L'envoyé de Dieu fil une fois la prière de /'asr à notre tête, pendant qu'il faisait encore jour'^; ensuite il se tint debout pour prêcher, et il nous raconta ce qui devait arriver jusqu'à la venue de la [dernière) heure, sans rien omettre. Les uns retinrent ses paroles; les autres les oublièrent. On a placé ces traditions parmi celles qui sont enregistrées dans le ^ahih sous le titre: Des Troubles et des Signes (qui annonceront l'approche de la dernière heure). On ne pouvait les mettre ailleurs, car le législateur ne s'occupait que des questions ayant un intérêt général. L'addition offerte par un seul texte, celui qu'Abou Dawoud avait reçu par la voie qu'il a indiquée, est exceptionnelle et récusable. Ajoutez à cela que les docteurs (en traditions) ne sont pas d'accord sur le caractère des individus par la filière desquels on a reçu celle tradition. Selon Ibn Abi Meryam, les traditions rapportées par Ibn ' Dans une noie qui accompagnera le dernier chapitre de celle seconde partie, on trouvera l'explication de la plupart des termes techniques employés par les docteurs en traditions. Je les mels toujours en italiques.
' On voit par là que les mots depuis lors ont été omis par El-Bokhari. — ' Voyez ci-devant, page 170, note 1.
" Le temps dans lequel on peut faire la prière de Vasr commence ordinairement vers les trois heures et Unit une demi-heure après le coucher du soleil, au moment ou arrive l'heure de la prière du maghreli.
2i/i PROLÉGOMÈNES Ferroukh sont récusabtes et selon El-Bokhari, les unes sont admissibles et les autres récasahles. « Ses traditions ne sont pas de celles qu'on apprend par cœur, » dit Ibn Adi '. Quant à Osama Ibn Zeïd, bien que les auteurs des deux Sahîhs aient reproduit des traditions rapportées par lui et qu'Ibn Maîn l'ait déclaré digne de coniiance, El-Bokliari ne les donne jamais que comme simples témoignages^. Yabya Ibn Said^ et Ahmed Ibn Hanbel ont déclaré son autorité Irèslaible. Abou Halem* mettait par écrit les traditions d'Ibn Ferroukh, mais ne les prenait jamais pour motiver ses décisions. Le fils de Ca-P. i8.'i. biça Ibn Doueïb est un personnage inconnu. Pour ces raisons, la phrase ajoutée à la tradition rapportée par Abou Dawoud est d'une authenticité très-suspecte; d'ailleurs elle est exceptionnelle, ainsi que nous venons de le faire remarquer.
Les prédictions qui concernent chaque dynastie particulière s'appuient ordinairement sur des textes du Djefr, livre qui, à ce qu'on prétend, renferme toutes les connaissances qui se rapportent à cette matière et qui proviennent, soit d'anciennes traditions, soit d'indications astrologiques. On ne dit rien de plus à ce sujet; on ne connaît ni l'original du livre ni les autorités sur lesquelles il s'appuie ^ mais j'en indiquerai, moi, l'origine. Haroun Ibn Saîd el-Eïdjli, chef de la secte des Zeïdiya, possédait un livre dont il disait avoir appris le contenu de Djâfer es-Sadec (le sixième imam), et qui faisait savoir tout ce qui devait arriver aux gens de la maison (les descendants de Mohammed) en général, et à quelques individus parmi eux en particulier. Djàfer et autres grands personnages de sa famille ' Voyez ci-devant, page 17a. distingué par son érudition ou sa piété, et ' En droit musulman, un seul témoi- l'exactitude de ses connaissances au sujet gnage ne vaut rien; il doit être appuyé par des personnes qui avaient rapporté des un second. Il paraît qu'EUBokhari appli- traditions. Une partie des traditions qu'il qua ce principe aux traditions rapportées enseignail lui êlaienl venues de Djafer espar Osaraa. Sadec et de l'imam Malek. Il mourut l'an ' Il y avait trois docteurs de ce nom, 198 (8i3-8i/i de J. C). mais je crois qu'il s'agit ici de celui qui '' Voyez ci-devrint, page i64, note 8.
