mehdi sera de mon peuple; s'il doit faire un court [séjour parmi eux), il restera sept ' Les gens de la liibla sont les musul- trouve dans les manuscrits C, D et l'édimaiis. tion de Boulac: ^^ (j^i ^^:!3 {^■y' O^ contemporain de Termidi el de Neçaï. ^ Toul ce que j'ai pu trouver surceper- ^*Ce personnage descendait d'Ali, gen- sonnage c'est que, selon l'auteur du Lobb dre de Mohammed. Il était frère d'En-Nefs el-Lobat), on lui avait donné le sobriquet ez-Zékiya. [Voyeila Ctirestomaltue arabede d'Ammi, parce qu'il avait l'habitude de M. deSacy, 2* édil. t. I, p. 3.) Il fut tué à dire, quand on lui faisait unequestion:» At- Bakhamri, l'an iA5 (763 de J. C). tends que je consulte mon oncle [ammi).»
' Dans le texte arabe, après le mot ° Je lis: tStiJl t>_j;, c'est-à-dire, que ^^y(^, insérez le passage suivant, qui se le complémenl y soit clouté.
{ans); sinon [il en restera) neuf. Mon peuple jouira, pendant ce temps, d'un bien-être tel qu'on n'en a jamais entendu de pareil; la terre produira toute chose bonne à manger, et ne leur refusera rien; l'argent sera comme ce qu'on foule aux pieds, et an homme se lèvera et dira: « 0 Mehdil donne-moi; » et le Mehdi répondra: « Prends '. » Bien que Darakolni et l'imam Ahmed Ibn Hanbel et Yahya Ibn Maîn aient déclaré que Tautorilc de Zeïd el-Ammi^ comme traditionniste était bonne, et qu'Ibn Hanbel l'ait placé au-dessus de Yezîd er-Recachi ^ et de Fadl Ibn Eïça, il n'en est pas moins vrai qu'Abou Hatem a dit de lui: « Il est faible (comme traditionniste); il met par écrit les traditions (au lieu de les apprendre par cœur), et l'on ne peut pas le citer comme autorité. » Ibn Maîn, parlant d'une autre tradition, déclare" que l'autorité de Zeïd el-Ammi ne vaut rien. Il dit ailleurs: « Il met ses traditions par écrit et il est d'une faible autorité. » — « Il tâche de bien retenir, » dit El-Djouzdjani. — « Il n'est pas fort, dit Abou Zerâa, il est débile, faible comme traditionniste. « Abou Dawoud déclare cependant que cela n'est pas ainsi; d'ailleurs Chôba a donné des traditions sur son autorité. « Il est d'une autorité faible, » dit Neçaï. — « Tout ce qu'il rapporte, dit Ibn Adi*, est d'une faible valeur, ainsi que l'autorité de ceux qu'il cite, et, bien que Chôba ait donné des traditions d'après cet l\ i5i. homme, on peut dire qu'il n'a jamais cité une autorité plus faible. » On a dit que la tradition donnée par Termidi sert à expliquer celle que Moslem a rapportée dans son Sahîh, et qui provient de Djaber'. Celui-ci raconte que le Prophète avait dit: Dans les derniers temps de ' Après J Jui, insérez, jJ^. tionnisles el leur caractère, cl l'inlilula £7- '^ Pour (jvjJI, lisez ^J^*■H■ Les inss. C, Kamel « le complet. » Sa mort eut lieu en D et l'édition de Boulac perlent cette cor- 36o [Ç)-]! de J. C). reclion ainsi que la précédente. ' Trois des Compagnons de Mohammed ' Peut-être faut-ii lire Ibn Yezîd er-Re- s'appelaient Djaber et rapportèrent 'des cachi. Un traditionniste de ce nom est cité traditions. Le plus remarquable d'entre par El-Bokhari. eux fut Djaber Ibn Abd Allab, qui Irans- * L'imam Abd Allab Ibn Adi elDjor- mit à ses disciples mille cinq cent quadjani, surnommé Ibn e/-CaHan, jouissait ranle traditions, et qui est souvent cité par d'une grande autorité comme tradilion- El-Bokhari et Moslem. Il mourut à Méniste. Il composa un ouvrage sur les tradi- dine l'an yS de l'hégire (692-693 de J.C.).
