cile de Chalcédoine, en lui rappelant sa lettre à Flavien: // ne s'agit plus de discuter audacieusemcnt^ mais de croire ma lettre à Flavien, d'heureuse mémoire, aycmt pleinement et très clcdrement décidé tout ce qui est de loi sur le mystère de Vlncarnation (1).
El Dioscore, patriarche d'Alexandrie, ayant été précédemment condamné par le Saint-Siège, les légats ne voulant point permettre qu'il siégeât au rang des évêques, en attendant le jugement du concile, déclarent aux commissaires de l'empereur que si Dioscore ne sort pas de rassemblée, ils en sortiront eux-mêmes (2).
Parmi les six cents évêques qui entendirent la lecture de cette lettre, aucune voix ne réclama; et c'est de ce concile même que partent ces fameuses acclamations qui ont retenti dès lors dans toute l'Église: Pierre a parlé par la bouche de Léon, Pierre est toujours vivant dans son siège.
Et dans ce même concile, Lucentius, légat du même Pape, disait: On a osé tenir un concile sans l'autorité du Saint-Siège, ce qui ne s'est jamais fait, ef n'est pas permis (3).
C'est la répétition de ce que le pape Célestin disait peu de temps auparavant à ses légats partant pour le concile général d'Éphèse: Si les opinions sont divisées, souvenez-vous que vous êtes là pour juger, et non pour disputer (4).
1. Uiide, fratres carissimi,rejecta penitus audacia disputandi conlra fvlem divinilus inspiratam, vana errantium infidelitas cojiquiescat, nec liceat defendi quod non licet credi, etc.
±. Si ercjo prsecipit vcstra magnificentia, aut ille egrediatiw, aut nos exinius. (Sacr. Coac, tom. IV.)
3. Fleury, Hist. eccL. liv. XXVIU, no 11. — Fleury, qui travaillait à bâtons rompus, oublia ce texte et un autre tout semblable (liv. XII, n» 10); et il nous dit hardiment, dans son IV e Discours sur l'iiist. écoles., n» 11: Vous qui avez lu cette histoire, vous n'y avez rien lu de semblable. M. le docteur Marchetti prend la liberté de le citer lui-même à lui-même. ( Critica. etc., t. I, 4. Ad disputationem si ventum fuerit, vos de eorum scntentiis dijudicarc debetis non subira certamen. {Voy. les Actes du conc.)
Le Pape, comme on sait, avait convoqué lui-même le concile de Ciialcocloine, au milieu du v® siècle; et cependant le vingt-huitième canon ayant accordé la seconde place au siège patriarcal de Constantinople, saint Léon le rejeta. En vain l'empereur Marcien, l'impératrice Pulchérie et le patriarche Anatolius lui adressent sur ce point les plus vives instances, le Pape demeure inflexible. Il dit que le troisième canon du premier concile de C. P., qui avait attribué précédemment cette place au patriarche de C. P., n'avait jamais été envoyé au Saint-Siège. Il casse et déclare nul, par Vautorlié apostolique, le vingt-huitième canon de Chalcédoine. Le patriarche se soumet, et convient que le Pape était le maître (1).
Le Pape lui-même avait convoqué précédemment le deuxième concile d'Éphèse,et cependant il l'annula en lui refusant son approbation (2).
Au commencement du vi® siècle, l'évêque de Patare, en Lycie, disait à l'empereur Justinien: // peut y avoir plusieurs souverains sur la terre, mais il n'y a qu'un Pape sur toutes les églises de Vunivers (3).
Dans le \if siècle, saint Maxime écrit, dans un ouvrage contre les Monothélites: « Si Pyrrhus pré-<( tend n'être pas hérétique, qu'il ne perde point son {( temps à se disculper auprès d'une foule de gens, <( qu'il prouve son innocence au bienheureux Pape i( de la très sainte Eglise romaine, c'est-à-dire au Ki Siège apostolique à qui appartiennent l'empire, « l'autorité et la puissance de lier et délier, sur tou-« tes les Eglises qui sont dans le monde, en toutes « CHOSES ET EN TOUTES MANIÈRES (4). )) 1. De là vient que le XVI1I« canon de Chalcédoine n'a jamais été mis dans les oolleclions, pas même par les Orientaux: ob Leonis reprobafionem, (Marca, (le Vet. Can. Coll., cap. m, § XVII.) Voyez, encore M. le docteur Marchetti. Appendice alla critica di Fleury. t. II, p. 236.
3. Libérât. In Breviar, de causa Nest. et Eutych. Paris, 1673, in-8, c. xxii, 4. In omnibus et per omnia. S. Maxime, abbé de Chrysophe, était né à C. P., LIVRE I, CnAPTTRE VI. 55 Au milieu de ce môme siècle, les évêques d'Afrique, réunis en concile, disaient au pape Théodore, dans une lettre synodale: A^os lois antiques ont décidé que de tout ce qui se {ail, même dans les pays les plus éloignés, rien ne doit être examiné ni admis avant que notre Siège illustre en ait pris connaissance (1).
