' Abou Codaina Obeid Allab Ibn Saîd med. Ainsi le nom de grand-père signifie ' Abou OsamaHammad, natif de Koufa; ' Après Jls, insérez JU'.
ê aurait répondu: Certainement il sera des nôtres. C^est par nous que Diea doit achever son ouvrage, de même qu'il l'a commencé par nous. C'est par nous que les hommes seront délivrés du polythéisme; c'est par notre moyen que Diea établira la concorde parmi eux, après qu'ils auront été en hostilité ouverte, de même que, par notre moyen, il a établi la concorde parmi eux après qu'ils ont été en hostilité [par suite) de [leur] polythéisme. Ali lui dit alors: « Seront -ils vrais croyants ou infidèles?" et le Prophète répondit: L'an sera dans la tentation et l'autre sera infidèle. Le nom d'Abd Allah Ibn Lahîah^ se trouve dans Yisnad de cette tradition; mais l'autorité de ce docteur est faible, et son caractère (comme radoteur) est bien connu. Amr Ibn Djaber el-Hadrami y est nommé aussi; mais son autorité est encore plus faible que celle d'Ibn Lahîah. Ahmed Ibn Hanbel a dit: « Il (Amr) a rapporté, sur l'autorité de (son père) Djaber, des choses inadmissibles. J'ai même appris qu'il avait l'habitude de mentir. » — «Il n'est pas digne de foi, » dit Neçai, qui ajoute ensuite: « Quant à Ibn Labiah, c'était un vieux radoteur, dont l'intelligence était faible. Il disait qu'Ali était porté sur les nuages, et, quand il venait s'asseoir avec nous, il fixait ses yeux sur un nuage, et disait: « Voilà Ali qui vient de passer, porté sur ce nuage. » Taberani a reproduit la tradition suivante comme provenant d'Ali, p. iSii. qui aurait raconté que le Prophète avait dit: Vers la fin des temps, il y aura de l'anarchie dans laquelle les hommes se trouveront pris ainsi que l'or est emjagé dans sa gangue. Ne dites pas de mal des gens de lu Syrie; mais blâmez-en les méchants, car il y aura, parmi les [gens de la Syrie), des Abdal ^. Bientôt le ciel enverra contre les gens de la Syrie un torrent qui les dispersera à un tel point que des renards n'auraient qu'à les attaquer pour les vaincre. Alors sortira un membre de ma famille ayant avec lui trois drapeaux. On dit qu'ils seront [au nombre) de quinze mille aa plus, et de douze mille au moins, et leur cri de guerre sera: Tue! tue^l ' Le cadi Abd Allah Ibn Laliîali, jurisconsullc, tradilionnisle, et natif du Caire, mourut l'an 17^ (790-791 de J. C).
' Dans les manuscrits et dans l'édilion de Boulac, le mot c>-»î est répété deux fois seulement, ce qui est plus conforme au génie de la langue.
a3.
Ï80 PROLÉGOMÈNES Ils rencontreront sept drapeaux, soas chacun desquels sera un homme qui recherchera l'empire. Puis Dieu les tuera tous, et rendra aux musulmans la concorde, le bien-élre, leur territoire et leur {liberté de) jugement. Le nom d'Abd Allah Ibn Lahîah se trouve dans Yisnad de cette tradition; mais son autorité est très-faible et son caractère est bien connu. Le Hakem, qui l'a rapportée dans son Mosiedrek, a déclaré que Yisnad en était sain; mais les deux docteurs (El-Bokhari et Moslcm) ne l'ont pas accueillie. Dans la forme sous laquelle le Hakem la présente on trouve cette variante: Ensuite le Hachemide paraîtra, et Dieu ramènera les hommes à la concorde, etc. ce qui ne se rencontre pas dans la leçon d'Ibn Lahîah. Uisnad de cette dernière forme est saine, ainsi que (le Hakem) l'a dit.