portait le surnom d'El-Caltan et qui s'était ' Littéral. « ni l'original, ni la base. • avaient obtenu ces connaissances par une faveur spéciale de Dieu et par la voie de la révélation, grâce qui s'accordait facilement à des ouélis (saints) comme eux. (Ces prédictions) étaient écrites sur la peau d'un petit taureau, laquelle restait toujours en la possession de Djâfer. Haroun el-Eïdjli répéta ces indications sur l'autorité de Djâfer, et les inscrivit dans un volume qu'il intitula El-Djefr, d'après le nom donné à la peau dont il avait copié le contenu. Le mot djefr, en langue arabe, signifie petit. Dès lors ce terme fut employé par les chîïtes pour désigner le livre en question. Dans ce volume se trouvaient des commentaires sur certains passages du Coran, et l'explication du sens caché qu'ils renfermaient; ces éclaircissements étaient très-singuliers et se donnaient sur l'autorité de Djâfer es-Sadcc. Il y a une lacune dans la série des traditionnistes qui se sont transmis le contenu du Djefr, et personne ne sait où est le volume original. On n'en cite que des passages détacbés dont on essaye de tirer des indications sur l'avenir, et dont rien ne garantit l'authenticité. Si l'on pouvait faire remonter ces passages par une filière non interrompue jusqu'à Djâfer, ou même à un membre de sa famille, on aurait des renseignements d'une grande autorité, vu le caractère personnel de ces hommes, auxquels Dieu avait donné des marques spéciales de sa faveur. On sait positivement que Djâfer annonça d'avance à quel- P. i85.
ques-uns de ses parents certaines choses qui, en effet, leur arrivèrent ainsi qu'il l'avait dit. 11 prédit à son cousin Yahya Ibn Zeïd qu'il allait se faire tuer; mais celui-ci n'eut aucun égard à l'avertissement. On sait qu'il se mit en révolte (contre le khalife), et perdit la vie à Djouzdjan'. Or, puisque d'autres personnages que les (descendants de Mohammed) ont reçu de Dieu la grâce de faire des choses surnaturelles, que ne devons-nous pas penser de ceux-ci? On connaît leur savoir et leur piété; on sait qu'un reste de fesprit prophétique se trouvait chez eux, et que Dieu leur avait accordé sa faveur toute spéciale, faveur qu'il montra toujours à la noble souche (de leur famille), Voyez la i" partie, p. ^07.
et qui témoigne encore de l'excellence des branches qui en sont sorties.
Les gens de la maison ont rapporté beaucoup d'autres prédictions, sans toutefois les donner comme extraites du Djefr. L'histoire des Obeïdites (Fatémides) en offre de nombreux exemples. Voyez ce que raconte Ibn er-I\ekik' au sujet de la rencontre qui eut lieu entre Abou Abd Allah, le partisan du Mehdi Obeïd Allah, et Mohammed el-Habîb, père du Mehdi", et de leur entretien avec lui^. Ils envoyèrent Abou Abd Allah à Ibn Haucheb, leur missionnaire dans leYémen, et celui-ci, sachant de science certaine que les Fatémides établiraient leur empire dans le Maghreb, ordonna à cet homme de partir pour ce pays, afin d'y répandre les semences de la doctrine (chîïte). Lorsque Obeïd Allah eut achevé de bâti-r la ville d'EI-Mehdiya, après avoir fondé un puissant empire en Ifrîkiya, il dit ces paroles: «J'ai construit cette forteresse afin que les enfants de Fatéma puissent s'y réfugier un jour pendant l'espace d'une heure. » Il leur montra alors un endroit aux environs de la ville, en disant que l'homme à l'âne^ s'arrêterait là. Son petit-fils, Ismaïl el-Mansour, connaissail cette prédiction; aussi, quand il se vit assiégé dans El-Mehdiya par Abou Yezîd, l'homme à l'âne, il demandait régulièrement jusqu'où ce chef s'était avancé.