A la fin du même siècle, les Pères du sixième concile général (troisième de C. P.) reçoivent, dans la (juatrième session, la lettre du pape Agathon, qui dit au concile: « Jamais l'Église apostolique ne s'est <( écartée en rien du chemin de la vérité. Toute « l'Église catholique, tous les conciles œcuméniques, « ont toujours embrassé sa doctrine comme celle du « Prince des apôtres. » Et les Pères répondent: Oui! telle est la véritable règle de la foi, la religion est toujours demeurée inaltérable dans le siège apostolique. Nous promettons de séparer à Vavenir de la communion catholique tous ceux qui oseront nêtre pas d'accord avec cette Eglise. — Le patriarche de C. P. ajoute: J'cd souscrit cette profession de ma propre main (2).
Saint Théodore Studite disait au pape Léon III, au commencement du ix® siècle: Ils nont pas craint de tenir un concile hérétique de leur autorité, sans en 480. Ejus. op. grsece et latine. Paris, lo7o, 1 vol. in-fol. — Biblioth. PP., (oni. XI, p, 76. — Fleury, après avoir promis de donner un extrait de ce (fu'il y a de remarquable dans l'ouvrage de S. Maxime qui a fourni cette citation, passe en entier sous silence tout le passage qu'on vient de lire. Le doceur Marchelti le lui reproche justement. {Critica, etc., lom. I, cap. ii, p. 107.)
t. Ântiquis regulis sancitum est, ut quidquid, quamvis in remotis vel in tonr/inquis agatur provinciis, non prias tractandum vel accipiendum sit, nisi ad notitiam aimas Sedis vestrse fidsset deductum. Fleury traduit: « Les trois « primats écrivirent en commun une lettre synodale au pape Théodore, au « nom lie tous les évêques de leurs provinces, où, après avoir reconnu l'auto-« rite du Saint-Siège, ils se plaignent de la nouveauté qui a paru à C. P. » {tfist eccL, liv. XXXVIII, no41.) La traduction ne sera pas trouvée servile.
2. ffuic professioai snbscripsi mea manu, etc. Joh. episc. C. P. (Voyez le tome V desconc, édit. de Coletti, col. 622.) Bossuet appelle cette déclaration du VI' concile g('néral, un formulaire approuvé par taule V Eglise catholique. (Formulam tota Ecclesia comprabatam); le Saint Siège, en vertu des promesses de son divin Fondateur, ne pouvant jamais faillir. (Defensio cleri gallicani, lib. XV, cap. vu.)
votre permission, tandis qu'ils ne pouvaient en tenir un, même orthodoxe, à votre insu, suivant l'axciexxe COUTUME (1).
Weitstein a fait, à l'égard des Églises orientales en général, une observation que Gibbon regarde justement comme très importante: « Si nous consultons (( l'histoire ecclésiastique, nous verrons que dès le (( iv^ siècle (2), lorsqu'il s'élevait quelque contro-(( verse parmi les évêques de la Grèce, le parti qui « avait envie de vaincre courait à Rome pour y faire (( sa cour à la majesté du Pontife, et mettre de son (( côté le Pape et l'épiscopat latin...C'est ainsi (( qu'Athanase se rendit à Rome bien accompagné, (( et y demeura plusieurs années (3). » Passons à une plume protestante, le parti qui avait envie de vaincre: le fait de la suprématie pontificale n'en est pas moins clairement avoué. Jamais l'Église orientale n'a cessé de la reconnaître. Pourquoi ces recours continuels à Rome? Pourquoi cette importance décisive attachée à ses décisions? Pourquoi ces caresses à la majesté du Pontife? Pourquoi voyonsnous en particulier ce fameux Athanase venir à Rome, y passer plusieurs années, apprendre la langue latine avec une peine extrême, pour y défendre sa cause? A-t-on jamais vu le parti qui voulait vaincre (4) faire sa cour de même à la majesté des autres patriarches? Il n'y a rien de si évident que la suprématie romaine, et les évêques orientaux ont cessé de 1. Fleurs. Hist eccL, tome X, liv. XLV. n" 47.
2. Cest-à-dire depuis l'origine de l'Eglise; car c'est depuis cette époaue seulement qu'on la voit agir exlérieurement comme une société publiquement constituée, ayant sa hiérarchie, ses lois, ses usages, etc. Avant son émancijKition. le christianisme était trop gêné pour admettre le cours ordinaire des aj'pels. Tout s'y trouve cependant, mais seulement en germe.
3. Wetslein, Proleg. in Xov. Test., p. 19, cité par Gibbon, Hist. de la decad., etc., in-3, t. IV, c. isi.
4. Comme si tout parti ne voulait pas vaincre! Mais ce que Wetstein ne dit pas, et ce qui est cependant très clair, c'est que le parti de l'orthodoxie, qui était sûr de Rome, s'empressait d'y accourir; tandis que le parti de l'erreur, gui aurait bien voulu vaincre, mais que sa conscience éclairait suffisamment sur ce qu'il devait attendre de Home, n'osait pas trop s'y présenter.