mon peuple il y aura un khalife qui donnera de l'argenl en le versant et sans le compter. Celte tradition explique aussi, dit-on, celle qui provient d'Abou Saîd (el-Khodri), et qui est ainsi conçue: « Le Prophète a dit: // y aura an de vos khalifes qui donnera de l'argent en le versant [à pleines mains). » On sait, par une autre voie, que ces deux personnages (Djaber et Abou Saîd) ont communiqué cette dernière tradition sous la forme suivante: « Le Prophète a dit: Vers la fin du temps il y aura un khalife qui distribuera l'argent et ne le comptera pas'. » Dans le recueil de traditions publié par Moslem, on ne trouve aucune mention du Mehdi, et rien ne prouve que ce personnage soit désigné par les traditions (données ci-dessus). Le Hakem rapporte, sous la forme suivante, une tradition fournie par Aouf El-Aarabi^ qui la donnait sur l'autorité d'Abou 's-Siddîc en-Nadji, qui l'attribuait à Abou Saîd el-Khodri: « Le Prophète a dit: La dernière heure [du monde) n'arrivera pas jusqu'à ce que la terre soit remplie d'oppression, d'iniquité et de violence. Alors paraîtra un membre de ma famille qui la remplira d'équité et de Justice autant quelle avait été remplie d'oppression et de violence. » Le Hakem dit au sujet de cette tradition: « Elle est saine si on la juge d'après les règles posées par les deux cheikhs ( El-Bokhari et Moslem); cependant, ils ne l'ont pas reproduite. » Le Hakem la rapporte encore d'après Soleïman Ibn Obeïd, qui la tenait d'Abou 's-Siddîc en-Nadji, qui l'avait apprise d'Abou Saîd el-Khodri. (La voici telle qu'il la donne:) Dans les derniers^ temps de mon peuple, le Mehdi paraîtra. Pour lai Dieu versera la pluie; pour lui la terre produira ses plantes; il donnera de l'argent en masse; les troupeaux seront nombreux et la population deviendra énorme. Il vivra sept ou huit...Le mot ans est sous-entendu. « C'est là, dit le Hakem, une tradition dont Yisnad est sain; les deux cheikhs ne l'ont cependant pas admise. » Au ' Ici, dans le texte arabe, se trouve le bien qu'il ne l'ait jamais habité, est remol (/îAJt, «fin de l'extrait.» (Voyez ce gardé par El-Bokhari et Moslem comme que j'ai dit à ce sujet dans la noie i de la un traditionniste de bonne autorité. Il napage i6i.) quit l'an 69 (678-9 de J. C), et mourut reste, aucun des six (principaux compilateurs de traditions)' ne cite Soleïnian Ibn Obeïd; mais Ibn Habban^ le compte au nombre des P. i5a. traditionnistes dignes de foi, et personne, autant que nous sachions', n'a rien dit à son désavantage.