Quand il sut qu'Abou Yezîd était parvenu jusqu'à l'endroit désigné par Obeïd Allah, il eut la certitude de remporter la victoire. Il sortit alors pour combattre l'armée ennemie, la mit en pleine déroute et poursuivit Abou Yezîd jusqu'à la province du Zab, où il le fit prisonnier et lui ôta la vie. On raconte des Fatémides beaucoup d'anecdotes semblables.
' Voyez la i" partie, p. 7, note 2. ' Tel fut ie sobriquet que l'on donnait ' Nous ne possédons pas l'ouvrage d'Ibn à Al;ou Yezîd, l'ennemi le plus acharné er-Rekîk, etaucun autre historien, aulanl delà dynastie des Fatémides. En effet, sa que je sache, ne parle de cette conférence. monture ordinaire était un âne. Notre au- (Voyez, pour l'histoire des Fatémides, l'in- leur raconte les aventures de ce chef dans troduction à ['Histoire fies Druzes de M. de son Histoire des Berbers, I. II el III de la Sacy, et l'appendice au tome II de VHis- traduction française. taire des Berbers.)
Clicz les asliologucs, les précliclions qui conceinenl les dynasties s'appuient sur des jugements dérivés de l'inspection des astres. Les prédictions touchant les choses d'un intérêt général, comme, par P. i8(i.
exemple, l'avenir des empires et des dynasties, se tirent des conjonctions planétaires et surtout de celle des deux planètes supérieures, Saturne et Jupiter. Une conjonction de ces astres a lieu une fois tous les vingt ans; puis elle se reproduit dans le même trigone, mais dans un signe qui est en trine dexter '. Ensuite elle reparaît dans un autre (signe du trigone), et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle se présente douze (ois successivement dans le même trigone. Après avoir mis soixante ans à se montrer dans les signes qui composent le trigone, elle les parcourt de nouveau dans le même espace de temps; puis elle s'y montre encore une troisième et une quatrième fois. C'est ainsi qu'elle met deux cent quarante ans pour paraître douze fois dans le même trigone et se montrer quatre fois dans chaque signe du trigone. En se transportant d'un signe à une autre, elle se dirige vers le trine aspect dexter^, et passe au trigone suivant, c'est-à-dire dans le signe qui touche immédiatement au dernier signe du trigone dans lequel elle s'était présentée d'abord. Telles sont les conjonctions des deux planètes supérieures. On les distingue en trois classes: les grandes conjonctions, les petites et les moyennes. Une grande conjonction, c'est le retour simultané des deux planètes supérieures au même degré (d'un même signe) 'du zodiaque, (ce qui arrive) à l'expiration de neuf cent soixante ans. Une conjonction moyenne est la réunion de ces planètes dans chaque trigone, ce qui a lieu douze fois (de suite) dans l'espace de deux cent quarante ans, puis elle se reproduit dans un autre trigone. Une petite conjonction se produit quand les mêmes planètes, après s'être réunies dans un même signe, se montrent en- ' Chez les astrologues il y avait quatre du zodiaque. F^e trine sinisler est celui donl Irigones ou Iriplicités, dont chacun se com- les degrés se comptent en suivant l'ordre posait de trois signes du zodiaque, éloi- des signes; le Iriite dexter en est le congnés de cent vingt degrés l'un de l'autre. traire.
Lo trine ou trine aspect, c'est quand une ' C'est-à-dire, contrairement à l'ordre planète est éloignée d'un asire du tiers des signes.
Prolégomènes. — ii. l8 semble, vingt ans plus tard, dans un autre signe en trine dexter, et au même degré et ^ à la même minute que dans le signe précédent.