LIVRE I, CHAPITRE VI. 57 la confesser par leurs actions autant que par leurs écrits.
Il serait superflu d'accumuler les autorités tirées de l'Ëglise latine. Pour nous, la primatie du Souverain Pontife est précisément ce que le système de Copernic est pour les astronomes. C'est un point fixe dont nous parlons: qui balance sur ce point n'entend rien au christianisme.
Point d\udié cVEglise, disait saint Thomas, sans unité de loi...mais point d'unité de (oi sans un chef suprême (1).
Le pape et l'église c'est tout un! Saint François de Sales l'a dit (2), et Bellarmin l'avait déjà dit avec une sagacité qui sera toujours plus admirée à mesure que les hommes deviendront plus sages: Savez-vous de quoi il s'agit lorsqu'on parle du Souverain Pontife? Il s'agit du christianisme (3).
La question des mariages clandestins ayant été décidée à une très grande majorité de voix dans le concile de Trente, l'un des légats du Pape n'en disait pas moins aux Pères rassemblés, après même que ses collègues avaient signé: Et moi aussi, légat du Saint-Siège, je donne mon approbation au décret, s'il obtient celle de N. S. P. (4).
1. s. Thomas, Adversus gentes, liv. IV, cap. lxxvi.
2. Épitres spirituelles de S. François de Sales. Lyon, 1634, liv. VII, ép. XLIX. — D'après S. Ambroise, qui a dit: « Où est Pierre, là est l'Eglise. » Ubi Petrus, ihi Ecclesia. (Arabr. in Psalm XL.)
3. Bellarmin. De Summo Ponlijîce, in praef.
4. Ego pariter legatus Sedis apostolicse adprobo decretum si S. D. N. adprobetur. (Pallav., Hist. concil. Trident., lib. XXXIl, cap. iv et ix; lib. XXIII, cap. IX. — Zacarria, Anti-Frebonius vindicatus, in-8, t. II, dissert. IV, CHAPITRE VII Témoignages particuliers de l'Église gallicane.
Dans son assemblée générale de 1626, le clergé de France appelait le Pape chel visible de V Eglise universelle, vicaire de Dieu en terre, évêque des évêques et des patriarches; en un mot, successeur de saint Pierre, en qui Vapostolal et Vépiscopat ont eu commencement, et sur lequel Jésus-Christ a fondé son Eglise, en lui donnant les clefs du ciel avec Vinlaillihililé de la foi, que l'on a vue durer immuable en ses successeurs fusquà nos jours (1).
Vers la fin du même siècle, nous avons entendu Bossuet s'écrier, d'après les Pères de Chalcédoine: Pierre est toujours vivant dans son siège (2).
Il ajoute: « Paissez mon troupeau, et avec mon « troupeau, paissez aussi les pasteurs, oui a votre « ÉGARD SERONT DES BREBIS (3). )) Et dans ce fameux sermon sur l'Unité, il prononce sans balancer: « L'Eglise romaine ne connaît point (( d'hérésie; l'Église romaine est toujours vierge...« Pierre demeure dans ses successeurs le fondement « des fidèles (4). » Et son ami, le grand défenseur des maximes gallicanes, ne prononce pas moins affirmativement: l'église ROMAINE n'a JAMAIS ERRÉ...NoUS CSpérOnS que Dieu ne permettra jamais à l'erreur de prévaloir dans h Saint-Siège de Rome, comme il est arrivé dans les autres sièges apostoliques d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, parce que Dieu a dit: J'ai prié pour vous, etc. (5).
L Ce texte se trouve partout. On peut le lire, si l'on n'a point les Mémoires du clergé sous la main, dans les Remarques sur le système gallican, etc. In-8, 2. Bossuet, Sermon sur la Résurrect., II« partie.
3. Ibid.
4. Idem, Ibid Ir^ partie.
5. Fleury, Disc, sur les libertés de l'Église gallicane, LIVRh: I, CHAPITRE VII. 59 Il convient ailleurs que le Pape n'est pas moins notre supérieur pour le spirituel que le roi pour le temporel, et les évêques mêmes qui venaient de souscrire les quatre articles de 1G82 accordaient cependant au Pape, dans une lettre circulaire adressée à tous leurs collègues, la souveraine puissance ecclésiastique (1).
Les temps épouvantables qui viennent de finir ont encore présenté en France un hommage bien remarquable aux bons principes.
On sait qu'en l'année 1810 Bonaparte chargea un conseil ecclésiastique de répondre à certaines questions de discipline fondamentale, très délicates dans les circonstances où l'on se trouvait alors. La réponse des députés sur celle que j'examine maintenant fut très remarquable.