Le Hakem a encore donné la même tradition d'après Aced Ibn Mouça", qui l'avait apprise de Hammad Ibn Selma'', qui l'avait reçue de ■ Matr el-Ouerrac^ et d'Abou Haroun el-Abdi. Ces deux derniers l'avaient donnée sur l'autorité d'Abou 's-Siddîc en-Nadji, qui l'avait reçue d'Abou Saîd (el-Khodri). Selon celui-ci, le Prophète avait dit: La terre sera remplie d'iniquité et d'oppression; alors paraîtra un homme de ma lignée qui régnera sept ou neuf; il remplira la terre de justice et d'équité autant qu'elle était remplie d'injustice et d'oppression. «Voilà, dit le Hakem, une tradition saine, si on la juge d'après les règles posées par Moslem. » Il a dit cela parce que' ce docteur avait donné des traditions sur l'autorité de Hammad Ibn Selma et de Matr el-Ouerrac, précepteur de celui-ci. Quant à l'autre cheïkh mentionné par le Hakem et nommé Abou Haroun el-Abdi, on n'a jamais rien donné sur son autorité; il est faible (de réputation) et suspect de mensonge; mais nous ne nous arrêterons pas à rapporter tout ce que les docteurs ont dit à son désavantage. Quant à Aced Ibn Mouça, qui tenait cette tradition de Hammad Ibn Selma, et qui l'avait communiquée au Hakem, on le désigne par le sobriquet (Y Aced es-Sonna (le lion de la Sonna, du corps de traditions). Bien qu'El-Bokbari ait dit de lui: ' Pour i;^!, lisez ïX>J\. ' Aced Ibn Mouça, membre de la fa- ' Lecélèbre/ia/èrfAettraditionnisleAbou mille des Omeïades, se distingua comme Hatem Mohammed Ibn Habban el-Basti, Iradilionniste. Il naquit en Egypte l'an i Sa composa plusieurs ouvrages. Il était très- ('749-750 de J. C), et y mourut lan 212 - versé dans la médecine, l'aslronomie et (827-828 de J. C).
toutes les autres sciences. Sa mort eut lieu ' Le traditionniste Hammad Ibn Selma de ^ Les manuscrits porlent J, à la place Àm^ ]oy& J^c.
«Ses traditions sont notoires, » et qu'il l'ait cité dans son Sahih, et qu'Abou Dawoud ait cité son autorité en argumentant contre Neçaï, ce même (Abou Dawoud) a dit de lui, dans une autre occasion: « C'est un tradilionniste digne de confiance, mais il aurait mieux fait de ne pas composer (des recueils de traditions'). » Selon Abou Mobammed Ibn Hazm, les traditions qu'il rapporte sont récusables.
Taberani^, dans son Môdjem moyen, donne la même tradition d'après Abou '1-Ouacel Abd el-Hamîd Ibn OuaceP, qui l'avait reçue d'Abou 's-Siddîc en-Nadji, qui l'avait apprise d'El-Hacen Ibn Yezîd es-Sâdi, de la tribu de Behdela, qui l'avait entendue de la bouche d'Abou Saîd el-Khodri, qui la rapportait ainsi: « J'entendis* le Prophète de Dieu dire ces paroles: Un homme de mon peuple paraîtra qui professera^ [les doctrines de) ma Sonna. Dieu fera descendre pour lui la pluie du ciel; la terre lui offrira ses plus beaux produits, et, grâce à lui, elle se remplira d'équité et de justice autant qu'elle était remplie P. i53. d'injustice et d'oppression. Il gouvernera ce peuple pendant sept ans, et habitera Beït el-Macdes [Jérusalem). » Taberani dit de cette tradition: « Plusieurs personnes l'ont donnée sur l'autorité d'Abou 's-Siddîc (en-Nadji); mais aucun d'eux n'a inséré un autre nom entre ceux d'Abou 's-Siddîc et d'Abou Saîd (el-Khodri). Nous voyons cependant qu'Abou '1-Ouacel l'a donnée d'après El-Hacen Ibn Yezîd, qui l'avait tenue d'Abou Saîd. Le fils d'Abou Hatem** a fait mention de cet El-Hacen Ibn Yezîd; mais il ne nous fournit aucun renseignement à son sujet, excepté celui qui se trouve dans ïisnad, savoir, qu'il avait reçu des traditions d'Abou Saîd, et les avait transmises à Abou 's-Siddîc. Dchebi ' Dans les premiers temps de l'islamisme, les docteurs enseignaient qu'il valait mieux apprendre les traditions par cœur que de les mettre par écrit.
' Voyez ci-devant, page iBg, note h- ' Supprimez la particule ^, qui précède le mot i>A*.
' Après JlJ, insérez oww.
' Après iju)f, insérez JjAj.