Ainsi, par exemple, si la conjonction a lieu dans la première minute du Bélier, vingt ans plus tard elle aura lieu dans la première minute du Sagittaire, et, après l'expiration d'une autre vingtaine d'années, P. 187. elle se fera dans la première minute^ du Lion. Tous ces signes sont de nature ignée. Voilà en quoi consiste une petite conjonction. Soixante ans plus lard, elle se répète dans la première (minute) du Bélier. Cela.s'appelle la révolution, ou le retour de la conjonction^. Après l'expiration de deux cent quarante ans, la conjonction ne se tait plus dans les signes ignés, mais dans les signes terrestres, parce que ceux-ci sont placés immédiatement après les ignés. Voilà la conjonction moyenne. Les conjonctions vont ensuite s'opérer dans les signes aériens, puis dans les signes aqueux; puis, à l'expiration de neuf cent soixante ans, elles reparaissent dans la première (minute) du Bélier. Voilà la grande conjonction. Elle indique l'arrivée de grandes choses, telles que les changements de religions ou de dynasties, et le transport de la souveraineté *.d'un peuple à un autre. La conjonction moyenne annonce fapparition de conquérants et d'hommes qui aspirent à la souveraineté. La petite indique l'apparition de rebelles, de fondateurs de sectes, et la dévastation de villes ou de pays. Dans les intervalles de ces conjonctions ont lieu celles des deux planètes malheureuses''.
Elles se produisent une lois tous les trente ans dans le signe du Cancer, celui que l'on nomme le quatrième '^.Qe signe est l'horoscope de l'univers. Quand Saturne s'y trouve, cette planète est en possession de toute son influence malfaisante, et c'est dans le même signe qu'a lieu la déjection ^ de Mars. Aussi cette conjonction ofPre-t-elle une ' Je lis « « et » à la place de «1 « ou. » les désigne, en arabe, par le leriDe (jL~^ ^ Dans le texte arabe il faut lire Jjt j '' les deux malheurs. » Dans les traités d'ast\-.i'i ^^ >J'^^- Irologie écrits en français, on les noitime Les mots tvnj. doivent se placer après yiiifortuné majeur eiïiii/orluiw mineur. (jlyUl.iytj. " I,e Cancer est, en effet, lequatrième ' Pour iUl, lisez ciUll. signe du zodiaque.
^ Ces planètes sont Saturne et Mars. On ' Les astrologues disent d'une planète forte indication de troubles (qui vont arriver), de guerres, d'eiFusion du sang, d'apparition de rebelles, de mouvements de corps d'armée, de révolte des troupes, de peste et de disette.
Ces malbeurs persistent ou cessent selon le plus ou moins de bonheur ou d'infortune qui existe au moment de la conjonction, et selon la quantité de la clireclioa que le signi/îcaleur aura reçue'. Djerach Ibn Ahmed le calcvdateur a dit, dans l'ouvrage qu'il composa pour Nizam el-Molk ^: « Quand Mars est rentré dans le signe du Scorpion, il exerce une grande influence sur la nation musulmane parce que ce signe en est le significateur. La naissance du Prophète eut Heu lors de la conjonction des deux planètes supérieures^ dans le Scorpion, et, chaque fois que Mars y est entré, il y a eu des révoltes contre les khalifes et une grande mortalité parmi les savants et les qu'elle est dans son exaltation ou dignité {i_jv^) quand elle occupe, dans le zodiaque, une position telle qu'elle puisse exercer toule son influence, et qu'elle est dans ia déjection ou chute (J^JL- ou J»»**) quand elle est dans un signe où son influence est la moindre possible.
' Le signijicateur esl[a planète qui lient le premier lieu dans le zodiaque selon l'ordre des signes, et le pivmissew (^cy.«), celui qui y lient le second lieu. Dans les opérations astrologiques on se trouvait quelquefois obligé de transporter l'influence du significateur au proraisseur, et vice versa, ce qui nécessitait l'emploi des mathématiques et de longs calculs. Selon Delambre {Histoire de l' Astronomie du moyen âge, p. 489), « (ifnjfer signifie chercher l'arc de l'équateur qui ( par le mouvement de la sphère, pendant que le promisseur sera transféré à la position du significateur) passera par le méridien ou par l'horizon, s'il est dans un de ces cercles, ou par le cercle de position du signijicateur s'il décline de l'un de ces angles. » Ce savant y donne la solution de plusieurs problèmes relatifs à la direction du significateur, en reconnaissant que celui dont il s'agit ici est assez compliqué. L'astrologue Morin avait donc raison quand il disait dans son Astrologia gallica, en parlant de la théorie des directions: • Materia totius aslrologioe prse-«oipua, sed diflicillima, caligine obducla « et spinis horrenda. a II ajoute: ■> Dircclio « niliil aliud est quam movere sphaeram « donec locus secundus, hoc est promis-»sor, traclucatur ad situm primi, sive si-«■ gnificatoris. i II dit ailleurs: « Direclio « est motus primi mobilis quo significator « traducitur ad situm promissoris, aul • contra, quod verius est. » Voici la délini- 0 tion de Cardan: Direclio est deductio iiejus quoil est in potestate per significa- > lorem et promissorem ad actum per solis « vim. » ' Nizam el-Molk, vizir de MalekChah, le sultan seidjoukide, fut assassiné l'an à8b de l'hégire (1092 de J. C).