Un concile général, disent les députés, ne peut se tenir sans le chef de l'Eglise, autrement il ne représenterait pas l'Eglise universelle. Fleury le dit expressément (2); l'autorité du Pape a toujours été nécessaire pour les conciles généraux (3).
A la vérité, une certaine routine française conduit les députés à dire, dans le courant de la discussion, que le concile génércd est la seule autorité dans l'Eglise qui soit au-dessus du Pape; mais bientôt ils se mettent d'accord avec eux-mêmes, en ajoutant tout de suite: Mais il pourrait arriver que le recours (au concile) devint impossible, soit parce que le Pape reluserait de reconnaître le concile général, soit, etc.
1. N'ouv. Opusc. de Fleury, Paris, 1807, in-12, p. 111. Corrections et additions aux mêmes opuscules, p. 32 et 33, in-12.
2. ive Bise, sur l'Hist. eccl. — Qu'impoi-te que Fleury l'ait dit ou ne l'ait pas dit? Mais Fleury est une idole du Panlliéon français. En vain mille (ilnmes démontreraient qu'il n'y a pas d'historien moins fait pour servir d'autorité, bien des Français n'en reviendront jamais. Fleuiiy l'a dit.
3. Voyez les Fragments relatifs à l'hist. eccl. des premières années du dixneuvième siècle. Paris, 1814, in-8, p. 113. Je n'examine point ici ce ci ue l'une ou l'autre |)uissance peut avoir à démêler avec tel ou tel membre de celte commission. Tout liornine d'honneur doit de sincères applaudissements à la noble et catholique intrépidité qui a dicté ces réponses.
€0 DU PAPE.
En un mot, depuis l'aurore du christianisme jusqu'à nos jours, on ne trouvera pas que l'usage ait varié, toujours les Papes se sont regardés comme les chefs suprêmes de l'Église, et toujours ils en ont déployé les pouvoirs.
CHAPITRE VIII Témoignage janséniste, texte de Pascal, et Réflexions sur le poids de certaines autorités.
Cette suite d'autorités, dont je ne présente que la fleur, est bien propre sans doute à produire la conviction; néanmoins il y a quelque chose peut-être de plus frappant encore, c'est le sentiment général qui résulte d'une lecture attentive de l'histoire ecclésiastique. On y sent, s'il est permis de s'exprimer ainsi, on y sent, je ne sais quelle présence relie du Souverain Pontife sur tous les points du monde chrétien. Il est partout, il se mêle de tout, comme de tous côtés on le regarde. Pascal a fort bien exprimé ce sentiment: // ne [aut pas, dit-il, juger de ce qu'est le Pape par quelques paroles des Pères...mais par les actions de VEglise et des Pères, et par les canons. Le Pape est le premier. Quel autre est connu de tous? Quel autre est reconnu de tous, ayant pouvoir d'influer par tout le corps, parce qu'il tient la maltresse branche qui influe partout (1)?
Pascal a grandement raison d'ajouter: Règle importante (2)! En effet, rien n'est plus important que de juger non par tel fait isolé ou ambigu, mais par l'ensemble des faits; non par telle ou telle phrase 1. Pensées de Pascal. Paris, 1803, in-5; tome H, II« partie, art. XVII, n». XCIl et XCIV, p. 118.
2. Ibid., n» XCIII.
LIVRE I, CHAPITRE VIII. 61 échappée à tel ou tel écrivain, mais par l'ensemble et l'esprit général de ses ouvrages.
11 faut, de plus, ne jamais perdre de vue cette grande règle qu'on néglige trop en traitant ce sujet, quoiqu'elle soit de tous les temps et de tous les lieux, que le témoignage d'un homme ne saurait être reçu, quel que soit le mérite de celui qui le rend, dès que cet homme peut être seulement soupçonné d'être sous Vinftuence de quelque passion capable de le tromper. Les lois repoussent un juge ou un témoin qui leur devient suspect, par cette raison, ou même par une simple considération de parenté. Le plus grand personnage, le caractère le plus universellement vénéré, n'est point insulté par ce soupçon légal. En disant à un homme quelconque: Vous êtes un homme, on ne lui manque point.
Lorsque Pascal défend sa secte contre le Pape c'est comme s'il ne parlait pas; il faut l'écouter lorsqu'il rend à la suprématie du Pape le sage témoignage qu'on vient de lire.
Qu'un petit nombre d'évêques choisis, animés, effrayés par l'autorité, se permettent de prononcer sur les bornes de la souveraineté qui a droit de les juger eux-mêmes, c'est un malheur, et rien de plus; on ne sait pas même ce qu'ils sont.
Mais lorsque des personnages du même ordre, légitimement assemblés, prononcent avec calme et liberté la décision qu'on vient de lire sur les droits et l'autorité du Saint-Siège (1), alors on entend véritablement le corps fameux dont ils se disent les représentants; cest lui véritablement; et lorsque, quelques années après, d'autres évêques fulminent contre ce qu'ils appellent si justement les servitudes de l'église GALLICANE, ccst cncorc lui; c'est cet illustre corps qu'on entend, et auquel on doit croire (2).