Le Hakem a reproduit dans son Mostedrek une tradition rapportée par Abou 't-Tofaïl, et remq^ntant à Ali, Abou 't-Tofaïl la donnait sur l'autorité de Mohammed Ibn el-Hanefiya, qui (lui avait) dit: «Nous étions chez Ali, quand un homme l'interrogea au sujet du Mehdi, et il répondit: Holà! Puis il ferma (plusieurs doigts de) la main, de manière à indiquer le nombre de sept, et il dit alors: Voilà! Il paraîtra vers la fin du temps et à une époque où tout homme qui invoquera le nom de Dieu sera tué. Dieu rassemblera autour de lui un peuple aussi nombreux que les Jlocons ' ( de vapeur ) dont se composent les nuages; iSy. Dieu mettra leurs cœurs d'accord. Ils ne s'attristeront pour personne; ils ne se réjouiront pas à cause de celai qui entrera dans leur bande. Leur nombre sera celui des musulmans qui combattirent à Bedr^; les premiers ne précéderont pas, et les derniers ne seront pas à la suite. Leur nombre sera celai des compagnons de Talout [Saûl) qui passèrent la rivière avec lai^. Selon Abou 't-Tofaïl, Ibn el-Hanefîya lui dit aloi'S: «Estu pour (le Mehdi)? » et il répondit: « Oui. » Alors Ibn el-Hanefîya ' Selon une noie marginale de l'édition riens, le nombre des musulmans qui comde Boulac, le mot p.^, pluriel de *£LS, battirent à Bedr était de mille, est de la seconde déclinaison, comme ' Nous lisons dans le Coran (sour. ii, *Iy>l, pluriel de ^y^. S'il élait de la pre- vers. 25o) que Talout défendit à ses solmière déclinaison, il aurait fallu lire le j. dats de se désaltérer dans une certaine Lisez éXc Ji AJ'txc. Selon les h'isto- rivière, et qu'à l'exception d'un petit lui dit: « Il sortira d'entre ces deux montagnes. » — « Assurément, dit Abou 't-Tofaïl, je ne m'en éloignerai jamais jusqu'au jour de ma mort. » Et il mourut là, c'est-à-dire à la Mecque. Selon le Hakem, cette tradition est saine, si on la juge d'après les règles suivies par El-Bokhari et Moslem; mais, à notre avis, elle n'est authentique que d'après les règles de Moslem seulement; car, dans Yisnad, se trouvent les noms d'Ammar ed-Dehebi et de Younos Ibn Abi Ishac\ personnages sur l'autorité desquels El-Bokhari n'a jamais donné des traditions. Dans le même isnadse trouve aussi le nom d'Anir Ibn Mohammed el-Ancazi^, personnage dont El-Bokhari ne cite jamais le témoignage comme définitif, à moins de pouvoir l'appuyer par celui d'un autre traditionniste. Ajoutez à cela qu'Ammar était chîïte. Si Ahmed (Ibn Hanbel), Ibn Maîn, Abou Hatein, Neçaï et autres docteurs ont déclaré qu'Ammar était une autorité sûre, il n'en est pas moins vrai qu'Ali Ibn el-Medîni^ m'a rapporté, d'aprèç Sofyan, que Bichr* Ibn Merouan lui coupa les jarrets. « Et pourquoi? » lui disais-je ^. — « Parce qu'il était chîïte, » répondit- il.
Ibn Madja a rcpi'oduit une tradition qui remonte à Anes Ibn Malek* et qui avait passé d'Anes à Abd Allah (Ibn Masoud), puis de celui-ci nombre tous les autres burent à leur gré. Selon le commentateur El-Bcïdhaoui, le nombre de ceux qui obéirent à cet ordre était de trois cent treize, ou bien de trois mille, selon une autre tradition, ou bien encore de mille. Moliammed a évidemment attribué à Talout (Saul) ce qui était arrivé àGédéon dans son expédition contre les Madianiles. Selon la Bible (.luyes, VII, 6), le nombre de ceux qui avaient pris de l'eau avec la langue était de trois cents.
' Amr Ibn Mohammed el-Ancazi, natif de Roufa, mourut l'an 199 (8it\S\b de J. C).
' Le hafedh et traditionniste Ali Ibn Abd Allab, surnommé Ibn el-Medînl, surpassa, dans la critique des traditions, tous le.s docteurs de son temps. Il mourut l'an 334 (8A8-849 de J. C).
' Pour s->w-j, lisez v-^. Bicbr, fils de Merouan Ibn elHakem, quatrième souverain omeïade de l'Orient, mourut l'an 7/I (693-69^ de J. C), après avoir gouverné les provinces de Basra et de l'Irak.
' Ces observations critiques appartiennent évidemment à Ibn Abi Kheïthema (voy. ci-devant, p. 160); il avait fort bien pu rencontrer Ibn el-Medîni.