' Selon le traducteur turc Péri-Zadé, ces planètes sont Jupiter et Mars.
38.
hommes religieux, ou bien leur position a été Irès-amoindrie, et des p. i8«. édifices consacrés au culte ont été renversés. On rapporte même que (Mars) était (dans ce signe) lors de l'assassinat d'Ali, de la mort violente de Merouan (dernier khalife) des Oméiades, et au moment où le khalile Abbacide El-Motewekkel perdit la vie. Si l'on tient compte de ces juçjements^ en même temps que de ceux qu'on lire des conjonctions, on arrive à des résultats d'une grande certitude. » Selon Chadan de Balkh^, la nation musulmane devait durer trois cent dix ans; on voit combien il s'est trompé. Abou Mâcher^ a dit: « Après qu'elle (la nation musulmane) aura duré cent cinquante ans, il y aura de graves dissensions; » ce qui n'est pas vrai *. " J'ai lu, dit Djerach, dans les livres des anciens, que les astrologues avaient prédit à Chosroès l'établissement d'un empire par les Arabes, et la venue d'un prophète appartenant à cette race. La planète Vénus, qui se trouvait alors dans son cxallaiion, était, disaient-ils, le sicjnificateur de ce peuple, dont le royaume devait subsister quarante ans. » Abou Mâcher a dit dans son traité sur les conjonctions: « La. section ^ ayant atteint le vingtseptième (degré) du Poisson, signe dans lequel a lieu V cxallaiion de Vénus, et la conjonction s'étant effectuée en même temps dans le Scorpion, signe qui est le signîficalear des Arabes, ce peuple fonda un empire et eut un prophète. La force et la durée de cet empire et de cette dynastie se mesureront par le nombre des degrés du signe qui restent à partir du point de ïexallalion de Vénus; ce nombre est environ onze degrés du signe du Poisson, ce qui indique l'espace de six cent dix ans*^. Abou Moslem (le champion de la dynastie abba- ' Il s'agit des jugements astrologiques (|iii se rapportent à la planète Mars.
^ Ce personnage m'est inconnu.
' L'astronome et astrologue Abou Mâcher est le même que celui que nous appelons en Europe Albumazer. On a de lui plusieurs Irailés astrologiques et des tables astronomiques. Il mourut l'an a 79, (885-»86 de J. C).
' Notre auleur ne s'est pas aperçu que celle prédiction ne peut pas élre d'Abou Mâcher, qui n'élait pas encore né l'an 1 5o de l'hégire.
' Voyez à la page suivante, note 1.