2. Servitutes potius r/uam libertates. (Voyez le tome II de la Coll. des pro-•lès-verb. du clergé, Piôc. just., n» 1.)
62 DU PAPK.
Lorsque saint Cyprien dit, en parlant de certains brouillons de son temps: Us osent s adresser à la chaire de Saint-Pierre, à cette Eglise suprême où la dignité sacerdotale a pris son origine...; ils ignorent que les Romains sont des hommes auprès de qui l'erreur na point d'accès (1), c'est véritablement saint Cyprien qu'on entend; c'est un témoin irréprochable de la foi de son siècle.
Mais lorsque les adversaires de la monarchie pontificale nous citent, usque ad nauseam, les vivacités de ce même saint Cyprien contre le pape Etienne, ils nous peignent la pauvre humanité au lieu de nous peindre la sainte tradition. C'est précisément l'histoire de Bossuet. Oui jamais connut mieux que lui les droits de l'Église romaine, et qui jamais en parla avec plus de vérité et d'éloquence? Et cependant ce même Bossuet, emporté par une passion qu'il ne voyait pas au fond de son cœur, ne tremblera pas d'écrire au Pape, avec la plume de Louis XIV, que si Sa Sainteté prolongeait cette aflaire par des ménagements qu'on ne comprenait pas, le roi saurait ce qu'il aurait à faire; et qu'il espérait que le Pape ne voudrait pas le réduire à de si lâcheuses extrémités (2).
Saint Augustin, en convenant franchement des torts de saint Cyprien, espère que le martyre de ce saint personnage les a tous expiés (3); espérons aussi qu'une longue vie consacrée tout entière au service de la religion, et tant de nobles ouvrages qui ont illustré l'Église autant que la France, auront effacé quelques fautes, ou, si l'on veut, quelques mouvements involontaires, quos humana parum cavit natura.
Mais n'oublions jamais l'avertissement de Pascal, 1. Navigare audent ad Pétri cathedram atque ad Ecclesiam principalem, unde dignitas sacerdotalis orta est...nec cogitare eos esse Romanos ad quos perfidia hahere non possit accessum. (S. Cyp. Ep. LV.)
2. Hisi. de Bossuet, tome III, liv. X, n» 18, p. 33.
3. Martyrii falce purgatum. C'est encore un texte vulgaire.
LIVRE I, CHAPITRE IX. 63 de ne pas faire attention à quelques paroles des Pères, et, à plus forte raison, à d'autres autorités qui valent bien moins encore que les paroles fugitives des Pères, en considérant de sang-froid les actions et les canons (1), en s'attachanl toujours à la masse des autorités, en élaguant, comme il est de toute justice, celles que les circonstances rendent nulles ou suspectes: toute conscience droite sentira la force de ma dernière observation.
CHAPITRE IX Témoignages protestants.
Il faut que la monarchie catholique soit bien évidente, il faut que les avantages qui en résultent ne le soient pas moins, puisqu'il serait possible de faire un livre des témoignages que les protestants ont rendus à l'évidence comme à l'excellence de ce système; mais sur ce point, ainsi que sur celui des autorités catholiques, je dois me restreindre infiniment.
Commençons, comme il est de toute justice, par Luther, qui a laissé tomber de sa plume ces paroles mémorables: « Je rends grâce à Jésus-Christ de ce cju'il con-<( serve sur la terre une Église unique par un grand « miracle..., en sorte que jamais elle ne s'est éloi-<t gnée de la vraie foi par un décret (2). » « Il faut à l'Église, dit Mélanchton, des conduc-« leurs pour maintenir l'ordre, pour avoir l'œil sur <( ceux qui sont appelés au ministère ecclésiastique <( et sur la doctrine des prêtres, et pour exercer les « jugements ecclésiastiques, de sorte que, s'il n'y 2. Luther, cilé dans Vllist. des Variiitions, liv. I, n" 2J, etc.
« n'y avait point de tels évêques, il en faudrait « FAIRE. La monarchie du pape servirait aussi beau-« coup à conserver entre plusieurs nations le con-« sentement dans la doctrine (1). » Calvin leur succède: « Dieu, dit-il, a placé le « trône de sa religion au centre du monde, et il y a « placé un Pontife unique, vers lequel tous sont obli-« gés de tourner les yeux pour se maintenir plus « fortement dans l'unité (2).