° Anes Ibn Malek, l'un des Compagnons de Mohammed et traditionniste très-célèbre, mourut l'an 98 (71 1-713 de J. C).
à IshacS puis d'Ishac à Eïkrima Ibn Ammar^, puis d'Eïkrima à Ali Ibn Zîad el-Yemami, puis de celui-ci à Djâfer, puis de Djâfer à Saad Ibn Abd el-Hamîd, de qui (Ibn Madja) l'avait reçue. La voici dans les paroles d'Anes: « J'entendis le Prophète dire: Nous autres enfants d'Abd el-Moitaleb, c'est-à-dire, moi, Hamza, Ali, Djâfer, El-Hacen, El-Hoccïn et El-Mehdi, serons les seigneurs des gens du paradis. » Moslem a bien rapporté quelque chose d'après Eïkrima Ibn Ammar, mais il ne p. i58. l'a fait qu'en le regardant comme une autorité secondaire. Quelques docteurs l'ont déclaré faible (comme autorité), mais d'autres l'ont proclamé digne de confiance. « C'est un tricheur, dit Abou Hatem er-Razi, et l'on ne doit accepter de lui (aucune tradition), tant qu'il n'aura pas déclaré positivement qu'il l'a apprise par audition. » Quant à Ali Ibn Zîad, Dehebi dit de lui dans son Mizan: « On ne sait qui il est, 1) puis il ajoute: « Son véritable nom était Abd Allah Ibn Zîad. » Quant à Saad Ibn Abd el-Hamîd, son autorité a été déclarée bonne par Yacoub*Ibn Cheïba^, et Yahya Ibn Maîn a dit de lui: « On ne peut rien lui reprocher. » Mais Thauri a glosé sur son caractère, parce que, dit-on, il l'avait vu se tromper en prononçant des décisions sur des questions de droit. « Il est un de ceux dont les erreurs sont grossières, dit Ibn Habban, et il ne peut pas servir d'autorité. » Ahmed Ibn Hanbel a dit: « Sâad Ibn Abd el-Hamîd prétend avoir entendu expliquer les livres de Malek en la présence de l'auteur*, mais personne ne veut croire à cette déclaration. Il est ici, à Bagdad, sans avoir jamais fait le pèlerinage; comment donc les aura-t-il pu entendre expliquer (puisque Malek professait à Médine).!* » Selon Dehebi, il était un de ceux auxquels les paroles des critiques n'ont porté aucune atteinte.
' Ishac Ibn Abd Allah, élait natif de Mé- mosned, ou collection de traditions authendine et disciple des Compagnons de Mo- tiques, demeurait à Baglidad. 11 mourut deJ. C). ' Le mot j»y^, dans la terminologie " Eïkrima Ibn Ammar el-Yemami mou- de l'école, signifie lire un écrit à un prorut l'an 169 (775-776 de J. G.). fesseur, afin de profiter de ses observa- ' Yacoublbn Cheïba, auteur d'un grand lions.
Le Hakem a reproduit, clans son Mosiedrek, une tradition que l'on fait remonter jusqu'à Modjahed\ et de lui à Ibn Abbas^, sans la suivre plus loin. Voici ce que raconte Modjahed: " Abd Allah Ibn Abbas m'a dit: « Si je n'avais pas entendu déclarer que tu étais pour ainsi dire un membre de la famille (de Mohammed), je ne te communiquerais pas la parole du Prophète que je vais te raconter. » — Je lui dis: «Certes, (chez moi) elle sera (cachée) sous un voile; je ne la raconterai qu'à ceux que tu voudras. >> Il dit: « (La voici: ) Parmi nous autres gens de la maison {propitétique) il j aura quatre personnages (remarquables): Es-Sajfah sera des noires, ElMondher sera des nôtres, El-Mansour sera des nôtres, et El-Melidi sera des nôtres. Je lui dis: « Explique-moi qui sont ces quatre. » Il répondit: ■■< Quant à Es-Saffah, il sera dans le cas de tuer ses partisans et de pardonner à ses ennemis; quant à El-Mondher, il donnera (aux autres) beaucoup d'argent, sans s'enorgueillir à cause de cela, et il ne gardera pour lui-même qu'une faible portion de ce qui lui appartient de droit; quant à El Mansour, la victoire qu'il remportera sur ses ennemis (lui) procurera la moitié de ce que le Prophète avait obtenu: les ennemis (du Prophète), jusqu'à la distance de deux mois de chemin, ont eu P. iSg.