' Selon les astrologues les plus accrédités, l'exaltation de Vénus a lieu dans le vingt-septième degré du Poisson. Au resle, Ibn Khaldoun aurait mieux fait d'écrire cide) parut quand Vénus eut quitté (ce signe) et que la section eut lieu dans le premier (degré) du Bélier, alors que le seigneur du terme '^ était Jupiter. » Selon Yaçoub Ibn Ishac el-Kindi, la nation musulmane devait durer jusqu'à l'an 698, « car, disait-il, au moment de la conjonction qui amena l'islamisme, Vénus était dans le vingt-huitième degré et la quarante-deuxième minute du Poisson; le restant des P. degrés du signe était donc de onze degrés et dix- huit minutes; or, comme les minutes indiquent des années^, cela fait OgS' ans. Telle sera la durée de l'Islamisme, selon l'opinion unanime des philosophes, et ce qui la corrobore, ce sont les lettres (isolées) qui se rencontrent en tète de plusieurs chapitres du Coran: on néglige celles (|ui se présentent plus d'une fois et l'on estime la valeur numérique du reste d'après le (système de notation appelé) Hiçab el-Djomel: » C'est là aussi l'opinion de Soheïli, qui aura probablement emprunté au premier' l'indication que nous avons donnée sur l'autorité de celui-ci. Djerach dit aussi: « Le philosophe Hormuzd-Al'erid, ayant l6(|- l6(|- dix degrés, dix minutes, à la place d'environ onze degrés, car il dit, immédiatement après, ce qui indique l'espace de six cent dix uns. On sait que, pour les astrologues, une minute d'un degré indiquait une année; aussi 610 ans doivenl se représenter par 10° 10'.
' Les cisirologues parlngenl les degrés de chaque signe du zodiaque entre les cinq planètes. La portion assignée à chacune s'appelle le terme de celte planète, parce ([u'elle marque la partie du signe où cet astre exerce toute son influence. Le nombre de degrés qui composent ces termes varie pour chaque planète. Selon Ant. de Villon, l'auteur de \' Usage des Ephénxérides, le terme ou fin est une dignité planétaire, laquelle est atlribuée à cinq des planètes, pour avoir leur puissance limitée à un temps fixe, el leur vertu bornée par certaines limites hors desquelles elle semble s'amoindrir et se perdre tout à fait. Quand la direction du significatcur aboutit au terme d'une autre planète, le lieu de rencontre est appelé la section, et celte planète est nommée le secteur.
^ Je lis Oy»-" pour (jy^ ''^^c les manuscrits C el D.
' Les chilTres de ce calcul sont taux: pour obtenir le nombre 69.H, il faudrait lire: « Vénus était dans le dixliuilième degré et la vingt-septième minute du poisson; le restant des degrés du signe était donc de onze degiés et trente -trois minutes. » Il y a aussi des corrections.i l'aire dans le texte arabe de l'édition de Paris: il faut écrire!Sj..ifc (ji>=>i à la place de s.*^ (ji>^', et iy.'iic. (jUr' à la place de s-ic yLr''.
été inleiTogé sur le temps qu'Ardechîr et les souverains sassanides de sa postérité devaient régner, répondit en ces ternies: « Le signi-« ficaleur de son royaume c'est Jupiter » — planète qui se trouvait alors dans son cxallation; — « cela pronietqualre cent vingt-sept années lon-" gués et heureuses. Ensuite Vénus se trouvera dans son exaltation et « présidera (aux événements), ce qui indique que les Arabes obtien-« dront l'empire, car l'ascendant de la conjonction sera le signe de la n Balance, dont Vénus, qui se trouvera alors dans son exaltation, est « la maîtresse; cela indique que les Arabes posséderont l'empire pen-« dant mille et soixante ans. » Kisra Nouclirewan demanda à son vizir, le savant Buzurdjmihr, comment l'empire des Perses passerait aux Arabes, et celui-ci répondit: « Dans la quarante-cinquième année de votre règne naîtra un Arabe qui deviendra le chef de ce peuple et le maître de l'Orient et de l'Occident. Jupiter aura confié à Vénus la direction (des événements), et la conjonction, ayant cessé de se faire dans les signes aériens, se fera dans le Scorpion, signe aqueux, qui est le significateur des Arabes. D'après ces indications, il faut que leur empire se maintienne pendant le temps