Le docte, le sage, le vertueux Grotius prononce sans détour que, « sans la primauté du Pape, il n'y « aurait plus moyen de terminer les disputes et de Casaubon n'a point fait difficulté d'avouer « qu'aux « yeux de tout homme instruit dans l'histoire ecclé-(( siastique, le Pape était l'instrument dont Dieu s'est « servi pour conser^■er le dépôt de la foi dans toute « son intégrité pendant tant de siècles (4). » Suivant la remarque du Puffendorf, « il n'est pas « permis de douter que le gouvernement de l'Église « ne soit monarchique et nécessairement monar-(( chique, la démocratie et l'aristocratie se trouvant (( exclues par la nature même des choses, comme 1. Mélanchlhon s'exprime d'une manière admirable lorsqu'il dit: La monarchie du Pape, etc. (Cossuet, Hist. des Variât., liv. V, § 24.)
1. Cultus sui sedem in viedio terrae collocavit, illi unum ANiisTiTEM/^rn?-fecit quem omnes respicerent, quo melius in unitate continei^entur. (Calv. nst. VI, § il.) Je suis tout prêt à regarder, avec Calvin, Rome comme le centre de la terre. Cette ville a bien, je crois, autant de droit que celle de Delphes de s'appeler umbilicus terras.
3. Sine tali primatu exire a controversiis non poterat, sicut hodie apud protestantes, etc. (Grot.:, Volum. pro pace Eccl., art. VU, Oper. tom. IV, Bàle, 1751, p. 658.) Une dame protestante a commenté ce texte avec beaucoup d'esprit et de jugement: « Le droit d'examiner ce qu'on doit croire est le fonde-« ment du protestantisme. Les premiers réformateurs ne l'entendaient pas " ainsi. Ils croyaient pouvoir placer les colonnes d'Hercule de l'esprit humain « aux termes de leurs propres lumières; mais ils avaient tort d'espérer qu'on « se soumettrait à leurs propres décisions, comme infaillibles, eux qui « rejetaient toute autorité de ce genre dans la religion catholique. » {De L" Allemagne, par mad. de Staël, IV« partie, chap. ii.)
4. Nemo peritus rerum Ecclesim ignorât opéra Rom. Pont, per multa ssccula Deum esse usum in conservanda...fidei doctrina. (Casaub.. Exerc. XV;-in Annal. Bar.)
LIVRE I, CHAPITRE IX. 65 « absolument incapables de maintenir l'ordre et « l'unité au milieu de l'agitation des esprits et de la « fureur des partis (1). » Il ajoute avec une sagesse remarquable: « La « suppression de l'autorié du Pape a jeté dans le « monde des germes infinis de discorde; car n'y (( ayant plus d'autorité souveraine pour terminer les (( disputes qui s'élevaient de toutes parts, on a vu les (( prolestants se diviser entre eux, et de leurs propres « mains déchirer leurs entrailles (2). » Ce qu'il dit des conciles n'est pas moins raisonnable: « Que le coîicile, dit-il, soit au-dessus du Pape. (( c'est une proposition qui doit entraîner sans peine (( l'assentiment de ceux qui s'en tiennent à la raison (( et à l'Écriture (3); mais que ceux qui regardent le « siège de Rome comme le centre de toutes les Églà-(( ses, et le Pape comme l'évêque œcuménique, ado^p-« tent aussi le même sentiment, c'est ce qui ne doit (( pas sembler médiocrement absurde; car la propo-« sition qui met le concile au-dessus du Pape établit « une véritable aristocratie, et cependant l'Eglise « romaine est une moncœchie (i). » Mosheim, examinant le sophisme des Jansénistes, que le Pape est bien le supérieur de chaque Eglise prise à pari, mais non de toutes les Eglises réunies; Mosheim, dis-je, oublie son fanatisme anticatholique, et se livre à la droite logique, au point de répondre: (( On soutiendrait avec autant de bon sens que la tête « préside bien à chaque membre en particulier, mais « non point du tout au corps qui est l'ensemble de « tous ces membres; ou qu'un roi commande, à la (( vérité, aux villes, aux villages et aux champs qui 1 PufTendorf, de Monarch. Pont. Rom.
2. Furere protestantes in sua ipsorum viscera cœperunt. (Ibid.)
3. Par ces mol?, PufTendurf entend désigner les protestants.
4...Id quideni non parum absurditatis habet, quum status Ecclesiœ monarchicus sit. (Pufleudorf, De Habitu relig. christ. aJ vitam civilem, § 38.)
4.
(( composent une province, mais non à la province C'est un docteur anglais qui a fait à son Ëglise cet argument si simple et si pressant, qui est devenu célèbre: Si la supiémalie d'un archevêque (celui de Cantorbéry) est nécessaire pour maintenir Vuniversalité de VEglise anglicane, comment la suprématie du Souverain Pontife ne le serait-elle pas pour maintenir Vunité de VEglise universelle (2)?