peur de lui; ceux d'El-Mansour, jusqu'à la distance d'un mois, le craindront; quant au Mehdi, il est celui qui remphra la terre de justice autant qu'elle a été remplie d'iniquité; (sous lui) les animaux sauvages vivront en paix avec le bétail, et la terre rejettera (de son sein) les morceaux de son foie ^. « Je lui demandai ce que cela était, et il répondit: « Des morceaux d'or et d'argent grands comme des colonnes. » Selon le Hakem, Yisnad de cette tradition est sain, mais El-Bokhari ne l'a pas reproduite, ni Moslem non plus. Elle fut racontée par Ismaïl, fils d'Ibrahîm et petit-fils de iMohadjer, qui l'avait apprise de son père. Or Ismaïl est faible (comme autorité) et, bien ' Modjahed Ibn Djobeïré(ail très-savant ' C'est-à-dire, ce qu'elle possède de plu» dans i'exégèse coranique. Il mourut au précieux. (Pour la signification de celte excommencement du u" siècle de l'hégire. pression, voyez la Chrcslomattiie arabe de ' Cousin de Mohammed, M. de Sacy, a' édit. t. I, p. la.)
que Moslein ait reproduit (des traditions) d'après Ibrahim, la plupart des docteurs s'accordent à déclarer que celui-ci était aussi (d'une autorité) faible.
Ibn Madja a reproduit la tradition suivante d'après Thauban': « Le Prophète a dit: Auprès de votre trésor trois personnes, tous fils de khalifes, se combattront, mais aucune d'elles ne l'obtiendra'^. Ensuite les drapeaux noirs se lèveront du côté de l'Orient, et l'on vous tuera comme jamais peuple n'a été tué. Puis il mentionna quelque chose dont je ne nie souviens plus; ensuite il ajouta: Et, lorsque vous le verre'z, prêtez-lui le serment de fidélité, quand même vous devriez ramper sur la neige, car il est le Mehdi, le vicaire de Dieu. « Les individus dojit les noms se trouvent dans Visnad de cette tradition font partie de ceux dont l'autorité est citée dans le Sahih; mais on y voit le nom d'Abou Colaba el-Djermi', personnage que Debebi et autres docteurs regardent comme un tricheur; on y remarque aussi le nom de Sofyan Thauri, dont les tricheries sont bien connues; cliacim d'eux donnait des isnaJi incomplets'', sans jamais déclarer nettement qu'il les avait appris par la voie de l'audition. Donc cette tradition ne saurait être admise. On y voit encore le nom d'Abd er-Rezzac Ibn Hemniam^, personnage dont l'attachement à la doctrine chîïte était notoire. Il devint aveugle vers la fin de sa vie, et eut l'esprit dérangé. «II rapporta des traditions au sujet des excellentes qualités (du Prophète), dit Ibn Adi, mais aucun de ses renseignements ne s'accorde avec ceux des autres traditionnistes. On l'a regardé comme un partisan de la doctrine chîïte. » Ibn Madja a reproduit la tradition suivante comme provenant d'Abd Allah Ibn el-Hareth Ibn Djoz ez-Zobeïdi ^. Il l'avait apprise ' Thauban, affranclii de Mohammed, * Le texle arabe porle ^jjtXc. (Voy. pour mourut l'an 54 (674 de.). C). la signitication de ce mol, p. 169, note 7.)
' Amoinsque le mol yi^T" ne soit ici du ^ Abder-RezzacIbnHemmam, traditiongenre féminin, je lirais, avec l'édition de nisle d'un grand savoir, mourut l'an 21 1 Boulac, vv-oJ, à la place de y^«jj'. (826-827 de J. C).