' Le lils d'Abou Hatem er-Razi (voyez ci-devant, p. i6/i, noie 8) composa un ouvrage sur la crédibilité des traditionnistes et un commentaire du Coran. Il mourut l'an 327 (gSS-gSg de J. C). 11 paraît avoir été cheikh elislam dans la ville de Tous. Il se nommait Abd er-Rahman, selon l'auteur du Nodjoam, ou Abd Allah, selon Dehebi.
a dit, dans son Mîzan, que c'est un personnage inconnu; mais Ibn Habban^ le compte au nombre des traditionnistes sûrs. Quant à Abou '1-Ouacel, celui qui rapporte la tradition sur l'autorité d'Abou 's-Siddîc, aucun des six*^ (compilateurs de traditions) ne le cite; mais Ibn Habban fait mention de lui, et le place au nombre des traditionnistes les plus accrédités de la seconde génération. « Il donnait des traditions, dit-il, sur l'autorité d'Anes; Chôba, Attab et Bichr^ en ont donné sur la sienne. » Ibn Madja, dans son Soncn (recueil de traditions), a donné une tradition provenant d'Abd Allah Ibn Masoud. Il l'avait reçue de Yezîd Ibn Abi Zîad, qui la tenait d'Ibrahim*, qui l'avait apprise d'^Alcama'', qui l'avait reçue d'Abd Allah. La voici: « Pendant que nous étions auprès du Prophète, dit Abd Allah, voilà des jeunes gens de la famille de Hachem qui approchèrent. Le Prophète, en les voyant, eut les yeux inondés de larmes et changea de couleur. Je (lui) dis: « Depuis assez longtemps nous remarquons quelque chose dans votre figure qui nous fait de la peine. Il répondit^: Nous qui appartenons à une maison [spécialement favorisée), Dieu a mieux aimé nous accorder le bonheur dans l'autre monde que la prospérité dans celui-ci. Après moi, les membres de cette famille éprouveront des malheurs; on les dispersera et on les chassera jusquà ce que viennent des gens du côté de l'orient, ayant avec eux des drapeaux noirs. Ils demanderont ce qui est bien, et ne l'obtiendront pas; puis ils combattront, seront victorieux et obtiendront ce qails avaient demandé. Ils ne l'accepteront que pour le donner à an homme de P. i5à. ma famille, lequel remplira la [terre] d'équité autant qu'elle a été remplie d'injustice. Ceux d'entre vous qui verront cela doivent aller les joindre quand même ils seraient obligés de s'y rendre en rampant sur la ' Pour (jL:^, lisez yL=>.-. faites la même * Ibrahim ibn Yezid en-Nekhaï, mort correction deux lignes plus loin. en 96 (714 de J. C.)^ * Pour iiÀmJl, lisez iji^Jl. * Pour ^J^, lisez ^c-.
' Pour y^Jij, Visez yi.i. — Bichr Ibn Mo- ° Alcama, célèbre traditionniste, moufaddel er-Rekacbi se distingua par sa piété rutl'an 62 de l'hégire, on, selon une auet par sa connaissance des traditions. Il Ire autorité, l'an 72 (691-692 de J. C). mourut l'an 186 (802 de J. C). ' Pour JU, lisez JUi.
neige\ » Ce fut Yezîd Ibn Abi Zîad qui rapporta cette parole, laquelle est généralement connue des traditionnistes sous le nom de la tradition des drapeaux. Selon Chôba, Yezîd était un remonteur, c'està-dire qu'il Taisait remonter jusqu'au Prophète plusieurs traditions dont on ignorait la filiation. « Yezîd fut un des grands imams de la secte chîïte, » dit Mohammed Ibn Fodeïl^. Selon Ahmed Ibn Hanbel, il n'était pas un hafedh, et dans une autre occasion il dit de lui: « Les traditions qu'il a rapportées ne méritent pas ce nom. » — « Son autorité est faible, » dit Yahya Ibn Maîn. — « Ses traditions peuvent être reçues, dit El-Eïdjli, et dans le dernier temps de sa vie il les enseignait. )) — « On peut bien' mettre ses traditions par écrit, dit Abou Zeràa; mais on ne doit jamais les citer comme preuves authentiques. " — « Son autorité n'est nullement forte, » dit Abou Hatem.