Et c'est encore un aveu bien remarquable que celui de Candide Seckenberg, au sujet de l'administration des Papes: « Il n'y a pas, dit-il, un seul exemple dans « l'histoire entière, qu'un Souverain Pontife ait perce sécuté ceux qui, attachés à leurs droits légitimes, (( n'entreprenaient point de les outrepasser (3). » Il me serait aisé de multiplier ces textes, mais il faut abréger. Je terminerai par une citation intéressante, qui n'est pas aussi connue qu'elle mérite de l'être, et qui peut tenir lieu de mille autres. C'est un ministre du saint Évangile qui va parler; je n'ai pas le droit de le nommer, puisqu'il a jugé à propos de garder l'anonyme; mais je n'éprouve point l'embarras de ne savoir à qui adresser mon estime: (( Je ne puis m'empêcher de dire que la première <( main profane portée à l'encensoir l'a été par Luther (( et par Calvin, lorsque, sous le nom de protestan-(( tisme et de réforme, ils opérèrent un schisme dans « l'Église, schisme fatal qui n'a opéré que par une « scission absolue ces modifications qu'Érasme « aurait introduites d'une manière plus douce par le « ridicule qu'il maniait si bien.
1. Idtam mihi scitum videtur, ac si quis affirninret meinbra quidem a capite regt, etc. (Mosheim, tom. I, Diss. ad hist. eccles. perlin., p. oi'i.)
2. Si necessarium est ad unitatem in Ecclesia {An(/li,T) tuendam unum archiepiscopum aliis prxesse; cur non pari ratione toti Ecclesisr Dei unus praeerit archiepiscopus? (Cartwrilh, In defens. WirgisU.)
3. Jure affirmari poterit ne exemplum quidem esse in omni reritm memoria nbi Pontifex processerit adversus eos qui. juribus suis intenti, ultra limites vagari, in auimum non induxerunt suum. (Henr. Christ. Seckenberg. Méthod -urispr. addit. IV. De Libert. Eccl. germ., § III.)
LiVRF. I, CHAPITRE IX. 67 (( Oui, ce sont les réformateurs qui, en sonnant le « tocsin sur le Pape et sur Rome, ont porté le pre-<( mier coup au colosse antique et respectable de la « hiérarchie romaine, et qui, tourn<int les esprits des « hommes vers la discussion des dogmes religieux, « les ont préparés à discuter les principes de la sou-« veraineté, et ont sapé de la même main le trône et « l'aulel.
(( Le temps est venu de reprendre en sous-œuvre « ce palais superbe détruit avec tant de fracas...Et « le moment est venu peut-être de faire rentrer dans le <( sein de l'Église les Grecs, les Luthériens, les Angli-« cans et les Calvinistes...C'est à vous. Pontife de « Rome..., à vous montrer le père des fidèles, en ren-<( dant au culte sa pompe, à l'Église son unité (1); « c'est à vous, successeur de saint Pierre, à rétablir « dans l'Europe incrédule la religion et les moeurs...« Les mêmes Anglais qui, les premiers, se sont sous-« traits à votre empire, sont aujourd'hui vos plus « zélés défenseurs. Ce patriarche qui, dans Moscou. « rivalisait avec vous de puissance, n'est peut-être « pas fort éloigné de vous reconnaître (2)...Profitez «'donc, Saint-Père, profitez du moment et des dispo-« sitions favorables. Le pouvoir temporel vous <(. échappe, reprenez le spirituel; et, faisant sur le y( dogme des sacrilices que les circonstances exigent, « unissez-vous aux sages dont la plume et la voix « maîtrisent les nations: rendez à l'Europe incrédule (( une reliiïion simple (1), mais uniforme, et surtout 1. Toujours Je même aveu: sans lui point d'unité, 2. L'auteur pouvait avoir des espérances légitimes à l'égard des Anglais, qui doivent, en effet, suivant toutes les apparences, revenir les premiers à l'unité; mais combien il se trompe au sujet des Grecs, qui sont bien plus éloigups de la vi'rité que les Anglais 1 Depuis un siècle, d'ailleurs, il n'y a plus de patriarche à Moscou. Enfin, l'archevêque ou métropolite qui occupait le siège de Moscou en 1797 était bien, sans contredit, parmi tous les évêques qui ont porté la mitre rebelle, le moins disposé à la reporter dans le cercle de l'unité.
3. Combien j'aurais désiré que l'estimable auteur nous eût dit, dans une note, ce qu'il entend par une religion simple! Si c'était [)ar hasard une religion corrigée et diminuée, le Pape donnerait peu dans cette idée.
(( une morale épurée, et vous serez proclamé le digne « successeur des apôtres (1). » Passons sur ces vieux restes des préjugés, qui se laissent si difficilement arracher des têtes les plus saines où ils se sont une fois enracinés. Passons sur ce pouvoir temjDorel qui échappe au Souverain Pontile, comme si jamais il n'avait dû se rétablir; passons sur ce conseil de reprendre le pouvoir spirituel, comme si jamais il avait été suspendu, et sur le conseil bien plus extraordinaire de (aire sur le dogme les sacrilices que les circonstances exigent, c'està-dire, en d'autres termes parfaitement synonymes^ de nous {aire protestants, afin qu'il ny en ait plus...Du reste, quelle sagesse! quelle logique! quels aveux sincères et précieux î quel effort admiralDle sur les préjugés nationaux! En lisant ce morceau, on se rappelle la maxime: D'un ennemi l'on peut accepter les leçons: Si pourtant il est permis d'appeler ennemi celui qu'une conscience éclairée a si fort rapproché de nous.