'' Le tradilionniste Abou Colaba Abd '^ Abd Allah Ibn el-Harelh ez-Zobeîdi Allah El-Djermi mourut vers l'an loA assista à la conquête de l'Egypte par le» d'Ibn-Lahîah, qui la tenait d'Abou Zerâa Amr Ibn Djaber el-Fladrami, i qui l'avait reçue d'Abd-Allah Ibn el-Hareth. Celui-ci rapporte que le Prophète de Dieu avait dit: Des hommes sortiront de l'Orient et aplaniront pour le Mehdi, c'est-à-dire lui aplaniront le chemin de la souveraineté. Selon Taberani, cette tradition n'a pour garant qu'lbn Lahîali, et nous avons déjà dit, à propos de la tradition d'Ali, que Taberani a reproduite dans son Modjem moyen, qu'lbn Lahîab était faible (comme autorité) et que son maître Amr Ibn Djaber était encore plus faible que lui.
La tradition suivante a été reproduite par El-Bezzar, dans son Mosned\ et par Taberani, dans son Modjem moyen; nous la donnons telle ({ue Taberani l'a exprimée: « Abou Horeïra raconte que le Prophète avait dit: Le Mchdi sera parmi mon peuple; le moins de temps qu'il y restera sera de sept [arts), ou bien de hait, ou bien de neuf. Pendant cette période, mon peuple jouira d'un bien-être qu'il n'avait jamais encore éprouvé; le ciel leur donnera des averses abondantes; la terre ne [leur] refusera aucune de ses plantes, et l'argent sera comme la poussière qu'on foule aux pieds. Un homme se lèvera et dira: 0 Mehdi! donne-m'en, et celui-ci répondra: Prends. » Selon Taberani et El-Bezzar, c'est par un seul individu, Mohammed Ibn Merouan el-Eïdjli, que cette tradition a été rapportée. El-Bezzar ajoute; « On ne sait si quelqu'un l'a suivi en cela. » Abou Dawoud a déclaré ce Iraditionniste digne de foi; Ibn Habban est du même avis ^, puisqu'il a mis son nom dans la liste de ceux dont la parole mérite confiance, et Yahya Ibn Maîn a dit de lui, « C'est un homme saint, » et une autre fois: « Il n'y a rien à lui reprocher. » Malgré ces témoignages, on n'est pas d'accord au sujet du caractère d'Ibn Merouan: « Je ne suis pas de l'avis (d'ibn Maîn),» dit Abou Zeiâa. — «J'ai vu Mohannned Ibn Merouan el Akîli', dit Abd Allah, fils d'Ahmed Ibn Hanbel; il rapportait des traditions en ma présence, mais je m'abstenais à dessein de les mettre ' MosneJ.recueilde traditions appuyées ' Plus haut, ce surnom est écrit Elpar des isnads. (Voy. ci-devant, page 169.) EidjH. L'édition de Boulac offre cette dcr- * Avant l<^, insérez Lo_)l. nière leçon.
par écrit, bien que plusieurs de mes compagnons écrivissent sous sa dictée. » D'après cela, il paraîtrait que ie fds d'Ahmed Ibn Hanbel regardait l'autorité de ce traditionniste comme faible.
Abou Yala el-Mauceli a reproduit, dans son Mosned, la tradition suivante: Abou Horeïra s'exprime en ces termes: « Mon ami Abou. '1-Cacem^ m'adressa la parole et dit: La [dernière) heure {du monde) n'arrivera pas avant c/u'il sorte contre eux un homme de ma famille. Il les battra jusqu'à ce qu'ils reviennent à la vérité. Je lui dis: Combien de temps régnera-t-il? Il répondit: Cinq et deux. Je lui demandai ce que c'était que cinq et deux; il me répondit: Je ne sais pas. » Bien que le nom de Bechîr Ibn Nehîk se trouve dans Visnad de cette tradition, et qu'Abou Hatem ait dit, « On ne peut le citer comme autorité, » les deux clieïkhs (El-Bokhariet Moslem) l'ont donnée. On a donc regardé Beschîr comme digne de confiance, et Ton n'a tenu aucun compte de la parole d'Abou Hatem. Dans le même isnad on voit le nom de Merdja Ibn Redja el-Yechkori, personnage sur la véracité duquel on n'est pas d'accord. Selon Abou Zerâa, il est digne de foi; selon Yahya Ibn Main, il est faible (comme autorité), et Abou Dawoud est aussi de cet avis^ mais il dit ailleurs que c'était un homme saint. El-Bokhari a inséré dans son Sahîh une seule tradition sur l'autorité de Merdja.