d'une révolution (des conjonctions) de Vénus (avec Mars), c'est-à-dire pendant mille et soixante ans'.» Kisra Perwiz adressa une question semblable au philosophe Elious, et celui-ci fit la même réponse que Buzurdjmihr. « Ee royaume de l'islamisme, dit ToufeP er-Roumi (le Grec), astronome qui vivait sous les 1". loo. Oméiades, durera neuf cent soixante ans, espace de temps qui sépare deux grandes conjonctions'; puis, quand la conjonction se fera, comme auparavant, dans le signe du Scorpion, ainsi que cela eut lieu au commencement de l'islamisme, et que les astres auront pris une conliguration différente de celle qu'ils avaient alors, on se relâchera dans la pratique de cette (religion), ou bien on introduira de nouvelles doctrines qui annonceront nécessairement une croyance tout ' Je ne sais si j'ai bien compris ce que l'auleur a voulu écrire le mol Tliéopliile. le vizir dit ici. ' Littéral, o durée de l'espace de la ' Variante: J^^, Naufel. Je crois que grande conjonction. » opposée (à celle-là). » — « On s'accorde à déclarer, dit Djerach, que la ruine de l'univers s'effectuera par la prédonninance de l'eau et du feu, en sorte que tous les êtres sublunaires périront, (lela aura lieu quand le cœur du Lion (Régulus) sera le secteur du vingt-quatrième degré, qui est le terme de Mars, c'est-à-dire à l'expiration de neuf cent soixante ans. « Le même auteur rapporte que le prince du Zabulistan, c'est-àdire de Ghazna, envoya à El-Mamoun, parmi d'autres présents, le philosophe Douban, et que celui-ci travailla pour son nouveau maître dans la partie des élections^, en lui indiquant le moment favorable de combattre son frère (El-Amîn) et de confier à^ Taher le drapeau de commandement. El-Mamoun, dit-il, apprécia hautement le savoir de ce philosophe et lui demanda combien de temps fempire resterait dans sa famille. Douban l'informa que l'autorité passerait de ses enfants à ceux de son frère, et que les Adjem^ se rendraient maîtres de l'empire des Khalifes. « Les Deïlemiles, dit-il, y gouverneront d'abord et d'une manière heureuse, pendant cinquante ans; ensuite leui position deviendra graduellement plus mauvaise, jusqu'à ce que les Turcs se montrent du côté du nord-est. Ceux-ci étendront leur empire jusqu'à la Syrie et fEuphrate, et feront la conquête de l'Asie Mineure. Ensuite, dit Douban, arrivera ce qui plaira à Dieu. El-Mamoun lui demanda d'où il tenait ces renseignements, et il l'informa qu'il les avait tirés des livres des philosophes et des maximes (astrologiques) posées par l'Indien Sissa Ibn Daher, inventeur du jeu d'échecs*. » Je ferai observer que les Turcs dont l'apparition est mentionnée par Douban comme devant avoir lieu après celle des Deïlemites étaient les Seldjoukides, et que leur empire prit lin vers le commencement du septième siècle (de l'hégire). «La conjonclion, dit Djerach, ira P. 191.
' La doctrine ties élections (cj'jLyCi.1) * Littéral, «de nouer pour. » (Voyez citraite de la manière de trouver le temp.s devant, p. 5o, note 1.) convenable pour échapper à un malheur ' Le mot Adjem s'emploie pour désigner les peuples étrangers, les non-Arabes. ' Voyez le Biograpliical dictionary d'Ibn Khallikan, vol. III, p. 71 et suiv.
dont on se voit menacé, ou pour s'embarquer dans une entreprise dont on désire la réussite.
22/j PROLEGOMENES s'opérer dans ie trigone aqueux et dans le signe du Poisson, l'an 833 de l'ère de Yezdeguird (i463 de J. C), ensuile elle se fera dans le signe du Scorpion, là où s'était déjà faile, l'an 35 (de l'hégire), la conjonction (qui annonça la grandeur) de la nation (musulmane). » 11 dit aussi: « La conjonction, s'étant transportée (du premier trigone dans l'autre), se fera d'abord dans ie signe du Poisson; celle qui aura lieu dans le Scorpion fournira des indications importantes pour ce qui regarde la nation musulmane. » Il a dit aussi: « La révolution de la première année de la première conjonction qui se fera dans le Irigone aqueux s'efTectuera le 2 du mois de redjeb 868; » mais, à cet égard, il n'entre dans aucun détail.