CHAPITRE X Témoignages de l'Église russe, et, par elle, témoignages de l'Église grecque dissidente.
On ne lira pas enfin sans un extrême intérêt les témoignages lumineux, et d'autant plus précieux qu'ils sont peu connus, que l'Ëglise russe nous fournit contre elle-même sur l'importante question de la suprématie du Pape. Ses livres spirituels présentent à cet égard des confessions si claires, si expresses, si 1, De la nécesité d'un culte public. Lyon, 1797, in-8. (Conclusion.)
puissantes, qu'on a peine à comprendre comment la science qui consent à les prononcer refuse de s'y rendre (1). Si ces livres ecclésiastiques n'ont point encore été cités, il ne faut pas s'en étonner. Embarrassants par le format et le poids, écrits en slave, langue, quoique très riche et très belle, aussi étrangère que le sanscrit à nos yeux et à nos oreilles, imprimés en caractères repoussants, enfouis dans les églises et feuilletés seulement par des hommes profondément inconnus au monde, il est tout simple que, jusqu'à ce moment, on n'ait pas fouillé cette mine; il est temps d'y descendre.
L'Ëglise russe consent donc à chanter l'hymne suivante: (( 0 saint Pierre, prince des apôtres! primat (( apostolique! pierre inamoviljle de la foi, en récom-« pense de la confession, éternel fondement de « V Eglise, pasteur du troupeau parlant (2); porteur (.(. des clefs du ciel, élu entre tous les apôtres pour « être, après Jésus-Christ, le premier fondement de « la sainte Église, réfouis-toi! — réfouis-toi! colonne « inébranlable de la foi orthodoxe, chef du collège (( apostolique (3) / » Elle ajoute: « Prince des apôtres, tu as tout quitté « et tu as suivi le Maître en lui discmt: Je mourrai « avec toi; avec toi je vivrai d'une vie heureuse: tu « as été le premier évêque de Rome, Vhonneur et la 1. J'ai su que, depuis quelque temps, on rencontre dans le commerce, tant à Moscou qu'à Saint-PtHersbourg, quelques exemplaires de ces livres mutilés dans les eniJroits trop frappants; mais nulle part ces textes décisifs ne sont plus lisibles que dans les exemplaires d'où ils ont été arrachés.
2. Pastoir SLOVEiiNAGO STADA (loqueutis gregis), c'est-à-dire les hommes suivant le génie de la langue slave. C'est l' animal parlant ou l'âme parlante des Hébreux, et l'homme articulateur d'Homère. Toutes ces expressions des langues antiques sont très justes: Yhomme n'étant homme, c'est-à-dire intelligence que par la parole.
3. Akaphisti sEDMiTCHMi (Prièrcs hebdomadaires). N. B. On n'a pu se procurer ce livre en original. La citation est tirée d'un autre livre, mais très exact, et qui n'a trompé dans aucune des citations qu'on a empruntées de lui, et qui ont été vérifiées. Suivant ce dernier livre, les Akaphisti sedmitchnii furent imprimées àMohilotV en 1698. L'espèce d'hymne dont il s'agit porte ici le nom grec d"î?|j.o; (c'est-à-dire sérî'e); elle appartient à l'office du jeudi, dans l'octave de la fête des apôtres.
70 DU PAPK.
<i gloire de la très grande ville: sur toi s'est affermie La même Église ne refuse point de répéter dans sa langue ces paroles de saint Jean Chrysostome: <( Dieu dit à Pierre: Vous êtes Pierre, et il lui « donna ce nom parce que sur lui, comme sur la (( pierre solide, Jésus-Christ fonda son Eglise, et les (( portes de Venfer ne prévaudront point contre elle; (( car le Créateur lui-même en ayant posé le foncle-(( ment qu'il affermit par la foi, quelle force pourrait (( s'opposer à lui (2)? Que pourrai-je donc ajouter « aux louanges de cet apôtre, et que peut-on' ima-« giner au delà du discours du Sauveur, qui appelle « Pierre heureux, qui l'appelle Pierre, et qui déclare « que sur cette pierre, il bâtira son Église (3)? Pierre (( est la pierre, est le fondement de la foi (4); c'est à « ce Pierre, rapôtre suprême, que le Seigneur lui-« même a donné l'autorité, en lui disant: Je te donne « les clefs du ciel, etc. Que dirons-nous donc à a Pierre? 0 Pierre, objet des complaisances de « l'Église, lumière de l'univers, colombe immaculée, a prince des apôtres (5), source de l'orthodoxie (6). »