Abou Bekr el-Bezzar a reproduit la tradition suivante dans son Mosned, et Taberani l'a insérée dans ses deux Modjems, le grand et le moyen, sur fautorité de Corra Ibn Ayas ^: « Le Prophète a dit: Certes, la terre se remplira d'oppression et d'iniquité, et, quand elle en sera remplie, Dieu enverra un homme d'entre les miens, ayant le même nom que moi, et dont le père aura le même nom que mon père. Il la remplira de justice et d'équité autant qu'elle fat remplie d'oppression et d'ini- ' Mohammed, fondateur de l'Isla- ^ Après (_>;^»^ tJ'**. insérez ^1 JUj misnie, portail le surnom d'Abou '1-Ca- <_>!y->^ iy^.
cem. Il avait pris sous sa proleclion Abou ' Corra Ibn Ayas el-Mozeni élail un Horeïra, qui élail aveugle, et le traitait avec des Compagnons de Mohammed; il se une grande familiarité. II lui permellail fixa à Damas. On tient de lui plusieurs même de l'appeler par son surnom, chose traditions. L'année de sa mort m'est inqui ne se fait jamais qu'entre des amis. connue.
(juilé; le ciel ne refusera pas ses plaies et la terre ne refusera aucune de ses plantes. Il restera parmi vous sept, ou huit, ou neuf, c'est-à-dire ans. » Dans Yisnad de cette tradition se trouve le nom de Dawoud Ibn el-Mohabber Ibn Cahrem^ qui la donne comme provenant de son père. Or l'autorité de l'un et de l'avitre est extrêmement laible. - Taberani a inséré la tradition suivante dans son Modjem moyen: 0mm Habiba^ raconte ainsi: « J'entendis dire au Prophète de Dieu: Des hommes sortiront du côté de l'Orient pour chercher un homme {qui sera) auprès de la maison [sainte); mais, quand ils se trouveront dans un certain désert, la terre les engloutira. Ceux qui resteront en arrière P. 162. iront les joindre et subiront ce qu'ils ont subi. » Je lui dis: « 0 Prophète de Dieu! Qu'est-ce qui arrivera à ceux qu'on aura fait marcher malgré eux? » Il répondit: « Ils éprouveront le même sort que les autres; ensuite Dieu suscitera tous ces hommes [et les jugera ) selon leurs intentions. » L'isnad de cette tradition renferme le nom de Selma Ibn el-Abrech^, autorité bien faible, et celui de Mohammed Ibn Ishac*, traditionniste qui trichait et qui a donné des isnads fallacieux ^; aussi n'a-t-on reçu de ses traditions que celles qu'il dit expressément avoir apprises par la voie de faudition.
Taberani a reproduit, dans son Modjem moyen, la tradition suivante, qui provient d'ibn Omar*": « Le Prophète de Dieu était au milieu d'une compagnie de ses partisans, tant émigrés de la Mecque que Médinois; Ali, fils d'Abou Taleb, était à sa gauche, et El-Abbas à sa droite. Une querelle s'éleva entre El-Abbas et im Médinois, et celui-ci lui adressa des paroles grossières. Le Prophète prit alors la main d'El-Abbas et celle d'Ali, et dit: Des reins de celui-ci sortira [un homme), afin que la terre soit remplie d'oppression et d'iniquité; des reins de celui-là sortira [un autre), afin que la terre soit remplie de justice * Omni tlabîba, fiHe d'Abou Sofyan ^ En arabe ij*^^ (Voyez ci-devant, et une des femmes de Mohammed, mou- page 169, note 7.)
' Selma Ibn el-Taill el-Abrech mourut Omar, tils du second khalife, mourut l'an aA.
et d'écjuilé. Quand vous verrez cela, allachez-vous au jeune homme de la tribu de Tcmim, car il viendra du côté de l'Orient, et sera le porte-drapeau du Mehdi. » Visnad de cette tradition renferme les noms d'Abd Allah Ibn Omar el-Omari et d'Abd Allah Ibn Lahîah, personnages dont l'autorité est très-faible.
Taberani a reproduit, dans son Modjeni moyen, la tradition suivante, qui provient de Talha Ibn Obeïd Allah ': « Celui ci raconte que le Prophète avait dit: Il y aura de l'anarchie pendant laquelle aucun Jlanc ne se reposera sans qu'un autre s'agite, jusqu'à ce qu'une voix fasse entendre du haut du ciel ces mots: Votre émir est un tel. » Dans Yisnad de celte tradition se trouve le nom d'El-Mothenna Ibn es-Sabbah^, traditionniste dont l'autorité est extrêmement faible. Celte tradition ne renferme pas, du reste, une mention spéciale du Mehdi, et, si on l'a insérée dans les chapitres et dans les articles biographiques consacrés i63; à ce personnage, c'est simplement par suite d'une habitude prise.