— « J'ai entendu déclarer, dit El-Djouzdjani, que ses traditions étaient d'une valeur très-faible. » — « Je ne connais personne qui les ait rejetées*, dit Abou Dawoud, et (cependant) je préférerais tout autre ( traditionniste ) à lui.» — «11 est un des chîïtes qui habitent Koufa, dit Ibn Adi, et l'on met par écrit ses traditions, bien que son autorité soit très-faible. » — Moslem a donné une tradition d'après Yezîd, mais il l'a appuyée par l'autorité d'un autre traditionniste. En somme, la majorité des docteurs s'accorde à traiter Yezîd comme un traditionniste de peu d'autorité, et les plus distingués d'entre eux ont infirmé la tradition des drapeaux, celle qui est rapportée d'après Ibrahim, qui l'aurait reçue d'Alcama, qui l'aurait apprise d'Abd Allah. « Elle ne vaut rien, » dit Ouekiâ Ibn ' Le texte arabe offre encore ici le mot (jfCij]. — Celte tradition a été évidemment forgée par les Chîïles, vers l'époque où le khalife Abbacide El-Mamoun avait l'intention de désigner pour son successeur le nommé Ali er-Rida, xiu descendant de Mohammed. On sait que les Abbacides partirent du khoraçan, province située à l'est de rirac, quand ils entreprirent de Prolégomènes. — ii.
renverser la dynastie des Oniéiades et que leurs drapeaux étaient de couleur noire.
'' Le Iradiiionniste Mohammed Ibn Fodeïl ed-Dobbi, natif de Koufa, mourut l'an 195 (Sio-bii de J. C).
el-Djerrah', et Ahmed Ibn Hanbel l'a jugée de la même manière. Abou Codama^ a dit: « J'ai entendu Abou Osama^ s'exprimer en ces termes au sujet de la tradition des drapeaux, rapportée par Yezîd, sur l'autorité d'Ibrahîm: « Quand même Yezid me déclarerait, par un serment cinquante fois répété (qu'il tenait cette tradition d'Ibrahîm), je ne le croirais pas. Reconnaît-on, dans cette tradition, la doctrine d'Ibrahîm.»* ou celle d'Alcama.»* ou celle d'Abd Allah.^ » Eli>. i55, Akili l'a insérée dans la liste de celles dont il regarde l'autorité comme faible, et Dehebi a déclaré nettement qu'elle n'est pas authentique.
Ibn Madja a reproduit une tradition qu'on fait remonter à Ali, et que Yacîn el-Eïdjli a rapportée d'après Ibrahim, qui l'aurait reçue de* Mohammed Ibn el-Hanefiya, qui l'aurait tenue de son grand-père'* par l'entremise de son père Ali. Yacîn raconte que le Prophète avait dit**: Le Mehdi sera un de nous autres qui sommes membres de la mai-■ son [prophétique); Dieu le sanctifiera dans une nuit. Bien qu'lbn Maîn ait dit au sujet de Yacîn qu'il n'y avait rien à reprendre en lui, El-Bokhari a dit, du même personnage, que son autorité était sujette à discussion; or cette expression, dans la terminologie d'El-Bokhari, est équivalente à extrêmement faible. Ibn Adi a cité cette tradition de Yacîn el-Eïdjli, dans son Kamel, et Dehebi l'a insérée dans son Afizan; mais il la signale pour la repousser. «On la connaît, dit (Dehebi), sous le nom de tradition de Yacîn. » Taberani a reproduit, dans son Modjem moyen, une tradition que l'on fait remonter à Ali, qui aurait dit qu'il avait adressé au Prophète la question suivante: «0 Prophète de Dieu! le Mehdi serat-il des nôtres ou bien d'une autre famille? » et que le Prophète lui jurisconsulte et Iradllionniste, naquit à * Pour ^, lisez ^^.
Koufa, étudia sous Abou Hanîfa, et mou- '' Le traditionniste veut dire de Mobamrut à Feid, entre Koufa et la Mecque, en med; mais Ibn el-Haiieûya, fils d'Ali,