Voilà toutes les traditions que les imams ont publiées au sujet du Mehdi et de son apparition vers la fin du temps. Il n'y en a qu'un bien petit nombre qui soit à l'abri de la critique, comme on vient de le voir.
Les docteurs qui croient qull n'y aura pas de Mehdi s'attachent beaucoup à une tradition rapportée par Mohammed Ibn Khaled el-Djondi, qui l'avait reçue d'Abban Ibn Saleh ^, lequel l'avait apprise d'Abou Aïyach, qui l'avait donnée sur l'autorité d'EI-Hacen el-Basri*", qui l'avait tenue d'Anes Ibn Malek, qui déclarait avoir entendu le Prophète dire ces paroles: Point de Mehdi, excepté Eïça Ibn Meryem (Jésus, fils de Marie). Yahya Ibn Maîn regarde Ibn Khaled comme * Talha Ibn Obeïd Allah fui tué à la ba- i" partie, page 5, note i); donc il vivait taille du Chameau, en combattant contre vers le commencement du ii* siècle de AH. l'hégire.
thenna Ibn es-Sabbah mourut Tan 1^9 des Compagnons do Mohammed, se dis- (766-767 de.1. C). tingua par sa vive intelligence et par la ' Abban Ibn Saleh communiqua des sainteté de sa vie. 11 mourut à Basra, l'an traditions à Mohammed Ibn Ishac (voyez 1 10 de l'hégire (728 de J. C).
digne de loi. EI-Beïhaki' fait observer que cette tradition n'a été rapportée que par Ibn Klialed. Selon le Hakcm, Ibn Kbaled est un personnage inconnu, h'isnad de celte tradition offre des variantes; tantôt on donne la tradition telle que nous l'avons présentée, ainsi que l'a fait, dit-on, Mohammed Ibn Idrîs es-Cliafeï\ et tantôt on dit que ces paroles du Prophète furent rapportées par Mohammed Ibn Khaled d'après Abban, qui les -avait apprises d'El-Hacen (el-Basri), qui les attribuait au Prophète, sans nommer l'intermédiaire par lequel il les avait reçues. El-Beïhaki a dit, en reprenant la leçon de Mohammed Ibn Khaled: « C'est un personnage dont on ne sait rien, et qui donna celte tradition sur l'autorité d' Abban, qui l'avait apprise d'Abou Aïyacli, traditionnistc qu'on laisse maintenant de côté, qui la tenait d'ElHacen (El-Basri), qui l'attribuait au Prophète; Yisnad en est donc interrompu. En somme, la tradition est faible et dérangée. » Quel([ues personnes ont dit que les mots: Point de Mehdi, excepté Eïça, doivent s'entendre de la manière suivante: Aucun enfant au berceau^ n'a parlé excepté Eïça^. Ils interprètent ainsi la tradition, afin qu'on ne la cite pas pour prouver qu'il y aura un Mehdi et pour empêcher qu'on ne la combine avec d'autres traditions (pour arriver à cette conclusion)." Au reste, la tradition de Djoreidj^ nous oblige à repousser celle-ci, et encore d'autres tout aussi étranges.
' Mohammed Ibn Idrîs es-Cliafeï, fondateur d'une des quatre écoles de jurisprudence etde théologie orthodoxes, mourut au vieux Caire l'an ao4 (820 de J. C).
Pour L$i>~*-1', lisez is-^l, avec le manuscrit C et l'édition de Boulac. Le mot mehdi, pris comme participe, signifie dirigé; mais, si on le prend comme un adjectif dérivé du nom mehd «berceau,» il signifie étanl au berceau. Il parait ([ue certains docteurs ont attribué à ce mot le sens d'enfant qui parle étant encore au berceau.
* Ou lit dans le Coran (sour. iii, vers. Al):«II (Jésus) parlera aux hommes, étant enfant au berceau. » ^ Variantes, f.y^, Djoreldj; «Sj-~=. Soreïh. Les copistes et les éditeurs paraissent avoir ignoré le véritable nom de ce personnage et la tradition qu'on lui attribue,.l'ai consulté le Sahih d'El-Bokhari dans l'espoir de trouver la tradition dont il s agit, mais je n'ai pas pu la rencontrer. J'ai cherché inutilement les noms DJoreîh, Djoreïdj et Soreih, dans les dictionnaires biographiques des Compagnons et des tra- Passons aux soulis: ceux des premiers temps ne s'étaient jamais appliqués à l'examen de cette question; dans leurs discours ils se bornaient à enseigner comment on maintient le combat spirituel par les pratiques (de la dévotion), et à faire connaître les états d'extase et i64. de ravissement qui en résultent. Les chiites imamiens et ceux de la secte rafedite discouraient (de leur côté) sur la prééminence d'Ali, sur son droit à l'imamat, dignité que le Prophète, à ce qu'ils prétendaient, lui avait léguée, et sur l'obligation de répudier l'autorité des deux cheikhs ( Abou Bekr et Omar), ainsi que nous l'avons dit ailleurs^ Plus tard, le dogme de l'impeccabilité de l'imam surgit chez eux, et les ouvrages qui traitaient de leurs doctrines se multiplièrent.. Ceux d'entre les chîïtes qui étaient Ismaïliens professaient que Dieu s'était établi dans Je corps de l'imam; d'autres prétendaient que l'imam déjà mort reparaîtrait dans le monde, soit«en personne, soit par une espèce de transmigration; d'autres attendaient le retour de l'imam que la mort leur avait enlevé, et d'autres enfin croyaient que l'autorité suprême reviendrait aux gens de la maison ^. A l'appui de ces opinions- ils citaient les traditions que nous venons de rapporter relatives auMehdi, et d'autres encore. Ensuite, chez les soufis des derniers temps, on se mit à discourir de la révélation extatique et de ce qui est caché derrière le voile des sens. Beaucoup d'entre eux pi'ofessaient, d'une manière absolue, soit l'établissement de la divinité dans le corps de l'imam, soit l'identité complète de l'imam avec Dieu. En cela ils s'accordaient avec les imamiens et les rafedites, qui admettaient la divinité réelle de l'imam, ou bien l'établissement de Dieu dans le corps de ce personnage. La doctrine de l'existence du Cotb^ et des Abdals'' commença aussi ^ à s'enseigner chez eux, doctrine qui semble avoir été calquée sur celle professée par les rafedites au nommé Djoreïdj ou Horeïdj avait prêté ' Selon les mystiques, le Cotb « axe » est le serment de fidélité à Moliammed dans un saint personnage à qui Dieu a délégué une des réunions qui eurent lieu à l'A- l'inspection du monde, caba. ' Voyez ci-devant, page 168, note à- ' Voyez la 1" partie, p. 4oo et suiv. ' Après itÀ.», insérez Lijf.
sujet de l'imam et des nakibs^ Ils accueillirent avec avidité les paroles des chîïtes, et allèrent si loin dans l'observance de leurs pratiques que, pour justifier leur usage de porter la kliirca ^, ils disaient qu'Ali en avait revêtu El-Hacen el-Basri en lui faisant prendre l'engagement de suivre exactement la voie^, et qu'ils tenaient cette pratique d'El-Djoneïd\ un de leurs grands docteurs. Or on ne possède aucune tradition authentique qui nous autorise à croire qu'Ali ait fait cela. D'ailleurs, cette voie n'était pas particulière à Ali; elle appartenait également aux autres Compagnons du Prophète, tous camarades«dans la voie de P. i65. la religion. Au reste, cette indication d'Ali à leur exclusion, jointe à d autres circonstances, sent fortement le chîïsme, et fait comprendre que les soufis étaient entrés dans cette secte^et s'y étaient affiliés. Les livres composés par les rafedites-ismaïliens et par les soufis des temps postérieurs sont remplis de choses concernant le Fatemide altenda, et semblables à celles que nous venons de rapporter. Les sectaires des deux partis s'enseignaient mutuellement ces histoires, bien que, des deux côtés, elles ne reposent pas sur une base solide. Quelques-uns parmi eux appuyaient leurs récits sur la doctrine exposée par les astrologues en traitant des conjonctions (des planètes), doctrine de la même espèce que celle qui a pour sujet les Melahim (grandes catastrophes). Nous parlerons des Melahim dans le chapitre suivant.